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Jours tranquilles à Paris

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26 juin 2018

Première rencontre entre Emmanuel Macron et le pape François

rencontre pape

Source : CNews

Par Virginie Malingre, Cécile Chambraud - Le Monde

Le président de la République se rend au Vatican pour la première fois, aujourd'hui. L’accueil des migrants et la situation des chrétiens d’Orient devraient être au centre des discussions privées.

Emmanuel Macron ? « Je ne sais vraiment pas d’où il vient. » Interrogé lors d’une conférence de presse le 29 avril 2017, le pape François avait ainsi justifié le fait de ne pas être en mesure d’éclairer le choix des électeurs catholiques avant le second tour de l’élection présidentielle française, qui opposait la candidate du Front national Marine Le Pen à l’ancien ministre de l’économie de François Hollande. « Je ne comprends pas la politique intérieure française », s’était encore excusé le pontife argentin. Mardi 26 juin, le chef de l’Eglise catholique aura enfin l’occasion de faire la connaissance de ce politique de fraîche date, le chef de l’Etat devant lui rendre ce jour-là la première visite de son quinquennat.

Depuis son élection, l’Eglise catholique en France aura eu le temps de faire remonter au Saint-Siège des informations sur son hôte, qui se présente comme agnostique mais avait demandé le baptême à l’âge de 12 ans. Sa vision de la place des religions dans le débat public, telle qu’elle ressort des discours prononcés depuis un an devant les représentants des différents cultes, aura sans doute rassuré un pape qui, par le passé, a fait une « petite critique » à la France, celle « d’exagérer la laïcité », comme il l’avait dit dans un entretien au quotidien La Croix, le 17 mai 2016.

Les catholiques ont apprécié l’allocution prononcée par le président de la République le 9 avril au Collège des bernardins, à l’invitation de la Conférence des évêques de France (CEF).

« Nous avons entendu la main tendue du président de la République aux catholiques, résume Olivier Ribadeau Dumas, le secrétaire général de la CEF. Dans son discours, il y avait la reconnaissance de la place du catholicisme dans notre pays comme une évidence historique et l’affirmation que les catholiques ont un rôle à jouer dans la cohésion sociale. »

Il n’y a pas d’ordre du jour à proprement parler à cet entretien privé, prévu pour durer une demi-heure. Mais sur plusieurs sujets, les deux hommes peuvent avoir des intérêts convergents. La réaction décidée d’Emmanuel Macron après la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le 1er juin 2017, avait été appréciée par le premier pape à avoir rédigé une encyclique sur l’écologie, Laudato si’, publiée en juin 2015. Les deux hommes s’étaient parlé par téléphone le lendemain de l’annonce du président américain.

Protection du patrimoine des minorités

La grande préoccupation de Rome sur le sort des chrétiens d’Orient conduit aussi le Saint-Siège à rechercher le soutien des diplomaties actives dans la région. Le président français fera d’ailleurs coïncider sa visite au Vatican avec l’annonce d’une mission confiée à Charles Personnaz, haut fonctionnaire impliqué dans l’Œuvre d’Orient, l’association de l’Eglise catholique consacrée à l’aide aux chrétiens d’Orient. M. Personnaz sera chargé de proposer une stratégie pour renforcer l’action de la France dans les domaines de la protection du patrimoine des minorités du Moyen-Orient et du soutien au réseau éducatif des communautés chrétiennes de la région, qui scolarisent en français près de 400 000 élèves.

D’autres sujets sont davantage facteurs de tensions entre le Vatican et Paris. Trois semaines après le refus du gouvernement italien d’autoriser les réfugiés de l’Aquarius à débarquer sur son sol, le silence observé dans un premier temps par l’exécutif français n’est pas passé inaperçu, dans une Eglise dont le chef plaide inlassablement pour l’accueil de ces migrants depuis le début de son pontificat.

« Sur la question des migrants, les dirigeants font en ce moment preuve de cynisme et d’indécence », estime Olivier Ribadeau Dumas. Emmanuel Macron devra s’employer à convaincre son interlocuteur du bien-fondé de sa politique et de la stratégie européenne sur le sujet au moment où les Vingt-Huit sont plus divisés que jamais.

