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Jours tranquilles à Paris

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7 décembre 2015

LUI est paru

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7 décembre 2015

ACTU ANIMÉE #5 - Comment réagir après un attentat

7 décembre 2015

Extrait d'un shooting - tatouage

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7 décembre 2015

LOUIS VUITTON : La marque présente à Paris une exposition qui replace l’épopée familiale dans la grande Histoire.

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Quand l’une des plus grandes signatures du luxe contemporain s’ouvre les portes du Grand Palais (à quelques salles de Picasso), le temps d’une exposition qui emprunte son titre à une publicité de 1965 (« Volez, voguez, voyagez »), on peut s’attendre à une savante mise en scène « corporate ». Le résultat est plus subtil que cela.

Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, est le commissaire de cette exposition pour laquelle il a choisi de s’intéresser au patrimoine créatif et à l’aspect humain. « J’aimais l’idée de faire ressortir les racines aristocratiques de l’Histoire, explique-t-il. Je pense que derrière les marques, il y a toujours des hommes. Il y avait aussi une forme de défi à aligner les malles à l’échelle du Grand Palais, cela peut devenir ennuyeux, surtout que quand on les ouvre, elles sont vides. J’ai donc proposé qu’on cherche dans les réserves de Galliera des objets de la même époque pour les remplir et retrouver un peu de vie quotidienne. » Dans ce parcours thématique se mêlent les archives de la maison Louis Vuitton, celles de Galliera, des œuvres artistiques diverses (un tableau de Gustave Courbet, des photos de Lartigue…) et quelques pièces récentes de la griffe. Le tout cohabite dans un décor décomposé en plusieurs scènes d’aventure (un wagon de train très Agatha Christie, une salle « aviation » envahie par les nuages et les maquettes d’aéronefs…) et signé du metteur en scène canadien Robert Carsen, qui a délaissé pour l’occasion l’opéra et le théâtre pour donner vie à un monde imaginaire.

Inventeurs fou

On y croise des personnages singuliers et parfaitement cinématographiques. Les premiers rôles sont tenus par les hommes de la famille Vuitton. Le jeune Louis d’abord parti à pied à 13 ans de son Jura natal pour rejoindre Paris et entamer une carrière de layetier (les techniciens qui emballaient les objets précieux ou fragiles) avant d’inaugurer la saga du malletier en 1854. Son fils Georges, industrieux et discret, est quant à lui l’inventeur de la toile Monogram, un outil anti-contrefaçon autant qu’un hommage à son père.

Au début du XXe siècle, les petits-fils incarnent la veine « inventeurs fous » d’une génération qui explore le monde et les limites des technologies naissantes avec une curiosité d’enfant. Les jumeaux Pierre et Jean multiplient ainsi les maquettes et les prototypes de monoplan et d’hélicoptère. Leur disparition prématurée (l’un pendant la guerre, l’autre de maladie) laisse la place au personnage le plus excentrique de la famille : Gaston. Collectionneur assidu d’étiquettes de voyage et de malles du monde entier (pour lesquelles il envoyait au vendeur potentiel des fiches de renseignements très précises), Gaston est aussi un dessinateur de grand talent qui multiplie les variations sur les motifs Art déco et invente de nouveaux logos pour la maison. Amateur d’arts décoratifs au sens large, on lui doit certains des parfums de la maison oubliés injustement, comme Heure d’absence, un flacon à l’épure ultramoderne rangé dans une boîte en forme de borne kilométrique. A ses heures perdues, il collaborait lui-même au design de nombreux flacons de parfum destinés aux nécessaires de voyage.

