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Jours tranquilles à Paris

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6 novembre 2019

Avec « La Belle Epoque », Nicolas Bedos signe une comédie vertigineuse au passé recomposé

Par Véronique Cauhapé

Le deuxième long-métrage du réalisateur est un film foisonnant au ton tantôt émouvant, tantôt sarcastique, sur les blessures du temps qui passe.

L’AVIS DU « MONDE » - À VOIR

Nicolas Bedos pourrait bien être parti pour construire sa carrière de réalisateur sur la question du temps qui passe. L’affaire habitait son premier film, Monsieur et Madame Adelman, sorti en 2017, long récit de la vie d’un couple traversant les époques, de 1971 à nos jours. Elle agite plus encore son deuxième long-métrage La Belle Epoque – présenté hors compétition à Cannes en mai –, où l’outrage des années s’est abattu, cette fois, sur Victor (Daniel Auteuil) et Marianne (Fanny Ardant), mariés depuis plus de quatre décennies, parvenus quand on les découvre, au bord du gouffre. Ce même précipice au seuil duquel se tient le film dont la construction à tiroirs qui superposent présent et passé, vrai et faux, crée parfois le vertige.

Le choix d’une telle structure ouvre à son auteur un champ d’investigation favorable aux facéties narratives et aux duperies temporelles dont il use avec brio. Il lui accorde aussi le moyen de mettre délibérément en scène les artifices, les clichés et la grandiloquence qui avaient fait sonner faux Monsieur et Madame Adelman. Et qui, à l’inverse, servent de matériau à l’édifice de La Belle Epoque. Il fallait être malin pour opérer ce retournement susceptible de faire taire les critiques émises à l’encontre de son premier film. Nicolas Bedos l’est, qui nous livre aujourd’hui une comédie romantique dont le foisonnement réjouit, malgré les quelques égarements auxquels, par trop d’excès, il expose le spectateur.

Vertus thérapeutiques

Le temps qui passe a fait œuvre différente chez Victor, dessinateur de presse devenu fainéant et nostalgique, et Marianne, psychanalyste demeurée au contraire enthousiaste, curieuse des évolutions (notamment technologiques) de son siècle. Désormais chien et chat, ces deux-là ne se supportent plus. Au point que l’épouse tempétueuse finit par foutre dehors son boulet de mari pour enfin vivre librement son histoire avec le meilleur ami de celui-ci.

De son côté, l’époux trouve consolation dans le service que propose un entrepreneur, Antoine (Guillaume Canet), dont la société organise des voyages dans le temps, à partir de studios de cinéma où l’époque exigée par le client est reproduite dans le moindre détail. Victor a choisi l’année 1974, date de sa rencontre avec Marianne. Le voilà en passe de la revivre, au milieu des décors et des figurants. Avec, dans le rôle principal, celle qui est chargée d’interpréter Marianne jeune : Margot (Doria Tillier). Laquelle entretient une relation tumultueuse avec Antoine, détail d’importance qui créera de nombreux malentendus susceptibles de mettre en péril l’aventure.

LE JEU DE DUPES ET DE SUBTERFUGES FAIT JAILLIR DES VÉRITÉS AUXQUELLES PERSONNE NE S’ATTENDAIT

Victor n’a rien laissé au hasard. Le dessinateur qu’il est a livré à l’entrepreneur son story-board et s’attend à ce que tout soit scrupuleusement respecté, au mot et au détail près. Les équipes s’y emploient depuis la régie, où ils peuvent souffler les répliques aux comédiens équipés d’oreillette. Des loupés se produisent, laissant le « réel » (le présent) s’infiltrer dans la fiction (le passé recomposé). Le jeu de dupes et de subterfuges fait jaillir des vérités auxquelles personne ne s’attendait. Le retour vers le passé – version luxueuse et barrée du procédé utilisé en psychanalyse (métier de Marianne) – révèle des vertus thérapeutiques qui conduisent les personnages à prendre conscience de leurs blessures et de leurs erreurs.

