Hier soir : «Django Unchained» censuré ?... Pourquoi TF1 n'a pas diffusé la version cinéma du film
Jamie Foxx et Leonardo DiCaprio dans «Django Unchained». - The Weinstein Company
Django Unchained est un hommage de Quentin Tarantino au western spaghetti. Mais avec beaucoup de sauce tomate. Sorti en 2013 en France, ce film qui réserve son lot de fusillades, d’énucléation et de bain de sang avait à l’époque été interdit aux moins de 12 ans. Sa violence est telle que TF1 l’a diffusé dimanche soir en présentant une version « modifiée », différente de celle qui fut montrée dans les cinémas. Cette décision a ulcéré plusieurs téléspectateurs qui s’en sont émus sur les réseaux sociaux, parfois en allant jusqu’à parler de « censure ». « C’est Sony [le distributeur] et Quentin Tarantino qui ont légèrement retravaillé deux scènes. TF1 n’est pas intervenue sur ce travail », explique ce lundi la chaîne à 20 Minutes. Les séquences concernées sont celles dans laquelle un esclave est dévoré par des chiens ainsi que la fusillade se déroulant à Candyland, la plantation appartenant au personnage incarné par Leonardo DiCaprio. Ces deux passages ont donc été expurgés des plans les plus dérangeants. TF1 précise que les coupes « représentent une minute et onze secondes du film » qui dure 165 minutes.
« Le CSA n'intervient qu'à posteriori »
« Après visionnage de cette version, nous avons pu le proposer à 20h55 avec le pictogramme "- de 12 ans" », ajoute la première chaîne. Car, si TF1 avait diffusé Django Unchained dans sa version « cinéma », elle se serait peut-être exposée aux foudres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Un film interdit aux moins de 12 ans en salle est considéré par le gendarme du petit écran comme un programme de catégorie III. Ceux-ci ne peuvent généralement pas être diffusés avant 22 h à la télévision mais une recommandation du CSA avance qu’à « titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion après 20h30 de programmes de cette catégorie (…) sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires ». Par ailleurs, une chaîne ne peut pas programmer plus de quatre longs-métrages interdits en salle aux moins de 12 ans par an.
TF1 a donc tenu à rester dans les clous pour se prémunir de toute récrimination de l’instance de contrôle. « Le CSA n’intervient qu’a posteriori [après la diffusion d’un programme], souligne Christophe Triollet, auteur du livre Le Contrôle cinématographique en France (L’Harmattan). C’est la chaîne qui a choisi de diffuser ce film en première partie de soirée. Elle aurait pu le programmer en deuxième partie de soirée dans sa version "salle", mais cela lui aurait apporté moins de revenus publicitaires. » D’autant plus que le film de Tarantino dure près de trois heures – les téléspectateurs auraient forcément été moins nombreux à le suivre à une heure plus tardive.
Django Unchained, suivi par 5.5 millions de téléspectateurs, a permis dimanche à TF1 de se classer en tête des audiences de la soirée devant France 2 qui diffusait Gone Girl. Le thriller de David Fincher a tenu en haleine 4.4 millions de personnes... qui ont été mises en garde par la chaîne au sujet d'une scène particulièrement violente.
La lettre de campagne de Laurent Joffrin
Primaire : les deux gauches
Les choses sont de plus en plus claires : malgré la multiplicité des candidats, il y a bien deux gauches qui s’affrontent dans la primaire socialiste. Celle de Matignon et celle de Frangy. Manuel Valls incarne la première, jouant la crédibilité, l’expérience et la prudence coupante de ceux qui se font fort de gouverner, c’est-à-dire de choisir, quitte à laisser le rêve au vestiaire.
