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Jours tranquilles à Paris

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4 février 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - La farce tragique de Maduro

Six pays européens, dont deux dirigés par des coalitions de gauche, l’Espagne et le Portugal, ont donc reconnu Juan Guaidó, principale figure de l’opposition vénézuélienne, comme président par intérim chargé d’organiser une nouvelle élection présidentielle. On dira : de quoi se mêlent-ils ? Pourquoi emboîter le pas, d’un continent à l’autre, à Donald Trump, qui a le premier proclamé la légitimité de Juan Guaidó ? Lui qui a ressuscité par sa balourdise éléphantesque le vieil imperium que les Etats-Unis, depuis le président Monroe, se sont abusivement attribué sur les affaires de l’Amérique latine, ranimant ainsi le spectre de l’impérialisme yankee ?

Ils se mêlent en fait des affaires de la démocratie. L’Union européenne avait en son temps émis de très sérieux doutes sur la validité de l’élection du président en titre, Nicola Maduro, organisée à la va-vite par une commission électorale aux ordres du régime, boycottée par l’opposition et marquée par toutes sortes de fraudes. Or la constitution vénézuélienne, un peu comme en France, prévoit qu’en cas d’empêchement du président en titre, celui de l’Assemblée – Juan Guaidó en l’occurrence – exerce un intérim avant l’organisation d’un nouveau scrutin. Guaidó est en quelque sorte un Poher un peu expéditif, qui prend acte de l’illégitimité de Maduro et presse le pas vers de nouvelles élections, régulières, celles-ci. D’où la reconnaissance européenne.

Les soutiens du régime vénézuélien crient au coup d’Etat manipulé de Washington. C’est oublier le contexte. Successeur de Chavez, plus terne et plus répressif, Maduro a ruiné son pays. Assis sur les plus grandes réserves de pétrole au monde, il a réussi en quelques années à diviser par deux le PIB du Venezuela, à réduire son peuple à la misère et à provoquer l’exil forcé de plus de deux millions de ses compatriotes. Appuyé sur l’armée, gangrené par la corruption, le régime a résisté à toutes les protestations en usant d’une répression multiforme et brutale.

La France insoumise, toujours rangée derrière Maduro, dénonce en France, à raison, la répression trop brutale des « gilets jaunes» qui a occasionné de nombreuses blessures graves. Elle oublie de critiquer la répression vénézuélienne, qui a causé la mort de dizaines de personnes en quelques semaines. Politiquement daltonienne, elle soutient avec la même ferveur les «gilets jaunes» et les uniformes kaki des sbires de Maduro. Une légère contradiction…

Le président vénézuélien a proposé d’organiser de nouvelles élections législatives, ce que certains ont interprété comme un geste d’ouverture. En fait, il s’agit d’une mauvaise blague. C’est l’élection du président qui est contestée, non celle du Parlement, qui s’est déroulée dans des conditions honorables et qui a débouché sur la victoire de l’opposition. Maduro, élu illégitimement, propose de rester en place et de dissoudre l’assemblée légitime, privant Guaidó de son point d’appui légal. A juste titre, cette farce potentielle a aussitôt été récusée par l’opposition.

Il n’est qu’une issue à la crise qui a plongé dans le malheur un peuple longtemps abusé et qui se révolte aujourd’hui : l’organisation d’une élection présidentielle sincère. Alors on verra alors si ce régime populiste reçoit toujours l’assentiment du peuple.

LAURENT JOFFRIN

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4 février 2019

Save the date...

autissier

4 février 2019

Affaire Benalla - MEDIAPART

4 février 2019

Censored Magazine

censored

4 février 2019

Ce soir....les Globes de cristal (sur Paris Première)

Les Globes de cristal ambitionnent de récompenser les réalisations, créations et travaux français les plus exceptionnels de l'année écoulée dans le domaine de l'art et la culture. Des nominations sont établies fin décembre, suivies de la désignation des lauréats dans sept disciplines : cinéma (meilleurs film, acteur et actrice), télévision (meilleur téléfilm ou série), théâtre (meilleurs pièce, comédien, comédienne et one man show), musique (meilleurs comédie musicale, interprète féminine et interprète masculin), littérature (meilleur roman ou essai), exposition et mode (meilleur créateur). En 2017, ces deux dernières sections disparaissent au profit des catégories du meilleur film étranger au cinéma et de la meilleure série étrangère à la télévision. D'autres domaines ont également été abandonnés depuis les premières éditions : design, bande-dessinée, architecture et arts plastiques.