Ce cheminement donne lieu à des moments émouvants, par l’intermédiaire notamment de personnages secondaires, comme celui joué par Pierre Arditi, autre client ayant lui aussi choisi les années 1970, afin de pouvoir s’offrir avec son père, décédé, la scène d’adieu dont ils furent privés. Victor et lui se croisent, échangent sur les bienfaits de l’expérience à laquelle ils ont souscrit, avant de reprendre leur place et rôle respectifs dans le décor. Ce va-et-vient entretient une ironie qui module la cruauté du propos, tient à distance le mélodrame. Les acteurs s’emploient à entretenir la même flamme sarcastique, en l’alimentant chacun de subtilités qui font oublier certaines pesanteurs du scénario.

Film français de Nicolas Bedos. Avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier, Fanny Ardant (1 h 55). www.pathefilms.com/film/labelleepoque

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6 novembre 2019

Les Inrockuptibles

inrock

6 novembre 2019

Charlie Hebdo

charlie hebdo

6 novembre 2019

Reportage « De l’autre côté, j’ai vu une lumière blanche et des personnes décédées »

Par Pascale Santi, Liège, Belgique, envoyée spéciale, Pierre Lepidi, Liège, Belgique, envoyé spécial

De nombreuses personnes disent avoir vécu une « expérience de mort imminente » lors d’un coma, ou d’une situation de danger physique ou émotionnel intense. Des chercheurs ont rassemblé près de 1 700 témoignages concernant l’« EMI ».

Victime d’un grave accident de moto en 1993 en Belgique, Eric Schouffler a été transporté dans un service de soins intensifs où il est resté plusieurs mois plongé dans le coma.

« Un jour, j’ai vu, au-dessus de moi, une immense colonne dont les parois étaient faites de voiles blancs. Ils ondulaient légèrement sous l’effet d’une brise. Je me sentais magnifiquement bien, dans une atmosphère calme et sereine, raconte-t-il aujourd’hui. Progressivement, je suis entré à l’intérieur de cette colonne et j’ai aperçu des personnes que j’avais connues et qui étaient décédées. Certaines jouaient aux cartes comme lorsque j’étais enfant, d’autres ne me montraient que leur visage. J’ai continué à monter dans cette colonne très paisible. Puis, face à une lumière intense, le visage de ma belle-mère, l’une des personnes que j’estimais le plus de son vivant, m’est apparu. Elle m’a dit : “Retourne… Redescends… Ce n’est pas pour toi maintenant.” J’ai alors fait demi-tour et je suis revenu dans mon corps. »

N’était-ce pas simplement un rêve ? « Non, c’est impossible, répond cet ancien chauffeur routier. Un rêve finit par s’oublier totalement ou partiellement. Dans cette vision, tout était clair, parfaitement net. Cette scène est ancrée dans ma mémoire depuis vingt-six ans. »

« La vie après la vie »

En 1997, à Paris, Robert Seror a été hospitalisé dans une unité de soins intensifs à cause d’une dissection de carotide. « Je me suis retrouvé une nuit au-dessus de mon lit, dans un halo de lumière intense et avec une sensation très agréable, raconte-t-il. J’ai alors vu mes parents, décédés tous les deux. Ils étaient sur une plage que je connais bien en Algérie, où j’ai passé mon enfance. Ils étaient souriants, adossés à une barque. Ils étaient jeunes, à un âge où ils se sont peut-être fiancés ou mariés, mais comme je ne les ai jamais connus. Je n’ai pas souhaité les rejoindre et j’ai réintégré mon corps… Par la suite, j’ai fait d’autres comas et j’ai revu ce halo de lumière mais sans revoir mes parents. »

Ces expériences de mort imminente (EMI) – ou Near Death Experiences (NDE), en anglais – ont été révélées au grand public au milieu des années 1970, lors de la parution du best-seller La Vie après la vie (Robert Laffont 1977, rééd. J’ai lu) du médecin américain Raymond Moody.

