François Hollande sort de son silence : «Cette campagne sent mauvais»
A onze jours du premier tour de la présidentielle, François Hollande, inquiet de la montée de Jean-Luc Mélenchon, sort de son silence. Le chef de l'Etat ne va pas jusqu'à appeler à voter Emmanuel Macron, mais «fait confiance à l'intelligence des Français».
Il avait dit qu'il s'abstiendrait et avait fini par accorder un entretien - cordial - à Benoît Hamon début février. Mais François Hollande ne tient plus. Face à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, le président s'inquiète de l'éparpillement de la gauche et sort de son silence. Sans appeler clairement à voter Emmanuel Macron, le chef de l'Etat multiplie cette semaine les confidences qui vont dans ce sens.
Le Monde rapporte ce mercredi que François Hollande a même accordé une interview au site de divertissement Konbini pour s'adresser aux jeunes, pour l'instant plutôt attirés par la chaîne Youtube, le jeu vidéo et les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon. Dans Le Point à paraître jeudi, le président dit également considérer que «le politique a besoin de renouvellement», en ajoutant avoir trouvé le pari de son ancien ministre de l'Economie «audacieux».
«Cette campagne sent mauvais»
«Cette campagne sent mauvais (...) Elle est hors sol», explique-t-il au Point. François Hollande semble déplorer que «l’émotion» et les dynamiques de campagne aient pris le pas sur la «raison» et le fond. Face à la «mode Mélenchon», et «le populisme», «il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte», insiste encore le chef de l'Etat. Par ailleurs, «il peut exister chez les Français la tentation d’abattre le ou les favoris du scrutin».
Pour autant, pas question d'appeler les électeurs à voter pour le candidat d'En marche. Le président ne veut notamment pas gêner son ancien protégé. En revanche, ses mots sonnent comme des bons points à Emmanuel Macron. «Je considère que le politique a besoin de renouvellement», lâche François Hollande.
Hamon déçu...
Benoît Hamon ne peut, quant à lui, plus cacher sa déception. Evoquant ce mercredi dans Les Echos le leader des sociaux-démocrates allemands Martin Schulz, le socialiste «note qu'il m'a encore apporté son soutien ce week-end et qu'il en fait plus pour ma candidature qu'une vingtaine de dirigeants socialistes ou ministres français de premier rang».
Quant à François Hollande, «mon désaccord date de 2014 : je considère à ce moment-là que le déséquilibre sur la politique de l'offre va être dommageable et que la courbe du chômage ne va pas s'inverser... Je ne pense pas m'être complètement trompé», tacle-t-il.
Macron, «pas une mesure sociale dans ses cent premiers jours»
Pour lui, une victoire de Marine Le Pen, improbable en mai, est en revanche possible en 2022 «si on continue à mettre en œuvre des politiques libérales». «Je ne vois pas en quoi le programme d'Emmanuel Macron aurait des résultats différents. Il ne propose pas une mesure sociale dans ses cent premiers jours. Rien, le néant absolu!», dénonce le candidat du PS.
Enfin, il assure «assumer un désaccord profond avec Jean-Luc Mélenchon sur la question européenne». «Je ne crois pas à son plan A, parce qu'il place beaucoup trop haut le niveau de ses exigences de renégociations des traités pour que celui-ci soit réaliste. Donc en réalité il n'y a chez lui que le plan B, à savoir la sortie de l'Union européenne. Et moi, je ne souhaite pas une telle issue», martèle-t-il.
Le Parisien
On a suivi les street artists parisiens qui détournent et réinventent l'affichage électorale
"Totally Crazy" le CRAZY HORSE DE PARIS
Rencontre avec Fleur, Daniela et Hippy qui font partie des danseuses de « Totally Crazy », le show qui célèbre depuis jeudi les 65 ans de création du cabaret parisien.
Par Renaud Baronian
Il y a 65 ans, feu Alain Bernardin fondait le cabaret érotique « Crazy Horse » dans le huitième arrondissement de la capitale, qui a depuis acquis une réputation internationale tout en demeurant prisé des Parisiens. Pour célébrer cet anniversaire, le Crazy a lancé un nouveau spectacle, « Totally Crazy » (lire par ailleurs). Pour l’occasion, le cabaret nous a exceptionnellement ouvert les portes des loges des danseuses, pour y rencontrer deux nouvelles venues, Fleur et Daniela, ainsi que Hippy, qui fait partie de la troupe des 18 permanentes depuis quatre ans, toutes trois vêtues du traditionnel peignoir maison en soie rouge.
