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Jours tranquilles à Paris

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29 juillet 2018

SCÈNES DE MODE - dernier jour aujourd'hui à la Cité de la Mode et du Design

SCÈNES DE MODE : Du Jeudi 21 juin au Dimanche 29 juillet 2018. Studio et Galerie d'Actualité - Cité de la Mode et du Design 34 quai d'Austerlitz 75013 Paris. Ouvert tous les jours de 12h à 18h, sauf les mardis et jours fériés. Entrée libre et gratuite.

Correspondances visuelles entre couturiers, de 1890 à aujourd'hui

L’enjeu d’une exposition de mode aujourd’hui est d’arriver à faire ressentir au public que, contrairement à certaines idées reçues, elle n’est pas condamnée à se répéter et que montrer son passé sert aussi à distinguer et apprécier ce qu’il y a de nouveau dans son présent. L’exposition SCÈNES DE MODE propose de révéler de manière ludique comment des vêtements et objets d’époques différentes se font écho à travers une forme ou un détail commun, et de créer des correspondances visuelles dans un parcours ponctué de duos et trios. Ainsi, une cinquantaine de pièces réunissant couturiers du patrimoine, couturiers contemporains et objets éclectiques permettent de voir une coupe de vêtement spécifique resurgir plus au moins secrètement au l du temps, de ressentir une émotion née de la résonance entre vêtement et objet, voire de leur confrontation.

Dans ce jeu de comparaisons poétiques ou drôles, se découvrent des pièces exceptionnelles signées Cristobal Balenciaga, Jeanne Lanvin, Azzedine Alaïa, Raf Simons et bien d’autres. Cette première exposition est pour Quentin Blaise-Nicolas le point de départ d’une démarche globale visant à proposer de nouvelles façons de montrer, d’expliquer et de commenter la mode par le biais de textes ou d’expositions aux formes plurielles.

Du Jeudi 21 juin au Dimanche 29 juillet 2018. Studio et Galerie d'Actualité - Cité de la Mode et du Design 34 quai d'Austerlitz 75013 Paris. Ouvert tous les jours de 12h à 18h, sauf les mardis et jours fériés. Entrée libre et gratuite.

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Reportage photographique : J. Snap

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29 juillet 2018

JOHNNY, L'EXPO QUI RALLUME LE FEU

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Par Emmanuèle Peyret – Libération

Une exposition de plus de 180 photos de l'idole des jeunes et d'objets lui ayant appartenu s'est ouverte dans le Marais à Paris. On s'y précipite.

Mais c’est le paradis, cette galerie Joseph so arty, dans la rue de Turenne: il est partout, sur deux étages, avec son regard laser qui te suit comme s’il était vraiment là. Il, c’est évidemment feu Johnny, disparu trop tôt le 6 décembre (il aurait eu 75 ans le 15 juin) et à qui deux proches ont décidé de rendre ce bel hommage. Ghislaine Rayer – son ancienne assureure, qui l’a sauvé de pas mal d’emmerdes après 1989 quand Nathalie Baye l’a quitté – et Patrice Gaulupeau – son cameraman pendant quinze ans et ami de trente ans, qui a sorti en 2017 le magnifique opus biographique le Regard des autres (1) – ont collecté pendant près d’un an 180 photos des plus grands noms (Raymond Depardon, Patrick Demarchelier, Bettina Rheims, André Rau, Sylvie Lancrenon, Alberto Korda, Claude Gassian, Renaud Corlouër, le Studio Harcourt, et bien sûr celles des deux photographes historiques de l’idole, Jean-Marie Périer et Tony Frank). Dont une bonne trentaine d’inédits, «comme celle que vous avez là sur le chevalet, son premier 45 tour primé, allez vite voir» sourit le commissaire Gaulupeau.

