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Jours tranquilles à Paris

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4 février 2019

Brexit : à Bruxelles la perspective d’un « no deal » devient un scénario raisonnable

Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen

Les Vingt-Sept semblent déterminés à ne pas céder à Londres un pouce de terrain, notamment sur le « backstop », jugé indispensable pour garantir la paix en Irlande et préserver le marché intérieur, estime Cécile Ducourtieux, notre correspondante au bureau européen de Bruxelles.

A moins de deux mois du Brexit, le « no deal » s’installe désormais à Bruxelles comme un scénario presque raisonnable. Evidemment pas souhaitable, mais de moins en moins improbable. Comment a t-on pu en arriver là alors qu’un accord, négocié pendant dix-sept longs mois, a été signé par Theresa May et les vingt-sept autres dirigeants de l’Union européenne (UE), le 25 novembre 2018 ?

Lors d’un nouveau Conseil européen, à la mi-décembre, la première ministre britannique avait assuré ses pairs qu’elle parviendrait à faire ratifier ce traité par la Chambre des communes. Elle venait de survivre à un vote de défiance de son propre camp, les tories, et les négociateurs européens pensaient qu’elle en profiterait pour tenter de construire une majorité pour leur « deal » avec les modérés du camp travailliste.

Mais fin janvier, après que cet accord a été très largement repoussé par les élus britanniques, Theresa May a préféré, au lieu de changer ses « lignes rouges », endosser les revendications des plus durs des « Brexiters », et réclamer une renégociation du « backstop », cette assurance contre le retour d’une frontière dure entre les deux Irlandes, dont elle avait accepté le principe dès fin 2017 (le « backstop » fait partie intégrante du traité du divorce).

Cette volte-face a choqué à Bruxelles où elle a été vécue comme un vrai renoncement de Theresa May. Les esprits y sont par ailleurs atterrés par ses revendications : ces « arrangements alternatifs » au « backstop » irlandais qu’elle réclame sont considérés comme de la pure « pensée magique ».

« Parfois, ils arrêtent les horloges »

Pendant des mois, les équipes de Michel Barnier, le négociateur en chef pour l’UE, ont cherché des techniques pour contrôler à distance les marchandises transitant entre les deux Irlandes. Le but ? En évitant des postes-frontières, préserver les accords de paix du Vendredi saint de 1998 (Good Friday Agreement), tout en évitant que cette future frontière de l’UE, mal gardée, transforme le marché intérieur européen en passoire. Mais elles n’ont rien trouvé d’opérationnel.

M. Barnier a donc proposé à Londres le désormais fameux « backstop » : un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur le marché intérieur et de l’ensemble du Royaume-Uni sur l’union douanière, le temps que des technologies opérationnelles émergent.

Pensée magique aussi, vu des Européens, ces affirmations britanniques selon lesquelles à la veille du Brexit, les Vingt-Sept finiront par céder à un compromis avec Theresa May. « C’est la fameuse manière européenne de faire. Ils vont toujours jusqu’au bout [d’une négociation], parfois jusqu’à la dernière heure, et parfois, ils arrêtent les horloges », a assuré, d’un air entendu, David Davis, qui fut le négociateur en chef côté britannique jusqu’à l’été 2018, sur Channel 4, samedi 2 février.

Il est vrai que jusqu’à présent, les Européens ont toujours su éviter l’abyme, pendant la crise de la zone euro, au plus fort de la crise grecque. Mais les circonstances n’ont rien à voir : à l’époque, sans accord avec Athènes, c’était l’euro, la monnaie unique qui risquait de tanguer. Désormais, côté UE, on estime au contraire que c’est un compromis sur l’accord de retrait qui présenterait un risque existentiel pour l’Union à Vingt-Sept.

Le « backstop », un indispensable filet de sécurité

Bruxelles ne dit pas non à tout : pas de problème pour rediscuter la « déclaration politique » esquissant les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni. Voire pour modifier le « backstop » en revenant à une formule initialement proposée par l’UE – seule l’Irlande du Nord reste dans le marché intérieur.

Mais sur le principe du « bacsktop », les Vingt-Sept ne céderont pas : ils refuseront une date de péremption, des arrangements imaginaires, ou sa révocation unilatérale par les Britanniques. Et pourquoi céder si, de toute façon, les plus durs des « Brexiters » trouveront toujours le moyen de critiquer le traité de retrait, eux qui militent, de plus en plus ouvertement, pour un « no deal » ?

Il est jugé indispensable pour préserver la paix en Irlande du Nord : vingt ans après la fin des « troubles », la situation pourrait s’envenimer en cas de retour d’une frontière « dure ». Ce filet de sécurité est aussi indispensable pour préserver le marché intérieur, considéré comme le principal acquis de l’UE, de Paris à Varsovie, en passant par Budapest. « Le plus coûteux, le plus grave, ce n’est pas un “no deal” pour l’UE : ce serait la destruction du marché unique », a confié Michel Barnier aux commissaires européens, le 30 janvier.

