Pierre Richard est Monsieur X
Imaginez un spectacle durant lequel aucun mot n'est prononcé. Mais où fusent dans la salle gloussements et soupirs de ravissement. Ce n'est pas tout à fait du mime, pas vraiment de l'acrobatie, pas seulement du clown : c'est du Pierre Richard, ça s'appelle Monsieur X et ça se passe à Montmartre.
À 85 ans, le grand blond à la chaussure noire de notre enfance incarne sur scène un personnage tout droit sorti de l'univers de Chaplin, Keaton, Tati et Beckett, ou un peu tout ça à la fois. Un clown formidable qui ne prononce pas un mot mais s'époumone d'onomatopées. Un pitre qui, pour échapper à son quotidien poussiéreux, insuffle la vie à tout ce qui l'entoure : son lit, sa bouilloire, son porte-manteau, ses enveloppes, son arbre à brosses à dents... et même sa poubelle. Pendant 1h15, l'absurde s'acoquine de la poésie dans une mise en scène aussi malicieuse qu'astucieuse, le tout rythmé par la musique onirique d'Ibrahim Maalouf.
Monsieur X au Théâtre de l'Atelier, 1 Place Charles Dullin 75018, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h, représentations jusqu'au 8 mars, places de 25 à 43 €
Rencontre historique entre la Chine et le Vatican
Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Vatican, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis les années 1950, se sont rencontrés vendredi à Munich, selon la radiotélévision irlandaise RTÉ. Le Chinois Wang Yi et son homologue Mgr Paul Gallagher se sont vus dans le cadre de la Conférence sur la sécurité, qui se tient actuellement dans la ville allemande. Une rencontre à ce niveau diplomatique est une première depuis au moins six décennies. Elle intervient dans un contexte de réchauffement des relations bilatérales depuis la signature d’un accord historique en 2018 sur la nomination des évêques en Chine.
Andy Warhol
Andy Warhol by Albert Watson, New York City, 1985. Archival pigment print, edition of 25. Discover all 33 Watson prints on our website: http://bit.ly/TASCHEN-Print-Editions
Critique - Quand Edward Hopper peignait la nature sur grand écran
Par Harry Bellet, Bâle (Suisse)
La Fondation Beyeler en Suisse consacre une exposition à l’artiste américain sur le thème du paysage, avec des œuvres qui laissent libre cours à l’imagination.
L’exposition que la Fondation Beyeler à Bâle (Suisse) consacre au peintre américain Edward Hopper (1882-1967) pourra surprendre ceux qui se souviennent de l’événement (l’affluence était telle qu’il fallut organiser des visites nocturnes) qu’avait constitué la rétrospective organisée en 2012 au Grand Palais, à Paris. Précisément parce que, ici, il ne s’agit pas d’une rétrospective, même si elle embrasse toutes les périodes du peintre (soixante-cinq œuvres de 1909 à 1965), à l’exception de ses débuts comme dessinateur publicitaire.
Le conservateur Ulf Küster, commissaire de l’exposition bâloise, a choisi de se concentrer sur le thème du paysage. Quand on sait que le cinéaste Wim Wenders, qui a conçu un court-métrage pour l’occasion, s’est inspiré du peintre pour prendre la mesure des grands espaces américains, le parti pris a du sens, même si d’aucuns seront déçus de ne pas retrouver certains grands intérieurs urbains emblématiques.
Une surprenante spontanéité
Trop emblématiques, peut-être : la célébrité d’un tableau comme Nighthawks (1942, « les oiseaux de nuit », absent de l’exposition) qui montre, vus à travers la vitrine d’un bar, quelques consommateurs esseulés et un barman fatigué, a fini par éclipser une production riche, et qui reste parfois à découvrir. Ainsi les œuvres sur papier, fort peu exposées : elles ne le furent sérieusement qu’en 2013, au Whitney Museum de New York, qui conserve l’essentiel (3 000 œuvres issues de sa succession) des travaux du peintre.
