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Jours tranquilles à Paris

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10 septembre 2017

« Une idée folle » : un documentaire résolument optimiste sur l’école

Par Mattea Battaglia, Aurélie Collas - Le Monde

La réalisatrice Judith Grumbach ne montre pas un système scolaire en crise, mais neuf écoles publiques et privées aux pédagogies variées.

C’est le « feel good movie » par excellence. L’un de ces documentaires sur l’école qui font florès aujourd’hui, assumant une posture résolument optimiste. Dans Une idée folle, ce n’est pas une école en crise que montre la réalisatrice, Judith Grumbach, mais des enfants heureux, des enseignants épanouis, engagés, ayant à cœur de montrer que bienveillance et exigence ne sont pas deux valeurs opposées, contrairement à ce que des discours simplistes sur l’école laissent entendre aujourd’hui.

Le film véhicule de l’enthousiasme, de l’émotion. Rien d’étonnant à ce que chaque projection citoyenne organisée dans toute la France depuis le lancement du documentaire, en mars, crée l’événement. Ou que sa bande-annonce récolte plus d’un million de vues sur sa page Facebook. La question qu’il pose n’est pas inédite : quelle école faut-il pour former les citoyens du futur ? Il n’empêche, elle rejoint une attente sociétale forte : celle d’une école où chaque enfant serait traité comme une exception, centrée sur le goût d’apprendre, la confiance en soi, l’entraide, l’autonomie, la créativité, l’apprentissage du vivre-ensemble…

Un regard neuf

En filmant neuf écoles publiques et privées sélectionnées par l’association Ashoka, de la maternelle au collège et aux quatre coins de la France, Judith Grumbach pose un regard neuf sur les questions éducatives et ne s’en cache pas. La jeune femme a commencé à s’y intéresser après la vague d’attentats de 2015. A l’époque, les projecteurs sont braqués sur l’école : celle-ci apparaît à la fois comme une institution qui a failli à ses missions et celle sur laquelle tous les espoirs reposent. La réalisatrice le dit : c’est à ce moment-là qu’elle a commencé à « développer une certitude : que l’école était la clef, que tout commençait là ». Le film répond aussi à une commande : celle d’Ashoka, réseau d’innovateurs sociaux qui a investi le terrain de l’éducation dans plusieurs pays au cours de la décennie, à la recherche de « changemaker schools », ceux qui font changer l’école.

POINT COMMUN DES NEUF ÉCOLES FILMÉES : S’ATTACHER À TRANSMETTRE LES VALEURS HUMANISTES ESSENTIELLES AU CITOYEN DU XXIE SIÈCLE

Ce label suscite un certain nombre de réserves chez les enseignants pour qui cette quête d’une meilleure école – fondée sur une pédagogie active, coopérative, etc. – n’est pas neuve. Voilà plus d’un siècle que nombre de pédagogues et de responsables politiques tentent de promouvoir un système moins vertical, moins fondé sur la compétition et l’exclusion. Des professeurs qui partagent ces objectifs, il y en a une constellation dans le système classique qui avancent souvent sans bruit, et sans qu’on vienne leur décerner un prix.

Point commun des neuf écoles filmées : s’attacher à transmettre et à incarner les valeurs humanistes essentielles au citoyen du XXIe siècle : empathie, solidarité, coopération, créativité, respect de l’environnement… Ce qui a frappé la réalisatrice, c’est que les écoles visitées en font leur « colonne vertébrale », et non une thématique parmi d’autres abordées une heure par semaine.

Motivations de l’élève

Pendant 80 minutes, les spectateurs se transforment en petite souris au sein de ces écoles. On y voit une petite fille qui scrute à la loupe une fourmi. Trois copains qui font leur potager. Des élèves qui s’entraident ; des personnes âgées invitées à participer aux activités ; des ateliers philo ; des enfants qui jouent les médiateurs, qui chantent, dansent, dessinent, s’émerveillent… Au-delà des saynètes émouvantes, c’est le métier d’enseignant qui est questionné et, à travers lui, l’implication des enfants dans leurs apprentissages. Dans les classes d’Isabelle Peloux, Vanessa Toinet, Caroline Sost, Philippe Viard…, pas de cours magistral. On part des envies, des motivations de l’élève. Se tromper est un droit, c’est même nécessaire pour apprendre. L’enfant, lui, est en position de chercheur-explorateur et construit, à son rythme, ses savoirs.