Le chef de l’Etat rencontrera la communauté catholique de Sant’Egidio, qui participe à des « couloirs humanitaires » permettant à des réfugiés syriens d’être accueillis en Europe, et qui est en contact étroit avec le Vatican. Il a aussi eu l’habileté d’inviter dans sa délégation Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique, qui n’a pas eu de mots assez durs contre la loi asile et immigration, en navette devant le Parlement, et contre la circulaire du ministre de l’intérieur sur les contrôles dans les centres d’hébergement d’urgence.

« Cette invitation me donnera l’occasion de demander [à Emmanuel Macron] une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitieuse », commente Véronique Fayet. Vatican News, le portail d’informations du Saint-Siège, a publié lors du premier anniversaire de l’élection du président français, un entretien avec Dominique Quinio, la présidente des Semaines sociales, duquel il ressortait que, accusé d’être le « président des riches », « le chef de l’Etat n’a pour le moment pas montré de politique sociale claire malgré les nombreuses réformes engagées ».

Titre de chanoine

Alors que le mariage pour tous avait empoisonné les relations entre François Hollande et le Saint-Siège pendant les premières années de son quinquennat, il n’est pas certain que la question de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes se pose de façon aussi brûlante pour son successeur. Le Vatican a vu d’un œil intéressé l’organisation des Etats généraux de la bioéthique en France. Et les catholiques présents aux Bernardins ont bien compris que, si Emmanuel Macron a dit vouloir « réparer le lien » entre l’Eglise et l’Etat qui a été « abîmé », il a aussi prévenu qu’il ne trancherait pas toujours en leur faveur.

Un autre combat porté avec insistance par le pape François pourrait aussi préoccuper la diplomatie française. Il touche à la dissuasion nucléaire, base de la doctrine française de défense. Si le Saint-Siège a condamné depuis longtemps l’emploi d’armes de destruction massive, Jean Paul II avait admis, au début des années 1980, qu’« une dissuasion basée sur l’équilibre » pouvait « être jugée comme moralement acceptable » comme « une étape sur la voie du désarmement progressif ». Avec le pape François, la condamnation morale de l’Eglise catholique semble s’étendre désormais à la « possession » même d’armes nucléaires. Le Saint-Siège ne se contente pas de mots : il s’est beaucoup investi dans l’adoption, par 122 pays sur 192, du traité sur l’interdiction des armes nucléaires à l’ONU, en juillet 2017. Il a été l’un des premiers Etats à le ratifier.

Emmanuel Macron se rendra dans l’après-midi à Saint-Jean-de-Latran pour recevoir le titre de chanoine (laïc) d’honneur de cette basilique, distinction symbolique qui revient automatiquement au chef de l’Etat français selon une tradition qui remonte au roi Henri IV – même si Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande ne sont pas venus en prendre possession.

pape

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26 juin 2018

Concorde Art Gallery

26 juin 2018

BANKSY

banksy

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26 juin 2018

La une de Libération ce matin

migrants

26 juin 2018

Les jeunes artistes se révèlent sur Instagram

Par Roxana Azimi - Le Monde

Avec ses 800 millions d’utilisateurs, le réseau social est plébiscité par plus des trois quarts des acteurs du marché de l’art.

Diplômée, en 2013, des Beaux-Arts de Nantes, Ariane Yadan, 30 ans, n’est pas encore représentée par une galerie. Mais la jeune artiste a déjà vendu une photo par le biais d’Instagram… Après les comiques « youtubeurs », place aux artistes « instagrameurs ».

L’enseigne parisienne Semiose a découvert sur le réseau social les peintures d’Oli Epp, raillant gentiment notre monde surconnecté. Ce Londonien de 24 ans ne sort pas d’une école branchée. Il n’a pas d’antécédents d’expositions dans des centres réputés. Mais 11 000 personnes le suivent sur Instagram, parmi lesquels de nombreux collectionneurs. Lorsque Semiose l’a exposé en mai, ses toiles se sont vendues comme des petits pains.

