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Jours tranquilles à Paris

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17 mars 2020

Critique - Le Corbusier et le fascisme, une polémique sans fin

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Par Isabelle Regnier

Un livre proposé par la fondation consacrée à son œuvre tente de dédouaner l’architecte-urbaniste de lourdes accusations.

La parution d’un ouvrage collectif, Le Corbusier 1930-2020, polémiques, mémoire et histoire, vient rouvrir l’épineux dossier des liens du grand architecte avec le fascisme.

En 2015, trois biographies explorant cette face sombre du personnage avaient gâché les célébrations du cinquantenaire de sa mort : Un Corbusier, de François Chaslin (Seuil) ; Le Corbusier, un fascisme français, de Xavier de Jarcy (Albin Michel) et Le Corbusier, une froide vision du monde, de Marc Perelman (Michalon).

Alors que le Centre Pompidou, à Paris, lui consacrait une grande exposition, que la Fondation Le Corbusier bataillait depuis des années pour faire inscrire son œuvre au patrimoine mondial de l’Unesco – ce qui a finalement été fait en 2016, via le classement de dix-sept de ses bâtiments –, ces livres mettaient à jour, entre autres, un antisémitisme de jeunesse, des liens avec des membres du groupe fasciste français Le Faisceau, son voyage dans l’Italie de Mussolini en 1934, les propos laudatifs qu’il a pu tenir sur Hitler dans les années 1930, son choix de s’installer à Vichy entre janvier 1941 et juillet 1942…

Attentif à inscrire l’attitude du personnage dans le trouble de son époque tout en posant frontalement la question de sa responsabilité morale, François Chaslin ne cachait pas, dans son livre, l’admiration émue que lui inspire le génie du créateur. Beaucoup plus critiques, Xavier de Jarcy et Marc Perelman trouvent, eux, dans l’attitude politique de l’architecte-urbaniste des arguments forts pour disqualifier son œuvre.

Climat de l’époque

Réalisé à l’initiative de la Fondation Le Corbusier, dirigé par l’historien Rémi Baudouï avec la collaboration scientifique du responsable du Centre de recherche de la fondation, Arnaud Dercelles, l’ouvrage qui vient de paraître réunit les contributions d’un colloque organisé en 2015 au Centre Pompidou, quelques mois après la clôture de l’exposition, en réaction à la polémique, et leur adjoint quatre textes inédits.

Des articles spécifiquement consacrés à Le Corbusier alternent avec d’autres, plus généraux, sur le climat de l’époque, l’ensemble visant à laver l’architecte des accusations qui ont été portées contre lui à un moment où un musée Le Corbusier (où la Fondation prévoit en outre de se relocaliser) est en gestation à Poissy (Yvelines).

En février 2019, l’annonce du projet avait relancé la polémique. Dans Le Monde, une tribune initiée par Xavier de Jarcy et Marc Perelman, qui venaient de publier ensemble un nouveau livre (Le Corbusier, zones d’ombre, Editions Non-Standard, 2018), dénonçait une « entreprise de réhabilitation d’un homme qui s’est réjoui de la défaite française de juin 1940, avant de se faire recruter par le régime collaborationniste du maréchal Pétain ».

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A la même époque, un projet de construction de tours aux abords de la Cité radieuse du Corbusier à Marseille avait suscité des inquiétudes quant au maintien de son classement au patrimoine mondial de l’Unesco.

Brandissant la haute exigence scientifique et historique de leur démarche pour mieux dénigrer le travail des biographes, Rémi Baudouï et Arnaud Dercelles leur reprochent, sans jamais vraiment étayer leur propos ni chercher à les distinguer les uns des autres, d’avoir interprété un faisceau de faits concordants « sans discernement » et d’en avoir tiré des conclusions « arbitraires ».

Leur approche est inverse. Identifiant certains des ces faits (en en ignorant d’autres), ils les ont isolés pour les analyser chacun à la lumière d’un contexte spécifique qui vient en quelque sorte en relativiser la portée, et blanchir, au bout du compte, le personnage. Dans leur texte d’introduction, ils le dépeignent comme « le bouc émissaire » de « nos doutes et de nos angoisses sociétales », victime d’une « chasse aux sorcières ».

Atavisme familial

Son antisémitisme de jeunesse est ainsi analysé comme un atavisme familial typique de l’époque, nourri de « stéréotypes courants dans les petites bourgeoisies françaises » (« Le Corbusier et les Juifs, propos privés et retenue publique », par Jean-Louis Cohen). Une faiblesse d’autant plus excusable, ajoute ce grand spécialiste de Le Corbusier, qu’elle ne l’aura pas empêché d’avoir des amis et des employés juifs et d’inspirer, en tant qu’architecte, comme le développe Tzafrir Fainholtz, toute une génération d’architectes israéliens (« Le Corbusier et le mouvement sioniste »).

Aucun lien, donc, avec la décision qu’il prendra de s’installer à Vichy. Les dix-sept mois passés dans la capitale de l’« Etat français », entre janvier 1941 et juillet 1942, sont analysés à la lumière d’un apolitisme viscéral, auquel Josep Quetglas consacre un article entier.

