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Jours tranquilles à Paris

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28 mars 2020

Belle Ile en Mer - C'était à prévoir....

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28 mars 2020

La belle époque

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28 mars 2020

Bretagne - Saint Cado

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28 mars 2020

Témoignages - « On en est réduits à l’amour courtois ! » : les couples à l’épreuve de la distance

Par Marlène Duretz

De nombreux couples vivent le confinement séparés. Un moment qui peut remettre du sens et de l’ordre dans sa relation amoureuse.

Loin des yeux, loin du cœur. Le confinement ferait-il les yeux doux à l’adage amoureux ? Les couples qui vivent séparés pendant cette période à durée indéterminée, ou entretiennent une relation à distance en temps normal, le sont parfois par choix, souvent pour prémunir l’autre d’une éventuelle contamination, mais aussi par contraintes familiale, professionnelle ou encore matérielle. Plus rarement pour le plaisir d’expérimenter une « distanciation amoureuse ».

Le confinement a mis un terme aux « tu rentres à Lille ce week-end ? » et aux « tu viens partager ma couette ce soir ? ». Séparés par deux petits kilomètres ou par plusieurs milliers, souvent pour la première fois, les duos doivent composer avec l’éloignement physique, sans en connaître précisément l’issue, et l’inquiétude de ne pas être là l’un(e) pour l’autre en cas de coup dur.

Estelle, étudiante en droit de 18 ans, en couple « distant » depuis deux ans, relativise :

« Le confinement n’est pas une épreuve pour nous deux, juste une étape en attendant de se retrouver. Ce doit être la même chose pour les couples de notre âge ou ayant une relation à distance. »

Gabriel, la quarantaine, 1 000 kilomètres entre lui et sa compagne qu’il voit deux fois par mois, ne partage pas ce point de vue :

« J’envie les personnes qui sont confinées chez elles en couple. Elles se plaignent d’être l’une sur l’autre ? Elles ne connaissent pas leur chance ! »

La séparation n’a pas le même sens qu’avant l’essor des nouvelles technologies, observe la psychiatre Sylvie Angel. « On est très liés, même quand on est séparés, et dans l’immédiateté. Il y a une séparation de corps mais le couple peut être en communion et vivre son intimité malgré tout. Comme pour une visite en prison, le couple se voit et partage, même sans contact charnel. »

Le confinement a érigé bien des murs invisibles. « Mon épouse et moi avons été séparés pendant toute la durée d’existence du mur de Berlin. Notre véritable alliance a débuté à la chute de ce dernier », raconte Klaus, 85 ans. Avant que le confinement soit instauré, sa femme a rejoint leur fille en Bretagne, lui est resté en Alsace.

« Nous sommes donc à nouveau séparés, elle à l’Ouest et moi à l’Est, par un mur imaginaire qui nous protège non pas l’un de l’autre mais l’un et l’autre. Cette épreuve est atténuée par le fait que nous communiquons grâce à WhatsApp. »

« On s’invente un monde frais et léger »

Frustrés mais résignés, les couples tirent parti des outils numériques pour entretenir leur relation et prendre leur mal en patience, revisitant les rituels amoureux et la présence de l’autre. Frédérique, retraitée de 65 ans, explique :

« Nous nous retrouvons sur Skype pour boire le café ensemble le midi. Depuis trois jours, nous nous retrouvons aussi pour dîner ensemble. Nous nous préparons comme pour un tête-à-tête au restaurant et nous partageons ces moments en oubliant la distance. »

Sidonie et Jean-Paul s’endorment quant à eux ensemble, le téléphone comme seul contact physique, gommant ainsi les 1 200 kilomètres qui les séparent.

« Habituellement, la communication pour la plupart des couples, notamment parentaux, est plutôt dans le “faire” : “Tu prends le pain ?”, “N’oublie pas de vérifier les devoirs d’Hugo”… Les petits mots doux digitaux se font plus rares. Mais dans la situation présente, les échanges vont se recentrer sur la relation amoureuse, et plus largement resserrer les liens familiaux et amicaux », prédit Sylvie Angel, spécialisée dans la thérapie familiale.