A travers le monde, de nombreuses expériences semblables ont été décrites, souvent lors d’une situation de danger physique ou émotionnel particulièrement intense. Selon une étude néerlandaise publiée dans Lancet en décembre 2001, 18 % des personnes (sur un échantillon de 344 patients) déclarées en mort clinique à la suite d’un arrêt cardiaque puis réanimées ont vécu une EMI.

LES EMI SONT UNE RÉALITÉ PHYSIOLOGIQUE QUI N’EST PAS SUFFISAMMENT ÉTUDIÉE. LA COMPRÉHENSION DES NIVEAUX DE CONSCIENCE EST UN ÉNORME MYSTÈRE

A l’université de Liège (Belgique), une équipe du Coma Science Group mène des recherches sur les versants neuro-anatomiques et psychologiques des EMI. Elle a rassemblé près de 1 700 témoignages en six années, dont ceux de Robert Seror et Eric Schouffler.

« Nous cherchons en permanence d’autres récits, assure Steven Laureys, neurologue et directeur de l’équipe. Les EMI sont une réalité physiologique qui n’est pas suffisamment étudiée. La compréhension des niveaux de conscience est un énorme mystère, et les financements manquent pour analyser ces phénomènes. »

L’échelle de Greyson, du nom d’un psychiatre américain, est utilisée par les neuroscientifiques pour évaluer de façon objective la crédibilité d’une EMI. Sur les seize questions qui sont posées au sujet (Des scènes de votre passé vous sont-elles revenues ? Vous a t-il semblé entrer dans un autre monde ?…), il faut obtenir au moins sept points sur un barème de trente-deux pour que l’EMI soit validée.

« On ne trouve jamais deux récits semblables, explique Steven Laureys. Mais il existe une sorte de trame commune. » Les composantes de ces expériences sont au nombre de onze : vision d’une lumière blanche et forte, rencontre avec des défunts ou un être mystique, hyperlucidité, expériences de décorporation, impression d’être mort, souvenirs d’événements de vie passée ou de prémonitions, perception altérée du temps, etc. « Certains vivent des EMI après une séance de méditation, voire après un orgasme, assure Steven Laureys. Il faut être prudent dans l’interprétation, car notre cerveau nous joue des tours. »

Sensation de bien-être

Selon une étude réalisée en 2017 auprès de 154 sujets par Charlotte Martial (neurologue au Coma Science Group et postdoctorante) et publiée dans Memory, l’impression de décorporation est rapportée dans 53 % des cas et la sensation de bien-être, composante la plus fréquente, dans 80 % des cas.

Mais certaines EMI sont, à l’inverse, vécues de manière négative. « Des “expérienceurs” [terme utilisé dans le domaine des EMI] racontent qu’ils sont arrivés dans un monde horrible, effrayant, relate Charlotte Martial. Ils ont rencontré des monstres, entendu des hurlements… » D’autres évoquent un sentiment de vide infini, une solitude immense, l’impression d’être arrivé au milieu du néant. Ceux qui relatent ces expériences dites « hellish » (de hell, l’enfer en anglais) éprouvent souvent un stress post-traumatique important.

L’équipe du Coma Science Group parvient aujourd’hui à recréer des EMI en laboratoire en suivant trois axes de recherche : l’exploration des états de conscience modifiée par des médicaments comme la kétamine (drogue anesthésiante qui serait aussi utilisée par les combattants islamistes, notamment au Mali), l’exploration du processus de conscience modifiée lors des phénomènes de syncope ou au cours d’une séance d’hypnose.

« Sous hypnose, les patients relatent un vécu phénoménologique avec une intensité émotionnelle qui est bien plus forte qu’en conscience “normale”, avec parfois des larmes. Nous avons pu mettre en évidence une signature électroencéphalographique spécifique au rappel de l’EMI sous hypnose », explique Marie-Elisabeth Faymonville, du CHU de Liège, spécialiste de l’hypnose médicale, qui a fait « revivre » leur EMI à cinq patients afin de comprendre les états de conscience modifiée.

