Lin Zhipeng
Les photos envoûtantes de Lin Zhipeng https://t.co/axhdPW0LQh pic.twitter.com/CQcQwILvHS
— les inrocks (@lesinrocks) 6 novembre 2018
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Ils ont donc boycotté la réunion. Seuls deux membres de la délégation de Gilets jaune qui était invitée ce vendredi à Matignon sont finalement venus au rendez-vous. S’il a bien échangé pendant une heure avec Edouard Philippe, le premier, entré par une porte dérobée, a tenu à rester anonyme. L’autre est reparti au bout d’une demi-heure. Pour des motifs qui ne tiennent pas la route : d’abord, il exigeait que l’entretien avec le Premier ministre soit filmé et retransmis en direct à la télévision ! Et puis il ne se jugeait pas légitime pour s’exprimer au nom des Gilets jaunes. Et c’est sans doute bien le problème. Car aujourd’hui, qui est légitime pour représenter ce mouvement protéiforme aux revendications hétéroclites ? Ce fiasco à Matignon augure mal de la « grande consultation » voulue par Emmanuel Macron pour trouver des solutions pratiques afin de sortir de la crise. Car pour cela, il va falloir trouver des interlocuteurs. Et si les Gilets jaunes veulent durer, ils vont devoir s’organiser et se structurer un minimum. Avec des interlocuteurs sérieux, qu’eux-mêmes puissent trouver représentatifs et légitimes. C’est un préalable pour entamer le dialogue. Le Parisien
Présent à Matignon, le gilet jaune Jason Herbert dénonce "des pressions de la part d'autres gilets jaunes" pic.twitter.com/MA3L5bt6jH
— BFMTV (@BFMTV) 30 novembre 2018
Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance - Le Monde
La presse nippone évoque de nouvelles charges contre l’ex-président de Nissan.
Carlos Ghosn va-t-il passer dix jours de plus en garde à vue ? Dépendant du parquet de Tokyo, la décision est attendue vendredi 30 novembre. Arrêté le 19, le désormais ex-président du constructeur japonais Nissan est soupçonné d’avoir validé des rapports annuels remis aux autorités financières entre 2011 et 2015, sachant qu’ils comportaient des informations minorées de 8 milliards de yens (62 millions d’euros) sur ses revenus.
Selon la loi nippone, la garde à vue initiale de soixante-douze heures peut être prolongée de dix jours à deux reprises. Le suspect peut donc rester vingt-trois jours en détention. Traditionnellement, le parquet maintient en prison les étrangers pour éviter qu’ils ne quittent le Japon ou ne contactent d’éventuels complices.
Carlos Ghosn n’a toujours pas été mis en examen, de quoi suggérer un manque d’éléments probants pour l’accusation. L’ex-dirigeant de Nissan a nié les accusations portées contre lui, expliquant avoir voulu reporter le paiement de la moitié de sa rémunération au moment de son départ à la retraite, vraisemblablement selon le système du taishokukin, l’enveloppe versée par l’entreprise au nouveau retraité.
Un système fondé sur la présomption de culpabilité
Greg Kelly, son conseiller lui aussi arrêté le 19 novembre et soumis au même régime que M. Ghosn, aurait de son côté insisté sur la légalité des opérations évoquées par l’accusation.
Dans le même temps, le flot d’informations et de rumeurs continue de s’écouler dans la presse japonaise. Le 28 novembre, elle évoquait un montant des rémunérations des dirigeants de Nissan, y compris Carlos Ghosn, supérieur en 2017 à la limite fixée par les actionnaires. M. Ghosn aurait également obtenu en 2008 le remboursement par Nissan d’une perte de 1,7 milliard de yens, réalisée au travers de ses placements personnels, une accusation démentie par son avocat.
