Giscard. Le Président des records
Depuis son départ de l'Élysée, Valéry Giscard d'Estaing a connu pas moins de quatre présidents de la République et 15 Premiers ministres.
Article de Martin Vaugoude
Président de la République entre 1974 et 1981, Valéry Giscard d'Estaing n'a marqué l'Histoire ni par l'ampleur de sa victoire, ni par la durée de son mandat. Mais il détient bien d'autres records, dont certains ne seront pas faciles à battre !
1. Une longévité exceptionnelle. Lundi prochain, Valéry Giscard d'Estaing aura très exactement 90 ans, onze mois et 21 jours. Un « anniversaire » pas comme les autres ! Car il deviendra alors le Président français ayant vécu le plus longtemps, effaçant des tablettes Émile Loubet. Septième président de la IIIeRépublique (de 1899 à 1906), ce dernier était décédé le 20 décembre 1929, à l'âge de 90 ans, onze mois et 20 jours.
C'était une autre époque. Les Présidents étaient alors des personnages politiques plutôt effacés, cantonnés à une fonction représentative. L'essentiel du pouvoir était entre les mains du président du Conseil (le Premier ministre de l'époque) et du Parlement.
Le septennat d'Émile Loubet a été marqué par plusieurs actes majeurs : la grâce du capitaine Alfred Dreyfus, la promulgation de la loi sur les associations et, surtout, l'adoption de la loi sur la séparation des Églises et de l'État, la fameuse loi de 1905 dont on reparle tant en ce moment.
2. Une carrière plus longue après qu'avant l'Élysée. Valéry Giscard d'Estaing a connu, depuis son départ de l'Élysée, pas moins de quatre Présidents (François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande) et 15 Premiers ministres (et là, on vous épargnera la liste !).
Fait étonnant, il est, à ce jour, le seul président de la République dont la carrière politique a duré plus longtemps après son passage à l'Élysée qu'avant. Il s'est en effet écoulé 23 ans entre sa défaite contre François Mitterrand, en 1981, et la perte de son dernier mandat local, celui de président du Conseil régional d'Auvergne, en 2004. Contre seulement 18 ans entre sa première élection, comme député du Puy-de-Dôme, en 1956, et son entrée à l'Élysée, en 1974.
3. Objectif 97 ans ! Né le 2 février 1926, Valéry Giscard d'Estaing est le doyen du club des femmes et hommes politiques ayant été candidats à la présidentielle sous la VeRépublique. Il est suivi par Jean-Marie Le Pen, 88 ans, et Édouard Balladur, 87 ans.
Parmi les candidats décédés, seuls deux ont vécu plus vieux : Louis Ducatel et René Dumont, morts à 97 ans, respectivement en 1999 et 2001. Pour mémoire, le premier fut candidat « radical-socialiste indépendant » en 1969 (1,27 % des voix). Le second porta les couleurs écologistes en 1974 (1,32 % des voix).
4. Un de ses records battu par... Macron ? On voit apparaître, cette année, les premiers candidats à la présidentielle... nés sous Giscard : Bastien Faudot (Mouvement républicain et citoyen), Rama Yade (La France qui ose) et, surtout, Emmanuel Macron (En Marche !), le seul des trois à être quasi-certain de décrocher les parrainages nécessaires pour se présenter. Olivier Besancenot, jusqu'à présent le benjamin des candidats, a vu le jour le 18 avril 1974. Alain Poher assurait alors l'intérim, suite au décès de Georges Pompidou.
Né le 21 décembre 1977, Macron menace d'ailleurs un autre record détenu par Giscard : celui du président de la VeRépublique le plus jeune au moment de son élection. Si le leader d'En Marche ! triomphait en mai prochain (ce qui n'est pas fait, on vous l'accorde), il franchirait le seuil de l'Élysée à l'âge de 39 ans. En 1974, Giscard avait déjà 48 ans. Pour l'anecdote, Macron deviendrait même le plus jeune Président français de tous les temps, battant le record de Louis-Napoléon Bonaparte, élu en 1848, à l'âge de 40 ans (avant de devenir empereur un peu plus tard). Mais ceci est une autre histoire...
Laetitia Casta : « Chez moi, c’est tout ou rien »
L'actrice remonte sur les planches avec Scènes de la vie conjugale, d'Ingmar Bergman. L'occasion de retrouver une femme passionnée qui a aussi fait son premier voyage comme marraine de l'Unicef.
Par Anne Michelet
" J'aime l'amour et tout ce que ça comporte. " Revenir au théâtre avec un auteur comme Bergman est un nouveau défi ?