Hamon en premier lieu, Montebourg ensuite, incarnent celle de Frangy, quand ils furent tous deux débarqués du gouvernement Valls pour divergence publique. Cette gauche-là veut des projets audacieux, des ruptures, des envolées, quitte à franchir, ici et là, la frontière du possible. La première aime le pouvoir, quitte à y sacrifier le socialisme. La deuxième aime le socialisme, quitte à ne jamais arriver au pouvoir. La première sans la deuxième est infidèle. La seconde sans la première est impuissante. Sur un mode plus affirmé, Macron et Mélenchon, comme dans une extension sur les deux ailes, vont plus loin dans chacune des deux logiques. Tout l’art politique, dans ces circonstances, consiste à réunir ces deux sensibilités. Vincent Peillon tient ce discours. On ne l’écoute pas encore, mais son idée chemine. La gauche française n’a jamais gagné sans concilier les inconciliables. C’est en mariant l’eau et le feu que Mitterrand, Jospin ou Holl ande sont arrivés au pouvoir. Quel qu’il soit, le vainqueur de la primaire devra endosser le costume de ses prédécesseurs. A moins de considérer que l’élection est déjà perdue et de donner tout de suite à François Fillon son billet pour l’Elysée.
C’était aussi hier
• Le débat des primaires de la «Belle Alliance populaire» a attiré 1,470 million de spectateurs, soit moitié moins que le premier. Mais on avait vu l’audience de la primaire de la droite subir la même baisse de moitié lors du deuxième débat sur les chaînes d’information continue, dont la puissance est moindre. En fait, l’intérêt pour cette compétition reste au même niveau.
• Filoche soutiendra Montebourg dans la primaire. Un atout ?
• Marine Le Pen a confirmé qu’elle introduirait, si elle est élue, un «délai de carence» pour que les immigrés en situation régulière puissent bénéficier d’aide sociale ou d’éducation gratuite pour leurs enfants. Mesures parfaitement discriminatoires : les immigrés en situation régulière cotisent comme les autres et paient les mêmes impôts ; mais ils n’auront pas les mêmes droits.
• Samedi, François Fillon a rappelé l’impératif d’unité qui échoit aux leaders de la droite. C’est bien que le problème se pose, en tout cas avec les sarkozystes. Il a aussi déclaré que son projet serait le même mais qu’il sera «enrichi». Il sera donc modifié.
LAURENT JOFFRIN
Concorde Art Gallery
JR
Si vous n’avez pas la vignette…
Les commandes de vignettes Crit’Air ont atteint un pic de 100 000 pastilles par jour la semaine dernière. Si vous ne l’avez pas, pas de panique.
Tous concernés
Que vous soyez immatriculé à Paris, en banlieue, en région ou même à l’étranger, et que vous possédez une voiture, un deux-roues motorisé ou encore un utilitaire, vous devrez arborer une vignette à la forme ronde.
Un délai avant de l’obtenir
Pour l’avoir, quelques clics suffisent sur www.certificat-air.gouv.fr.Payable en ligne 4,18 €, votre vignette est confectionnée à la demande puis délivrée au plus tard vingt jours après à l’adresse inscrite sur la carte grise. Il est aussi désormais possible d’obtenir un formulaire sur Internet, dans les mairies et les préfectures et de faire sa demande par courrier (avec paiement par chèque ou mandat). Les délais d’impression s’allongent, d’où la mansuétude des autorités qui ne sanctionneront pas (au moins pendant quelques semaines) ceux qui ne l’ont pas.
Gare aux PV pour les vieux tacots
Si les contrôles ne seront donc d’abord que « pédagogiques » pour les modèles de moins de 20 ans, voitures immatriculées avant le 1 er janvier 1997, utilitaires d’avant le 1 er octobre 1997 et deux-roues d’avant le 1 er juin 2000 risquent eux un PV (de 68 € à 135 €) dès aujourd’hui car ils font partie des véhicules non classés, donc sans vignette. Si c’est votre cas, vous pourrez quand même rouler dans Paris en semaine de 20 heures à 8 heures et le week-end. En cas de pic de pollution, la circulation alternée sera à terme remplacée par une circulation différenciée où seuls les véhicules à pastille les moins polluants seront autorisés à rouler. Frédéric Mouchon
"Un sac de billes" - sortie en salles mercredi prochain
Elsa Zylberstein et @PatrickBruelOff interprètent Anna et Roman Joffo dans#UnSacDeBilles mercredi au cinéma pic.twitter.com/pe8Bs0BFr5
— Gaumont (@gaumontfilms) 15 janvier 2017