Couplé avec un antiparlementarisme farouche, ce singulier mélange de « naïveté », d’« égoïsme » et d’« opportunisme professionnel » (qui veut construire doit courtiser le pouvoir) expliquerait de la même manière, selon Rémi Baudouï, les louanges à l’égard d’Hitler. Dans un texte intitulé « Le Corbusier, 1938-1945 », l’historien et spécialiste insiste sur le fait qu’« il est difficile de cerner la nature même ce que l’on pourrait appeler “la collaboration architecturale” », et qu’« en aucune manière Le Corbusier ne peut être suspecté de compromission avec le régime de Vichy et la collaboration d’Etat ».

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IL FAUT ATTENDRE LA PAGE 267 DU LIVRE ET L’ARTICLE DU PHILOSOPHE FRANÇOIS WARIN POUR VOIR L’ATTITUDE POLITIQUE DE L’ARCHITECTE CONDAMNÉE SANS AMBIGUÏTÉ

Sur la question des liens qu’il aurait entretenus avec Le Faisceau, Mary McLeod estime qu’ils auraient été abusivement déduits de sa participation à Plans et à Prélude durant les années 1930 : les fondateurs de ces revues avaient, certes, été des membres actifs du groupe fasciste français, mais ne l’étaient plus à cette époque (« Le Corbusier, planification et syndicalisme régional »). « Une semaine particulière », le texte d’Olivier Cinqualbre, invite, quant à lui, à interpréter le voyage en Italie effectué par Le Corbusier en 1934, et la dédicace qu’il a tenu à faire d’un de ses livres au Duce à l’aune de la curiosité dont témoignait tout le milieu de l’architecture française pour l’architecture fasciste naissante.

Il faut attendre la page 267 du livre et l’article du philosophe François Warin (« Le Corbusier et l’esprit du temps ») pour voir l’attitude politique de l’architecte condamnée sans ambiguïté. Sont évoquées notamment des « sympathies coupables », des « accointances détestables », des « compromissions suspectes », non sans dénoncer « l’instrumentalisation à laquelle elles donnent souvent lieu afin de discréditer une œuvre qui ne le mérite pas ».

Cet excellent article ne suffit pas à dissiper les doutes qui enveloppent le livre. Ce qui renvoie à ce qu’écrivait François Chaslin dans son savoureux pamphlet Rococo (Editions Non-Standard, 2018), qui revenait sur l’emballement médiatique provoqué par les trois biographies de 2015 et la levée de boucliers qu’elles ont suscitée en retour dans le petit milieu corbuséen. Un musée qui célébrerait le génie tout en explorant les ambiguïtés politiques et morales de l’homme pourrait avantageusement dépassionner les débats et éteindre pour de bon le feu de la polémique. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

« Le Corbusier 1930-2020, polémiques, mémoire et histoire », éd. Tallandier, 384 p., 20,90 €.

http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/le%20corbusier

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17 mars 2020

Coronavirus - gel hydroalcoolique

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17 mars 2020

Récit - « Nous sommes en guerre » : face au coronavirus, Emmanuel Macron sonne la « mobilisation générale »

charlie

Par Alexandre Lemarié, Cédric Pietralunga

L’épidémie s’étend de manière « inquiétante » et le chef de l’Etat a pris la décision de confiner l’ensemble des Français et de repousser le second tour des municipales.

« Nous sommes en guerre. » A six reprises, Emmanuel Macron a utilisé la même expression. Un ton martial, visant à sonner la « mobilisation générale » contre un « ennemi (…) invisible, insaisissable ». Lors d’une allocution solennelle de vingt et une minutes lundi soir 16 mars – la deuxième en cinq jours –, le chef de l’Etat a annoncé un arsenal de mesures d’une radicalité inédite, afin de lutter contre la pandémie du coronavirus.

« Jamais la France n’avait dû prendre de telles décisions en temps de paix », a souligné d’emblée M. Macron, dans une position de père de la nation qu’il affectionne.

Après des jours, voire des semaines d’atermoiements, l’exécutif s’est décidé à faire basculer la France dans un régime d’exception, suivant l’exemple de l’Italie ou de l’Espagne. Alors que les médecins sonnent l’alarme, en raison du virus qui s’étend de manière « inquiétante » dans le pays, selon les autorités sanitaires, M. Macron a pris la décision de confiner l’ensemble des Français sur le territoire métropolitain mais aussi en outre-mer.

A partir de mardi midi, il ne sera plus possible de sortir de chez soi si ce n’est pour se soigner, faire ses courses ou aller travailler. Un confinement prévu pour une durée de « quinze jours au moins » mais qui pourrait être prolongé si la situation l’exige. « Seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires », a souligné le président de la République, prévenant que « toute infraction à ces règles sera sanctionnée ». Des amendes allant jusqu’à 135 euros pourront être dressées, a précisé le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

« La figure de Clemenceau »

Pour convaincre les Français « d’accepter ces contraintes » et de limiter leurs contacts à cinq personnes par jour, comme l’a demandé le ministre de la santé Olivier Véran, le chef de l’Etat a volontairement utilisé un vocabulaire guerrier, parlant d’un nécessaire « combat contre l’épidémie, de jour comme de nuit ». « Nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse », a-t-il dramatisé. « La figure de Clemenceau lui a clairement servi d’inspiration », souffle l’un de ceux qui ont échangé avec l’hôte de l’Elysée durant la crise.

