Polémique - Sans prévenir, Woody Allen a publié ses mémoires
COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)
Deux semaines après avoir été éconduit par Hachette, le réalisateur new-yorkais a trouvé un nouvel éditeur, qui publié son livre par surprise.
Ce n’est pas vraiment un lancement en fanfare. Les mémoires controversées de Woody Allen ont été publiées lundi 23 mars, ce qui constitue “une surprise”, selon Vox. La sortie du livre du réalisateur, intitulé Apropos of Nothing (À propos de rien), intervient “deux semaines seulement après qu’il a été éconduit par son éditeur précédent”.
Le 2 mars dernier, Hachette Grand Central Publishing avait révélé que les mémoires d’Allen allaient être publiées en avril prochain, mais l’annonce de la maison d’édition avait “immédiatement suscité une polémique”, souligne Vox.
La fille adoptive d’Allen, Dylan Farrow, qui a accusé Woody Allen de l’avoir agressée alors qu’elle avait 7 ans et le fils du réalisateur, Ronan Farrow, qui a “toujours soutenu Dylan dans ses accusations”, avaient immédiatement dénoncé la décision de Hachette de publier Allen. Le 5 mars, des employés de Hachette avaient manifesté dans la rue leur solidarité avec les Farrow, et le lendemain, Hachette avait annulé “la publication du livre d’Allen”.
Un “artiste respecté” selon son éditeur
Woody Allen était “libre de vendre le livre à tout autre éditeur”, rapporte Vox, et il a trouvé un accord avec Arcade Publishing, du groupe Skyhorse Publishing. Selon le site américain, c’est “une petite maison indépendante qui a publié de nombreux auteurs légitimes, dont le prix Nobel Elie Wiesel, mais qui a également publié des théories conspirationnistes sur l’assassinat de JFK et les vaccins”.
Dans une déclaration à Associated Press, Jeannette Seaver, éditrice d’Arcade Publishing, a affirmé :
En ces temps étranges, où la vérité est trop souvent écartée comme une ‘fausse nouvelle’, nous, en tant qu’éditeurs, préférons donner la parole à un artiste respecté, plutôt que de nous incliner devant ceux qui sont déterminés à le faire taire.”
Selon Vox, Woody Allen continue de nier avoir agressé Dylan Farrow dans ses mémoires. Il écrit qu’il “ne lui a jamais rien fait qui puisse être interprété comme un abus ; c’était une invention totale du début à la fin.”
Après deux enquêtes distinctes dans les années 1990, Woody Allen “n’a pas été inculpé”, rappelle The Guardian. Mais Dylan Farrow “a maintenu qu’elle avait été maltraitée et ses allégations ont été prises en compte à l’époque de #MeToo”. Des actrices comme Ellen Page et Greta Gerwig ont déclaré qu’elles “ne travailleraient plus avec Allen” et son dernier film, Un Jour de pluie à New York, n’est pas sorti aux États-Unis.
Le dernier et si discret hommage rendu aux victimes du Covid-19
Par Lucas Barioulet
Le photographe Lucas Barioulet a suivi les obsèques, d’un Ehpad de Paris à Ruffieu, dans l’Ain, d’une victime du Covid-19. Enterrée seule, ou presque, dans le cadre des dispositions relatives à la lutte contre le virus.
Il enfile des gants, puis il protège son visage d’un masque. « En vingt ans de métier, jamais je ne me suis occupé d’une mise en bière immédiate dans de telles conditions », confie Gilles de Percin, assistant funéraire. Dans la chambre étriquée de l’Ehpad du 20e arrondissement de Paris où il pénètre, deux employés des pompes funèbres sont déjà là. Le décès a eu lieu à 4 h 30, ce mercredi 18 mars. Il est 14 heures, il faut donc faire vite. Pas de soins ni de toilette, les mesures sont strictes : la défunte, 89 ans, compte parmi les victimes du Covid-19. « Nous n’avons touché le corps que pour l’envelopper dans deux poches plastiques au lieu d’une, pour plus de sécurité », explique Micaïah, jeune employé des pompes funèbres.