FLEUR, la classique
Les danseuses du Crazy peuvent venir de tous les horizons. La preuve avec Fleur, 24 ans, qui débutera sur scène dans quelques jours : « Je suis Angevine et j’ai une formation de danseuse classique pour laquelle je suis notamment passée par le conservatoire. » Ensuite, cette brune piquante a dansé en Asie deux ans dans un cabaret à Macao, avant de revenir à Paris pour se produire dans des comédies musicales comme « Les Dix commandements », puis de postuler au Crazy. Qu’elle adore : « Des amies m’y avaient poussée en me disant que ce cabaret me correspondait, et c’est vrai. Me dénuder sur scène, cela ne me fait pas peur, au contraire. Mais le Crazy, ça n’est pas que cela : c’est avant tout un show et un lieu exceptionnels, dont il faut apprendre les codes et qui demande beaucoup de travail. C’est très précis. Mais j’aime l’ambiance, et les relations avec les autres danseuses sont cool. »
Daniela, la gymnaste
Le parcours de Daniela se révèle encore plus atypique que celui de Fleur : la jeune Parisienne de 28 ans a d’abord été gymnaste au niveau national, avec de devenir infirmière en bloc opératoire. Du coup, pourquoi s’être dirigée vers la danse de cabaret ? « J’étais fan du Crazy, tout simplement. J’ai vu le spectacle cinq ou six fois, et j’avais très envie de m’y produire depuis longtemps. » Pour y parvenir, la jeune femme qui a « toujours adoré danser » s’est formée elle-même. Puis, il y a quelques semaines, elle a osé tenter le casting… Et elle a été prise très rapidement dans la troupe. Nouvelle venue, elle devra patienter jusqu’au 14 avril avant de véritablement se produire dans le spectacle. Et elle a hâte d’y être : « Je vis un rêve, j’ai encore du mal à y croire ».
Hippy, la Québécoise
Elle n’a que 25 ans et elle fait déjà partie des piliers de la troupe. Il faut dire que la nature enjouée et solaire de Hippy Bang Bang — son nom de scène, ses deux consœurs novices devront attendre leur première scène pour adopter le leur — emporte tout sur son passage. Québécoise, la jolie et souriante blonde a fait son incursion au Crazy comme tout ce qu’elle fait dans la vie, à la manière d’une joyeuse tornade. « La troupe était en tournée à Montréal, et j’ai découvert qu’on pouvait auditionner le lendemain. Le soir, mes parents m’ont pris en photo, ma mère m’a prêté un maillot, mon père tenait une lampe pour la lumière ! » Elle a immédiatement été choisie et a donc fait son entrée à 21 ans au cabaret parisien. Il n’y a qu’elle que ça n’étonne pas : « J’étais un peu crazy, ça leur a forcément plu. » Depuis, elle a fait son chemin au sein du cabaret — elle est très présente dans le nouveau show. « Ce qu’il y a de génial, c’est que le Crazy te permet d’évoluer dans la troupe en tant que soliste. » Et elle s’est très vite adaptée à sa nouvelle vie dans la capitale : « On dit des Parisiens qu’ils sont pénibles et râleurs. C’est une façade, en réalité ils sont super sympas, on apprend à les aimer… »
"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart : amour, sexe et imposture - bientôt au Théâtre du Rond Point
"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart : amour, sexe et imposture
Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Trois personnages sans nom s'aiment, se font mal, hésitent entre désir de maintenir et de détruire le fragile équilibre du triangle amoureux qu'ils forment : dans "Erich von Stroheim", une création du Théâtre National de Strasbourg, Stanislas Nordey interroge le couple, le sexe, mais aussi le travail, avec dans le rôle principal Emmanuelle Béart
"L'Un" est un acteur de films pornographiques vieillissant, qui a fait de son corps un "endroit commun à tous", "l'Autre" a encore la pureté de l'enfance et refuse au contraire toute aliénation par le travail, "Elle" est une femme d'affaires qui s'accomplit dans l'action, traite les autres comme des objets et parle comme on assène des coups.
Interprétés par Laurent Sauvage, Thomas Gonzalez et Emmanuelle Béart, les trois personnages évoluent dans un décor trop grand pour eux, toujours par deux, mais toujours préoccupés par le troisième d'entre eux. Leurs apparitions et disparitions sont scandées par la voix de Maria Callas chantant "Samson et Dalila" de Camille Saint-Saëns.
Imposture
Cette pièce contemporaine du Français Christophe Pellet, qui navigue entre crudité et angoisses métaphysiques, tire son nom de l'acteur-réalisateur de l'entre-deux-guerres Erich von Stroheim, admiré par "l'Autre" pour avoir été un imposteur, un "mystificateur de génie", qui s'est inventé une vie.
"Elle", qui détient le plus de pouvoir, est vêtue de noir, tandis que "l'Un" est torse nu et "l'Autre" entièrement nu. La diction plus naturelle de "l'Autre" l'oppose aussi aux deux autres, plus manipulateurs.
"Au départ, je me disais qu'au théâtre il n'y avait aucun sens de montrer quoi que ce soit de l'acte sexuel, donc il fallait trouver une représentation du corps", explique le metteur en scène et directeur du TNS, Stanislas Nordey. Il a aimé la façon dont la pièce de Christiophe Pellet "interroge notre rapport au couple, à la sexualité, à la durée dans une relation".