Après avoir consulté ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais aussi les présidents du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), et de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (La République en marche), Emmanuel Macron a également annoncé le report du second tour des élections municipales, prévu dimanche prochain. Une décision présentée un peu plus tôt par le premier ministre, Edouard Philippe, aux chefs de partis politiques et de groupes parlementaires, en proposant la date du 21 juin.

Concrètement, l’élection des quelque 30 000 maires élus dès le premier tour devrait être validée. Pour les 5 000 autres candidats, les résultats sont gelés. Un temps évoqué pour mardi soir, le dépôt des listes en vue du second tour est finalement repoussé à une date ultérieure.

Une vraie volte-face de M. Macron, qui avait renoncé à reporter le premier tour malgré la pression de nombreux élus. Mais l’exécutif n’avait d’autre choix, tant l’épidémie a pris un tour incontrôlable. Selon le décompte tenu par les autorités, 1 210 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés rien que pour la journée de lundi, portant le nombre total de personnes infectées à 6 633. Et encore, ce chiffre ne prend pas en compte les malades ne présentant pas de symptômes importants, qui ne sont plus testés.

Mobiliser toutes les ressources de l’Etat

Depuis l’apparition du coronavirus, 148 décès ont été constatés en France, et ce chiffre ne cesse de s’accroître, notamment en Ile-de-France et dans les Grand Est, les deux régions les plus touchées. « La situation sanitaire se dégrade fortement », a lui-même reconnu le chef de l’Etat, assurant qu’une « vague de cas graves (…) déjà se profile dans certaines régions ».

Pour répondre à cette « crise sanitaire », ce dernier s’est dit prêt à mobiliser toutes les ressources de l’Etat afin d’aider les personnels soignants. Dans le Grand Est, un « hôpital de campagne » sera ainsi installé « dans les jours à venir » en Alsace, et les militaires se chargeront de transporter les malades des régions les plus touchées vers celles moins atteintes, afin d’éviter les engorgements. De même, des taxis seront payés par l’Etat pour emmener travailler les personnels soignants ne disposant pas de véhicules, sorte de version moderne des Taxis de la Marne, utilisés au début de la première guerre mondiale pour arrêter l’avancée des Allemands.

« La Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité », a souligné le chef de l’Etat, en annonçant la distribution de masques à partir de mardi, en priorité aux personnels hospitaliers et aux médecins libéraux.

Alors que la récession menace, Emmanuel Macron a également promis d’aider les entreprises autant qu’il le faudra. Leurs prêts bancaires seront garantis par l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros. Un dispositif « exceptionnel » de report de charges fiscales et sociales sera mis en place et les PME verront leurs factures de gaz ou d’électricité, ainsi que les loyers, suspendus pour la durée nécessaire. Pour les salariés, le dispositif de chômage partiel « sera massivement élargi ». « Pour les entrepreneurs, commerçants, artisans, un fonds de solidarité sera créé, abondé par l’Etat, et auquel le premier ministre [Edouard Philippe] proposera aux régions aussi de contribuer », a ajouté le chef de l’Etat.

« Plus aucune entreprise ne doit rencontrer de difficultés de financement dans les mois à venir », a abondé dans la soirée le ministre de l’économie Bruno Le Maire, précisant avoir demandé aux banques de « reporter de six mois le remboursement de crédit des entreprises, sans frais ».

Eviter un mouvement de panique

Pour autant, M. Macron a tenté de se montrer rassurant. Volontairement, il n’a pas utilisé le mot « confinement », préférant parler de « déplacements (…) très fortement réduits ». De même, il n’a pas suivi à la lettre la recommandation du conseil scientifique, chargé d’éclairer l’exécutif. Selon nos informations, celui-ci avait proposé deux options au chef de l’Etat : soit laisser un délai de 48 heures avant un confinement « à l’italienne », soit confiner immédiatement l’ensemble des Français.

« Le professeur Delfraissy [président du conseil scientifique] a clairement indiqué que leur recommandation était l’option deux », indique un élu au fait des discussions. Une option non retenue par le chef de l’Etat, qui craignait un mouvement de panique si les Français s’étaient sentis piégés par ses annonces. Ce qui n’a pas empêché de nombreux Parisiens de s’exiler à la campagne, lundi, et des files d’attente devant les supermarchés…

Autre signe d’apaisement, le chef de l’Etat s’est engagé à suspendre « toutes les réformes en cours », y compris celle des retraites. Un peu plus tôt, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait également annoncé le report au 1er septembre de la mise en œuvre des nouvelles règles de l’assurance-chômage, qui durcissent le calcul de l’allocation, notamment pour ceux qui cumulent les contrats courts, et qui devaient initialement entrer en vigueur le 1er avril.

Ces nouvelles dispositions « permettant de répondre à l’urgence » doivent être entérinées par un projet de loi, qui doit être discuté au Parlement dès jeudi, après avoir été présenté en conseil des ministres la veille. De quoi donner des sueurs froides aux députés, dont certains s’inquiètent à l’avance de se retrouver confinés au Palais-Bourbon… « C’est flippant mais on n’a pas le choix », confie un élu macroniste, qui n’exclut pas de siéger avec un masque.