Tonalité intimiste

Bibliophile, il est également associé à une autre activité réhabilitée avec un plaisir visible par le commissaire d’exposition, à savoir les objets liés à l’écriture issus d’un monde prédigital : écritoires de voyages, malles bibliothèques et autres malle à télégramme. « Gaston Vuitton avait aussi fondé une maison d’édition, poursuit Olivier Saillard, qui s’appelait Les Exemplaires. Il a édité notamment L’Or, de Blaise Cendrars et La Naissance du jour, de Colette ; il dessinait lui-même ses ex-libris. Très romanesque, il collectionnait les articles de presse sur les malles sanglantes (un fait divers autrefois populaire dans lequel des cadavres découpés étaient cachés dans des malles). Il existe une émission des débuts de la télévision où il est filmé chez lui et lance un appel aux téléspectateurs pour retrouver une malle sanglante de 1901 qui manque à sa collection. Il mériterait sans doute sa propre exposition. »

Ces histoires finissent par donner une tonalité intimiste à l’exposition d’autant qu’on y croise d’autres personnages, connus ou inconnus, dont la vie affleure au détour d’un tiroir. Qui était ce monsieur William Twombley, propriétaire d’une malle à chapeaux de 1895, un aristocrate anglais ? Un businessman américain ? Même Wikipédia ignore la réponse. On a oublié aussi la cantatrice Marthe Chenal, dont on sait seulement qu’elle menait grand train, si l’on en croit ses commandes parmi lesquelles le très beau nécessaire de beauté aujourd’hui dans les archives. Liz Taylor, elle, est dans toutes les mémoires… Aux côtés de sa robe Robert Piguet – taille extrafine –, ses valises Monogram sont familières et aiguisent l’imagination : laquelle transportait ses fabuleux bijoux ? Plus loin, les « fiches clients » de Christian Dior, Yves Saint Laurent, Elsa Schiaparelli évoquent un âge d’or de la haute couture et une connivence de goûts entre ses acteurs célèbres.

Toutes ces trajectoires personnelles se croisent ici sur une trame historique plus large mêlée de culture et de progrès social et technique. « L’exposition accompagne aussi l’évolution des moyens de locomotion et, en cela, elle est liée à l’histoire du XIXe et du XXe siècle. » Les croisières, l’aviation, les trains de luxe, mais aussi l’automobile révèlent des arts de vivre aujourd’hui oubliés. En l’absence de coffre, il fut un temps où les voitures avaient des malles plates, souvent porteuses du numéro d’immatriculation. Sans pare-brise, le manteau et le chapeau-casque étaient obligatoires – même si tous n’ont pas la grâce des bonnets de laine signés Sonia Delaunay présentés ici. Quant au chauffeur, prié de conduire les mains propres, il transportait son lavabo dans sa malle ronde. À travers tous ces détails, la superproduction Louis Vuitton a le charme d’un film d’auteur intimiste. La maison recouvre, sans sortir l’artillerie d’un marketing pompier, son aura patrimoniale, éclipsée au XXIe siècle par sa croissance globale et sa fièvre du sac griffé. Article de Carine Bizet 

Volez, voguez, voyagez, jusqu’au 21 février 2016, au Grand Palais à Paris, côté square Jean Perrin, entrée gratuite, grandpalais.com

7 décembre 2015

Les illuminations de Noël au Rond Point des Champs Elysées

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7 décembre 2015

Les acheteurs se bousculent pour reprendre le cinéma La Pagode

Moins d’un mois après sa dernière séance, le 10 novembre, La Pagode, unique cinéma du 7e arrondissement de Paris – il est situé rue de Babylone –, serait déjà à vendre. Elisabeth Dauchy, la propriétaire, dément cependant avoir donné un mandat de vente à la banque Martin Maurel. A l’en croire, il s’agit d’une « confusion » née de sa volonté de « restructurer ses actifs ». Un préalable, « avant d’emprunter pour faire des travaux ». Début novembre, elle avait affirmé qu’elle souhaitait que La Pagode « reste le cinéma mythique qu’il a toujours été ». Pour l’instant, Mme Dauchy assure « qu’elle n’y a pas mis les pieds depuis deux ans et qu’elle n’a pas encore récupéré les clefs ».

Malgré ces dénégations, une prochaine cession de ce bâtiment – il a été édifié en 1896 sur le modèle d’une pagode avant d’être transformé en cinéma en 1931 – excite les convoitises. Plusieurs candidats au rachat sont sur les rangs.