Avec l’aide du musée américain, la Fondation Beyeler, qui n’est en temps ordinaire riche que d’un seul de ses tableaux, Cape Ann Granite (1928), a réuni un ensemble significatif, et passionnant : contrairement aux peintures à l’huile, lentement méditées et composées à l’atelier, les dessins (il ne les montra jamais de son vivant), les aquarelles surtout, exceptionnelles, font preuve d’une surprenante spontanéité.
Cela tient sans doute à leur usage : Hopper ne peignait que très rarement sur le motif autrement qu’à l’aquarelle. Quelques exceptions possibles dans l’exposition, comme Valley of the Seine, peint en 1909 lors d’un de ses séjours (il en fit trois) en Europe, Le Bistro, également de 1909, Blackwell’s Island de 1911, mais aussi des vues de la mer se brisant sur des falaises : de petits formats, vivement brossés, ce que l’on nomme des pochades, bien loin de la touche méticuleuse à laquelle sont habitués les amateurs de Hopper.
SA FEMME, JOSEPHINE, FUT SON PRINCIPAL MODÈLE, MAIS IL MODIFIAIT PRESQUE TOUJOURS SON VISAGE
Les dessins, les aquarelles, sont des plus intéressants. Lorsqu’il se déplaçait en voiture (il en possédait une depuis 1927) avec sa femme, également peintre, et qu’un paysage leur plaisait, ils arrêtaient l’auto, sortaient les carnets de croquis et peignaient ce qu’ils avaient devant eux. Lui assis sur la banquette arrière, son épouse, Josephine, dite « Jo », depuis le siège avant, précise Ulf Küster dans le catalogue de l’exposition. Et là, pas question d’interprétation, ou à peine : « from the fact », ainsi qu’il le disait, était son leitmotiv.
Soit une démarche bien différente de son travail à l’huile, où le réel était soumis à une volonté de synthèse. Ainsi sa femme fut son principal modèle, mais il modifiait presque toujours son visage.
Il utilisait certes la nature, mais, disait-il, « afin de projeter sur la toile ma réaction la plus intime au sujet tel qu’il apparaît quand il me touche le plus… » Et quand on lui demanda ce qu’il cherchait dans ses tableaux, il répondit : « I’m after me ! » (« c’est moi que je cherche »).
Marines aquarellées
Il ne faut pas oublier que Hopper était un homme cultivé, qui parlait, outre l’anglais, un peu le russe, bien le français, et très bien l’allemand. Il traduisit Goethe pour son propre usage, et ne se séparait jamais d’un papier où était notée cette phrase de l’écrivain allemand, qui définissait son activité littéraire comme « la reproduction du monde qui m’entoure grâce au monde qui est en moi… » Paradoxalement, il serait donc imprudent de voir en Hopper un peintre réaliste !
Par exemple, quand il représente les paysages de Cape Ann, et leurs affleurements de granite, il évite soigneusement de montrer l’industrie qui s’était développée autour : l’exploitation de la pierre dure employait alors des milliers de carriers, maniant le marteau-piqueur et les explosifs. Rien de cela chez lui. Plus près de Henry David Thoreau que de Zola, il tourne son regard vers autre chose.
NÉ À NYACK, SUR LES BORDS DE L’HUDSON, HOPPER ÉTAIT PASSIONNÉ PAR LES BATEAUX
Ainsi, les marines aquarellées, qui sont une des belles découvertes de l’exposition. Né à Nyack, sur les bords de l’Hudson, Hopper était passionné par les bateaux (il avait, jeune homme, pensé devenir architecte naval), et passait ses étés sur les côtes du Maine et du Massachusetts : paysages de falaises, d’automobiles parquées en bord de littoral, de maisons isolées dans les landes ou les dunes.