« L’Elysée navigue à vue »

Dans l’opposition, les critiques ont fusé immédiatement après le discours du chef de l’Etat. Loin du climat d’unité nationale, recherché par l’exécutif. Alors que les écologistes ont regretté « une rhétorique guerrière inutile », la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a dénoncé de son côté des instructions pas « suffisamment claires pour que chacun comprenne qu’il s’agit de confinement ». « Une sorte de flou », également pointé par le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Certains reprochent ouvertement à l’exécutif d’avoir tardé à réagir, avant que la situation empire. A l’instar du patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, pour qui « l’aggravation de la crise sanitaire et la crise démocratique, qui découle du maintien du premier tour des municipales, auraient pu être évitées si l’on n’avait pas invité 20 millions de Français aux urnes ». Aux yeux de l’ex-ministre de François Hollande, la responsabilité de M. Macron est directement en cause : « Au lieu d’annoncer des restrictions au goutte à goutte, le président de la République aurait dû prendre des mesures beaucoup plus radicales dès jeudi dernier. Quitte à être impopulaire. Mais il ne les a pas prises. »

Des critiques également formulées à l’intérieur même de l’appareil d’Etat. « L’Elysée navigue à vue et affine les mesures au vu des échecs encaissés. C’est de l’amateurisme », se désole une source gouvernementale, au cœur des discussions. Avant de préciser : « On a donné l’alerte il y a plusieurs jours, en préconisant des mesures très fortes, notamment le report des municipales, mais nos avertissements ont été pris à la légère. Le risque a été minimisé. »

Reste une question, à laquelle le chef de l’Etat n’a pas répondu : combien de temps le confinement va-t-il durer ? Un moment, une période de 45 jours a été évoquée par des élus. Mais elle n’a jamais été confirmée par l’exécutif. Lors de son allocution, M. Macron a parlé d’une période de « quinze jours au moins », laissant entendre que celle-ci pourrait être prolongée autant que de besoin mais que « nul ne peut savoir ». « On pourra mettre fin au confinement, a assuré le ministre de la santé Olivier Véran. Mais sans confinement, on ne pourra pas mettre fin à l’épidémie. »

presse21

16 mars 2020

Elections Municipales - 1er tour

abstention

16 mars 2020

L'ancien prêtre Bernard Preynat est condamné à cinq ans de prison ferme pour agressions sexuelles

Lors du procès de cet ancien curé, qui s'est tenu en janvier à Lyon, le ministère public avait requis au moins huit ans de prison ferme à l'encontre du prévenu, aujourd'hui âgé de 75 ans.

L'ancien prêtre Bernard Preynat a été condamné, lundi 16 mars, à cinq ans de prison ferme pour des agressions sexuelles commises sur des jeunes scouts dans le diocèse de Lyon. Le ministère public avait requis au moins huit ans de prison ferme à l'encontre du prévenu, aujourd'hui âgé de 75 ans, au cours de l'audience en janvier. Ce procès était très attendu depuis l'éclatement de l'affaire fin 2015, quand des plaintes avaient enfin été déposées, éclaboussant la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin. Condamné en première instance pour ses silences sur l'affaire, l'ancien archevêque de Lyon a été relaxé en appel et a démissionné du diocèse le 6 mars.

Bernard Preynat était présent au rendu du délibéré. Le jugement du tribunal correctionnel n'ordonne pas de mandat de dépôt, selon l'avocat de l'ancien prêtre, Frédéric Doyez. Il a été rendu dans un palais de justice fermé au public et à la presse, les portes des tribunaux étant closes à partir de lundi en raison de l'épidémie de nouveau coronavirus sauf pour le traitement des "contentieux essentiels", avait annoncé dimanche la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

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16 mars 2020

Marisa Papen

marisa97

16 mars 2020

Coronavirus : la liste des commerces autorisés à ouvrir publiée au « Journal officiel »

La situation de l’épidémie de coronavirus en France « est très inquiétante » et « se détériore très vite », selon le directeur général de la santé.

Le bilan de l’épidémie due au coronavirus a grimpé dimanche 15 mars à 127 morts et 5 423 cas confirmés en France, soit 36 morts et plus de 900 cas supplémentaires en vingt-quatre heures, la plus forte augmentation quotidienne des cas et décès depuis l’apparition du virus dans le pays, qui est officiellement entré samedi dans le stade 3 de l’épidémie. Plus de 400 personnes sont hospitalisées dans un état grave.

Quels commerces restent ouverts ?

Grandes surfaces, commerces alimentaires, pharmacies, marchands de journaux, pompes funèbres ou banques : le gouvernement a fait la liste des commerces qui pourront ouvrir dans le cadre des mesures de confinement, dans un arrêté paru lundi 16 mars au Journal officiel.