LE SUSPECT PEUT RESTER VINGT-TROIS JOURS EN DÉTENTION, MAIS LA GARDE À VUE PEUT ÊTRE PROLONGÉE POUR LA MÊME DURÉE SI LE PARQUET AJOUTE DE NOUVELLES CHARGES AU DOSSIER, EN L’OCCURRENCE CELLES D’ABUS DE BIENS SOCIAUX OU DE DÉTOURNEMENT DE FONDS.
A l’inverse, rapporte l’agence Reuters, le cabinet d’audit du constructeur, Ernst & Young ShinNihon, aurait interrogé Nissan, en 2013 notamment, sur l’achat par l’intermédiaire de Zi-A Capital, une société créée à Amsterdam, de résidences de luxe à l’étranger utilisées par M. Ghosn. Nissan aurait à l’époque répondu que tout était légal.
Dans ce contexte, le parquet n’exclurait pas d’ajouter de nouvelles charges au dossier de M. Ghosn, en l’occurrence celles d’abus de biens sociaux ou de détournement de fonds. L’accusé pourrait devoir subir vingt-trois jours de détention supplémentaires, selon le controversé système baptisé « justice de l’otage », qui permet aux procureurs de maintenir un suspect sans jugement en prison pendant des mois. Pour le célèbre avocat pénaliste Makoto Endo, ce système s’appuie sur la présomption de « culpabilité jusqu’à la preuve de culpabilité ».
M. Ghosn risque donc de rester détenu dans le massif centre de détention de Kosuge, bâti dans les années 1990 dans l’arrondissement de Katsushika, dans le nord-est de Tokyo. Cette prison comptait au 1er juin 3 000 détenus, dont 223 étrangers de trente nationalités. Elle abrite l’une des sept salles d’exécution capitale du Japon. C’est là que fut pendu, en juillet, Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum Shinrikyo ayant mené l’attaque au gaz sarin de 1995.
La cellule aux murs beiges de M. Ghosn fait trois tatamis, soit environ 5 m². Elle est équipée d’un lavabo et de toilettes. La porte est ajourée avec des panneaux de verre renforcé. Trois repas sont servis quotidiennement. Le détenu a le droit de faire de l’exercice au maximum trente minutes par jour dans un espace de 10 m² et peut prendre un bain deux fois par semaine. Il doit assurer l’entretien de sa cellule.
Les contacts avec la famille seraient interdits
Pour l’instant, l’ex-patron franco-libano-brésilien serait en forme. Telle est l’impression laissée à Nidal Yahia, l’ambassadeur du Liban au Japon, qui lui a rendu visite le 28 novembre au titre de la protection consulaire et affirme même qu’« il est totalement innocent ». L’ambassadeur de France, Laurent Pic, et le consul général du Brésil dans l’Archipel, Joao de Mendonca Lima Neto, ont aussi fait le déplacement. Les contacts de M. Ghosn avec sa famille seraient interdits pour éviter des fuites.
Menés en anglais à la prison par deux procureurs, les interrogatoires de M. Ghosn durent huit heures et, d’après la chaîne NHK, sont enregistrés. Les avocats n’y assistent pas car cette phase de la procédure n’est pas considérée comme faisant partie du débat contradictoire. Elle est également essentielle au système japonais, fondé sur l’aveu.
Pour sa défense, M. Ghosn a fait appel aux services du cabinet américain Paul, Weiss, Rifkind, Wharton & Garrison LLP, qui représente des grandes entreprises aux Etats-Unis. Il a également sollicité le Japonais Motonari Otsuru, aujourd’hui avocat et qui dirigeait autrefois le bureau d’enquêtes spéciales du parquet de Tokyo, service en charge de l’enquête le concernant.
Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde
Après l’annulation de plusieurs rencontres, le G20 argentin du président américain devrait se résumer à l’entretien prévu samedi avec son homologue chinois, Xi Jinping.