Des origines à 2007

«Cette photo-là n’a jamais été vue non plus» : Johnny est debout, jeune et splendide devant l’Arc de triomphe, nippé comme Bébel dans Pierrot le fou. «Avec des contacts depuis trente ans au cœur de son staff, explique Gaulupeau, c’est plus simple de rassembler du matériel, et d’avoir l’accord des photographes.» Du coup, c’est un festival, de 1925 avec une magnifique photo de Léon, son père qui ne l’a jamais été, avec la grand-mère Marie, les cousines, jusqu’en 2007. Après, rideau. Ghislaine Rayer, co-commissaire : «On ne voulait pas le montrer affaibli et vieillissant, ou malade. Il était félin, solaire, intense, d’un magnétisme fou, d’un charisme éblouissant, que les photos ne rendent pas tellement, même quand elles sont sublimes.» On parle la même langue tout à fait objective sur la personne, c’est parfait. «On a voulu montrer tout ce que cette icône avait fait d’extraordinaire, et beaucoup de gens découvrent des choses qu’ils ne connaissaient pas sur lui, comme des jeunes qui ne l’ont vu que vieux et ne savent pas comme il était flamboyant, d’une personnalité intense.» On ronronne d’aise. Et on refait un tour pour revoir ce photomaton superbe de 1949, ce cliché en 1959 où il est accoudé, déjà bouleversant de tristesse, sur un des murets (un cœur est gravé dessus) de l’église de la Trinité, son quartier de jeunesse, les copains en 1956 en Allemagne, ou encore avec son chien Doudou (oui, bon, il aurait pu trouver mieux). En 1943 dans les bras de sa mère. Les clichés de 1957 où on sent venir les figures de style (je me roule par terre, je tiens ma guitare comme ça, etc.), qui vont devenir mythiques. Avec Eddy, resplendissants de jeunesse. Avec Marlene Dietrich, Dalí, Yves Saint Laurent, ou encore au service militaire, qui nous vaudra l’exquise «Je suis un soldaaaaaaaaaaaaat, comme d’autres là-baaaaaaaas».

Frère de cœur et dames émues

Un clone de Johnny erre dans l’expo, l’air désespéré au point qu’on n’ose pas l’aborder, mêmes tatouages et coiffure que son frère de cœur, photographiant tout systématiquement. Déchirant. Au fond sur les murs, Johnny qui clope (deux dames : «ah la la le pauvre, il fumait beaucoup, ça l’a tué, hein»), un extrait d’article où il déclare «Je suis un personnage tragique», en 1985, époque Tennessee où il est à l’apothéose de sa sublimitude. Et Johnny à la plage, dans sa Cadillac (chanson culte) en 2012, l’air désespérément triste à New York devant un café. Etc., etc. Il y en a 180, on te dit, mais on ne t’a pas tout dit.

Dans la vitrine, d’improbables tenues à fleurs nous regardent, qui rappellent vaguement celles d’Elvis. Bingo : créés à l’origine pour le King par le designer Nudie Cohn, ces trois costumes ne seront jamais portés par Elvis, mort d’une crise cardiaque en août 1977. Johnny les a achetés chez Nudie à Los Angeles. Retouchés à ses mensurations, il les portera pour un show télé au Japon puis pour une émission de Maritie et Gilbert Carpentier. On a aussi le costume de l’entrée en scène du Parc des Princes 2003, créé par Jean-Paul Gaultier (on y était, c’était ses 60 ans), le smoking blanc à notes de musique brodées de Christian Dior (1976), des tenues de scène de l’Olympia 1964, de Bercy 1987, du concert de Vegas en 1996 et le blouson qu’il porte sur la photo du double album de 2003, A la vie, à la mort, noir avec des petites bandes blanches. Le tout appartenant à un collectionneur privé.

Harley, Triumph, guitares

Et cette moto d’un bleu laser si particulier? C’est la Laura Eyes, «fabriquée spécialement à partir de la couleur des yeux de Johnny et de sa fille», souligne Patrice Gaulupeau. Une Harley Davidson qui servit de monture à Johnny pour une des entrées en scène des concerts du Stade de France en 1998 (oui, on y était). Des voitures aussi, il en était fou, une belle petite Triumph dont on caresse (en douce) le volant, mais c’est moins émouvant que ce petit mot écrit à la main où il demande à «Sacha» d’aller lui acheter le Journal du dimanche ou Télé 7 jours, signé «Johnny». Des blousons aussi, sa voix évidemment puisque des postes de télévision retransmettent (pas assez fort) des concerts, et voilà qu’on se met à chanter tout haut devant les cinq guitares rassemblées ici et là par Patrice Gaulupeau, et entre autres chez son ancien secrétaire, Sacha Rhoul (le voilà, le Sacha du petit mot) : la mythique guitare créée par le célèbre luthier Jacobacci pour les concerts de «L’ange aux yeux de laser» du Pavillon de Paris en 1979. Autre guitare fameuse, la «100%», créée pour fêter le succès de l’album Sang pour Sang avec David, une toute rouge dont l’idole n’a pas joué souvent.

On voit aussi des affiches de cinéma qui rappellent sa carrière d’acteur, dont le formidable l’Homme du train avec Jean Rochefort, Jean-Philippe avec Fabrice Luchini, le très regrettable Terminus où il roule avec les cheveux teints en quasi blanc dans un très très gros camion, etc. Pas de mention du navet psyché les Poneyttes où il lui manque une dent, c’est dommage.