Un jury, composé d'une vingtaine de journalistes désignés par cooptation, renouvelé chaque année et présidé par une personnalité des médias ou de la culture, a pour mission de fixer au préalable une liste de cinq nominations dans quatorze catégories. Cette liste est ensuite communiquée à des journalistes possédant le droit de vote, issus de la presse écrite, audiovisuelle, nationale et locale1. Les votants, dont le nombre varie entre 15 000, 1 500 et 5 000 selon les sources reçoivent un bulletin de vote par mail et ont à désigner les gagnants dans chaque catégorie1. Le vote est anonyme. Les lauréats du Globe sont ceux qui auront rassemblé sur leur nom le plus de suffrages. Tout nouveau journaliste souhaitant participer au vote doit en faire la demande sur le site Internet des prix. L'organisateur de cet événement est Serge Benaïm.

À l'exception de la première année, la cérémonie des Globes de cristal a eu lieu au Lido à Paris et a été télédiffusée sur différentes chaînes : Paris Première, France 3, Virgin 17, Chérie 25, D17 et C8.

https://twitter.com/GlobesDeCristal

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4 février 2019

Vu sur internet...

cierges

4 février 2019

Mon idée pour la France : « Un “préférendum” plutôt qu’un référendum »

Par Collectif

« Le Monde » a demandé à des contributeurs de tous horizons de proposer, chaque jour, une idée pour changer la France. Les membres de l’association « Mieux voter » expliquent l’importance de la préparation en amont des questions posées pour un véritable référendum.

La création d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) a émergé comme une revendication phare des « gilets jaunes » pour permettre de révoquer des élus, de proposer et d’abroger une loi, ou de modifier la Constitution. Passionnément commenté dans le débat public, le RIC dérange et ravive la tension entre la démocratie représentative et la démocratie directe. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent des risques de dérive autoritaire d’un instrument de consultation populaire hautement manipulable et otage de l’affect des « foules ».

Les reproches faits au référendum sont en partie fondés. Sa logique binaire, « oui » ou « non », peut engendrer une polarisation excessive et nocive de l’électorat. A l’heure des « fake news » et des réseaux sociaux, elle rend aussi les campagnes référendaires plus vulnérables vis-à-vis des manipulations massives. D’autre part, s’il a le mérite de clore la discussion, le référendum peut paradoxalement devenir embarrassant pour la démocratie quand, par sa tournure définitive et tranchante, il gêne la suite du débat public. Si le référendum n’est pas l’outil miracle pour refonder la démocratie, alors que faire ?

Un usage encadré

Quels que soient les risques associés au référendum, aucun d’entre eux n’est insurmontable si son usage est encadré. Et si beaucoup a été dit sur la nécessité d’organiser la délibération collective autour du référendum, rien n’a été imaginé quant aux modalités du vote lui-même. Or, ce point est capital. Le référendum, des citoyens ou des élus, pourrait prendre une tout autre tournure et devenir un outil de pacification et de construction du consensus, s’il pouvait être pratiqué avec « le jugement majoritaire », une méthode qui permet aux électeurs d’évaluer les différentes options soumises au vote plutôt que de dire « oui » ou « non ».

Plus question de logique binaire et réductrice : il s’agirait d’évaluer un ensemble d’options alternatives soumises au référendum, à l’aide des fameuses mentions prévues par le jugement majoritaire (« excellent », « bien », « passable », « insuffisant », « à rejeter »). La délibération en amont du référendum en serait profondément transformée et moins sujette aux phénomènes de polarisation excessive de l’opinion et de manipulation. La votation référendaire donnerait une image claire de l’état de l’opinion sur une question donnée, dans toutes ses nuances.

Concrètement, plutôt que de demander à la population si elle est « pour » ou « contre » une taxe sur les carburants, on lui demanderait d’exprimer son opinion sur plusieurs manières de taxer le carburant et l’énergie, qu’elle devrait chacune évaluer (« Que pensez-vous d’une taxe sur le carburant des seules voitures ? » « D’une taxe sur le kérosène des avions ? » « D’une redistribution intégrale des recettes aux ménages ou d’un investissement dans la transition écologique ? » etc.). Avec le jugement majoritaire, le référendum se transforme en « préférendum ».