Un cas fait débat

Peut-on considérer l’EMI comme un premier pas vers un éventuel au-delà ? « La mort est par définition irréversible, répond Steven Laureys. Dire que les gens sont conscients quand ils sont morts sème la confusion. Il ne faut pas confondre la “mort clinique”, qui n’est pas la mort, et la “mort cérébrale”, qui l’est réellement. Jusqu’à présent, personne n’est revenu de la mort cérébrale. »

Un cas fait toutefois débat. En 1991, Pamela Reynolds, une chanteuse américaine, a prouvé par la précision de son récit avoir vécu une EMI (décorporation, tunnel, lumière vive…) durant une opération d’un anévrisme géant nécessitant l’arrêt de sa circulation cérébrale et donc un encéphalogramme plat. Son cas est régulièrement cité en exemple par ceux qui défendent la thèse selon laquelle la conscience survit au-delà de l’activité cérébrale.

« C’est vrai que Pamela Reynolds a été plongée dans un coma très profond, reconnaît Steven Laureys. Son cas est fascinant car il tend à montrer qu’il faut peut-être moins d’activité cérébrale que l’on pense pour vivre une EMI. Dans le cas de Pamela Reynolds, il faudrait plus de recherches et respecter une méthodologie scientifique. »

Plusieurs équipes tentent d’élucider le mécanisme physico-chimique à l’œuvre dans une EMI et, grâce à l’imagerie cérébrale, quelques zones – comme la région temporale droite pour la sensation de sortie du corps – ont déjà été identifiées comme étant la source de différentes étapes de ce processus fascinant.

6 novembre 2019

Stefan Rappo - photographe

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6 novembre 2019

Tour Eiffel

La vieille dame se présente sous un nouveau jour pour célébrer son anniversaire. Une exposition dédiée à la tour Eiffel à l'occasion de ses 130 ans vient d'être installée, sous un dôme d'environ 300 m2 posé sur le parvis. Gratuit et en libre accès jusqu'au 24 novembre, l'événement raconte «de manière ludique et immersive les dessous de la construction du monument». Le parcours de visite se décline en quatre univers, «la genèse de la tour», «à la conquête du cïel», «un monument universel» et «l'évolution de la tour » ponctué d’extraits de films et d’expérimentations diverses.

6 novembre 2019

Heidi Romanova par Petter Hegre

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Photos : Petter Hegre

6 novembre 2019

L’historique agence de presse Roger-Viollet concédée à Photononstop.com ?

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Du 12 au 15 novembre 2019, lors du prochain conseil municipal de la Ville de Paris, le sort de l’agence de presse Roger-Viollet gérée par La Parisienne de Photographie sera scellé après plus de deux ans de tergiversations de la municipalité parisienne.

Le 13 juin 2017, le personnel de l’agence et quelques dizaines de photographes et professionnels de l’image s’étaient réunis sur la place de l’Hôtel de Ville de Paris pour « sauver Roger-Viollet ». On savait déjà que la municipalité dirigée par Anne Hidalgo voulait se débarrasser de la diffusion de l’encombrant legs des époux Roger-Viollet.

A la mort d’Hélène Roger-Viollet et de Jean Fischer son mari, Jacques Chirac, alors maire de la capitale, avait accepté un legs d’environ 12 millions de clichés couvrant plus d’un siècle de photographie. Un temps, Henri Bureau, l’ancien photographe et rédacteur en chef de Sygma avait dirigé cette agence, puis Roger-Viollet était passé sous la coupe de la société Parisienne de Photographie, une société d’économie mixte…

En final le 13 décembre 2018, le conseil de la ville avait accepté une mise en concession des fonds photographiques de la Ville de Paris dont ceux de Roger-Viollet et de France-Soir. Des fonds historiques énormes qui couvrent plus d’un siècle. Plusieurs agences de presse, Sipa, Gamma-Rapho, Abaca, AKG avaient manifesté leur intérêt. Mais un cahier des charges qui leur semblait avoir été rédigé par Ubu les découragea rapidement.