En tête de liste, on trouve le tandem constitué par le groupe Madar, spécialisé dans l’immobilier de bureaux et d’entreprises, et le metteur en scène Bernard Murat, un proche du président de la République. Leur ambition est de conserver son caractère culturel à La Pagode, qui demeurerait une salle de spectacles. D’autres acheteurs potentiels auraient fait part de leur intérêt, parmi lesquels la productrice Sophie Dulac et Marin Karmitz, producteur de cinéma et exploitant du réseau de salles de cinéma MK2. De bonne source, on fait savoir que ce dernier aurait été reçu par le chef de l’Etat « pour pousser son dossier ». Enfin, de grands groupes tels Vivendi ou Pathé auraient déjà approché Mme Dauchy pour racheter La Pagode.

Des murs en mauvais état

Le prix de vente de la mythique salle de cinéma parisienne, spécialisée dans les films d’art et d’essai, pourrait avoisiner, selon nos informations, les 30 millions d’euros. Toutefois, le futur propriétaire devra remettre la main à la poche. Plusieurs autres millions seront nécessaires pour rendre tout son lustre à La Pagode, par ailleurs classée monument historique.

Il y a « beaucoup de travaux à faire », reconnaît la propriétaire. Le bâtiment est en assez mauvais état. Un filet était ainsi tendu sous le plafond pour protéger les spectateurs. Le cinéma avait pâti de la bataille judiciaire entre l’exploitant des lieux et Mme Dauchy. Le 30 octobre, la cour d’appel de Paris avait mis fin à un long conflit de trois ans entre la société Cinéma La Pagode, exploitant de la salle depuis quinze ans, et le propriétaire des murs la SCI Foch Dauphine, dont Mme Dauchy est la dirigeante. In fine, le tribunal avait prononcé l’expulsion de l’exploitant.

Plus qu’un cinéma, qui avait notamment fait les beaux jours de la Nouvelle Vague, La Pagode, bordée par un jardin japonais, s’était muée ces dernières années en un lieu culturel. Il attirait chaque année un peu plus de 100 000 spectateurs. Article de Guy Dutheil.

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7 décembre 2015

Kate Moss by Albert Watson

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7 décembre 2015

Extrait d'un shooting - bondage is not a crime

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7 décembre 2015

Hôtel de Ville de Paris illuminé

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7 décembre 2015

Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, ces jumeaux

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Il y a un an, le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, étaient les meilleurs alliés du monde. D’une poignée de main cordiale, les deux hommes venaient de sceller, le 7 décembre 2014 à Ankara, leur nouvelle association dans l’énergie : un gazoduc prévu sous la mer Noire, puis jusqu’à la frontière turco-grecque. Le projet du South Stream, censé traverser l’Europe orientale pour contourner et punir l’Ukraine, était mort-né. L’ère était au « Turkish Stream », symbole de la nouvelle alliance russo-turque.

Armé de Gazprom, son sabre pour la politique étrangère, M. Poutine venait de montrer aux Européens que, dans un contexte de tension avec le reste du monde, la Russie pouvait se choisir d’autres partenaires. L’Union européenne n’avait qu’à bien se tenir.

Aujourd’hui, les deux alliés sont à couteaux tirés. De gazoduc, il n’est plus question depuis que l’aviation turque a abattu, le 24 novembre, un chasseur-bombardier russe près de la frontière syrienne. Deux hommes sont morts des suites de l’accrochage, l’un des pilotes du Su-24 ainsi qu’un militaire russe parti à sa recherche.

Depuis, l’algarade russo-turque se lit comme un feuilleton. Les dirigeants turcs « vont le regretter », a tonné le maître du Kremlin, jeudi 3 décembre. « Il semble qu’Allah ait décidé de punir la clique au pouvoir en Turquie, en la privant de la raison et du bon sens », a-t-il expliqué, accusant, une fois de plus, le président turc et sa famille de complicité avec l’organisation Etat islamique (EI). Calomnie, rétorquait M. Erdogan le même jour, assurant détenir « les preuves » de l’implication des Russes dans le trafic de pétrole avec l’EI.