Donald Trump ne goûte guère les sommets multilatéraux où les Etats-Unis se retrouvent désormais régulièrement isolés sur les questions liées à l’environnement ou au libre-échange. L’hôte argentin du G20 organisé en Argentine, le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre, le président Mauricio Macri, a d’ailleurs pesé de tout son poids dans les réunions préparatoires pour écarter toute formulation susceptible de provoquer l’ire de son homologue américain avec lequel il est en bons termes. Une énergie qui n’a pas trompé Emmanuel Macron, le président français. Ce dernier a assuré qu’« autour de la table du G20, les doutes sont là, les formes d’agressivité ressortent, les fractures réapparaissent ».
Après avoir torpillé le sommet du G7 en juin en retirant son pays du communiqué final, puis boudé les sommets annuels en Asie, en octobre, délégués au vice-président Mike Pence, le président des Etats-Unis s’était préparé un solide programme de rencontres bilatérales en marge de la grand-messe de Buenos Aires.
Une nouvelle occasion manquée avec Vladimir Poutine
Mais ce programme a pourtant été immédiatement écorné par sa décision, jeudi 29 novembre, d’annuler ex abrupto la rencontre prévue avec son homologue russe Vladimir Poutine, samedi. Interrogé alors qu’il quittait la Maison Blanche pour se rendre à Buenos Aires, Donald Trump avait pourtant confirmé ce rendez-vous en milieu de matinée. « Je crois que c’est un très bon moment pour l’avoir », avait-il dit, tout en ajoutant qu’il allait se faire une idée des dernières tensions en date entre la Russie et l’Ukraine survenues dans le détroit de Kerch au cours du voyage vers Buenos Aires.
Quelques heures plus tard, alors que l’Air Force One avait déjà quitté le sol américain, le président des Etats-Unis a pris Moscou de court en changeant d’avis. Sur son compte Twitter, Donald Trump a mis en avant le fait que les trois navires militaires ukrainiens saisis par la force par la Russie, et leurs équipages, au cours de ces incidents, n’avaient pas été rendus, ni libérés, pour justifier une décision jugée préférable « pour toutes les parties concernées ». Le conseiller de presse de Vladimir Poutine a assuré avoir découvert ce revirement sur le réseau social préféré de Donald Trump.
Une nouvelle occasion manquée pour les deux hommes. En juillet, la Maison Blanche avait en effet renvoyé à l’année 2019 une visite à Washington du président russe annoncée pour l’automne, arguant de l’enquête en cours consacrée aux interférences prêtées à la Russie par le renseignement américain pendant la présidentielle de 2016, et que Moscou nie. Elle avait ensuite écarté la perspective d’une rencontre à l’occasion des commémorations liées au centenaire de la fin de la Première guerre mondiale à Paris, le 11 novembre.
La nouvelle relation espérée par Donald Trump avec Vladimir Poutine tarde décidément à se concrétiser, du fait d’une longue liste de contentieux. L’Ukraine y figure en bonne place, mais s’y ajoutent également des différends sur la Syrie, l’Iran ou encore le contrôle des armes après la décision américaine de se retirer du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) signé avec la Russie, en mettant en cause le comportement jugé déloyal de Moscou.
De nombreux contentieux avec la Turquie
L’annulation de jeudi a enfin coïncidé avec le revirement d’un ancien conseil de Donald Trump, Michael Cohen. Ce dernier a assuré, contrairement aux premières déclarations devant la commission du renseignement du Sénat, que le magnat de l’immobilier avait tenté sans succès de mener à bien un projet ambitieux en Russie alors qu’il était déjà le candidat du Parti républicain pour la présidentielle de 2016.
Vladimir Poutine n’a pas été la seule victime des réajustements de l’agenda du président des Etats-Unis. Deux rencontres bilatérales avec Moon Jae-in, son homologue de Corée du Sud, et avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont également été rétrogradées à de simples apartés, sans qu’aucune explication ne soit donnée par la Maison Blanche. Séoul n’a pu qu’être froissé par ce changement de dernière minute alors que le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a conservé cette faveur, tout comme la chancelière allemande, Angela Merkel, dont l’avion a cependant été victime d’un problème mécanique qui a retardé son arrivée en Argentine.