La Ville de Paris exigeait une reprise de douze salariés, un loyer de 100 000€ pour le très bien situé siège social rue de Seine à Paris, en plein Saint-Germain-des-Prés. En outre, si la Ville de Paris s’engageait à fournir quelques centaines de milliers de scans issus des fonds, mais les conditions pour de nouvelles numérisations apparaissaient fort compliquées et bien trop lourdes pour une exploitation au fil de l’actualité. Un seul exemple : quand Notre-Dame de Paris brûle, la presse est intéressée à consulter toutes les archives sur l’histoire de l’édifice. S’il faut réunir une commission administrative pour y accéder, les magazines seront « bouclés » avant que la convocation ne soit expédiée !

En final, selon nos informations, il ne resta plus face à cet appel d’offres que deux candidats : l’agence de la Réunion des Musées Nationaux (RMN) et une société NDLR qui exploite des fonds sous les marques : photononstop, Grafic Obsession, Smartlike et La Photothèque. Selon nos informations, la RMN n’a jamais montré un grand intérêt pour cette concession du fait d’un projet de loi visant à mettre en « open content » tous les fonds des musées. Ce serait la société NDLR qui aurait la faveur de la commission chargée de présenter aux élus la solution.

Vous avez dit NDLR ?

Photononstop est la marque la plus connue de la société NDLR. Sur son site web elle se présente comme « la première agence photographique française indépendante …/…, née de la fusion de deux agences prestigieuses, DIAF et la Photothèque SDP ».

La société NDLR a été immatriculée sous forme de SARL au registre du commerce de Bobigny le 3 décembre 1990 et transférée à Paris 26 mai 1998, c’est alors une agence de conseil en communication qui se présente comme « pionnier de la ruée vers le web ».

En 2000, NDLR « fusionne » avec l’agence DIAF et La Photothèque. NDLR s’installe au 46 rue de la Mare à Paris dans le 20e arrondissement d’où elle opère aujourd’hui. Le 16 octobre 2000, la SARL NDLR devient une société anonyme au capital de 167 900€ détenu par ses deux co-fondateurs et co-présidents : Christian Delannoy et Gilles Taquet, Président du Syndicat National des Agences Photographiques d’Illustration Générale, (SNAPIG). A noter que Gilles est le frère d’Adrien Taquet, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, député LREM de la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine, membre de la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance.

La confiance, c’est justement la question qui se pose face à la perspective de voir les dizaines de millions de clichés des fonds Roger-Viollet et de France-Soir attribués à la société NDLR.

NDLR disposerait sur son site de plus de 3 000 000 de photos sur des thèmes très divers : vie quotidienne, art de vivre, voyage, cuisine, décoration, mode et beauté… Seuls le patrimoine et l’histoire sont oubliés. Et depuis la reprise en 2009 de GraphicObsession2 NDLR se présente également comme le « 1er portail de la photo et des vecteurs libres de droits ».

Quelques questions

Comment NDLR va-t-elle intégrer et commercialiser les fonds historiques de Roger-Viollet et France-Soir ? Compte tenu du mystère consécutif à un appel d’offres et à la difficulté de joindre les dirigeants de NDLR, il est impossible de le savoir. Espérons que les élus auront plus d’information pour prendre leur décision.

Espérons également que les élus de la Ville de Paris auront des engagements précis sur les conditions de la reprise des contrats de travail des salariés de Roger-Viollet, la Parisienne de Photographie car depuis deux ans, ils sont dans l’incertitude totale de leur sort.

Enfin, on espère également que les élus auront des éclaircissements sur l’imbroglio d’entreprises qui chapeaute, appuie, soutient NDLR. Le rôle de la société Delta images, mentionnée dans le futur contrat et également détenue par les mêmes dirigeants que NDLR ne semble pas très clair. D’ailleurs, ni NDLR, ni Delta Images ne publient pas leurs comptes comme l’exige la loi française.