Laetitia Casta. Oui et non. Quand on vous met en main une partition aussi raffinée, on s'attaque à du lourd, certes, mais à du beau. Pour un acteur, il n'y a pas mieux. C'est un rêve, un rêve ambitieux, bien sûr, car jouer du Bergman est délicat, tout en subtilité. Cela exige une certaine énergie. Ce n'est pas un texte psychologique, même si on pourrait d'abord le penser, mais c'est bouleversant, déroutant, puissant, très physique et animal, finalement. Ça ne demande pas que la tête, mais aussi le cœur, le ventre, le corps tout entier. On ne peut pas y aller tièdement. Il faut se donner, tout en restant humble.La scène vous manquait ?
Laetitia Casta. Terriblement, mais je voulais y revenir avec une pièce qui me porte. Là, c'est merveilleux. On peut tricher avec soi sur scène, mais le regard du public n'est pas dupe et ne vous fait pas de cadeau. Le théâtre, c'est exigeant.Quel partenaire est Raphaël Personnaz, qui vous donne la réplique ?
Laetitia Casta. C'est un acteur en recherche. Ensemble, nous sommes dans une sorte de laboratoire, on forme un trio avec notre metteur en scène, Safy Nebbou. On se renifle, on se cherche. C'est ce que raconte l'histoire, d'ailleurs. Je crois que nous avons profondément envie de la même chose, être honnête face à cette pièce. Safy Nebbou est un grand passionné de Bergman : il connaît tout de son œuvre et nous pousse à aller loin, à donner le meilleur…Cette pièce retrace vingt ans de la vie d'un couple. Ce sujet vous touche ?
Laetitia Casta. Il est universel. On est au cœur du sentiment humain, c'est ce que dit Bergman au début de la pièce : « J'ai écrit en trois mois ce que j'ai mis vingt ans à vivre. » Il est passé par tout cela et a une façon tellement fine de parler du couple ! Il dit qu'il aime ses personnages, car ils sont émouvants, idiots, insupportables, lâches, aimants, sincères… On n'est pas là pour les juger, mais pour essayer de les comprendre. Leurs origines sociales, le milieu dans lequel ils évoluent… tout pèse sur leur histoire.L'amour absolu dont il est question ici fait écho à votre nature passionnée, entière ?
Laetitia Casta. C'est vrai, chez moi, c'est tout ou rien ! Il vaut mieux être exalté qu'éteint. Je n'aime pas l'idée de dire que je suis une grande amoureuse, car je ne suis pas une amoureuse de l'amour. J'aime l'amour et tout ce que ça comporte. On regarde la vie autrement à mon âge qu'à 20 ans. Aujourd'hui, j'ai une palette plus large de couleurs, de sentiments, de résilience, de compréhension de soi. Donc, forcément, c'est intéressant de jouer ce texte maintenant.Supportez-vous le quotidien ?
Laetitia Casta. Il me rassure beaucoup. J'ai besoin de quelque chose de régulier, qui m'apaise, car être acteur, c'est être toujours en mouvement. Pour moi, le quotidien représente la normalité, l'équilibre, et c'est ce qui me permet d'aller loin dans mon travail, de chercher des choses plus intenses.Comment entretenez-vous la flamme d'un amour ?
Laetitia Casta. Si je le savais, elle ne serait plus là.Pensez-vous que le mensonge soit nécessaire dans un couple ?
Laetitia Casta. Ce qui m'effraie le plus, c'est de se mentir à soi-même, car on ne le voit pas arriver. Après, le mensonge-mensonge, c'est rigolo. C'est comme être encore un peu enfant. On ne parvient pas à se faire accepter tel que l'on est face à l'autre au point de devoir mentir.Est-ce toujours une histoire d'amour entre vous et votre métier d'actrice ?
Laetitia Casta. Je ne vois pas comment faire autrement. Chez moi, c'est vital de pouvoir jouer, de découvrir des pièces, des scénarios qui me remettent en question et me font réfléchir. J'apprends encore des choses sur moi, c'est ainsi que je travaille, c'est mon moteur.Jouer chaque soir au théâtre vous plaît ?
Laetitia Casta. C'est comme un rendez-vous d'amour très rassurant… quand la pièce a du succès, bien sûr. Sinon, quand l'autre ne vient pas, ça peut être très violent !Avez-vous besoin de recréer un univers chaleureux dans votre loge ?