En dépit de l’amélioration des relations entre Washington et Ankara facilitée par la libération en octobre d’un pasteur américain, Andrew Bruson, accusé de complot en Turquie, les contentieux restent également nombreux avec cet allié majeur de l’OTAN. Ils concernent les demandes d’extradition restées sans réponse d’Ankara visant le prédicateur islamiste Fethullah Gülen qui réside en Pennsylvanie, le soutien apporté par Washington à une milice kurde engagée dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie ou encore les poursuites pour fraude engagées par les autorités américaines contre la banque turque Halkbank.
Une rencontre maintenue avec Xi Jinging
Dans les couloirs du G20, Donald Trump devra également trouver le bon équilibre dans ses interactions avec le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, invité à titre d’observateur. La Maison Blanche a fait savoir mardi qu’aucune rencontre bilatérale n’était prévue à ce stade, sans exclure pour autant la possibilité d’un bref entretien.
Un sujet périlleux. Car Donald Trump a essuyé un véritable désaveu au Sénat sur le dossier saoudien, mercredi. Une nette majorité de démocrates et de républicains (63 voix contre 37) s’est prononcée en faveur d’un examen en séance plénière d’un projet de résolution visant à couper l’aide militaire américaine dont bénéficie l’Arabie saoudite dans la guerre qu’elle conduit au Yémen.
L’affaire Jamal Khashoggi, et le soutien sans nuances apporté par Donald Trump au prince héritier ont fait se raviser un nombre significatif d’élus républicains. Le prince est en effet considéré par le renseignement américain, selon la presse, comme l’instigateur de la disparition du dissident au consulat saoudien à Istanbul, en Turquie. Le président a mis en avant jusqu’à présent des contrats d’armement et l’ancienneté de l’alliance avec Riyad pour se justifier.
Pour Donald Trump, le G20 argentin devait donc se résumer en bonne partie à l’entretien prévu samedi avec son homologue chinois, Xi Jinping, alors que les deux pays sont en proie à une guerre commerciale alimentée par les hausses de taxes d’importation imposées par le président des Etats-Unis. Les perspectives d’un règlement de cette crise semblaient cependant minces compte tenu des menaces de taxes supplémentaires agitées par Donald Trump. Ce dernier n’entend pas reculer tant que Pékin refusera de répondre aux demandes américaines concernant le respect de la protection de la propriété intellectuelle, l’ouverture de son marché, ou encore les transferts forcés de technologie pour les entreprises étrangères installées en Chine. Des demandes cependant jugées exorbitantes ou injustifiées par la Chine.
Le Jeu de Paume rend un bel hommage à la célèbre photographe américaine Dorothea Lange, décédée en 1966, à travers une exposition sensible explorant son travail. Articulée en 5 ensembles distincts, l'exposition met en lumière la force si poignante qui émane de ses photographies, pensées comme un véritable documentaire sur papier glacé. Au total, une centaine de clichés datant de 1933 à 1957 qui raconte une époque et une femme, passionnée de terrain où elle rencontre les acteurs de ses histoires en noir et blanc, qu'elle enrichit de commentaires réalistes et essentiels. Certaines de ses photographies sont entrées dans l'histoire,White Angel Breadline (1933) et Migrant Mother (1936) en tête de liste, témoins de l'entre-deux guerres aux États-Unis. Cette exposition célèbre avec pudeur et émotion la femme derrière l'objectif, humaniste et courageuse. Une femme en avance sur son temps qu'elle a réussi à capter à travers ses photographies bouleversantes.
Dorothea Lange - Politiques du visible, jusqu'au 27 janvier 2019, Jeu de Paume, 1 Place de la Concorde, 75008 Paris