Affaire à suivre

Michel Puech

Découvrir les autres sites de NDLR

Photononstop.com : banque d’images généraliste

Biosphoto.com : « la référence européenne de la photo animalière et naturaliste »

Biosgarden.com : « le seule site dédié aux images de jardin et aux loisirs créatifs »

Biosmotion.com : « visionnez et achetez des clips sur la plus importante banque d’images vidéo Droit Gérés et Libres de Droits, provenant de milliers de contributeurs à travers le monde. »

GraphicObsession.com : « le portail français leader de la photo Libre de Droit »

5 novembre 2019

Extrait d'un shooting - photo : Jacques Snap

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5 novembre 2019

Le prix Goncourt décerné à Jean-Paul Dubois, le prix Renaudot à Sylvain Tesson

goncourt

Par Raphaëlle Leyris

Le Goncourt récompense avec « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » un roman sur l’échec, l’art de gâcher sa vie et la manière dont les morts nous accompagnent. Le Renaudot a, lui, été remis à Sylvain Tesson pour « La Panthère des neiges ».

Le prix Goncourt a été attribué à Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier). Etaient également en lice : Soif, d’Amélie Nothomb (Albin Michel), Extérieur monde, d’Olivier Rolin (Gallimard) et La Part du fils, de Jean-Luc Coatalem (Stock). C’est, comme chaque année, depuis le restaurant parisien Drouant, où se réunissent les jurés, que la nouvelle a été proclamée, lundi 4 novembre.

Annoncé dans la foulée, et dans le même établissement, le prix Renaudot est, lui, décerné à Sylvain Tesson pour La Panthère des neiges (Gallimard). Eric Neuhoff a reçu, pour sa part, le Renaudot essai pour (Très) cher cinéma français (Albin Michel) .

C’est un beau roman sur l’échec qui remporte ainsi le plus convoité des prix littéraires français. « Il y a une infinité de façons de gâcher sa vie », assure son narrateur, Paul Hansen. Il en connaît un rayon en la matière, par son père, pasteur danois à la foi chancelante, autant que par sa mère, Anna, à l’athéisme aussi irréductible que son amour du cinéma – elle travaillait comme programmatrice dans une salle toulousaine, ce qui ne fut pas sans susciter nombre de frictions entre les époux.

Paul s’est lui aussi appliqué, à sa manière, à saboter sa propre existence : on fait sa connaissance au pénitencier de Montréal, où l’a conduit un acte qu’il ne révélera que tardivement, et où il partage sa cellule avec un colossal biker.

Voitures, tondeuses, dentistes, chevaux…

Paul n’éprouve aucun remord à l’égard des faits qui lui ont valu son emprisonnement, mais cela n’empêche pas Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon d’être un roman du regret et de la perte. Jean-Paul Dubois fait jaillir des éclats de burlesque ou d’onirisme, voire de chamanisme, dans le récit douloureux de son narrateur, qui a l’élégance de ne jamais se départir d’un léger sourire.

A cela, il ajoute la nécessaire pincée d’obsessions bien connue de ses lecteurs – les voitures, les dentistes, les tondeuses, les chevaux, les accidents d’avion… Le miracle est que cet attelage qu’on pourrait imaginer bigarré constitue un poignant hommage aux morts, et à la manière dont on habite le monde à leurs côtés.

Né en 1950 à Toulouse, où il vit toujours dans la maison de son enfance, Jean-Paul Dubois a longtemps été grand reporter au Nouvel Observateur. Jaloux de son temps et de sa liberté, il l’a quitté le jour même de 2004 où Une vie française (L’Olivier) a reçu le prix Femina. Depuis, il continue d’écrire, tous les trois ou quatre ans, sur les 31 jours d’un mois de mars, un roman dont les personnages s’appellent Paul et Anna, d’une noirceur et d’un humour mélancolique qui les rendent immédiatement reconnaissables.

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