Deux étages comme ça. A la fin, on est un peu sonnée. Et oui, Patrice Gaulupeau, on va aller vérifier sur les murets de la Trinité si le petit cœur entre ses mains est toujours gravé dans la pierre. Comme lui dans nos cœurs ? Non, je vais pas le dire.

(1) Editions Michel Lafon, 2017

Galerie Joseph

116, rue de Turenne – 3e

Du 11 juillet au 23 septembre 2018 puis du 9 octobre au 13 janvier 2019

Ouvert tous les jours de 10h à 20h 

Nocturne jusqu’à 22h les jeudis, vendredis et samedis

Entrée sur réservation : 12€

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28 juillet 2018

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Extrait d'un shooting - fétichisme / jeux de rôles

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28 juillet 2018

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28 juillet 2018

Benalla: Une nouvelle vidéo révélée

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Libération révèle une nouvelle vidéo dans laquelle Benalla et Crase participent à une arrestation violente de manifestants.

LEXPRESS.fr28/07/2018 à 10:12

 Alexandre Benalla et Vincent Crase sont tous les deux présents dans une nouvelle vidéo impliquant des violences contre des manifestants le 1er mai.

Trois heures avant les événements de la Contrescarpe, Alexandre Benalla, Vincent Crase (tous deux observateurs) et Philippe Mizerski (Major de police chargé de les encadrer) se trouvaient au jardin des plantes (Vème arrondissement de Paris). Dans une nouvelle vidéo publiée par Libération, accompagnée de témoignages, on voit les deux observateurs intervenir, violemment selon les personnes présentes ce jour-là.

Deux nouvelles plaintes de personnes présentes auraient été déposées contre X jeudi au parquet de Paris, pour: "violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique en réunion", "usurpation de signes réservés à l'autorité publique aggravé par le fait qu'ils facilitent la commission d'un délit", "usurpation de fonctions", "atteinte à la liberté", "dégradation de biens", et "introduction frauduleuse dans un système de traitement de données". Ces plaintes cibleraient Vincent Crase, Alexandre Benalla et Philippe Mizerski.

L'extrait de la scène du Jardin des plantes ne dure que 35 secondes, mais les journalistes du quotidien ont eu accès à la vidéo complète de six minutes. Les manifestants témoignant sont trois, dont une jeune fille, qui a filmé la scène avec son téléphone. Quand l'extrait de la vidéo commence, ils sont sur un petit chemin dans le parc, selon un des trois ils essayent de "partir à l'opposé de la manifestation" qui dégénère. Des policiers leur auraient apparemment indiqué de passer par là.

"Éteins ! Éteins !"

Ils tombent alors face à Alexandre Benalla, Vincent Crase et le major Mizerski. Sur la vidéo,Vincent Crase arbore un brassard "police" et ordonne au petit groupe de passer par un autre chemin. Les manifestants expliquent qu'on vient de leur donner une autre indication, et la situation dégénère. La jeune fille en train de filmer explique s'être "fait plaquer contre l'arbre le plus proche avec le téléphone dans la main", elle se souvient avoir entendu "Éteins ! Éteins !", et pense qu'on lui demandait d'arrêter de filmer. Son téléphone lui est d'ailleurs confisqué, sous peine de se voir arrêtée, et des vidéos et images en sont effacées. Le clip de six minutes fournit à Libération a été récupéré grâce à un logiciel dédié sur sa carte mémoire.

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La manifestante, qui se dit encore très choquée par cet événement, raconte qu'elle a vu une personne, surement un manifestant, saignant et se plaindre d'avoir mal à côté d'elle. On lui a demandé de regarder ailleurs. Elle se rend compte dans le même temps qu'un de ses camarades a été arrêté. Il passera quarante-huit heures en garde à vue pour "violences contre personnes dépositaires de l'autorité publique avec arme" et sera relâché sans poursuites judiciaires.

"Pas autorité pour intervenir d'une quelconque manière"

Les observateurs (donc pas des forces de l'ordre) auraient, selon les souvenirs de témoins, menacé d'arrêter des manifestants, alors qu'ils n'en avaient légalement pas le pouvoir. L'avocate du manifestant qui a été placé en garde à vue déclare dans Libération que son client "attend que la lumière soit faite sur le rôle joué par ceux, désormais bien connus, qui n'avaient manifestement pas autorité pour intervenir d'une quelconque manière dans son arrestation". Dans le témoignage fournit à Libération, les manifestants affirment avoir dénoncé à haute voix les abus qu'ils subissaient au moment des événements. 