"Erich von Stroheim" de Christophe Pellet mise en scène de Stanislas Nordey avec Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez
L’Un et L’Autre, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez
Bernard Menez acteur solaire
Bernard Menez est fils de facteur. Il passe son enfance en Bretagne et dans les colonies des PTT. Il devient professeur de maths, avant d'être choisi par le cinéaste Jacques Rozier. Il tournera avec Louis de Funes, François Truffaut, Pascal Thomas.
Il est 23h - il a le physique d’un homme en vacances. C’est lui qui le dit : Bernard Menez a joué l’homme qui part, le parisien qui va séduire la plus jolie fille du village, l’homme qui prépare l’été, l’homme sur le départ. Il y a des êtres comme ça, qui pour toujours, seront les hommes d’un 30 juin ou d’un premier juillet. Qui ont ce désir-là, collé à la peau à jamais. Ça vient de loin, Bernard Menez dit : « petit déjà, j’étais les vacances ». Mais attention, ça ne voulait pas dire : ne rien faire : au contraire, c’était expérimenter. Dans une famille il y a toujours celui pour qui on dit : c’est l’original, le rêveur. Il y a toujours une grand-mère pour repérer cet enfant-là et dire : il est un peu marginal. Ce sont ces physiques de vacances, qui jamais ne vont intégrer la grisaille. Le fils du facteur Menez, Bernard, est de ceux-là. Il dit : « il paraît qu’il suffit que j’apparaisse pour qu’on sourit ». Il ajoute : je ne suis ni beau ni laid, ça limite et élargit les possibilités. Chez les Menez on n’a pas de télé mais on a le droit d’aller toquer chez les voisins. Quand Bernard enfant voit Jacques Brel chantant la Valse à mille temps avec ses bras, avec ses gestes, il est ému. Son premier rôle c’est le roi mage Balthazar dans la crèche vivante de l’école. Il anime des colos. Pendant les récréations à l’école, il met en scène ses amis. A la caserne à l’armée, il met en scène les appelés. Il part enseigner les maths et la physique chimie, l’avion va partir pour le Canada mais il est rattrapé au vol par un réalisateur, Jacques Rozier. Puis ce seront les films de Pascal Thomas. La rencontre avec Louis de Funès ou François Truffaut. Bernard Menez reste en France –l’été et la vie d’acteur commence à s’étendre à toute la vie. En 1984, son 45-tours Jolie poupée est passé devant Thriller de Michael Jackson au hit-parade. Souvent dans le cinéma, on lui reproche les succès du théâtre Michel et de la chanson populaire. Les êtres avec physique d’homme en vacances et lumière de 30 juin, ça fait des jaloux. Bernard Menez aime raconter la dernière scène du film de Jacques Rozier, Maine Océan : un contrôleur des trains qui veut changer de vie. Bernard Menez a changé de métiers mille fois, il a le physique d’un homme en vacances, c’est-à-dire un homme disponible à rêver et à changer- lui qui a aussi eu envie de faire bouger les lignes en politique. Bernard Menez donne envie de repenser nos physiques d’hommes et de femmes pressés, nos physiques de l’année, nos physiques de septembre pour en faire des physiques de juillet
Bernard Menez, acteur. Il vient de sortir une autobiographie Bernard Menez Je ne vous dis pas tout, aux Editions l'Archipel. Il raconte l'enfance en Bretagne, ses années professeur de mathématiques, la rencontre avec Louis de Funès, François Truffaut, Jacques Rozier, Pascal Thomas.
Benoit Hamon...une bouteille à la mer...
Une lettre aux Français. Un peu comme une bouteille jetée à la mer, pour éviter le naufrage... dans les urnes, le 23 avril. L’équipe de Benoît Hamon a démarré ce mardi l’envoi de sa missive en 9 millions d’exemplaires. Le candidat socialiste tient d’abord à nous rassurer : « Ces dernières semaines, écrit-il, n’ont ébranlé aucune de mes convictions, elles les ont confirmées ». Sa chute dans les sondages au-dessous de 10%? Les lâchages des camarades du PS en transhumance vers l’écurie Macron ? Les folles rumeurs, faussement étayées par un SMS bidon, de son désistement au profit du rival honni, Jean-Luc Mélenchon ? Même pas mal !, assure, bravache, le « petit Benoît », comme l’a maladroitement désigné l’autre jour Martine Aubry. Bien sûr, il ira jusqu’au bout de ce qui ressemble de plus en plus à un calvaire. « Je me bats, je résisterai à tout : je viens d’une terre granitique », dit le Breton. Peut-être. On l’espère pour lui. Mais le PS, lui, que deviendra-t-il ? Car la maison Solferino n’est pas de granit. Plutôt un palais en carton empli de courants d’air...