Enfin, monte en Europe le sentiment que le « no deal » serait gérable. Bruxelles et les capitales de l’UE se préparent d’arrache-pied, ayant déjà prêtes des législations d’exception pour prolonger l’existant. La situation serait probablement chaotique notamment en Irlande du Nord qui n’échapperait probablement pas au retour momentané d’une frontière « dure » avec la République d’Irlande, mais à Bruxelles, on est persuadés que Londres, beaucoup plus vulnérable à une absence d’accord, reviendrait rapidement à la table des discussions.

Le monde des affaires commence à paniquer

Surtout, le niveau d’exaspération et le manque de confiance sont tels du côté des Vingt-Sept, que de moins en moins de dirigeants européens défendent l’idée que Londres devrait renoncer au Brexit. Un second référendum ? Il diviserait encore plus la société britannique. Des élections générales ? Elles ne résoudraient rien, même si elles portaient le Labour au pouvoir, le parti de Jeremy Corbyn ignorant tout aussi superbement les « lignes rouges » des Européens que les tories.

Theresa May refuse pour l’instant de décaler le Brexit (« Je suis déterminée à le mettre en œuvre dans les temps », a-t-elle affirmé, dimanche, dans le Sunday Telegraph).

Mais si elle finissait par s’y résoudre, il est cependant fort probable que les Vingt-Sept le lui accorderont. Certains, comme la chancelière allemande Angela Merkel, redoutent les conséquences d’un « no deal » juste avant les élections européennes, fin mai. Et ils voudront prouver à leurs opinions publiques qu’ils ont tout fait pour l’éviter.

Mais accepter des reports du Brexit à répétition ? C’est peu probable. Mieux vaudrait assumer un Brexit à l’été 2019 ou à la fin 2019. Et ce d’autant que le monde des affaires commence à paniquer et réclame de la visibilité.

Un report du « no deal » à répétition dans l’attente d’un éventuel feu vert britannique à l’accord signé fin 2018 ? Un cauchemar pour les groupes industriels. Les plus gros d’entre eux prennent déjà leurs dispositions. Dernier en date : le japonais Nissan a confirmé, dimanche, abandonner son projet de produire le modèle crossover X-Trail dans son usine de Sunderland, sa direction évoquant les « incertitudes » liées au Brexit.

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4 février 2019

Tags du côté de Bastille

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4 février 2019

Paris reconnaît Juan Guaido comme président par intérim

Plusieurs capitales européennes ont pris les devants contre Nicolas Maduro, en l’absence de position commune des Vingt-Huit
L’ultimatum de huit jours lancé par sept capitales européennes (Paris, Madrid, Berlin, Londres, Amsterdam et Lisbonne, rejointes au dernier moment par Vienne) a sans surprise été rejeté par le président vénézuélien en titre Nicolas Maduro. Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta dans la soirée du 3 février, il a clamé qu’il ne ferait « pas preuve de lâcheté face aux pressions » pour organiser un scrutin présidentiel.

Paris considère désormais, selon les propos du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur France Inter, que « le président de l’Assemblée nationale Juan Guaido est, en tant que chef de l’Etat par intérim, habilité à organiser des élections présidentielles ». La reconnaissance a été annoncée par la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et d’autres le 4 février en milieu de matinée.

La veille, Nathalie Loiseau, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, avait qualifié de « farce tragique » la proposition de Nicolas Maduro d’élections législatives anticipées. Le Parlement, qui a proclamé Juan Guaido chef de l’Etat par intérim, a été élu en 2015 dans un scrutin régulier, alors que l’élection présidentielle de mai 2018 a été marquée par de nombreuses fraudes dénoncées par les observateurs internationaux. Les Européens, comme les Etats-Unis et la plupart des pays démocratiques, se sont refusés à reconnaître comme légitime le second mandat de Nicolas Maduro.

« Pas de l’eau tiède »

La reconnaissance de Juan Guaido par ces sept capitales est un fait acquis. Elles suivraient ainsi les Etats-Unis, le Canada et de nombreux pays d’Amérique latine, dont la Colombie et le Brésil, qui avaient lancé le mouvement le 23 janvier. Le Parlement européen a franchi le pas le 31 janvier, appelant l’ensemble des pays de l’UE à faire de même. Mais il est encore difficile pour les Vingt-Huit de se mettre d’accord sur une position commune forte.

Les premières réactions de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ont été pour le moins prudentes, voire embarrassées. Alors Paris, comme Madrid, Berlin et Londres, ont décidé de durcir le ton, rappelant, comme l’a fait Emmanuel Macron dans un Tweet en français et en espagnol, le caractère « illégitime » de l’élection de Nicolas Maduro, puis lançant un ultimatum pour un nouveau scrutin.