On pourra reprocher au film d’ériger cette poignée d’écoles en modèle vers lequel tendre – mais c’est le propre d’un film promotionnel –, d’en faire des structures différentes voire alternatives de toutes les autres. N’est-ce pas laisser entendre aux parents qu’ils ne trouveraient pas, dans leur école de quartier, la même attention à l’égard des enfants, les mêmes priorités quant aux valeurs à transmettre ? Ce bagage est bien celui que tout enseignant a pour mission de faire acquérir à chacun de ses élèves. Avec du contradictoire – des historiens invités à réagir, des sociologues et praticiens du système « classique » –, la démonstration n’en aurait été que plus convaincante.

Sur le Web : uneideefolle-lefilm.com

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10 septembre 2017

Ai Weiwei

ai weuiwei

10 septembre 2017

Vu dans la rue...

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10 septembre 2017

Nicolas Sirkis du groupe INDOCHINE

nicolas sirkis

10 septembre 2017

Macron sans ampleur romanesque

besson

Par Raphaëlle Leyris

A la lecture d’« Un personnage de roman », on n’entend ni « souffle » ni « bouillonnements », qui n’ont jamais, du reste, tellement compté dans la panoplie littéraire de Philippe Besson.

Au rang des rituels des élections présidentielles, il faut désormais compter « le-livre-d’écrivain-dans-les-pas-du-candidat-vainqueur ». Après L’Aube, le soir ou la nuit, de Yasmina Reza (Flammarion, 2007), sur Nicolas Sarkozy, et Rien ne se passe comme prévu, de Laurent Binet (Grasset, 2012), sur François Hollande, voici Un personnage de roman, de Philippe Besson, résultat d’un « compagnonnage » entamé avec Emmanuel Macron il y a un an, après que le second a quitté le gouvernement, le 30 août 2016.

Les images de cette journée provoquent une « illumination » chez Philippe Besson, qui a rencontré Emmanuel et Brigitte Macron deux ans plus tôt à un dîner et s’est lié d’amitié avec eux : l’ex-ministre de l’économie « sera président un jour ». « C’est cette impression d’irrésistible qui décide le livre », écrit-il. Cette impression, doublée de la certitude qu’il y a là une « aventure » à raconter. « Je vais écrire une espérance. Et dans l’espérance, on entend le souffle, l’exaltation, les bouillonnements, on redoute les désillusions. »

Julien Sorel ou Rastignac

Hélas, non, à la lecture d’Un personnage de roman, on n’entend rien de tout cela. Ni « souffle » ni « bouillonnements » – qui n’ont jamais, du reste, tellement compté dans la panoplie littéraire de Philippe Besson. Mois après mois, l’écrivain accompagne son héros, auquel il porte une affection et une admiration non dissimulées, dans certains déplacements.

Il le regarde à la télévision, discute avec lui en privé, le critique (gentiment) parfois. Il répète, et cela dès le titre, que cet homme, rebaptisé d’un « durassien » « Emmanuel M. », est un « personnage de roman ». Mais jamais il n’en apporte la preuve autrement qu’en se demandant s’il ressemble plutôt au Julien Sorel de Stendhal, au Rastignac de Balzac ou à un héros de Fitzgerald.

Mais son livre souffre justement d’un manque d’ampleur romanesque. C’est le récit plus ou moins personnel d’une campagne, qui retrace « à plat » les extraordinaires rebondissements d’une élection ayant déjoué (presque) tous les pronostics. « Décidément, cette élection devient chaque jour plus romanesque », note Besson à plusieurs reprises, sans en faire grand-chose.

Sans surprise

En parallèle, sa proximité avec le candidat n’apporte guère de révélations sur cet homme présenté sans surprise comme un intellectuel cultivé, entouré d’une poignée de personnes et décidant seul de presque tout. La plupart de leurs conversations tournent autour de la conception « verticale » qu’Emmanuel Macron se fait de la fonction à laquelle il aspire. Et tout se passe comme si Philippe Besson, impressionné, laissait son récit se faire écraser par cette « verticalité » revendiquée.