Même emballement pour Jean-Baptiste Boyer, autodidacte de 27 ans présenté pour la première fois en 2017 chez Laure Roynette, à Paris. « Avant l’exposition, des ventes se sont concrétisées grâce à Instagram. Dès que Jean-Baptiste poste une œuvre, elle se vend, s’étonne encore la galeriste. Ce réseau nous permet de toucher de jeunes amateurs d’art qui n’ont pas l’habitude de faire le tour des galeries et n’osent pas venir nous voir. La communication est directe. On a pu ainsi vendre aux Etats-Unis et à Londres. »

Ces collectionneurs harponnés sur Instagram sont jeunes. Accros aux réseaux sociaux, ces millennials se suivent, se « likent », commentent leurs achats et se retrouvent parfois. Et le virus est tel que les seniors s’y sont mis.

« Puissant levier de communication »

D’après une étude d’Artsy, publiée en 2015, 51,5 % des collectionneurs interrogés ont acheté des œuvres d’artistes découverts sur Instagram. Avec ses 800 millions d’utilisateurs dans le monde, ce réseau est plébiscité par plus des trois quarts des acteurs du marché de l’art, selon l’Observatoire du Web social dans l’art contemporain. Quelque « 83 % des discussions portant sur la Foire Art Basel se sont faites sur Instagram, soit une progression de 28 % par rapport à 2017 », constate Alexia Guggémos, fondatrice de l’Observatoire.

C’est devenu un vecteur si crucial que la galerie Perrotin, à Paris, a confié sa stratégie à l’agence de publicité BETC. En un an, l’enseigne a doublé le nombre de ses abonnés (plus de 200 000). « C’est un levier de communication ultrapuissant, abonde Vanessa Clairet, directrice de la communication chez Perrotin. On a pris le contre-pied de ne pas trop y montrer les expositions, mais plutôt le public face à l’art en lançant les hashtags #backtogalleries #backtoart. » Des hashtags qui font mouche : une œuvre de l’Italienne Paola Pivi s’est vendue illico après le post d’une photo. Même effet sur les œuvres de deux autres artistes de la galerie, Kaws et Daniel Arsham.

Gare, au panurgisme et à l’enfermement algorithmique ! « Les sujets les plus populaires sont systématiquement mis en avant, admet Alexia Guggémos. Au risque de donner une image stéréotypée des tendances : les visages générant 38 % plus de “likes” qu’un paysage, ou les visuels à dominante bleue l’emportant sur le rouge (+ 24 %), ce sont les œuvres répondant à ces critères qui pourraient ainsi jouir de plus de visibilité… Mais cela reste toutefois à prouver. »

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25 juin 2018

Vu sur internet - j'aime bien

jaime

25 juin 2018

Réflexion

desproges

25 juin 2018

9 semaines 1/2

9 semaines

25 juin 2018

Banksy peint les murs de Paris pour illustrer la crise des migrants

Porte de la Chapelle, avenue de Flandres ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.

Banksy par-ci, Banksy par-là. Depuis quelques jours, la rumeur enfle, comme le raconte Télérama : l’artiste de rue le plus célèbre du monde, mais dont l’identité demeure inconnue, est à Paris. Plutôt que sa présence, qui reste insaisissable, ce sont les murs de la capitale qui attestent de son passage.

La première œuvre de Banksy à Paris a été repérée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. A proximité du périphérique, porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil (CPA) des réfugiés dans le 18e arrondissement, fermé le 31 mars, une petite fille repeint à la bombe à peinture une croix gammée.

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Dans le 19e arrondissement, avenue de Flandres, l’artiste s’approprie Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, tableau de Jacques-Louis David de 1801. Il montre un Napoléon emberlificoté dans son manteau qui le fait ressembler à une femme voilée…

A Calais, déjà, en 2015

Dans le 5e arrondissement, un autre pochoir montre un homme avec une scie dans le dos donnant à manger un os à un chien à qui on vient de couper une patte, comme a pu le voir l’un de nos journalistes, dimanche 24 juin, aux alentours de la Sorbonne.

D’autres peintures avec des rats, sa marque de fabrique, ont également été repérées : des photos en attestent sur le site de Libération. Des œuvres peintes au moment où Paris et Rome sont engagés dans un bras de fer autour des migrants et où les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour dénoncer l’attitude du gouvernement français dans la crise de l’Aquarius.

A la fin de l’année 2015, Banksy avait réalisé quatre œuvres en soutien aux migrants de la « jungle » de Calais, dont un portrait de Steve Jobs, pour illustrer la crise des migrants.

25 juin 2018

Pensée du jour

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