Le gouvernement ordonne depuis dimanche la fermeture des lieux « non indispensables », dont notamment les restaurants et les bars, mais un flou demeurait sur les commerces autorisés à ouvrir. Le premier ministre, Edouard Philippe, avait évoqué samedi les magasins alimentaires, les pharmacies, les banques, les bureaux de tabac et les stations-essence. L’arrêté liste, entre autres, les commerces suivants autorisés à rester ouverts :

- les grandes surfaces de différentes tailles ;

- les supérettes, supermarchés et hypermarchés ;

- les boulangeries ;

- les commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés ;

- les boucheries, poissoneries et primeurs ;

- les revendeurs d’équipements d’automobiles et de deux-roues ;

- les fournisseurs des agriculteurs ainsi que leurs équipementiers ;

- les vendeurs et réparateurs d’ordinateurs ou de téléphonie ;

- les blanchisseries ;

- les services funéraires.

Sur un autre plan, les lieux de cultes, comme les églises, resteront ouverts mais ne peuvent accueillir plus de vingt personnes, sauf en cas d’enterrements pour lesquels aucune limite n’est donnée.

En conformité les mesures de confinement décidées par le gouvernement, la SPA (Société protectrice des animaux), comme toutes les associations de protection animale, va fermer au public tous ses refuges jusqu’à nouvel ordre.

Macron réunit à midi un « Conseil de défense »

Emmanuel Macron réunit lundi midi un déjeuner de travail « en format Conseil de défense », a annoncé l’Elysée, afin de décider des nouvelles mesures à prendre pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

Le chef de l’Etat devait également s’entretenir à 10 heures avec la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, la chancelière Angela Merkel et le président du Conseil Charles Michel pour discuter d’un éventuel contrôle renforcé aux fontières européennes, avant la visioconférence des leaders G7 à 15 heures.

La situation « se détériore très vite »

La situation de l’épidémie de coronavirus en France « est très inquiétante » et « se détériore très vite », a déclaré lundi sur France Inter le directeur général de la santé Jérôme Salomon, craignant une éventuelle « saturation » des hôpitaux.

« Le nombre de cas double désormais tous les trois jours », mais « je voudrais surtout que nos concitoyens se rendent compte qu’il y a des personnes qui sont malades, en réanimation et dont le pronostic vital est engagé, et ces personnes se chiffrent en centaines », a-t-il insisté.

« Il y a une inquiétude que cette rapidité de l’épidémie entraîne une saturation du système hospitalier français, ce que nous voulons absolument éviter », a déclaré Jérôme Salomon, citant notamment la situation difficile en Alsace et en Ile-de-France, et appelant une nouvelle fois à la responsabilité de la population, reprenant à son compte le « cri l’alerte » lancé par les soignants : « Reste chez toi, c’est aussi simple que ça. »

Restrictions : « toutes les mesures » envisagées

En matière de restrictions, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a qualifié lundi de « fake news » les rumeurs d’un confinement total immédiat qui circulaient la veille mais a affirmé que le gouvernement prendrait « toutes les mesures » qui permettront de « modifier en profondeur les comportements » face au coronavirus.

« Cette histoire de décret [dès dimanche sur un confinement de la population] était une fake news. Il n’en reste pas moins que nous prendrons toutes les mesures qui peuvent être utiles pour faire en sorte de modifier en profondeur les comportements » pour endiguer la progression du virus, a-t-elle assuré sur France Inter.

Ce lundi représente par ailleurs le « jour J » pour la fermeture des écoles. Elèves, parents et enseignants entrent en terrain inconnu et devront organiser des cours à la maison pour éviter la propagation du coronavirus, même si, pour beaucoup et malgré les annonces du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer sur des outils à distance, c’est encore « le grand flou ».

Pas de pénurie alimentaire, assure Didier Guillaume

Il n’y a pas de pénurie alimentaire en France, a déclaré lundi le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, appelant les Français à ne pas vider les rayons en faisant des réserves excessives. « Il n’y aura pas de problème d’approvisionnement de l’alimentation », a dit M. Guillaume sur la chaîne CNEWS, tout en reconnaissant que « peut-être que certaines gammes de produits ne seront pas toutes là ». Le ministre de l’Agriculture a toutefois mis en garde sur le risque de dévaliser les rayons en faisant des réserves excessives : « N’allez pas acheter cinq kilos de pâtes, dix litre d’huile, vingt litres de lessives. »

Mesures pour les personnes employées à domicile

La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a annoncé la mise en place d’un « système similaire au chômage partiel » pour les personnes employées à domicile (assistantes maternelles, femmes de ménage...) qui n’ont plus de travail ou ont moins de travail. Les employeurs continueront de les rémunérer à hauteur de 80 % de leur salaire habituel et ils se feront ensuite rembourser. « Elles toucheront 80% de leur salaire, l’employeur fera l’avance et on le remboursera par le CESU », a expliqué Mme Pénicaud.

Pour les travailleurs indépendants, une décision sera prise dans les heures ou les jours qui viennent, a indiqué Mme Pénicaud. La perte de leur chiffre d’affaires sera indemnisée « soit par un fonds d’indemnisation, soit une dérogation aux arrêts maladie », a expliqué Mme Pénicaud. La réforme de l’indemnisation du chômage, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, va être reportée au 1er septembre, a aussi annoncé la ministre du travail.

16 mars 2020

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jaime57

16 mars 2020

Coronavirus : l’exécutif réfléchit à confiner les Français

Dimanche, le confinement total de l’ensemble de la population et l’annulation du second tour des élections municipales ont été envisagés.