Toute une section de l’exposition est consacrée aux embarcations les plus diverses – dont le très étrange The Bootleggers, de 1925, trois hommes de dos dans une vedette, au premier plan, et un autre qui semble les attendre près d’une improbable mais somptueuse demeure posée au bord de l’eau –, et aux phares qui les guident. Des voiliers de plaisance plus que de travail, jamais loin des côtes. L’un prend le vent, doublant une théorie d’albatros déambulant, indifférents, sur leur banc de sable, deux autres virent de bord en rasant une maison du plus pur style Nouvelle-Angleterre qui semble posée sur l’eau.
Architectures vivantes
Les maisons, justement, si caractéristiques de l’architecture légère des pionniers qu’elles forment une autre section de l’exposition. Cubes aux bardages de bois érigés non loin d’une voie ferrée ou d’une route, elles sont toutefois aussi solitaires que les humains qu’il représente dans d’autres tableaux. Il n’hésite d’ailleurs pas à titrer une de ses toiles, montrant le fragment d’une petite ville, sur la route n° 6, qui mène à Cape Cod, un peu au nord de Pleasant Bay, Portrait of Orleans (1950).
Une autre, qui représente deux maisons austères, est intitulée Two Puritans (1945). En architecture, le terme désigne les bâtiments des immigrants puritains venus d’Angleterre, généralement de deux étages, et dotés d’une seule cheminée, qui étaient construits très proches les uns des autres. Mais on ne peut s’empêcher de les humaniser.
POUR ALFRED HITCHCOCK, « LE REGARD DE HOPPER » EST LE MOMENT JUSTE AVANT QUE QUELQUE CHOSE N’ARRIVE, JAMAIS CELUI OÙ CELA ARRIVE
C’est que ses architectures sont vivantes, du moins comme peuvent l’être les maisons hantées. Celles que met en scène Alfred Hitchcock, dans Psychose notamment, sortent littéralement des tableaux de Hopper. Le cinéaste, lit-on dans le catalogue de l’exposition, disait chercher « le regard de Hopper », le moment juste avant que quelque chose n’arrive, jamais celui où cela arrive. Le sommet est atteint quand Hopper associe ses bâtiments à des personnages. Une femme penchée regarde un paysage, que le cadrage nous rend invisible, depuis un bow-window (Cape Cod Morning, 1950). Josephine Hopper en donnait une interprétation bien prosaïque : « Elle regarde s’il fait assez beau pour accrocher son linge ! »
Toutefois, on ne peut s’empêcher de laisser voguer l’imagination, comme dans tous les tableaux de Hopper, et c’est ce qui le rend fascinant. Le spectateur, et lui-même l’entendait ainsi, doit faire sa part du travail : il ne refusait pas les interprétations psychologiques, mais les considérait comme notre boulot, pas le sien.
Dans Second Story Sunlight (1960), deux autres femmes prennent le soleil sur leur terrasse. L’une, jeune, en bikini, est assise sur la rambarde et profite de la lumière. L’autre, âgée, lit dans un fauteuil : elle est aussi éclairée, cependant, les ombres, bleues et envahissantes, comme la vieillesse qui vient, dominent de son côté. En arrière-plan, une forêt dense. Elle est aussi là en fond de Cape Cod Morning. Et prend presque tout l’espace de Road and Trees (1962). Des arbres, encore des arbres, derrière lesquels peuvent se cacher tant de choses.
Edward Hopper. Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, CH-4125 Riehen/Basel. Jusqu’au 17 mai, du lundi au dimanche de 10 heures à 18 heures, le mercredi de 10 heures à 20 heures.
Artiste masculin de l'année : Philippe Katerine - 35e Victoires de la musique
Comme à son habitude, Philippe Katerine a livré une prestation déjantée lors de son interprétation de Stone avec toi, en arrivant sur scène vêtu d'une tenue composée de gants en plastique. Une fois sur scène pour récupérer sa récompense, il a fustigé la séparation des catégories féminine et masculine. "Il faut espérer qu'un jour on pourra jouer ensemble les mêmes jeux, dans la même cour", a-t-il commenté, en espérant que tous courent bientôt "dans la même catégorie". En attendant, il obtient une récompense de prestige sur la lancée de son album-péplum complètement fou, Confessions.