Dans le cadre des violences du 1er mai, Alexandre Benalla a été mis en examen dimanche 22 juillet pour "violences volontaires", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel". Vincent Crase a, lui, été mis en examen pour "violences volontaires", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "port prohibé d'une arme de catégorie B".

28 juillet 2018

Presqu'île de Quiberon - le tire-bouchon - Isthme de Penthièvre

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Miss Tic

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28 juillet 2018

HELP !

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28 juillet 2018

Du Cercle polaire au Sahara, du Japon à la Californie : la planète en surchauffe

Par Rémi Barroux, Julien Bouissou, New Delhi, correspondance, Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance, Olivier Truc, Stockholm, correspondance - Le Monde

Incendies, sécheresse, précipitations diluviennes et inondations dévastent une planète marquée par le réchauffement climatique, du en partie aux activités anthropiques.

Plus de 30 °C dans le cercle polaire et plus de 40 °C en Californie, 40 °C à Tokyo, 36,6 °C à Montréal, la planète est en surchauffe. Des records absolus sont partout battus comme dans le cercle polaire, à Kvikkjokk en Suède avec 32,5 °C le 17 juillet ou dans le Sahara algérien, avec 51,3 °C à Ouargla, le 5 juillet. Dans la Vallée de la Mort, en Californie, le record mondial absolu de chaleur de 54 °C atteint en juin 2013 à Furnace Creek a été approché, dans cette même localité, de 1,1 °C le 24 juillet.

L’année 2018 montera-t-elle sur le podium des années les plus chaudes depuis le début des relevés en 1880 ? Pour l’instant, selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), y figurent 2016, 2015 puis 2017. D’ores et déjà, le mois de juin fut le deuxième le plus chaud jamais enregistré, selon le service Copernicus de surveillance des changements climatiques du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT).

« Outre les températures exceptionnellement élevées relevées dans une grande partie du nord la Sibérie en juin, elles étaient également nettement supérieure dans la majeure partie des Etats Unis, dans le centre du Canada, en Afrique du Nord, au Moyen Orient et dans le nord de la Chine », explique l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

« Ce n’est pas une surprise »

« 2018 s’annonce comme l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, avec des températures record dans de nombreux pays. Ce n’est pas une surprise », a commenté la secrétaire générale adjointe de l’OMM Elena Manaenkova.

Ces canicules sont « cohérentes avec les effets attendus du changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas un scénario futur. Ça se produit maintenant », a-t-elle insisté. Sur 131 études publiées de 2011 à 2016 dans le Bulletin of the American Meteorological Society, « 65 % ont permis de déterminer que la probabilité d’occurrence de ces phénomènes dépendait fortement des activités anthropiques », rapporte l’OMM.

Les conséquences de ces températures extrêmes et de ces périodes caniculaires qui durent plusieurs jours, se comptent certes en centaines de vies humaines, mais aussi en incendies – comme en Grèce, en Suède ou encore en Sibérie et en Lettonie –, ainsi qu’en sécheresse, pertes de récolte, notamment en céréales et en foin, et en problèmes d’approvisionnement en eau. Ainsi, en Irlande, l’ensemble des stations météo du pays font état d’une sécheresse absolue, tandis que le Royaume-Uni a connu sa première moitié d’été la plus sèche depuis le début des relevés, avec 47 mm de pluie du 1er juin au 16 juillet, selon l’OMM.

France

La France suffoque. Dix-huit départements étaient toujours placés en vigilance orange canicule vendredi 27 juillet. Le week-end devrait offrir un court répit avant une deuxième vague de fortes chaleurs la semaine prochaine. Cet épisode caniculaire s’accompagne d’un pic de pollution à l’ozone dans plusieurs régions dont l’Ile-de-France. A Paris, le thermomètre devait monter jusqu’à 37 °C vendredi. Les 40,4 °C du 28 juillet 1947 tiennent toujours mais d’autres records sont battus dans la capitale. A la fin du mois, on dénombrera 59 jours au-dessus de 25 °C depuis le début de l’année : une première depuis la mise en place des relevés, en 1873, indique Météo-France. Cette poussée de chaleur est non seulement durable mais aussi précoce. Avec 17,5 °C de moyenne sur le deuxième trimestre (avril-mai-juin), Paris n’avait jamais connu un printemps aussi chaud.

Belgique

Jeudi 26 juillet, jusqu’à 36 °C étaient attendus à Bruxelles. Ce même jour, le pays est entré « officiellement » en période de canicule, soit des températures dépassant les 25 °C durant cinq jours consécutifs, avec au moins trois jours durant lesquels une température d’au moins 30 °C a été relevée. Et pour vendredi, l’Institut royal météorologique (IRM) annonce des températures atteignant 36 °C et 37 °C dans le centre.