Gilles de Percin doit organiser les obsèques en un temps record : vingt-quatre heures, et uniquement par téléphone. « Nous ne pouvons recevoir les familles en face-à-face, c’est difficile dans un métier ou le contact humain est essentiel », se désole-t-il. Deux agents de la police administrative entrent à leur tour dans la pièce. C’est à eux que revient la tâche de sceller le cercueil en l’absence de famille. « En ce moment, nous avons deux à trois cas par jour », constate l’un d’eux avant de repartir aussitôt. Une fois le cercueil placé dans le corbillard, direction l’église Saint-Gabriel, à quelques centaines de mètres de là. Le père Luc, proche de la défunte, a ouvert exceptionnellement sa paroisse.
Une prière pour les victimes
Dans le cadre des mesures liées à la lutte contre le Covid-19, la Conférence des évêques de France a fixé à vingt le nombre maximum de personnes autorisées à assister à une cérémonie d’obsèques. Mais, aujourd’hui, ils ne sont que deux à avoir pu faire le déplacement. Louis, un ami qui vit en Ile-de-France, est venu avec sa voiture et muni de son attestation, pour dire quelques mots. Il s’attendait à ce qu’il n’y ait personne. « Cette dame a donné sa vie aux autres [elle travaillait dans l’aide sociale] et quand elle part, il n’y a personne. C’est très dur », s’attriste le père Luc face aux sièges vides. La musique résonne. Quatre employés funéraires portent le cercueil, sur leurs épaules, jusqu’au chœur.
Depuis l’autel, le père Luc appelle à un moment de prière, pour la défunte, et pour toutes les autres victimes de la maladie. A quelques mètres, un paroissien prie, lui aussi, les mains gantées et croisées sur la poitrine. Après une courte cérémonie, le cercueil est chargé dans le corbillard. Anthony, jeune assistant funéraire de 21 ans, prend place au volant. L’inhumation aura lieu le matin suivant à 11 heures au cimetière de Ruffieu, alors il préfère partir tôt et dormir sur place. Après 5 heures de route et un contrôle de police, à 23 heures, le corps arrive dans l’Ain.
Le lendemain, seuls deux membres de la famille et deux habitantes du village sont réunis au cimetière autour du caveau familial. « D’autres voulaient venir mais le commissariat les en a dissuadés », commente Régis, le neveu de la défunte. Les mains gantées de caoutchouc, les employés des pompes funèbres locales se préparent en retrait : ils saisiront le cercueil par les poignées pour ne pas avoir de contact avec le bois. « Il ne sera pas possible de toucher le cercueil, j’en suis sincèrement navré », chuchote l’un des assistants funéraires. Régis s’approche alors doucement et se recueille une longue minute, immobile, avant de quitter le cimetière, en silence.
ALERTE-France-Coronavirus: Les rassemblements pour des obsèques limités à une vingtaine de personnes (E.Philippe)
Invité de TF1, le Premier ministre interrogé sur la question douloureuse des obsèques précise que les rassemblements à cette occasion seront limités à « une vingtaine de personnes ».
A la télévision ce soir - sur Canal + (en clair) - LE ROI LION
LE ROI LION Mardi 24 mars 20 h 55
Revoilà les aventures du jeune lion Simba, fils du roi Mufasa, destiné à devenir le seigneur de la savane. Mais, dans l’ombre, son oncle Scar convoite le trône. Avec les hyènes, celui-ci échafaude un plan perfide pour se débarrasser de son frère et de son neveu. Après Le Livre de la jungle, Jon Favreau s’attaque à une seconde adaptation d’un classique animé des studios Disney. Son impressionnante et somptueuse version en images de synthèse ravira petits et grands. Une belle réussite.