Mieux associer les citoyens

À l’échelle locale, les votes citoyens au jugement majoritaire trouveraient également toute leur place, pour réaliser des consultations citoyennes, des référendums locaux ou des budgets participatifs. Pour l’aménagement du territoire aussi, la possibilité d’organiser des RIC au jugement majoritaire améliorerait radicalement le processus de réflexion et de concertation en amont alors que, partout en France, des projets d’aménagements soulèvent des oppositions farouches dont certaines basculent en conflits ouverts, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ou Sivens (Tarn), bientôt à la Montagne d’or en Guyane ou à Europacity dans le Val-d’Oise.

Il y a fort à parier que, si les citoyens étaient plus et mieux associés à l’aménagement de leur espace de vie, l’intelligence collective et la rigueur démocratique permettraient de parvenir à des projets acceptés par tous. A l’échelle communale, régionale et nationale, des pratiques de démocratie participative et directe doivent être inventées pour recréer du commun et mettre un terme à la verticalité de nos institutions. Un référendum amélioré, s’il venait à être appliqué, pourrait ouvrir la voie vers une démocratie en phase avec notre société et ses aspirations, une démocratie à la hauteur des enjeux du XXIe siècle.

Chloé Ridel, Rida Laraki, Paloma Moritz et les membres du collectif « Mieux voter ».
« Votre idée pour la France » : pour nous adresser une contribution, écrivez-nous à opinions@lemonde.fr. Votre texte ne doit pas dépasser 4 000 signes et être centré sur une proposition concrète. Notre équipe « Débats » publiera une sélection de ces contributions.

Agathe Dahyot / Le Monde

4 février 2019

Les Coquettes

coquettes

4 février 2019

Analyse : Le bilan contrasté de Carlos Ghosn

Par Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »

Si personne n’enlèvera à M. Ghosn le mérite du redressement de Nissan, la concentration du pouvoir autour du PDG a fini par provoquer une désorganisation et la dégradation de la rentabilité de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, analyse l’éditorialiste du « Monde » Stéphane Lauer.

Dans quelques mois, Carlos Ghosn devrait être jugé au Japon alors qu’il est inculpé d’abus de confiance aggravé et de dissimulation de ses revenus aux autorités boursières. Si le feuilleton judiciaire est loin d’être terminé, sa carrière à la tête de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi s’est bel et bien arrêtée le 19 novembre 2018, à sa descente de l’avion de la société qui venait d’atterrir à Tokyo. Evincé de la présidence de Nissan et de Mitsubishi quelques jours après, le patron a été contraint à la démission le 24 janvier par le conseil d’administration de Renault.

Quelle que soit la décision que prendra la justice nippone, la question se pose de savoir dans quelle situation il laisse le groupe franco-japonais après quatorze ans à sa tête. Pour ses fidèles, avec son départ, c’est l’Alliance qu’on assassine, alors que le PDG s’était imposé comme le maillon indispensable à son bon fonctionnement. Pour ses détracteurs, c’est au contraire une occasion de repartir sur des bases saines et de relancer une aventure entrepreneuriale originale qui, au-delà des frasques de son dirigeant, avait fini par s’essouffler en oubliant ses principes fondateurs.

M. Ghosn a fait de son bilan une partie intégrante de sa défense. Dans une interview aux Echos et à l’AFP, accordée le 31 janvier du fond de sa prison, il s’est dit « fier » d’avoir aidé Nissan « à se transformer en un groupe si fort, en termes de profitabilité, de croissance, de qualité des produits et de technologies ». Le même jour, on apprenait que l’Alliance avait réussi à conserver son titre de premier constructeur mondial pour la deuxième année de suite.

Devenir numéro un mondial s’était transformé en obsession

Personne n’enlèvera à M. Ghosn le mérite du redressement de Nissan, alors que l’entreprise était à l’agonie en 1999. Avec une poignée de cadres propulsés à des postes clefs, il a réussi à révéler l’énorme potentiel du constructeur japonais qui, au fil des ans, s’était bureaucratisé au point d’étouffer l’excellence de son ingénierie et sa capacité d’innovation. Côté Renault, le PDG a fait fructifier l’héritage reçu de Louis Schweitzer. Son prédécesseur avait jeté les bases de l’internationalisation de la marque au losange et avait eu l’intuition pertinente de la voiture à bas coûts en rachetant le constructeur roumain Dacia.