Les passages les plus libres du texte sont ceux qui portent sur Brigitte Macron : c’est sans doute elle, le « personnage de roman » auquel Philippe Besson aurait aimé ou dû consacrer son livre.

« Un Personnage de roman », de Philippe Besson. Julliard, 250 pages, 18 euros.

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10 septembre 2017

Rancinan

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10 septembre 2017

Genève - Sissi Impératrice...

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9 septembre 2017

Chloe Wise - ALMINE RECH GALLERY

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L’exposition « Of False Beaches And Butter Money » à la galerie Almine Rech, à Paris, dévoile le travail pluridisciplinaire de Chloe Wise. Mêlant la sculpture, la peinture et le dessin, l’installation et la vidéo, la jeune artiste canadienne explore les rapports entre l’art, la société et la consommation.

Les œuvres de Chloe Wise mettent en lumière le mercantilisme de la vie contemporaine

Les œuvres hyperréalistes de Chloe Wise soulignent avec pertinence les innombrables fausses représentations sur lesquelles repose la société de surconsommation. En usant de multiples médiums comme la peinture, le dessin, la sculpture, l’installation et la vidéo, mais aussi dans une perméabilité constante entre la vie personnelle et son personnage public via les moyens modernes et numériques de communication, l’artiste s’intéresse aux liens entre la perception et l’amélioration de soi ou encore entre la création d’une image et son authenticité.

Les œuvres de Chloe Wise mettent en lumière la façon dont les individus s’adaptent au mercantilisme qui contamine toutes les facettes de la vie contemporaine. Pour cela, elles abordent en particulier les domaines de la mode et de la gastronomie, la nourriture servant de code à la plasticienne pour illustrer les rapports complexes entre la consommation, le bien-être et la jouissance ou encore les questions de genre.

La nourriture est au centre d’une exploration des fausses représentations

Les tableaux et sculptures réunis dans l’exposition « Of False Beaches And Butter Money » se réapproprient l’imagerie des produits laitiers en révélant un caractère inutile voire nocif pour la santé qui se pose en rupture avec l’iconographie traditionnelle véhiculant une vision pastorale et romantique idéale. Une dichotomie se pose comme emblème de la relativité de toute véracité. La nourriture est au centre d’associations surprenantes : les peintures intitulées Virgo Triennal et Gluten Freedom adoptent le style classique du portrait bourgeois pour mieux le détourner. Des femmes assises y posent en tenant élégamment dans leurs bras et leurs mains des fruits et des briques de lait d’amande ou de lait chocolaté.

Des sculptures en forme de natures mortes déforment elles aussi les représentations traditionnelles en insérant les notions de fugacité et de destruction annoncée dans ces compositions d’apparence raffinée. Sur de hauts socles recouverts de peaux de vache sont disposés d’élégantes pièces de vaisselle côtoyant des fruits, du lait dégoulinant sur le tout, évoquant la dégradation naturelle à venir.

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Reportage photographique : J. Snap

http://www.alminerech.com/bibliography/3760-chloe-wise

9 septembre 2017

Liu Bolin, Ghost stories - M.E.P.

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Ghost stories présente des photographies issues des quatre grands thèmes abordés dans l'œuvre de Liu Bolin depuis plus de dix ans : la politique et la censure, la tradition et la culture chinoise, la société de consommation et la liberté de la presse. Sculpteur, performeur et photographe, l'artiste (surnommé « l’homme invisible ») déclare : « J’ai décidé de me fondre dans l’environnement. Certains diront que je disparais dans le paysage ; je dirais pour ma part que c’est l’environnement qui s’empare de moi ».

La première série de l'artiste Liu Bolin « Hiding in the City » (« Se cacher dans la ville »), en 2005, présente un autoportrait de ce dernier immobile et recouvert de peinture : son image se confond alors avec les décombres de son atelier situé dans le quartier d’artistes rasé par le gouvernement chinois. Depuis, il crée des œuvres mêlant photographie, body art, art optique et sculpture vivante : une protestation silencieuse dans laquelle il se rend invisible pour se faire remarquer.

Lieu : Maison Européenne de la Photographie

Date de début : 6 septembre 2017

Date de fin : 29 octobre 2017

9 septembre 2017

Armano Scacci

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