Jessica, qui vit là sa première séparation en deux ans de relation, envoie depuis Bruxelles « quatre à cinq messages par jour, mais beaucoup plus sentimentaux qu’avant et aucun pour dire des choses insignifiantes ».

Nadia, trentenaire, en couple depuis trois mois, se repasse en boucle la chanson Dis, quand reviendras-tu ?, de Barbara. Elle à Paris, lui à Düsseldorf, en Allemagne.

« Comme tout début d’histoire, tout de l’autre est à découvrir et tout le peu que l’on connaît de l’autre nous manque atrocement. Tous les moyens disponibles sont utilisés : Netflix Party, WhatsApp, Skype, Instagram, téléphone, lettre, et même la télépathie ! »

Anne reconnaît n’avoir jamais autant communiqué par SMS « sérieusement, érotiquement, humoristiquement » avec son amant. « On s’invente un monde frais et léger pour oublier la situation assez pesante », raconte la Grenobloise.

« C’est long… trop long déjà »

Mais si le contact reste établi, les « je t’aime » plus nombreux et la complicité préservée, les amants se languissent. « C’est long… trop long déjà », soupirent nombre d’entre eux, à commencer par Lulla. « Absolument tout me manque chez lui, il est mon pilier au quotidien », assure la sage-femme de 26 ans. « Tout me manque de Florian, surtout son optimisme et sa bonne humeur en pareil temps », surenchérit Louanne, qui le rêve à ses côtés.

Des rêves qui n’en sont déjà plus pour la jeune Parisienne Léa : elle s’est disputée avec Matthieu juste avant la mise en place du confinement :

« Je voulais avoir une discussion avec lui, en vrai, mais elle n’a pas eu lieu. Notre relation ne survivra sûrement pas au confinement. »

La question reste en suspens pour Rose, des dizaines de messages au quotidien à celui qu’elle souhaite reconquérir, alors qu’il se trouve à 500 kilomètres de son domicile rennais :

« C’est très compliqué de convaincre à distance une personne de nous laisser une chance. »

« Le couple est dans une période d’évaluation, qu’il soit sous le même toit ou mis à distance par le confinement, rappelle Sylvie Angel. Le fait de ne pas partager une même temporalité, ou encore d’avoir des divergences de valeurs et de points de vue, peut créer des incompréhensions et des agacements. Inversement, cette épreuve peut ramener le couple à ses fondements essentiels et le renforcer. » C’est le moment propice, selon la psychiatre, pour se poser les vraies questions et réaménager ce qui doit l’être.

« Cruelle situation » pour les amours adultères

C’est une « cruelle situation » pour la Bordelaise Sophie, maîtresse d’un homme marié, « qui devait annoncer à madame sa décision de rompre » lorsque le couperet du confinement est tombé :

« On doit faire abstraction de nos interactions physiques, biochimiques, pulsionnelles et passionnelles. Notre relation n’est plus qu’épistolaire. On en est réduits à l’amour courtois ! »

La frustration exacerbe indéniablement le désir. Thierry caresse en secret le corps de la femme qu’il aime, à 80 kilomètres de chez lui, tandis que Marion fait l’amour par téléphone avec François, son amour de jeunesse retrouvé il y a neuf mois. Et Eva de conclure :

« Ce qui me manque le plus, c’est la chaleur de son corps quand nous dormons ensemble, et de l’embrasser à en perdre le souffle. Quoi qu’il en soit, ce maudit virus ne tuera pas notre amour ! »

28 mars 2020

Anna Johansson

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28 mars 2020

Des voyageurs qui disparaissent, sculptures surréalistes de Bruno Catalano

Impossible de rester de marbre face aux voyageurs incomplets de Bruno Catalano qui semblent disparaître sous nos yeux et dont seuls des lambeaux demeurent.  Et si cela nous touche autant, c’est parce que leur histoire est profondément humaine, intrinsèquement liée à la vie de l’artiste lui-même.

Né au Maroc en 1960, sa famille et lui son contraint à l’exil en 1975 et trouvent refuge à Marseille. Bruno Catalano y deviendra marin, avant de se reconvertir à la trentaine en « artisan sculpteur » comme il se définit lui-même.

