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Jours tranquilles à Paris

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17 février 2020

Ausra Barysiené - vu sur internet - j'aime beaucoup

Aušra Barysienė

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17 février 2020

Tribune - George Soros : « La Chine de Xi Jinping représente une menace pour les valeurs de l’Union européenne »

Par George Soros, Financier et philanthrope américain, créateur, en 1993, de l’Open Society Foundations

Alors que la mauvaise gestion de l’épidémie de coronavirus montre les failles du gouvernement chinois, le financier américain George Soros invite, dans une tribune au « Monde », l’Europe à reconnaître la Chine comme ce qu’elle est : un partenaire commercial non démocratique.

Ni l’opinion publique européenne, ni les responsables politiques et dirigeants d’affaires européens ne semblent pleinement comprendre la menace que représente la Chine de Xi Jinping. Le président chinois est un dictateur qui utilise les technologies de pointe pour imposer un contrôle total sur la société chinoise. Or, les Européens considèrent principalement la Chine comme un partenaire commercial majeur. Ils ne saisissent pas que depuis l’accession de Xi Jinping aux fonctions de président et de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), celui-ci a établi un régime dont les principes directeurs sont diamétralement opposés aux valeurs fondatrices de l’Union européenne (UE).

Cette plongée dans les bras de Xi est plus prononcée de la part du Royaume-Uni que de l’UE elle-même, le pays étant en phase de séparation par rapport au bloc. Le premier ministre Boris Johnson entend éloigner au maximum le Royaume-Uni de l’UE, et bâtir une économie de marché libérée des réglementations de l’UE. Il lui sera difficile d’y parvenir, dans la mesure où l’UE est prête à prendre des mesures contre cette forme de déréglementation que le gouvernement Johnson semble envisager. Seulement voilà, dans le même temps, le Royaume-Uni considère la Chine comme un partenaire potentiel, avec pour espoir de rétablir le partenariat bâti par l’ancien chancelier de l’Echiquier George Osborne entre 2010 et 2016.

L’administration Trump, distincte du président américain Donald Trump, gère beaucoup mieux ses relations avec la Chine. Les Etats-Unis sont parvenus à élaborer une politique bipartisane qui considère la Chine comme un rival stratégique, et ont inscrit le géant technologique Huawei ainsi que d’autres sociétés chinoises sur la fameuse « Entity List », qui interdit aux entreprises américaines de commercer avec ces entités sans l’autorisation du gouvernement.

Le cas de l’entreprise Huawei

Une seule personne est capable d’enfreindre cette règle en toute impunité : Trump lui-même. Et il semble malheureusement le faire, en plaçant Huawei sur la table des négociations avec Xi. Depuis le mois de mai 2019, lorsque les Etats-Unis ont placé l’entreprise chinoise sur l’Entity List, le département du commerce a octroyé à Huawei plusieurs exemptions de trois mois, afin d’empêcher certaines difficultés excessives pour les fournisseurs de composants électroniques américains auprès de l’entreprise chinoise.

Huawei est une entreprise très inhabituelle, unique à certains égards. Son fondateur Ren Zhengfei a suivi une formation technique en tant que membre du corps des ingénieurs de l’Armée populaire de libération (APL), laquelle est devenue l’un de ses premiers grands clients. A l’époque de la création de Huawei, en 1987, toutes les technologies chinoises étaient importées depuis l’étranger, et l’objectif de Ren Zhengfei consistait à rétroconcevoir les technologies grâce aux chercheurs locaux. Il y est parvenu au-delà de ses rêves les plus fous.

EN 2005, LES EXPORTATIONS DE HUAWEI DÉPASSAIENT SES VENTES INTÉRIEURES. EN 2010, L’ENTREPRISE FIGURAIT SUR LA LISTE DU MAGAZINE « FORTUNE » INCLUANT LES 500 PLUS GRANDES SOCIÉTÉS AU NIVEAU MONDIAL.

En 1993, Huawei lançait le plus puissant commutateur téléphonique disponible en Chine. Par la suite, l’entreprise obtenait un contrat majeur auprès de l’APL, pour la construction du premier réseau national de télécommunications. Huawei a ensuite bénéficié des politiques du gouvernement adoptées en 1996 et consistant à alimenter les fabricants nationaux de télécommunications, qui signifiaient également refuser l’entrée aux concurrents étrangers. En 2005, les exportations de Huawei dépassaient ses ventes intérieures. En 2010, l’entreprise figurait sur la liste du magazine Fortune incluant les 500 plus grandes sociétés au niveau mondial.