D’après les prévisionnistes, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines semaines. L’indice de sécheresse enregistré en 1976, l’été de tous les records, devrait même être égalé début août pour la même période. Toutefois, pour le chef du département prévisions de l’IRM David Dehenauw, la situation n’est pas encore aussi critique que cette année-là. Il met en avant deux différences principales : en 1976, les précipitations étaient encore plus limitées qu’aujourd’hui pour la période mi-juin/mi-juillet (3 mm, contre 19 mm cette année). Et la sécheresse concernait à l’époque tout le pays, alors que cette année, elle concerne principalement l’Ouest et le Nord-Ouest (la Flandre, principalement).

Par ailleurs, la température de la Mer du Nord a atteint 22,9 °C, indique jeudi l’Institut flamand pour la mer (Vlaams Instituut voor de Zee, VLIZ), qui la relève depuis 2000 au large de la côte belge. Il s’agit de la température la plus élevée depuis le début des mesures. Le précédent record de 22,1 °C datait de 2006.

Europe du Nord

Dans l’extrême nord de la Scandinavie, en Laponie norvégienne, se succèdent ciels sombres qui lâchent des pluies violentes et grosses chaleurs à plus de 30 °C au point que l’on y parle de nuits tropicales.

Le Danemark connaît une chaleur également inhabituelle et durable tandis que le territoire danois qu’est le Groenland connaît à l’inverse un été froid et humide, les deux phénomènes étant liés puisque l’anticyclone qui s’est stabilisé sur l’Europe du Nord depuis début mai fait face à la dépression qui s’est fixée au-dessus du Groenland.

En Finlande, les hausses de température par rapport aux normes saisonnières sont de l’ordre de 2 °C à 4 °C dans le centre du pays, de 4 °C à 6 °C en Laponie, qui devrait connaître son été le plus chaud depuis que les températures sont mesurées. Les autorités ont annoncé les récoltes les plus mauvaises depuis vingt ans.

La Suède reste frappée par une vague d’incendies sans précédent avec, comme ailleurs en Scandinavie, une sécheresse installée depuis début mai. Jeudi, le premier ministre suédois Stefan Löfven a annoncé avoir demandé l’aide de l’OTAN pour les opérations d’extinction. En fin de semaine, plus d’une vingtaine de foyers d’incendies était toujours actifs dans toute la Suède, couvrant quelque 20 000 hectares. Les autorités ont néanmoins annoncé jeudi matin que les principaux feux étaient enfin sous contrôle.

Japon

La canicule qui sévit au Japon depuis le début du mois de juillet a causé la mort de 80 personnes, et en a conduit à l’hôpital 35 000 autres selon les données officielles. Elle s’est notamment traduite par des températures inédites, par exemple dans la ville de Kumagaya, au nord de Tokyo, où le record national a été battu avec 41,1 °C, le 23 juillet.

Cette chaleur humide fait suite à un épisode de cumuls de précipitations record, observés entre le 28 juin et le 8 juillet, entraînant des inondations et des glissements de terrain. Deux cents personnes ont péri et quelque 10 000 foyers ont été détruits ou inondés, selon les chiffres officiels du gouvernement japonais.

Inde-Pakistan

Depuis le début de l’année, un nombre anormalement élevé de tempêtes de sable a balayé le sous-continent Indien. Le Centre pour la science et l’environnement (CSE), basé à New Delhi, en a enregistré plus d’une cinquantaine en Inde, provoquant au moins 500 morts. Il en avait comptabilisé vingt-deux entre 2003 et 2017, et seulement neuf entre 1980 et 2003.

A Delhi, le trafic aérien a été interrompu et les chantiers de construction suspendus. Assiégée par des vents chargés de sable et de poussière, la capitale Indienne a enregistré des pics de pollutions, plutôt rares en cette saison, avec une concentration des particules fines PM10 qui a atteint 1 300 microgrammes (µg) par mètre cube, bien au-delà du plafond admissible de 50 µg fixé par l’Organisation mondiale de la santé.

Les scientifiques pointent du doigt la désertification causée par la déforestation, et la conjonction d’une hausse de la température de surface avec l’humidité transportée par les vents d’ouest. Ce dérèglement climatique serait favorisé par le réchauffement. En avril, un record de température de 50,2 °C a été atteint à Nawabshah, une ville du sud du Pakistan. Selon une étude publiée en juin par la Banque Mondiale, entre 375 millions et 800 millions d’habitants du sous-continent risquent d’être affectés par la hausse des températures.

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