On pourrait croire que ses œuvres visent à exprimer la douleur du déracinement qui ne l’a jamais quitté – et sans doute est-ce un peu le cas – mais ce serait limiter sa production à une souffrance quand il s’agit de bien plus que cela.

Le voyageur est dans l’entre-deux, il est celui qui est parti mais n’est pas encore arrivé. Celui qui laisse une partie de lui-même pour trouver autre chose, dont il ignore encore la nature. Incomplet, il laisse derrière ce qu’il ne peut emporter, pour marcher vers l’espoir d’un meilleur avenir.

Les sculptures monumentales en bronze de Bruno Catalano sont installées dans les rues, symboles de nostalgie heureuse et de la douceur de l’espérance tranquille, en attente. Un état d’esprit qui résonne d’autant plus aujourd’hui à mesure que les rues se désemplissent, pour mieux renaître à l’avenir. C’est un voyage nouveau qui s’annonce.

https://brunocatalano.com/

28 mars 2020

Pape François

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François seul sur la place Saint-Pierre face à la “tempête” du coronavirus. “D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage”, a déclaré le Pape depuis le parvis de la basilique Saint-Pierre. Une “place Saint Pierre, déserte et fouettée par la pluie”, décrit un éditorial de Vatican News. Le Saint-Père a rendu hommage aux “médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soins à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul” lors d’une bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle puisqu’elle n’est généralement prononcée qu’à Noël ou à Pâques. Le coronavirus a fait 9 134 morts en Italie.

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28 mars 2020

Glamour

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28 mars 2020

Télécommunications - La 6G annonce l’avènement des cyborgs

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EXPERT (MOSCOU)

Le déploiement de la 5G vient à peine de commencer que l’on voit déjà ses limites : le monde a besoin d’un réseau encore plus rapide, estime ce magazine russe.

Voir à travers les murs. Repérer à distance une arme, une bombe ou des substances nocives. Conduire une voiture par la force de la pensée. Ou simplement transmettre une énorme quantité de données en un instant. Certaines de ces possibilités extraordinaires sont déjà testées en laboratoire et pourraient être appliquées à l’avenir grâce au réseau du futur avec la 6G.

Pour l’heure, les capacités et les paramètres de la 6G ne sont pas encore définis, mais on sait qu’elle utilisera des fréquences encore plus élevées que la 5G. Ces ondes courtes (de 30 micromètres à 1 millimètre) sont capables de transmettre des quantités astronomiques d’informations avec une rapidité et une efficacité énergétique sans précédent.

Les chercheurs s’intéressent aux ondes térahertz [1 THz correspond à 1012 Hertz. Ce sont des ondes électromagnétiques dont la fréquence s’étend entre 0,1 et 10 THz] depuis près d’un demi-siècle, mais les études précises ont débuté depuis une vingtaine d’années et sont particulièrement d’actualité depuis que la technologie 5G sort sur le marché.

Alors que la 5G utilise des longueurs d’onde de plusieurs millimètres, connues depuis des décennies pour leurs applications militaires, la 6G est véritablement une terra incognita électromagnétique. Apprendre à l’explorer, c’est rejoindre les confins du savoir en matière de télécommunications.

Les fréquences au-dessus et en dessous du térahertz sont déjà largement connues. En dessous, il s’agit de la 5G, avec les difficultés qu’elle pose par l’occupation des fréquences par les militaires. Au-dessus, il s’agit du rayonnement ionisant qui détruit la matière, et ne convient donc pas. Les ondes térahertz ne détruisent pas les molécules, mais les traversent de part en part. Ce qui permet de transporter des données même si l’émetteur et le récepteur sont séparés par des obstacles.

Les ondes térahertz permettent de voir à l’intérieur de la matière

À la manière des rayons X, les ondes térahertz permettent de voir à l’intérieur de la matière, ce qui pourrait avoir une variété d’applications, tant militaires que médicales ou industrielles (contrôle qualité). De plus, la bande des fréquences térahertz est bien plus large que celle des communications mobiles que nous connaissons, ce qui permettrait théoriquement d’atteindre une vitesse de transmission de plusieurs téraoctets par seconde, soit dix mille fois plus rapide que l’Internet domestique. De quoi, par exemple, télécharger cinquante films en haute définition en une seconde.