Par Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié Publié - Le Monde

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Place de la République à Paris, le 15 mars. MARLENE AWAAD POUR « LE MONDE »

C’était le 6 mars, mais c’est comme si c’était il y a un siècle. Après avoir visité une maison de retraite à Paris, Emmanuel Macron s’était ce jour-là rendu avec sa femme, Brigitte, au Théâtre Antoine (10e arrondissement), pour y assister à une représentation de la pièce Par le bout du nez. On était alors au début de l’épidémie due au coronavirus SARS-CoV-2, et le chef de l’Etat voulait montrer que « la vie continue ».

« Il ne faut pas, sauf pour les populations fragiles, modifier les habitudes de sortie », avait alors déclaré M. Macron, selon des propos rapportés par le producteur Jean-Marc Dumontet, un très proche du couple présidentiel.

Dix jours plus tard, le temps n’est plus à l’innocence. Après avoir décidé, jeudi 12 mars, de fermer tous les établissements scolaires, puis, samedi 14 mars, les restaurants, bars, discothèques, cinémas, le chef de l’Etat envisage désormais de confiner tous les Français chez eux, comme l’ont déjà décidé l’Italie ou l’Espagne.

« Des Parisiens qui font comme si de rien n’était »

Une mesure jamais appliquée en France en temps de paix, mais qui pourrait être la seule façon de ralentir l’épidémie, qui ne cesse de s’étendre et prend des proportions qui effraient jusqu’au sommet de l’Etat.

Dimanche soir, le bilan était officiellement de 5 423 cas de Covid-19 en France, soit plus de 900 supplémentaires en vingt-quatre heures, et de 127 morts liés à la maladie. Un bilan que tous les médecins s’accordent à dire sous-estimé, tous les patients n’étant plus testés.

Moyen efficace d’enrayer l’escalade, le confinement de l’ensemble de la population a été évoqué lors d’une réunion téléphonique, dimanche après-midi, entre les directeurs de cabinet du gouvernement. Durant cette discussion, la liste des options possibles pour freiner la propagation du virus a été passée en revue, dont celle du confinement total. Une issue jugée désormais possible au sommet de l’Etat, au vu « des images des Parisiens qui font comme si de rien n’était », indique Matignon.

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Le long des quais de Seine à Paris, le 15 mars. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

« Si les Français ne respectent pas les mesures barrières comme on l’a vu dimanche sur les quais de Seine, aux Buttes-Chaumont ou au parc du Luxembourg, on va vers un modèle “à l’italienne”. C’est-à-dire un confinement total, hors courses nécessaires et activités de soignants, sécurité… », indique une source gouvernementale. « En fonction du degré d’appropriation de la distanciation sociale, on verra s’il est nécessaire d’aller plus loin », a reconnu la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, dimanche soir sur RTL.

Abstention record au premier tour des municipales

Lors de cette réunion, une annulation du second tour des élections municipales a également été étudiée. L’exécutif a confirmé, dimanche soir, qu’il demanderait leur avis aux autorités sanitaires sur l’opportunité de tenir le scrutin, prévu le 22 mars.

Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, a annoncé qu’il réunirait « à nouveau en début de semaine » les experts scientifiques et « les représentants des forces politiques » afin de prendre une décision. « Sans doute mardi », a précisé le ministre de la santé, Olivier Véran, sur France 2. « Mais les choses évoluent à une telle vitesse qu’il faut être prudent », nuance-t-on à Matignon. Le premier tour du scrutin, qui s’est déroulé dimanche, a été marqué par un taux d’abstention record estimé entre 53,5 % et 56 %.

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Bureau de vote à l’école Maurice-Korsec à Marseille, le 15 mars. FRANCE KEYSER / MYOP POUR « LE MONDE »

Parmi les personnalités politiques, le report du second tour des municipales ne fait en tout cas guère de doute. « Compte tenu [des] circonstances exceptionnelles et d’un éventuel confinement national à venir, le report d’un deuxième tour (…) me semble être plus prudent », a déclaré Damien Abad, le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale. « Le second tour n’aura manifestement pas lieu, compte tenu de l’aggravation prévisible de l’épidémie. Il faut considérer acquises les élections de premier tour et reporter les autres dans quelques mois », a demandé la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors d’une allocution dimanche. « Face à l’urgence sanitaire, relayée par de nombreux médecins, le président doit prononcer dès demain l’annulation du second tour », a abondé Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie.

Selon un sondage Harris Interactive publié dimanche, 54 % des Français disent ne pas comprendre la décision du gouvernement d’avoir maintenu le premier tour du scrutin.

Malaise de la majorité

Durant le week-end, l’exécutif s’était pourtant échiné à convaincre les Français que la démocratie serait plus forte que le Covid-19. Dimanche midi, Emmanuel Macron a lui-même justifié le maintien du premier tour au nom de « la vie démocratique » du pays. « Il est important de voter dans ces moments-là », a-t-il déclaré, après avoir glissé un bulletin dans l’urne au Touquet (Pas-de-Calais), tout en appelant les Français à respecter les consignes de prévention. « Les opérations de vote se dérouleront demain comme prévu et je sais que les Français démontreront à cette occasion leur calme, leur civisme et leur capacité à respecter les règles que nous avons édictées pour leur sécurité », avait aussi vanté Edouard Philippe samedi soir, lors de l’annonce de la fermeture de tous les commerces hors alimentaire.