Une menace pour l’Europe

Après l’arrivée de Xi au pouvoir, Huawei a perdu le peu d’autonomie dont elle avait pu disposer auparavant. Comme toutes les autres entreprises chinoises, elle a dû se plier aux ordres du PCC. Jusqu’en 2017, cette obligation demeurait informelle ; après l’adoption de la loi chinoise sur le renseignement national, elle est devenue officielle.

Peu de temps après, un employé de Huawei a été impliqué dans un scandale d’espionnage en Pologne, et la société également accusée d’autres faits d’espionnage. Mais ce n’est pas l’espionnage qui constitue la plus grande menace pour l’Europe. Le fait de rendre les infrastructures les plus critiques de l’Europe dépendantes des technologies chinoises ouvre en effet la porte aux chantages et sabotages.

Il est pour moi évident que la Chine de Xi représente une menace pour les valeurs sur la base desquelles l’UE a été fondée. Cela ne semble pas le cas dans l’esprit des dirigeants des Etats membres de l’UE, ainsi que des chefs d’industrie, notamment en Allemagne.

L’UE est confrontée à un défi immense : la majorité silencieuse pro-européenne a parlé, disant considérer le changement climatique comme la priorité majeure, pendant que les Etats membres se querellent autour du budget, et s’efforcent davantage d’apaiser Xi que de maintenir la relation transatlantique.

Les manquements dans le respect des droits de l’homme

Plutôt que de livrer une bataille perdue d’avance contre la position dominante de Huawei sur le marché de la 5G, les Etats-Unis et l’UE, ou l’UE seule, doivent coopérer pour faire d’Ericsson et de Nokia des concurrents viables. Xi rencontrera en septembre les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept pays membres de l’UE, lors du sommet UE-Chine de Leipzig.

SEULS LES HAUTS DIRIGEANTS POLITIQUES CHINOIS PEUVENT DÉCIDER DE L’AVENIR DE XI.

Les Européens doivent comprendre qu’il en repartira avec une victoire politique fort nécessaire pour lui, si personne ne lui demande de rendre des comptes, ou l’interroge, sur ses manquements dans le respect des droits de l’homme, notamment au Tibet, dans le Xinjiang, ainsi qu’à Hongkong.

Seuls les hauts dirigeants politiques chinois peuvent décider de l’avenir de Xi. Le mal engendré par sa mauvaise gestion de l’épidémie de coronavirus devient si visible que l’opinion chinoise, voire le Politburo, doit le reconnaître. Quant à l’UE, elle ne doit pas faciliter sciemment sa survie politique.

George Soros, Financier et philanthrope américain. Il a créé en 1993 l’Open Society Foundations, qui fait la promotion de l’Etat de droit et de la liberté d’expression dans plus de 70 pays, et plus particulièrement en Europe de l’Est

Ce texte © Project Syndicate 1995 – 2020 a été traduit de l’anglais par Martin Morel

17 février 2020

SZYMON BRODZIAK - Photographer & Visualteller

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Il est possible d'admirer et de commander les travaux de Brodziak dans ses galeries d'auteur de Poznan et Varsovie et en ligne sur le site www.szymonbrodziak.com.

17 février 2020

Anna Johansson

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17 février 2020

« C’est vous qui êtes sous emprise » : le face-à-face tendu entre Tariq Ramadan et ses juges

Par Yann Bouchez

Le théologien a été mis en examen, jeudi 13 février, pour le viol de deux femmes. Mais lui a évoqué des relations consenties et dénoncé la partialité des juges.

« Excusez-moi, est-ce que je peux faire une introduction ? » A la première question des juges, Tariq Ramadan rend la pareille. « Je ne suis pas en état de faire cet interrogatoire », enchaîne-t-il. Puis de conclure : « Je veux que ce que je dis en introduction soit acté, j’ai mal à la tête. Vous allez m’écouter. Ça fait quinze mois que je veux vous voir. Ce n’est pas vous qui voulez me voir, c’est moi qui veux être interrogé. » Le ton est donné, en ce matin du jeudi 13 février. Moins de cinq heures plus tard, au terme d’un interrogatoire marqué par une tension constante et que Le Monde a pu consulter, l’islamologue suisse de 57 ans, déjà doublement mis en examen pour « viol » et « viol sur personne vulnérable » depuis février 2018, est ressorti du tribunal de Paris avec deux nouvelles mises en examen pour viols.