Les échanges de données dans le monde augmentent de manière exponentielle, ainsi le cabinet de conseil IDC prévoit que le volume de données numériques sera multiplié par cinq dans les cinq années à venir. De ce fait, toutes ces données seront de plus en plus hébergées sur des serveurs distants publics, ce qui requiert d’autant plus de fiabilité et de connectivité.

Une interaction possible entre des millions d’appareils

Ce qui aggrave la situation, c’est que les capacités de calcul des ordinateurs arrivent elles aussi à saturation. En conséquence, de plus en plus de données sont traitées à l’aide de calculs distribués (les opérations sont exécutées non par un, mais par plusieurs processeurs en réseau). Pour cela, il faut augmenter la vitesse de transmission des données, et les progrès à venir iront sans doute dans ce sens en l’absence de processeurs plus puissants.

L’augmentation impressionnante de la vitesse ouvrira de nouveaux champs techniques, parmi lesquels l’interaction entre des millions d’appareils ou, par exemple, la mise en réseau de l’activité cérébrale avec des appareils électroniques. La 5G puis la 6G vont permettre l’émergence de villes intelligentes et la généralisation de la réalité virtuelle et de systèmes cyberphysiques. Une dizaine d’années a séparé la mise au point de la 4G et de la 5G, et la technologie de la 5G sera dépassée à l’horizon 2030.

“L’Internet du Tout”

La 6G sera l’un des instruments de l’“Internet du Tout” [Internet of Everything], du véritable lancement des systèmes de transport sans conducteur, de l’intelligence artificielle, des objets connectés et de la réalité virtuelle.

Le principal problème, c’est l’atmosphère terrestre. Les ondes térahertz sont fortement atténuées par l’oxygène et la vapeur d’eau, ce qui complique les transmissions longue distance. En conséquence, le rayon de portée de ces ondes est court, de quelques dizaines de mètres, pas plus. Ce qui nécessitera un remaniement du réseau mobile pour identifier les fréquences les plus efficaces.

L’une des réponses pourrait être d’implanter des relais dans les lieux les plus fréquentés, comme les entrées des centres commerciaux, les gares, sachant que ces relais peuvent également être en mouvement afin de former un réseau de communication complexe et dynamique. Dans ce réseau, la connexion aux principaux nœuds se ferait automatiquement, les données passeraient d’un nœud à un autre et l’information serait transmise en cascade : en une seconde un appareil recevrait toutes les données mises en attente alors qu’il était “hors ligne”.

L’important, c’est que la 6G, comme la 5G, est conçue comme un composant additionnel du réseau existant et sera utilisée principalement non par les humains mais par les machines intelligentes.

La Russie veut passer directement à la 6G

Des études sont déjà menées en Europe et en Chine. Fin janvier, le Japon a annoncé poursuivre un objectif de déploiement de la 6G à l’horizon 2030. En décembre 2019, sur fond de problèmes pour l’attribution des fréquences 5G en Russie, le président de MTS, Alexeï Kornia, a proposé de “commencer à réfléchir non pas à la 5G, mais directement à la 6G” pour rattraper notre retard sur le monde développé. “Lorsque nous serons prêts pour la 5G, le monde entier en sera déjà à la 6G”, a-t-il ajouté.

Il n’existe pas encore d’équipements pour déployer la 6G : créer un réseau utilisant la bande des fréquences térahertz nécessitera des avancées technologiques en matière de science des matériaux, d’architecture informatique, de circuits intégrés et de connexion aux sources d’énergie.

La 6G nécessite de se tourner vers l’optoélectronique

La norme des télécommunications de sixième génération n’est pas adaptée à la microélectronique classique qui utilise des connexions électriques pour la transmission de données, car ces circuits ne peuvent pas atteindre une vitesse suffisante. La 6G nécessite de se tourner vers l’optoélectronique où les données sont transmises à l’aide de connexions photoniques (lumière).

La société russe SkolTech s’intéresse au marché prometteur des composants optoélectroniques pour la 6G et l’Internet des objets. Début février, elle a proposé de construire un centre de production d’optoélectronique. Le projet prévoit un budget de 26,9 milliards de roubles [environ 306 millions d’euros], les sources de financement ne sont pas encore réunies.