Mais ces dernières années, pour M. Ghosn, devenir numéro un mondial s’était transformé en obsession. Cette hubris n’a pas été sans conséquences. Aux Etats-Unis, Nissan n’a pas hésité à brader ses voitures pour gonfler les chiffres de ventes au détriment de la rentabilité. Si ce leadership permet de faire les gros titres de la presse, la performance doit être relativisée.

D’abord, sur le plan de la valorisation boursière, Renault-Nissan-Mitsubishi joue plutôt en seconde division. Une fois retranchées les participations croisées ou directes, l’Alliance pèse moins de 37 milliards d’euros, soit la huitième capitalisation du secteur, loin derrière Toyota (174 milliards d’euros) ou Volkswagen (75 milliards d’euros). L’Alliance n’est pas sous-valorisée parce que les marchés cerneraient mal son potentiel du fait de sa complexité. Les investisseurs regardent les fondamentaux de l’entreprise, qui se révèlent fragiles par rapport à ses rivaux immédiats.

Retard sur le développement de la voiture autonome

Toyota et Volkswagen, qui immatriculent un peu moins de voitures que l’Alliance, réalisent un chiffre d’affaires supérieur de respectivement 50 % et 18 %. Et le flux de trésorerie (free cash flow), qui mesure la marge de manœuvre financière d’une entreprise, est deux fois moindre chez Renault-Nissan-Mitsubishi que chez Volkswagen. L’Alliance est également surclassée lorsqu’on regarde le montant des dépenses d’investissement en capital ou en recherche et développement. Alors que Toyota et Volkswagen consacrent plus de moyens pour préparer l’avenir, ce qui pèse sur la rentabilité à court terme, les deux groupes affichent pourtant une marge opérationnelle supérieure à celle de Renault-Nissan-Mitsubishi.

LA DÉSORGANISATION A ÉTÉ TELLE QUE LES AUTORISATIONS DE COMMERCIALISATION ONT ÉTÉ DÉLIVRÉES SANS AVOIR PASSÉ TOUS LES JALONS DE QUALITÉ STANDARD

Le retard accumulé sur le développement de la voiture autonome et même sur les investissements dans les motorisations électriques, domaine où le groupe était pourtant précurseur, n’est pas de bon augure. Par ailleurs, chez Renault, le mauvais pilotage de la mise en œuvre des nouvelles normes de consommation des véhicules au quatrième trimestre 2018 a fait chuter ses ventes et celles de Nissan.

La désorganisation a été telle que les autorisations de commercialisation ont été délivrées sans avoir passé tous les jalons de qualité standard. Du jamais-vu depuis Raymond Lévy, qui était PDG à la fin des années 1980 ! Cet épisode devrait avoir un impact sensible sur les résultats financiers qui seront publiés le 14 février. En attendant, la firme au losange a été obligée de geler des programmes d’investissements. Une décision rarissime dans un contexte où le marché est porteur, comme c’est le cas actuellement.

Tourner définitivement la page du soi-disant complot

La chute de M. Ghosn n’a donc rien du coup de tonnerre dans un ciel serein. La concentration du pouvoir avait fini par aboutir à un phénomène de cour autour d’un PDG de moins en moins mis en question. Quantité de cadres de talent, qui étaient capables d’alerter sur les dysfonctionnements, ont été écartés, tandis que les recours aux consultants extérieurs se sont multipliés. Au fil du temps, sous un Carlos Ghosn omnipotent, les liens entre Français et Japonais ont fini par se distendre. Il est ainsi étonnant qu’aucun membre du comité exécutif de Renault n’ait travaillé durablement chez Nissan.

Le successeur de M. Ghosn, Jean-Dominique Senard, arrive donc à la tête d’un groupe qui doit revoir de fond en comble son organisation et son fonctionnement pour que l’Alliance retrouve sa dynamique perdue et tourne définitivement la page du soi-disant complot qui ne sert que le principal accusé mais n’est étayé par rien de concret à ce jour.

4 février 2019

Serge Gainsbourg

gainsbourg et birkin

sg bambou

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