Avant même la notification de ces nouvelles poursuites et avant même de répondre aux magistrates, Camille Guillermet et Camille Palluel, M. Ramadan en a profité pour dire tout le mal qu’il pensait de l’enquête le visant : « J’ai une dernière remarque et après je répondrai à vos questions. Je suis scandalisé par la manière dont cette instruction est menée. A partir d’aujourd’hui, je demanderai à mon conseil de la manière la plus claire, de façon institutionnelle et médiatique, de dénoncer toutes les atteintes à mes droits. Le code de déontologie vous impose l’impartialité. » Les juges, du tac au tac : « Nous ne vous avons pas convoqué pour recevoir une leçon sur l’impartialité. »

« Le chaud et le froid »

Si les magistrates souhaitaient entendre le théologien, c’est qu’elles avaient des questions à lui poser concernant les témoignages de deux femmes auditionnées par la brigade criminelle de Paris en tant que témoins, en février 2019, après avoir été identifiées par les enquêteurs parmi les photos retrouvées dans l’ordinateur de M. Ramadan. Toutes deux ont décrit des relations sexuelles violentes avec lui.

La première a déclaré avoir rencontré l’intellectuel musulman en mars 2016, dans un hôtel parisien. Quelques semaines auparavant, en février, elle avait commencé à échanger des messages avec lui. Il lui demande alors de lui envoyer des photos d’elle, comme dans ce message daté du 1er mars : « Tu tiens parole avec une présence constante avec des messages et une photo minimum par jour et la possibilité de communiquer sur Viber ou tu disparais à tout jamais. Ou tout, ou rien. »

N’a-t-il pas joué à « souffler le chaud et le froid » avec cette jeune femme, en lui signifiant la fin de leurs échanges, puis en reprenant ceux-ci après qu’elle lui a envoyé les photos exigées ?, lui demandent les juges. « Une lecture partiale et sélective », estime M. Ramadan : « Vous auriez un zéro pointé en évidence, car dans ces échanges, l’évidence montre qu’elle joue autant au chaud et au froid. » Il avance une relation « consentie ».

La femme, elle, qui avait parlé d’un « viol moral » ressenti après des actes sexuels décrits comme violents, avait déclaré aux enquêteurs : « Il a une telle emprise sur vous qu’on fait tout ce qu’il nous demande, on n’est plus maître de notre personne. Mais cette relation physique a été consentie. Il faudrait une autre infraction pour ce genre de personne. » Elle a fini par porter plainte contre lui il y a quelques semaines. Mais Tariq Ramadan l’assure : « Tout ce qui s’est passé dans la chambre s’est passé de façon consentie, sans aucune violence ».

« C’est surréaliste »

Agacé par certaines interrogations des juges, qu’il juge partiales, l’islamologue affiche son incompréhension. Parfois, il rit, note la greffière présente. Puis il s’exclame : « C’est surréaliste ! Mon Dieu, mon Dieu… » A certaines questions très précises sur le déroulé de ces rencontres, il ne souhaite toutefois pas répondre.

« La matérialité de gestes sexuels dans un dossier ouvert pour viols fait absolument partie des questions utiles à la manifestation de la vérité », tentent les juges.

– La femme qui témoigne vous dit c’est consenti, vous lisez “il y a viol”.

– Elle indique avoir été “violée moralement”.

– J’aimerais que vous fassiez intervenir dans la loi française et la jurisprudence la définition criminelle du viol moral », ironise-t-il.

A propos de la deuxième femme, qu’il a vue en novembre et décembre 2015 dans un hôtel, M. Ramadan évoque aussi des relations consenties. Il souligne qu’elle n’a pas porté plainte. Et balaie les descriptions de rapports violents, « copier-coller » selon lui des dépositions des premières plaignantes. Enfin, il déplore que les juges n’aient pas entendu ces deux femmes avant de l’interroger.

– « Quels sont les gestes sexuels avec elle ? », essaie à nouveau une juge.

– Tous les gestes qui ont été faits ont été consentis.

– Ce n’est pas ma question.

– C’est ma réponse. »

Tariq Ramadan balaie une quelconque « fascination » qu’il aurait exercée à l’époque sur ces femmes qui le mettent désormais en cause. « Ces femmes ne sont pas sous emprise. C’est vous qui êtes sous emprise, accuse-t-il. Une emprise politique. Cette instruction est une instruction sous emprise. Ces femmes ont des dépositions changeantes, similaires, concordantes dans leurs mensonges. Et votre lecture c’est de chercher entre les lignes des éléments qui pourraient vous sauver ou sauver le naufrage de cette instruction. J’assiste depuis deux ans à une mascarade. »

Il dénonce une persécution judiciaire, selon lui liée à ses idées. « Vous, mes juges d’instruction, vous êtes en passe de donner une nouvelle définition du viol qui ne s’appliquera de fait à aucun homme politique, aucun metteur en scène, aucun homme public français à l’exception d’un homme qui n’est pas coupable par son action mais qu’on veut rendre coupable (…) de ce qu’il pense et ce qu’il défend. C’est ça ma seule culpabilité.