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Là encore, un film inédit vient se glisser dans nos recommandations. Le Roi lion, l’adaptation en live-action signée Jon Favreau du Disney de 1994 débarque sur vos écrans mardi 24 mars prochain, à partir de 21 heures. Une adaptation très proche de l’original, qui résulte d’une prouesse technique remarquable. La critique de Première en témoigne : "Aucun animal n’est réel. Simba, Sfar, Mufasa et Nala sont créés en images de synthèse. Et l’excellence des effets spéciaux (qu’on doit à MPC, la compagnie qui a permis au Livre de la jungle réalisé par le même Jon Favreau de décrocher l’Oscar des effets visuels) est admirable. On est éblouis par la manière dont il parvient à doter les animaux d’émotion. La scène d’ouverture où le couple royal vient présenter son rejeton à l’ensemble des animaux procure des frissons. Disney a créé un nouvel hybride qui pousse l’animation encore plus loin en l’enrichissant d’images documentaires. La prouesse technique mérite d’être saluée."
Coronavirus : Sorties sportives limitées, marchés fermés… Edouard Philippe annonce un durcissement du confinement
Invité du journal de TF1, lundi soir, le Premier ministre a estimé que le confinement pourrait encore durer « quelques semaines »
Il va signer un nouveau décret ce lundi soir, qui s’appliquera dès mardi. Face à la crise du coronavirus, Edouard Philippe a apporté des « précisions » pour durcir les exceptions au confinement. Au programme : des sorties sportives limitées à une heure quotidienne dans un rayon d’un 1 km autour du domicile, une fermeture des marchés ouverts sauf en cas de dérogation demandée par les maires, et des visites médicales restreintes aux urgences et aux soins chroniques. Alors que le Conseil scientifique doit rendre son avis mardi, le Premier ministre a estimé que « le temps du confinement pourrait encore durer quelques semaines ».
« Je sais que beaucoup de nos concitoyens aimeraient pouvoir retrouver le temps d’avant, mais il n’est pas pour demain. Le temps du confinement pourrait durer quelques semaines », a déclaré Edouard Philippe. Le nouveau décret va apporter des restrictions dans trois domaines :
Les sorties sportives ou pour promener un chien seront limitées « à 1 heure, une seule fois par jour, tout seul, dans un rayon maximum de 1 km autour de chez soi ». Il faudra donc inscrire l’horaire, en plus de la date, sur l’attestation.
Les marchés ouverts seront fermés mais « les préfets, sur avis des maires, pourront déroger à cette interdiction », selon le Premier ministre, notamment dans les villages.
Les visites chez le médecin doivent être limitées « aux urgences et aux soins programmés », notamment pour les maladies chroniques.
« Besoin d’une réserve civique »
Disant « chapeau » aux personnels soignants, Edouard Philippe a promis une « montée en puissance pour être capable de faire face à cette vague », notamment en « augmentant le nombre de lits en réanimation ou en soins intensifs » et en « garantissant à tous les soignants un accès au matériel indispensable : masques mais aussi blouses, lunettes, charlottes ou respirateurs ».
« Nous avons besoin d’une réserve civique pour accompagner les personnes âgées, en veillant à respecter les consignes de sécurité que nous imposons et notamment le confinement », a encore estimé le locataire de Matignon. Il a appelé les plus jeunes à, par exemple, aller faire les courses pour une personne âgée en laissant les commissions sur le palier.
Pas de couvre-feu national prévu pour l’instant
Du côté des verbalisations, les 135 euros d’amende forfaitaire doivent passer à 1.500 euros en cas de récidive « dans les 15 jours ». Et alors qu’une trentaine de villes ont imposé un couvre-feu, « nous ne voulons pas le faire à l’échelle de tout le pays », a assuré Edouard Philippe. Mais selon lui, l’Etat « n’hésitera à prendre des mesures de couvre-feu là où la situation sanitaire l’impose », en concertation avec les maires et les préfets.
Selon le Premier ministre, « nous ne sommes pas dans une logique de confinement absolu et général du pays, il faut que les gens mangent et que d’autres produisent ». Mais il l’a martelé : « Il faut que nos concitoyens respectent très strictement les consignes de restriction ». Il s’agit selon lui « d’un effort de solidarité nationale ».





