En résonance avec leur peuple

L’une des pièces à charge contre le dirigeant turc a été publiée par la presse russe. Il s’agit d’une photo de Bilal Erdogan, fils cadet du numéro un, qui prend la pose en compagnie de deux barbus. Coiffés de petits chapeaux musulmans et vêtus de kamis, ils sont présentés comme des suppôts du califat de l’EI. En fait, les deux djihadistes présumés sont les propriétaires d’un restaurant de kebabs à Aksaray, un quartier populeux d’Istanbul. Certes, Bilal Erdogan est, à 35 ans, un richissime armateur qui doit beaucoup à l’entregent de son père, mais son implication dans la contrebande de pétrole reste à prouver.

Une chose est sûre, son succès ressemble en tout point à celui de Katia Poutine (Tikhonova), milliardaire en dollars à l’âge de 29 ans. Sa fortune n’a pas été amassée à la sueur des compétitions de danse acrobatique qu’elle affectionne, mais grâce aux liens de proximité qu’elle entretient avec les oligarques amis de son père.

Le combat de coqs entre M. Poutine et M. Erdogan met aux prises deux adversaires en tout point semblables, deux autocrates populistes bercés par l’illusion d’un retour à la puissance perdue. Tous deux se sentent investis d’une mission restauratrice. L’un se lève le matin avec l’idée de ressusciter l’empire tsariste ou soviétique, l’autre se couche le soir en rêvant à la grandeur ottomane passée. Tous deux ont su, à un moment donné, entrer en résonance avec leur peuple. Le 26 mars 2000, les Russes, qui avaient voté pour l’accession de M. Poutine au Kremlin, n’avaient eu aucun mal à s’identifier à « Vova », le chenapan d’une « kommounalka » (appartement communautaire) du vieux Saint-Pétersbourg, qui, à 13 ans déjà, rêvait d’entrer au KGB (police politique et services secrets soviétiques) pour défendre le pays contre les ennemis. Le 14 mars 2003, bien des Turcs s’étaient laissé séduire par « Tayyip », l’ancien petit vendeur de thé de Kasimpasa, à Istanbul, devenu le premier ministre le plus charismatique du pays.

Des atours impériaux

Parfaits autocrates, ils musellent les médias indépendants, ne supportent pas la moindre critique envers leur personne, sapent les libertés fondamentales, font main basse sur les actifs de leurs opposants. Populistes roués, ils instrumentalisent la religion à des fins politiques, jouent sur les peurs ancestrales, excellent à la fabrication d’un « ennemi » imaginaire. Ni l’un ni l’autre n’envisagent de passer le flambeau. Après treize années passées au pouvoir, trois mandats en tant que premier ministre, un mandat présidentiel gagné en août 2014 avec 52 % des voix, M. Erdogan se voit en « hyperprésident », sans contre-pouvoir. Fort de sa majorité parlementaire retrouvée lors des législatives du 1er novembre, il n’a qu’une obsession, modifier la Constitution pour se tailler un costume présidentiel à la mesure de ses ambitions.

Installé au Kremlin depuis quinze ans, M. Poutine est étranger à la notion d’alternance. Depuis Lénine, seuls deux dirigeants soviétiques ont quitté le pouvoir de leur vivant : Khrouchtchev, limogé en 1964, et Mikhaïl Gorbatchev, contraint à la démission en 1991, parce que l’URSS venait de disparaître. Boris Eltsine, l’homme de la transition démocratique, a consenti, en 1999, à passer la main à M. Poutine, son successeur choisi sur « casting ». Un pacte a été scellé, à Poutine la couronne, à Eltsine l’immunité.

Parés de leurs atours impériaux – la toge de « Vladimir Monomaque » pour M. Poutine, l’armure de « Mehmet le Conquérant » pour M. Erdogan –, les deux présidents s’affrontent désormais sur le terrain syrien. En désaccord sur le futur de Bachar Al-Assad, Moscou et Ankara se disputent le contrôle de la région située au nord d’Alep, entre Marea et Jarabulus, dont les Turcs auraient tant voulu faire une « zone tampon », un sanctuaire pour les rebelles syriens qu’ils soutiennent. L’installation récente, juste après la destruction du bombardier russe, de missiles antiaériens S-400 russes dans le réduit alaouite vient de porter un sérieux coup d’arrêt au projet turc. Entre le tsar et le sultan, le duel ne fait que commencer. Article de Marie Jégo (Istanbul, correspondante). Journaliste au Monde

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