– L’homme dont vous parlez, c’est vous ?

– Oui, je parle de moi à la troisième personne pour me mettre à distance de ce sujet. »

« Résistant tibétain »

Le théologien s’en est par ailleurs pris au « manque évident d’objectivité » du psychiatre Daniel Zagury, à qui la justice a demandé une expertise d’ici la fin du mois de mars. Une étape importante dans l’enquête, car à partir des éléments du dossier d’instruction, le psychiatre devra se prononcer sur la notion d’emprise entre Tariq Ramadan et chacune des plaignantes, ainsi que deux témoins sous X.

Tariq Ramadan souligne que M. Zagury est membre du comité scientifique de l’association Schibboleth, regroupant des universitaires, des intellectuels dont de nombreux psychiatres. L’islamologue laisse entendre que cette « institution basée à Paris et Tel Aviv » serait plutôt hostile à sa personne et ses idées. « Je demande à mon conseil de récuser le docteur Zagury, conclut-il. Car il ne viendrait à l’idée de personne de faire examiner un résistant tibétain par un membre du gouvernement chinois. »

De cet interrogatoire, Tariq Ramadan résume sa vision en une phrase : « Nous assistons – et vous le savez – au dévoiement de la cause des femmes. »

Face à ces accusations répétées, les magistrates s’interrogent :

– Avez-vous déposé ou envisagez-vous de déposer une requête en suspicion contre vos juges qui instruisent selon votre expression de manière partiale ?

– J’en discuterai avec mon conseil. »

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17 février 2020

La une de Libération de ce matin

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17 février 2020

César 2020 : La cérémonie est maintenue sur Canal+, qui permettra aux signataires de s’exprimer

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CEREMONIE Le directeur des antennes et des programmes de Canal a précisé que les manifestants auraient « droit à la parole »

La cérémonie des César sera bien diffusée sur Canal+ le 28 février, malgré la démission du comité de direction de l’Académie vendredi, a confirmé au Parisien Gérald-Brice Viret, directeur des antennes et des programmes du groupe Canal.

La cérémonie, diffusée en clair à partir de 21 heures sur la chaîne cryptée, sera présidée par Sandrine Kiberlain et animée par Florence Foresti. « La parole a toujours été libre aux César. Et elle le sera plus particulièrement cette année, on y veillera », a déclaré Gérald-Brice Viret au quotidien. « Nous avons proposé aux signataires de la tribune [qui réclame une réforme de l’Académie] de s’exprimer. Nous avons conçu une cérémonie qui saura refléter la réalité, et être une très belle fête pour rendre hommage au cinéma. »

« Il y a une forte attente cette année »

Le directeur des antennes et des programmes du groupe Canal assure qu’il n’a jamais été envisagé de reporter la cérémonie, malgré les polémiques autour du fonctionnement de l’Académie, du manque de diversité, et des nombreuses nominations pour le film J’accuse de Roman Polanski. « Il y a une forte attente cette année », rappelle le Gérald-Brice Viret, qui estime que Florence Foresti « saura marier tous les ingrédients pour réussir cette soirée. Le lapsus de Florence Foresti sur Roman Polanski le 29 janvier en dévoilant les nominations en dit long sur son état d’esprit à l’égard du réalisateur (…). »

Le Parisien a également interrogé le responsable de Canal sur les manifestations prévues contre Roman Polanski autour de la salle Pleyel, où se dérouleront les 45e César. Gérald-Brice Viret a précisé que la cérémonie serait entourée d'« un dispositif de sécurité conséquent, comme pour toute cérémonie en direct ». Il a toutefois affirmé que « les manifestants auront droit à la parole, en amont ou pendant la cérémonie. »

 

16 février 2020

Sylvio Testa

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16 février 2020

Après Griveaux,Agnès Buzyn sera la candidate de LREM à Paris et quittera son ministère

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Par Challenges.fr

Agnès Buzyn conduira la liste La République en marche pour les élections municipales à Paris, selon franceinfo, BFM TV. Une information confirmée par l'AFP.