La première étape consisterait à construire des infrastructures pour accueillir une unité de production de composants, puis de lancer une production en séries limitées. Le projet prévoit que le centre de production accueille un groupe de travail scientifique issu de dix instituts de recherche et neuf fabricants russes.

Des chercheurs de l’université chinoise de Tsinghua et de l’université de Hong Kong en sciences et technologie prévoient pour le réseau 6G une architecture intelligente et véloce, avec un réseau composé d’une multitude de réseaux secondaires. D’après les chercheurs, chaque réseau secondaire collectera et analysera les données localement, puis se renouvellera de manière autonome sur la base des méthodes de l’intelligence artificielle.

Chaque génération de réseau ouvre de nouvelles possibilités technologiques et de nouveaux marchés

Ainsi, les sous-réseaux recueilleront et traiteront les données de trafic et d’état des réseaux, l’analyse diagnostique permettra de repérer les erreurs sur le réseau, l’analyse prédictive servira à anticiper le comportement des usagers, tandis que l’analyse prescriptive permettra d’augmenter l’efficacité du système.

Chaque génération de réseau ouvre de nouvelles possibilités technologiques et de nouveaux marchés. La 3G avait donné de l’élan à l’Internet marchand, la 4G a marqué le début de l’ère du smartphone en stimulant le développement du paiement mobile et en permettant l’émergence d’une cohorte de nouvelles sociétés comme Uber, Airbnb et d’innombrables plateformes numériques.

La 5G doit donner le départ à l’économie numérique et à l’industrie intelligente. Le déploiement de la 6G devrait ouvrir la voie à des modes de consommation et de transmission de l’information fondamentalement nouveaux.

Faire tomber les barrières entre les mondes physique et numérique

L’application de la 6G la plus extraordinaire et fascinante est sa capacité à faire tomber les barrières entre les mondes physique et numérique. La bande des fréquences térahertz va rendre possible le développement d’une interface neuronale directe, en reliant le cerveau humain directement à l’ordinateur et en transformant les impulsions neuronales (des pensées et des émotions) en signaux numériques.

Auparavant, les interfaces neuronales directes étaient uniquement étudiées dans une optique médicale, en particulier pour aider les patients à contrôler leurs prothèses. Or, la liaison sans fil en térahertz pourrait nous permettre de dialoguer directement avec nos ordinateurs au quotidien.

Les gens pourraient interagir avec le monde qui les entoure grâce à des appareils embarqués ou implantés, et piloter des ordinateurs à l’aide de leurs émotions. Autrement dit, nous pourrions devenir des cyborgs, augmentés de composants biologiques et mécaniques.

Envoyer sa projection holographique à un rendez-vous

La sixième génération de réseau, grâce à sa vitesse et son faible niveau de décalage dans la transmission de données, rendra possible l’utilisation à pleine capacité des applications multisensorielles de réalité mixte qui allient réalité virtuelle et augmentée.

Nous serions ainsi en mesure de faire l’expérience d’une immersion complète dans la réalité virtuelle en mobilisant tous nos organes sensoriels. On pourrait organiser une réunion dans une salle de conférences virtuelle ou envoyer sa projection holographique à un rendez-vous, sans sortir de chez soi.

Avec la 6G, des essaims de robots autonomes deviendront une réalité. Ces systèmes d’appareils interconnectés sont déjà à l’étude, mais ils sont pour l’instant cantonnés aux laboratoires.

Vers l’obsolescence des satellites

Les projets comme Starlink de la société américaine SpaceX [d’Elon Musk] nécessitent la présence simultanée de milliers de satellites dans l’espace pour assurer une couverture Internet complète. Or il est déjà clair que si nous parvenons à résoudre le problème de l’atténuation atmosphérique pour créer une couverture 6G, les ondes térahertz rendront la liaison satellite obsolète.

En tenant compte des contrats Starlink et OneWeb [une start-up soutenue par le groupe japonais SoftBank] déjà conclus, la projection technologique des prochaines décennies prendra sans doute la voie spatiale, mais la graine des fréquences térahertz a de toute manière déjà été semée.

Zaoud Mamediarov

28 mars 2020

Coronavirus - PRESSE

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