Les 500 ans du Havre
MUMA
Inauguré en 1961, le musée d’art moderne André Malraux abritel’une des plus riches collections françaises d’œuvres impressionnistes fauves, signées Boudin, Degas, Manet, Monet, Renoir, Pissaro, Dufy ou Van Dongen.
Tout en verre et métal, cet édifice à l’architecture novatrice construit en bord de mer, est l’œuvre des architectes Guy Lagneau, Michel Weill, Jean Dimitrijevic et Raymond Audigier. Il est chapeauté d’un paralume en aluminium imaginé par Jean Prouvé et sa façade est ornée d’une sculpture monumentale de Henri-Georges Adam, Le Signal. Cette œuvre pionnière en béton pèse 220 tonnes pour 23 mètres d’envergure.
Le Havre. L'œuvre de Monet retrouve son décor originel
C'est ce tableau, « Impression, soleil levant », qui a donné son nom au mouvement des impressionnistes.
« Impression, soleil levant », l'emblématique toile ayant donné son nom à l'impressionnisme, est exposée, depuis hier et jusqu'au 8 octobre, auHavre où l'avait peinte Claude Monet, il y a 145 ans, posté devant la fenêtre de sa chambre d'hôtel donnant sur le port.
La venue auHavre du célébrissime tableau constitue le dernier temps fort des festivités du 500e anniversaire de la création du port et de la ville. Le chef-d'oeuvre, qui ne sort que rarement de Paris, a été prêté par le musée Marmottan Monet.
Le tableau, installé seul le long de la grande paroi vitrée du musée d'art moderne André Malraux (MuMa) avec, en toile de fond, la mer et le mouvement des navires, est baigné par la lumière naturelle. Cette lumière normande, tant prisée par Monet et les autres impressionnistes. « Il a toute sa place ici », a reconnu Christian Châtellier, le restaurateur du tableau.
Véritable icône de la peinture moderne, cette huile sur toile de petite taille (50 cm de hauteur sur 65 cm de largeur) a été longtemps sous estimée. Son histoire a été précisément retracée et détaillée dans une exposition qui lui était consacrée à Marmottan, en 2014.
On s'accorde désormais pour considérer que Monet, revenu de Londres, brosse en très peu de temps, le 13 novembre 1872 au matin, ce qu'il voit depuis sa chambre, face au port, à l'hôtel de l'Amirauté, aujourd'hui disparu : des barques au premier plan, des quais, des écluses, des voiliers, l'ensemble enveloppé par la brume et les fumées et transpercé par un soleil orangé se reflétant sur l'eau.
Reconnaissance tardive
« C'est une peinture très fluide, esquissée, d'un seul geste rapide, qui pose le motif. Cela ressemble à la façon de peindre des Japonais », explique Géraldine Lefebvre, historienne de l'art havraise.
En 1874, Monet propose cinq toiles, dont celle-ci, pour une exposition à Paris d'une trentaine de peintres, en rupture avec l'académisme de l'époque. On lui demande un titre et il suggère « Impression ». Le rédacteur du catalogue de l'exposition rajoutera « soleil levant ». C'est en voyant ce titre que le journal satirique Le Charivari dénigrera ces peintres avant-gardistes, les qualifiant d'« impressionnistes ». Les artistes s'approprieront cette appellation, faisant fi de son caractère péjoratif. Mais, pour eux, ce tableau ne sera jamais un modèle. Il restera d'ailleurs longtemps oublié, dans des collections privées, avant d'être légué à Marmottan en 1940. L'intérêt pour les Impressionnistes en général, et notamment pour ce tableau, sera relancé dans les années 60 par les Américains.
Corée du Nord : Washington diffuse un projet de résolution sur des sanctions à l’ONU
Un peu plus tôt dimanche, Pyongyang a menacé les Etats-Unis de représailles si jamais le projet de résolution américain aboutissait.
Les Etats-Unis ont diffusé dimanche 10 septembre à leurs quatorze partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU un texte remanié sur un huitième train de sanctions sévères contre la Corée du Nord, selon des sources diplomatiques.
Ce projet de résolution est censé être désormais définitif jusqu’à une mise au vote voulue lundi après-midi par les Etats-Unis. Il prévoit un embargo « progressif » sur le pétrole destiné à Pyongyang et non plus un embargo total et immédiat comme le prévoyait le premier projet des Etats-Unis diffusé mercredi. Il comprend aussi une interdiction pour les Etats membres des Nations unies d’importer le textile nord-coréen comme le voulait à l’origine Washington.
Un texte adouci
En revanche, selon les mêmes sources, à l’issue de négociations ardues menées depuis quatre jours avec notamment Pékin et Moscou, les Etats-Unis ont dû adoucir leur texte d’origine sur la situation des travailleurs expatriés nord-coréens et l’inspection au besoin par la force de navires soupçonnés de transporter des cargaisons prohibées par les résolutions de l’ONU.
Parmi ses autres concessions, Washington a accepté de ne plus prévoir de gel des avoirs du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, en raison d’une opposition de la Russie et de la Chine, selon des diplomates.
Le nouveau train de sanctions que les Américains veulent que l’ONU approuve au plus vite fait suite à un essai nucléaire nord-coréen mené le 3 septembre à un niveau inégalé et au tir d’un missile à moyenne portée à la mi-août ayant survolé le Japon.
Le Conseil de sécurité a déjà adopté sept trains de sanctions, chaque fois de plus en plus sévères, pour pousser la Corée du Nord à négocier ses programmes nucléaire et conventionnel. Ces derniers sont jugés menaçants pour la paix régionale et mondiale par la communauté internationale.
« Gangsters américains »
Dimanche, la Corée du Nord a averti les Etats-Unis qu’ils paieront le « prix » en cas d’aboutissement du projet de résolution américain au Conseil de sécurité des Nations unies.