J'y vais, j'en ai envie": Agnès Buzyn a annoncé dimanche sa candidature à la mairie de Paris, où il lui revient la délicate mission de porter les couleurs de LREM pour remplacer Benjamin Griveaux, retiré après la diffusion de vidéos intimes.

Selon des sources au sein du parti présidentiel, Mme Buzyn devrait quitter le gouvernement et être remplacée dans les prochaines heures au ministère de la Santé, une fois la candidature entérinée par les instances de LREM. Dès lors qu'elle sera officiellement investie, Mme Buzyn assure qu'elle quittera ses "fonctions ministérielles tant le surcroît d'activité intense, notamment liée à la gestion du coronavirus, demande une implication totale", dans une lettre d'intention.

"J'y vais pour gagner", a ajouté auprès de l'AFP la nouvelle candidate, qui a été sollicitée pendant plusieurs jours par nombre de marcheurs et partenaires de la majorité présidentielle dans la bataille parisienne. "J'aime Paris, je la connais, j'y suis née, j'y habite depuis toujours, et je pense avoir beaucoup à apporter à toutes celles et tous ceux qui, comme moi, y vivent au quotidien", écrit-elle dans cette lettre d'intention. Son investiture semble une formalité compte tenu de l'urgence pour le parti de la majorité présidentielle d'avoir un candidat, à un mois du premier tour prévu le 15 mars.

C'est un nouveau rebondissement majeur dans cette campagne qui n'en manque pas. Vendredi encore, Agnès Buzyn disait sur France Inter qu'elle ne "pourrait pas" être candidate en raison de son agenda "très chargé" et du "surcroît de travail" provoqué par la crise du coronavirus Mais LREM peinait à trouver un plan B et dimanche midi encore, les alliés du MoDem, par la voix de Patrick Mignola, chef de file des députés centristes, réclamaient sur France 3 le "plan B comme Buzyn", car elle ferait selon lui "une très bonne maire de Paris".

A 58 ans, l'ancienne médecin et ex-présidente de l'institut national du cancer hérite d'une mission difficile. Avant même son retrait spectaculaire vendredi, Benjamin Griveaux était troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati. Les marcheurs souhaitaient donc une solution la plus rapide possible dans une séquence municipale globalement compliquée, et alors que le débat agité sur les retraites démarre dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lundi.

"Pas un second couteau"

Les réunions se sont succédé tout le week-end pour déterminer ce fameux plan B, avec de nombreux noms dans les tuyaux.

Samedi, le délégué général du mouvement LREM Stanislas Guerini a rencontré le dissident Cédric Villani. Mais pas pour une alliance immédiate mais plutôt en vue du deuxième tour, selon des sources concordantes. Le candidat dissident avait été exclu fin janvier de LREM pour s'être maintenu face à Griveaux malgré la demande pressante d'Emmanuel Macron.

Face à la pénurie de candidats de consensus, d'autres marcheurs avaient incité Stanislas Guerini à prendre lui-même la tête de la bataille. Autres noms qui étaient cités: celui de l'ex-secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi qui s'était dit "disponible", ou encore le porte-parole du groupe LREM au Sénat Julien Bargeton et son homologue à l'Assemblée Sylvain Maillard. Mais les cadres de La République en Marche désiraient un poids lourd. "On ne peut pas se contenter d'un second couteau qui ne fasse pas l'unanimité", disait l'un d'eux. C'est donc une ministre qui se lance, souvent présentée comme représentante de la "fibre sociale" du gouvernement.

Son départ du ministère de la Santé interviendrait alors que les dossiers sont nombreux sur son bureau, entre la crise du coronavirus, la situation de l'hôpital public, et le débat parlementaire sur les retraites à l'Assemblée, où elle devait tenir le banc du gouvernement, aux côtés du secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski. Mais il y avait urgence après l'affaire Griveaux, qui connaît ces dernières heures de nouveaux développements.

Les diffuseurs présumés des vidéos intimes, l'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, sont tous deux en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux. Piotr Pavlenski, qui a revendiqué la diffusion de ces vidéos, avait été placé en garde à vue samedi après-midi dans un autre dossier portant sur des violences commises le soir du 31 décembre. Celle-ci a été suspendue dimanche et une seconde garde à vue a démarré pour l'interroger sur l'affaire Griveaux. Au total, il ne peut pas rester plus de 48h en garde à vue, soit jusqu'à lundi après-midi. Selon une source proche du dossier, c'est sa compagne, en garde à vue depuis samedi soir, qui aurait été au départ la destinataire des vidéos incriminées.

16 février 2020

Extrait d'un shooting - Photos : Jacques Snap

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