Laetitia Casta. Oui. Comme j'ai une vie très pleine, j'ai besoin de tout laisser derrière moi, de façon symbolique. Je mets ma vie intime de côté. Ma loge devient ma deuxième maison, mon refuge…Vous avez franchi un nouveau cap avec l'écriture et la réalisation d'En moi, votre premier court-métrage présenté au dernier Festival de Cannes…
Laetitia Casta. Je dis que je ne suis pas passée à la réalisation, mais à la réalisation de moi-même ! Que ce soit un film, l'écriture ou monter sur scène, cela revient toujours à être à un autre endroit, mais qui est le mien. Ce sont des élans, on se sent totalement en éveil, très vivant, je m'épanouis totalement. Pour le coup, ne jamais trouver de routine dans mon métier est essentiel. Jouer est quelque chose de l'ordre de l'oxygène.Vous êtes marraine de l'Unicef. Quel est le bilan de votre premier voyage au Tchad ?
Laetitia Casta. On ne peut pas se rendre compte tant qu'on ne va pas voir. La vie n'a pas, là-bas, la même valeur qu'ici. C'est un cri étouffé, dont on ne parle pas, car il n'y a ni intérêts économiques ni raisons politiques qui puissent inciter à regarder. Le pire, c'est l'oubli. Bien avant d'être mère, j'avais déjà en moi cette empathie pour les femmes et les enfants qui sont le plus souvent des proies. C'est important de les protéger, car c'est le nombril de la terre, la beauté du monde, c'est l'espoir qu'on écrase. Au Tchad, j'ai vu ces femmes, ces filles, qui pourraient être notre mère, notre sœur… Même si cela semble une goutte d'eau, effectuer un don sur Internet permet beaucoup. Donner la possibilité aux enfants d'aller à l'école, c'est les protéger à travers le savoir, mais aussi physiquement des hommes armés, et transmettre une force à l'adulte de demain qui pourra modifier la situation de son pays. Je soutiens la campagne « Des écoles, pas des champs de bataille ! »*. Cela me tenait à cœur d'aller sur place. Un voile s'est levé et je veux en faire quelque chose. J'ai rapporté des images pour dire : « Regardez ce qui se passe et voyez les résultats positifs. » J'espère qu'on arrivera à récolter des fonds, car l'argent donné change vraiment les choses.Avez-vous expliqué votre action à vos enfants ?
Laetitia Casta. Je ne peux pas leur imposer ça, je refuse de leur dire : « Vous avez de la chance. » Ils n'y sont pour rien. La seule chose que je puisse leur demander, c'est d'être des personnes bonnes, civilisées, capables d'aimer autrui. C'est le début de tout pour réussir leur vie.L'Unicef a choisi une marraine combattante !
Laetitia Casta. Je ne détiens pas la vérité, mais je me sens responsable. Je vous assure, j'ai vu des choses terribles… Nous sommes dans la surconsommation et là-bas il n'y a rien. Des milliers de réfugiés débarquent, ils les accueillent, alors qu'ils n'ont rien, et regardez comment nous, on réagit ! Par la peur, l'idiotie, l'ignorance, le manque de temps, l'égoïsme. Ces gens ont une telle dignité, ils nous donnent une belle leçon.Vous avez un vœu pour 2017 ?
Laetitia Casta. Devenir la meilleure camarade de route possible !Scènes de la vie conjugale, mise en scène de Safy Nebbou, à partir du 3 février au Théâtre de l'Œuvre, à Paris.
Aujourd'hui : "Prends ton temps !"
Où l’on découvre que, 100 ans plus tard, on y est encore.
1883, Barcelone. Un jeune architecte catalan, Antoni Gaudí, accepte un important chantier : une majestueuse église en plein cœur de la ville, la Sagrada Familia (la Sainte Famille). Il n’a alors aucune idée de là où il met les pieds…
Rapidement, les problèmes s’amoncellent et le projet prend beaucoup de retard. En effet, l'église devait être financée uniquement par des dons.
Mais le taux de participation se révèle très faible… Au point que l’architecte lui-même se retrouve à faire du porte-à-porte pour quémander de l’aide !
Et Gaudí, avec sa manière de travailler, n’arrange pas les choses : il refuse d’utiliser des plans définitifs et préfère suivre son inspiration au jour le jour…
Au fil du chantier, l’architecture se complexifie, le décor se charge de scènes religieuses et de sculptures fourmillantes inspirées par la nature.
Bref, personne ne sait vraiment à quoi va ressembler cet édifice. Ni quand il sera terminé !
Apparemment, Gaudí lui-même l’ignore. Il se consacre au projet pendant près de quarante ans... Les dernières années de sa vie, l’architecte va même jusqu’à habiter dans un petit atelier sur le chantier
Aujourd’hui, la Sagrada Familia n’est toujours pas achevée. Heureusement, on touche au but : pour le centenaire de la mort de Gaudí, en 2026, tout doit être fini. Promis, juré !