« Le monde verra comment la République populaire démocratique de Corée [RPDC] dompte les gangsters américains, en prenant une série de mesures plus dures qu’ils ne l’ont jamais envisagé », a réagi un porte-parole du ministère des affaires étrangères, relayé par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.
« La RPDC a développé et perfectionné l’arme thermonucléaire surpuissante comme un moyen de dissuader les actions hostiles croissantes et la menace nucléaire des Etats-Unis, et de désamorcer le danger d’une guerre nucléaire dans la péninsule coréenne et la région », a conclu la source nord-coréenne.
Les 500 ans du HAVRE
CHIHARU SHIOTA - ACCUMULATION OF POWER (dans l'Eglise Saint Joseph)
Chicharu Shiota a habillé d'un tourbillon de laine rouge l’intérieur de l'église Saint-Joseph. L’artiste japonaise a coutume d’utiliser ce matériau comme moyen d'exploration des relations entre les êtres humains et leur sentiment d'appartenance. Elle a représenté son pays à la 56e Biennale de Venise en 2015 et son œuvre est exposée dans le monde entier.
«Une église est un lieu où les gens prient et se confessent. C'est également un lieu rempli d'énergie spirituelle, perceptible même pour les personnes qui ne sont pas croyantes. Dans mon esprit, chacun conserve cette énergie au plus profond de soi. L'église, elle, symbolise un lieu de puissance collective, où se concentrent pensées, vœux, idées et prières.
Le tourbillon en laine rouge incarne ce pouvoir spirituel des personnes passées par l'église, accumulé comme dans une tempête. Sa position au-dessus de l'autel et du prêtre symbolise la puissance intérieure de ces personnes, chaque énergie individuelle venant renforcer l’ensemble » Chiharu Shiota
Erigée en mémoire des victimes des bombardements de la Seconde Guerre Mondial, l'église Saint Joseph est considérée comme l'oeuvre majeure d'Auguste Perret (assisté de RaymondAudigier et des Georges Brochard). Elle domine la ville de sa tour lanterne octogonale en béton brut qui culmine à 107 mètres. A l'intérieur, la lumière du jour filtre à travers 12768 verres colorés conçus par le maitre verrier Marguerite Huré.
La mode jure par tous les seins
Par Valentin Pérez - Le Monde
En transparence ou habilement soulignée, la poitrine est mise en valeur par les créateurs cette saison. Objet du désir, elle devient aussi un emblème de la cause féministe.
D’ordinaire, on les cache ou on les devine à peine. Mais cet automne, les seins seront de sortie dans la mode. Chez Lanvin, Saint Laurent ou Leonard, à une période pourtant fraîche, la poitrine est soulignée par de profonds décolletés, voire se dévoile entièrement sous une robe « glamazone » de Balmain ou sous un pull en laine et Nylon ivoire 3.1 Phillip Lim. Même les clientes ultra-fortunées de la haute couture peuvent cette saison se laisser aller en robe du soir Dior dans un tulle révélateur noir et rouge. « En hiver, il est compliqué de montrer des jambes ou des bras nus, explique Christine Phung, directrice artistique de Leonard. Mais on peut continuer de jouer avec cette partie du buste. »
Au-delà de cet aspect saisonnier, les seins prennent surtout cette année une signification féministe. « Libéré du corset dans les années 1900, aplati avec la tendance garçonne dans les années 1920, le sein a commencé à se découvrir intégralement en 1964, avec le “topless bra” de Rudi Gernreich, retrace l’historienne de la mode Catherine Örmen. Puis, dans les années de libération sexuelle, lorsque les féministes brûlaient les asservissants soutiens-gorge, Yves Saint Laurent fut le premier couturier à oser montrer les seins nus en transparence avec sa blouse de cigaline au printemps 1968. »
Quinze ans de robes monacales
Dans les années 1980, les seins seront fétichisés, cernés de cuir façon maîtresse dominatrice chez Thierry Mugler ou excroissances offertes dans une combinaison à trou dessinée par Jean-Paul Gaultier et portée par Madonna en 1992. Puis ces quinze dernières années, ils s’étaient éclipsés au profit de longues robes monacales, d’uniformes tailleur, de pièces unisexes qui minimisent les protubérances… Pour expliquer la mode féminine mais jamais aguicheuse qu’elle dessine pour Céline, Phoebe Philo confiait en avril dernier au New York Times : « Toutes ces images de femmes magnifiées, sexualisées, montrées comme des poupées pendant tant d’années ont eu un impact sur moi. »
Pourtant, cet automne, la mode, qui aime toujours appuyer là où ça fait mal, ressuscite la poitrine précisément à un moment où elle est « invisibilisée, notamment sur Facebook et Instagram, qui censurent le moindre téton féminin », souligne Julia Tissier, cofondatrice du média féministe Cheek Magazine. Avec des mouvances comme les Femen en Europe ou Free the Nipple aux Etats-Unis, elle glisse lentement d’un emblème érotique à un symbole en faveur des droits des femmes et de l’égalité des sexes.
Pas sûr néanmoins que les clientes oseront se vêtir comme sur le podium et dévoiler leur intimité dans la rue. « Le vêtement doit faire un va-et-vient : souligner le sein sans le découvrir », résume la créatrice Elise Chalmin, 26 ans, dont les tee-shirts blancs à motifs cœurs stratégiquement placés font un carton. Même recette chez Vivienne Westwood avec un modèle sur lequel la poitrine est grossièrement dessinée façon graffiti adolescent. Une présence-absence tout aussi symbolique, mais nettement plus commerciale.





