Un ton péremptoire qui cache mal le malaise de la majorité face à la décision de l’exécutif d’organiser coûte que coûte ce scrutin. Tout l’après-midi de samedi et jusque tard dans la soirée, c’est une « bataille de titans » qui s’est jouée entre les partisans de l’annulation et ceux du maintien, selon un habitué de l’Elysée. Une sorte de répétition des débats qui s’étaient déjà tenus, jeudi, alors que le chef de l’Etat avait hésité à reporter le scrutin.

D’un côté, le président du MoDem, François Bayrou, et plusieurs députés importants de la majorité ont plaidé en faveur d’un report. « Dès jeudi, étant donné l’aggravation de la situation sanitaire, j’ai soutenu l’idée d’une annulation et d’un report des élections. Une conviction renforcée après les déclarations du premier ministre samedi soir. La situation pose beaucoup de questions pour le second tour », confie M. Bayrou, candidat à sa réélection comme maire de Pau.

A l’Elysée, le secrétaire général de la présidence, Alexis Kohler, aurait poussé dans le sens inverse, tout comme le directeur du cabinet d’Edouard Philippe, Benoît Ribadeau-Dumas. Une position également défendue, selon plusieurs sources, par le premier ministre lui-même. « Remettre en cause des élections n’est pas un acte anodin dans une démocratie », explique un conseiller au fait des discussions.

« Chantage inacceptable »

Mais la gravité de l’intervention du chef du gouvernement, samedi soir, a semé le trouble. Immédiatement après sa prise de parole, un sentiment de panique avait envahi le sommet du pouvoir : comment faire appliquer les consignes de confinement, tout en appelant 47,7 millions de Français aux urnes ? Comment justifier une telle décision, dans un contexte où la France vient de passer au stade 3 de la gestion de l’épidémie ?

« A vrai dire, je ne sais plus… », soufflait un ministre, samedi soir. Sur les coups de 23 heures, certains membres du gouvernement se demandaient encore si un conseil des ministres extraordinaire n’allait pas être convoqué avant minuit pour prendre un décret annulant la convocation des élections.

Redoutant que l’exécutif soit tenu responsable d’une accélération de la propagation de l’épidémie, plusieurs soutiens de M. Macron ont alors tenté de faire reposer le choix de maintenir le scrutin sur l’opposition, en chargeant en particulier le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, et celui de l’Association des maires de France, François Baroin, qui auraient fait pression de tout leur poids sur Emmanuel Macron, jeudi, pour que ce dernier renonce à annoncer un report.

« Larcher et Baroin on fait du chantage inacceptable en criant à la dictature », accusait samedi soir Stéphane Séjourné, aujourd’hui chef de file des eurodéputés macronistes

« Larcher et Baroin on fait du chantage inacceptable en criant à la dictature. En réalité, ils avaient en tête de protéger leurs intérêts électoraux », accusait, samedi soir, l’ex-conseiller de M. Macron, Stéphane Séjourné, aujourd’hui chef de file des eurodéputés macronistes. Un argumentaire repris par le patron de La République en marche (LRM), Stanislas Guerini, dimanche soir, sur France 2 : « Les formations politiques ont été réunies à deux reprises autour du premier ministre. A ce moment-là, pas une formation politique n’a demandé le report des élections. »

Une attaque jugée irrecevable par l’opposition, en particulier par le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, soulignant que « le premier ministre a rigoureusement écarté l’option de reporter les municipales », jeudi, lorsqu’il a reçu l’ensemble des responsables politiques à Matignon.

« Un jour, un bilan devra être tiré des décisions prises et surtout non prises », a attaqué de son côté Marine Le Pen, dimanche soir, en dénonçant les « atermoiements », « retards », ou encore « les choix idéologiques et contradictoires » de MM. Macron et Philippe. « Il y a un vrai risque que ça retombe sur le gouvernement », redoute un ministre.

Président « concentré » et « déterminé »

Des accusations balayées au sommet de l’Etat. « La vérité, c’est que nous avons une méthode : nous suivons les recommandations des scientifiques, explique un proche d’Edouard Philippe. Jeudi comme samedi, ils nous ont dit que le premier tour des élections municipales pouvait se tenir. C’est pour cela qu’on a maintenu le scrutin. On ne pouvait pas ajouter une crise politique à la crise sanitaire en prenant une décision unilatérale. »

Dans l’entourage du premier ministre, on observe d’ailleurs que « le consensus républicain évolue » sur la question d’un report du second tour. « Les déclarations de ce dimanche soir ne sont pas les mêmes que celles de jeudi dernier », analyse un conseiller.

Reste que la décision d’un confinement de l’ensemble de la population ne sera pas facile à prendre, tant les conséquences sur la vie quotidienne mais aussi l’économie seraient importantes.

Pour le moment, les proches d’Emmanuel Macron décrivent un président « concentré » et « déterminé ». « Il a le sentiment d’être d’une cohérence absolue, il n’a aucune envie de tomber dans la politique politicienne. Il doit à chaque étape embarquer le pays et toutes ses forces, sans effet de panique », observe un habitué du palais, qui échange nuit et jour avec lui.

