Le Front national arrive en tête dans six régions
Le parti de Marine Le Pen réalise un score national historique, proche des 30 %. Les trois régions de l’Ouest ont résisté à cette percée du FN.
Le score historique du FN
Le Front national criait victoire, hier soir. Il est arrivé en tête au premier tour des élections régionales, réalisant son meilleur score national, autour de 30 %, après les 25,25 % obtenus au premier tour des départementales en mars. « Un résultat magnifique que nous accueillons avec humilité, gravité et un sens profond des responsabilités » , a commenté Marine Le Pen, dans un discours visant autant le second tour des régionales que le premier de la présidentielle, au printemps 2017. Le FN se place en tête dans six régions sur treize. En Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, il dépasse les 40 %. Dans ces deux régions, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen sont en situation très favorable pour l’emporter au second tour. Plus inattendu, Florian Philippot, qui devance le Républicain Philippe Richert de dix points, pourrait faire basculer l’Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine dans le giron du FN. Le parti d’extrême droite vire aussi en tête, avec environ 30 % des suffrages, en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, BourgogneFranche-Comté et Centre-Val de Loire. Mais avec des probabilités de victoires plus minces. À l’inverse, les régions de l’Ouest ont plutôt bien résisté à cette nouvelle percée du FN. C’est en Bretagne qu’il réalise l’un de ses plus mauvais scores, en dessous des 20 %.
Pas de vague bleue républicaine
Le parti de Nicolas Sarkozy, qui arrive en deuxième position avec 2627 % des voix, fait les frais de la performance du FN. « Il nous faut entendre et comprendre l ’ exaspération profonde des Français » , a admis l’ancien chef de l’État. Il doit désormais faire un trait sur ses rêves de grand chelem ou de vague bleue. « La conquête sera longue et difficile » , a ajouté Bruno Le Maire. Quant à Alain Juppé, il a appelé la droite à « reprendre le combat » , ce qui est une manière de souligner l’échec de Nicolas Sarkozy. Le bloc LR-UDI se classe en première position dans quatre régions : Pays de la Loire, Normandie, Île-deFrance et Auvergne-Rhône-Alpes. Mais la victoire au second tour est loin d’être acquise dans ces régions où la droite ne dispose pas ou peu de réserves de voix. En Île-de-France, l’avance de Valérie Pécresse (LR) risque d’être moins importante que prévu face au socialiste Claude Bartolone, dont le résultat (25 %) est meilleur qu’annoncé. En Normandie, l’avance de la droite sur le FN est moindre : l’ancien ministre centriste Hervé Morin, à 27,91 %, devance de très peu le FN de Nicolas Bay à 21,71 % et le PS à 23,5 %.
Le PS limite la casse
À gauche, le spectaculaire sursaut de popularité de François Hollande, au lendemain des attentats, ne s’est pas traduit dans les urnes. Le PS termine en troisième position, avec 22 ou 23 % des voix. Il limite toutefois la casse dans les trois régions où il arrive en tête : Bretagne, Aquitaine et Corse. En Bretagne, Jean-Yves Le Drian réalise le meilleur score du PS et prend une longueur d’avance que le Républicain Marc Le Fur aura du mal à combler. En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Alain Rousset est crédité de 31,5 % des voix, et devance Virginie Calmels de six points. Les socialistes tentaient, hier soir, de nuancer le classement national, en invitant à agréger les résultats des écologistes et du Front de gauche pour connaître le vrai niveau de la majorité. « Le total de la gauche en fait le premier parti de France » ,a noté Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et proche de François Hollande, sans toutefois convaincre totalement.





















