Ils en ont « rat-le-bol »
Les rats sont toujours là et les commerçants n’en peuvent plus. Une nouvelle opération de dératisation a été lancée, square Saint-Jacques.
Par Éric Le mitouard
Reza s’est installé au Petit Bistrot depuis sept mois, rue Saint-Martin (IV e), vue imprenable sur la tour Saint-Jacques. Et il n’en revient pas. « C’est réellement choquant de voir autant de rats venir jusqu’à la terrasse de notre café, le soir et au petit matin. » Rien n’y fait. Depuis le mois de décembre dernier, la Ville de Paris a lancé un protocole d’intervention avec fermeture de square, pose de boîtes sécurisées contenant des appâts anticoagulants et rebouchage des terriers. L’opération devait durer quinze jours à trois semaines. Et lundi, deux mois plus tard, le square Saint-Jacques et le jardin des Rosiers notamment n’étaient toujours pas rouverts.
Une seconde opération a même été lancée avec la mise en place d’une impressionnante palissade en bambou tout autour du square. « C’est fermé, oui. Mais les rats passent en dessous », dénonce Reza qui montre les passages, sous la grande grille fermée. Pour lui, comme pour les autres commerçants de la rue Saint-Martin, la soupe populaire qui est organisée aux abords du square est mise en cause. « C’est affreux de voir les rats passant entre les jambes des gens qui viennent ici se nourrir », estime Anna. « Le matin, on voit des gobelets et des barquettes partout. Les restes de nourriture font la joie des rats qui montent sur les poubelles. Il suffirait peut-être d’organiser cette distribution de repas un peu plus loin, au moins sur l’autre trottoir. »
Un problème pour les touristes
Patrick, douze années au Café In, est découragé. « On a essayé les pétitions il y a quelques années pour que ce soit mieux nettoyé. Mais cela ne change rien. Nous n’avons aucune réponse. C’est le problème de la propreté dans le quartier. »
A la mairie du IV e, on affirme que « le nettoyage des trottoirs est assuré et que l’envahissement par les rats est jugulé petit à petit. » Les poubelles ont été retirées à certains endroits. Et les palissades en bambou ont été placées. « Nous allons installer, au jardin de la rue des Rosiers, des poubelles enfermées dans des coques en bois, pour éviter qu’elles ne soient attaquées par les rats. Au square Saint-Jacques, nous devons étudier la question avec les monuments historiques. »
En attendant, le square reste fermé. « Du coup tout s’arrête, estime Gilles, à la Civette depuis deux ans. Les touristes ne peuvent pas venir visiter la tour. On voit les cars de touristes passer et repartir. Les gens ne peuvent plus venir lire sur les bancs… » Comme si les rats avaient pris possession du quartier.
Reportage photographique : Jacques Snap
Au Cente Quatre : La crème des jeunes photographes
Rue Curial (XIXe). Les expositions sont gratuites dans la halle Aubervilliers et dans l’espace dédié aux enfants, « Little Circulation(s) ». Festival Le Centquatre-Paris accueille les clichés de 44 Européens parmi les plus talentueux. Une exposition à découvrir (aussi) avec les enfants.
Par Adrien Quintard
Jusqu’au 5 mars, le Centquatre-Paris (XIX e) héberge les œuvres de 44 jeunes photographes européens, dans le cadre du Festival Circulation(s). Une partie d’entre elles se découvre gratuitement, dans la halle Aubervilliers où sont présentés 14 des 44 artistes. Les autres sont regroupées dans des ateliers annexes qui sont accessibles moyennant 5 € (3 € en tarif réduit).
Parfois sombres, mais aussi teintées d’humour et de poésie, les photographies traitent de la guerre ou de la vie quotidienne et mettent en lumière des paysages reculés. « Ce qui me plaît, c’est qu’il y a plein d’artistes et de thèmes différents », se réjouit Sylvain, 27 ans.
On y découvre par exemple les portraits du Britannique Sam Ivin, dont les visages, grattés à même la pellicule, évoquent la perte d’identité des migrants. Ou le témoignage de Corentin Fohlen, qui a constaté en Haïti l’échec des villes nouvelles conçues après le séisme de 2010. Ou encore le projet décalé de Kate Fichard qui a redonné vie aux « épouvantails » des champs français.
Une démarche pédagogique
Toutes ces œuvres sont également accessibles aux plus petits, dans un espace dédié sous la nef Curial, « Little Circulation(s) ». Ici, la démarche des jeunes artistes est expliquée aux enfants à travers des panneaux pédagogiques et des livrets de jeu. Et la scénographie séduit même les adultes, qui semblent ravis. « C’est extra la façon dont c’est présenté. Et les petites activités à faire sont super ! », s’enthousiasme Hafida, 59 ans.
Le Centquatre-Paris, 5, rue Curial (XIX e), M° Riquet, Marx-Dormoy. Rens. : Festival-circulations.com
Le drapeau tricolore...
Nice : Helmut Newton pour le nouveau Musée de la Photographie
C'est le nouveau Musée de la Photographie Charles Nègre de Nice au 1, Place Pierre Gautier, qui sera inauguré jeudi 16 février à 12h30 avec en prime une exposition du célèbre photographe Helmut Newton. Ce musée remplace le Théâtre de la photographie et de l’image installé auparavant, boulevard Dubouchage, et qui a fermé ses portes fin 2015 pour laisser place à la troupe et à l'école que lance le comédien Francis Huster. Désormais installé dans le vieux Nice, le musée présentera des expositions temporaires monographiques des plus grands noms de la photographie ou des expositions thématiques sur les tendances de la photographie de l'origine à l’image numérique. A sa charge aussi de rassembler une collection photographique sur Nice et sa région et de devenir ainsi la "mémoire photographique" du territoire.
Pour l'inauguration, et bien dans la ligne que le musée s'est fixée, est proposée une exposition consacrée à l'œuvre d'Helmut Newton, baptisée "Icônes" et ouverte au public du 17 février au 28 mai 2017. Né en 1920 à Berlin, de père juif allemand et de mère américaine, Helmut Newton, est arrivé en France au début des années soixante, et s'est fait connaître pour ses photos de mode et ses nus féminins. Ses travaux apparaissent dans de nombreux magazines, en particulier dans Vogue. Son style, parfois d'une subjectivité sensuelle, est marqué par l'érotisme, par des scènes stylisées et, souvent, par une violence sous-jacente.
Conçue spécialement pour le Musée de la Photographie, l'exposition réalisée en collaboration avec la Fondation Helmut Newton à Berlin montre pour la première fois à Nice un ensemble d’images devenues iconiques. Le musée sera inauguré par Christian Estrosi, Président de la Région PACA et de la Métropole, Philippe Pradal, Maire de Nice, Marie-France Bouhours, Directeur Artistique du Musée de la Photographie et Matthias Harder, Conservateur de la Fondation Helmut Newton.



