Seule certitude, M. Macron devait tenir, lundi, une réunion par visioconférence avec les chefs d’Etat du G7, dont l’américain, Donald Trump. Objectif : faire le point sur l’avancée de la recherche et coordonner la réponse économique à l’épidémie. De son côté, Edouard Philippe devait de nouveau rencontrer, « en tout début de semaine », les responsables de parti et des associations d’élus, pour recueillir leur avis et les informer des décisions de l’exécutif. « On n’est qu’au début de la crise, le pic épidémiologique n’est pas encore en vue, souffle un conseiller de l’exécutif. On doit tenir sur la longueur. »

16 mars 2020

Elections municipales à Paris : Anne Hidalgo en tête, les Marcheurs et Cédric Villani se cassent les dents dans la capitale

hidalgo

ELECTIONS La maire sortante, Anne Hidalgo, arrive en tête au soir du premier tour des élections municipales à Paris. Un scrutin marqué par un taux abstention de 57,65 %

Anne Hidalgo arrive en tête dans la capitale avec 30% des voix.

Rachida Dati (22 %) et Agnès Buzyn (18 %) sont nettement distancées.

Pour l'emporter, la maire devra toutefois faire alliance avec l'écologiste David Belliard, et espère aussi rallier Cédric Villani.

Une avance confortable. La maire sortante Anne Hidalgo (PS), candidate à sa propre succession arrive en tête du premier tour des élections municipales à Paris. Selon les premiers résultats, elle obtient 30 % des voix. Derrière elle, se trouvent Rachida Dati (LR) à 22 % et Agnès Buzyn (LREM) à 18 %. Le candidat EELV, David Belliard arrive en quatrième position avec 11 % des voix, Cédric Villani obtient quant à lui 7 % et Danielle Simonnet (LFI) récolte 5 %. Serge Federbusch (RN) et Marcel Campion ferment la marche avec respectivement 1 % et 0,4 %. Duel à quatre, avance d’Hidalgo et faillite de Villani… 20 Minutes revient sur cette soirée électorale très spéciale marquée par la tenue incertaine d’un second tour.

Une avance confortable mais suffisante pour Anne Hidalgo ?

« Ce dimanche, dans ces circonstances hors-du-commun, vous avez fait le choix de me faire confiance ». Peu avant 22h, Anne Hidalgo prend la parole depuis son QG situé boulevard de Sébastopol (4e arrondissement). « Merci d’avoir choisi cette voie pour le premier tour », poursuit-elle après avoir salué les Parisiennes et Parisiens « qui se sont déplacés en nombre » et toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour tenir les bureaux de vote tout au long de la journée.

Si la maire sortante est en tête des résultats, elle le sait – comme tous les autres candidats – Paris ne peut se gagner seule. Elle a ainsi appelé « les écologistes, les progressistes, les humanistes » à la rejoindre. Une main plus que tendue à David Belliard mais aussi à Cédric Villani. Une sorte de grande coalition pour le climat – voulue initialement par les Verts – dont Anne Hidalgo prendrait la tête et qui pourrait lui permettre la victoire finale. « Unis, nous serons à même d’affronter les crises qui s’annoncent et tout particulièrement celle que nous traversons », a-t-elle conclu.

Un duel a quatre pour quelles alliances ?

Malgré des sondages favorables ces derniers mois, Rachida Dati ne réalise pas la percée attendue. Surtout, elle ne semble pas disposer pas d’une réserve de voix suffisante pour l’emporter. « J’appelle tous ceux qui veulent le changement à me rejoindre en n’écoutant qu’eux-mêmes et en gardant en tête qu’ils sont les seuls propriétaires de leur vote », a-t-elle martelé dans la soirée en appelant au « rassemblement ».

Du côté de La République en Marche, Agnès Buzyn qui avait remplacé Benjamin Griveaux en catastrophe, ne parvient finalement pas à percer. Le parti de la majorité présidentielle ne s’impose dans aucun arrondissement de la capitale, à l'exception du 9e arrondissement. Alors, peut-elle renverser la vapeur ? Des tractations et alliances par arrondissement pourraient très vite s’enclencher avec Les Républicains, notamment.

Quatrième candidat de cette équation, David Belliard​, a d’ores et déjà prévenu qu’il ne négociera pas tout de suite avec la maire sortante, étant donné la situation sanitaire. « Les conditions de tenue en toute sérénité du second tour ne seront pas réunies. J’appelle donc les autorités à le reporter. La santé de tous doit être notre boussole », a-t-il déclaré dans une allocution éclair.

Après la chute, quel avenir pour Cédric Villani ?

Le mathématicien parti très tôt en dissidence avec LREM ne réalise pas non plus son pari. Mais qui va-t-il rallier ? Lui, qui a affiché durant des mois sa « liberté ». « Ce soir, je vais réunir toutes mes têtes de liste pour discuter avec eux des suites qu’il faut donner à notre action, à notre engagement à cette campagne autour des valeurs de progrès et d’écologie », a-t-il déclaré sur France 3 Ile-de-France. Il n’a en tout cas pas indiqué s’il chercherait un accord avec Anne Hidalgo ou Agnès Buzyn.

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