« Nous avons pris cette initiative parce qu’il était impossible, face à la gravité de la crise, de s’en tenir à de l’eau tiède », explique un haut diplomate français, soulignant que « de tels compromis sur la base du plus petit dénominateur commun en politique étrangère sont le symbole même d’une Europe qui ne marche pas ».

Les divisions sont apparues dans toute leur évidence lors de la réunion des ministres des affaires étrangères des Vingt-Huit, à Bucarest le 1er février. Face aux six capitales les plus engagées, une majorité est restée prudente. Une poignée d’Etats membres, à commencer par la Hongrie de Viktor Orban et la Grèce, restent pour le moins complaisants vis-à-vis du régime vénézuélien. La coalition italienne est profondément divisée, la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini étant au diapason du Brésil et des Etats-Unis, alors que le Mouvement 5 étoiles (« antisystème ») de Luigi Di Maio campe sur la position d’Athènes.

L’objectif des Vingt-Huit est d’aider à une sortie en douceur de Nicolas Maduro. « Nous voulons une issue pacifique et démocratique ; la violence a trop été utilisée au Venezuela et nous voulons éviter toute tentation militaire », avait expliqué Federica Mogherini à l’issue de la réunion. Elle avait annoncé que l’UE mettait sur pied un groupe de contact avec des pays d’Amérique latine restés sur une ligne médiane, comme l’Uruguay et le Mexique, pour trouver sous trois mois un terrain d’entente entre M. Maduro et M. Guaido. La première réunion devrait se tenir le 7 février à Montevideo.

Grand écart

Federica Mogherini et le président uruguayen Tabare Vazquez ont expliqué que la rencontre « vise à contribuer à créer les conditions nécessaires à l’émergence d’un processus politique et pacifique permettant aux Vénézuéliens de déterminer leur propre avenir, par la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles ».

La logique de cette démarche, comme le délai évoqué de quatre-vingt-dix jours – qui n’est pas un ultimatum, a rappelé la chef de la diplomatie européenne –, tranche avec la pression mise par les six, à commencer par Paris, convaincu que le temps presse. Les divergences sont de méthode et de temporalité plus que de fond, mais l’Europe n’en est pas moins contrainte au grand écart.

Or l’Union européenne a potentiellement un rôle important à jouer dans la crise. « Il est fondamental, car les Etats-Unis semblent décidés à aller très vite, évoquant même une intervention qui, même ponctuelle, laisserait de profondes séquelles, explique Paula Vasquez, chercheuse au CNRS et spécialiste du Venezuela. Paris, Madrid et Berlin ont pleinement pris conscience du caractère désormais irréversible du mouvement contre Maduro. »

4 février 2019

Extrait d'un shooting - salopette

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4 février 2019

Venezuela : Maduro rejette l'ultimatum européen, pas de présidentielle

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4 février 2019

Un soir à Paris - Le Crazy Horse recherche des danseuses de tous les horizons

4 février 2019

Aujourd’hui : obsèques de Henry Chapier

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Une semaine après l'annonce de la mort d'Henry Chapier, survenue à l'âge de 85 ans le dimanche 27 janvier, sa famille et ses amis proches lui ont rendu un dernier hommage. Les obsèques de l'ancien animateur et créateur de l'émission Le Divan sur FR3 ont eu lieu à l'église Notre-Dame-des- Champs située dans le quartier de Montparnasse à Paris. Les proches d'Henry Chapier ont suivi le cercueil du défunt à l'intérieur du lieu de culte.

Marc-Olivier Fogiel, qui avait relancé Le Divan sur France3 en 2015, est apparu très attristé dans sa doudoune noire à son arrivée à l'église. En couple il y a quelques années, le musicien Jean-Michel Jarre et la comédienne Charlotte Rampling sont arrivés à bord du même taxi pour se rendre à l'église. Le journaliste Philippe Tesson, le photojournaliste Jean-Pierre Laffont ou encore la photographe Dominique Issermann étaient également présents pour ce dernier adieu à leur ami.

L'hommage touchant de Fogiel

La mort d'Henry Chapier a été annoncée par Maison européenne de la photographie, qu'il a présidée de 1996 à 2017. L'animateur avait présenté pendant sept ans sa mythique émission Le Divan sur FR3 avant son arrêt en 1994. Henry Chapier avait débuté sa carrière comme critique de cinéma à l'hebdomadaire Arts avant de devenir pigiste pour le magazine L'Express. Touche-à-tout, il a réalisé des documentaires et un film avec Jane Birkin et Bernadette Lafont. Après l'annonce de sa mort, Marc-Olivier Fogiel lui a rendu un touchant hommage sur Twitter : "Infinie tristesse ! Henry était un journaliste sans œillère, bienveillant et pugnace... Pour lui, il n'y avait pas de matière noble et d'autres qui le seraient moins... merci de m'avoir transmis le flambeau du Divan."

4 février 2019

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4 février 2019

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4 février 2019

Andy Warhol

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