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Jours tranquilles à Paris

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17 juin 2019

Le revolver avec lequel Vincent Van Gogh se serait donné la mort sera mis aux enchères demain

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17 juin 2019

Entretien - Ernest Pignon-Ernest : « Le dessin est le seul truc qui me valorisait »

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Photos ci-dessus : Ernest Pignon Ernest au cours d'une de ses expositions à Paris.

Par Denis Cosnard

Je ne serais pas arrivé là si… Le pionnier du street-art évoque l’impact de la guerre et des idées politiques sur son travail.

Depuis les années 1960, Ernest Pignon-Ernest fait vibrer les murs des villes en y collant des portraits grandeur nature, tracés au fusain : Rimbaud à Charleville-Mézières, Pasolini à Rome, Maurice Audin à Alger… Pionnier du street-art, l’artiste présente quatre cents de ses œuvres au Palais des papes d’Avignon à partir du 29 juin. Dans l’atelier parisien où il met la dernière main à cette rétrospective, il évoque son parcours, entre dessin et politique.

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’étais pas parti de Nice pour m’installer dans le Vaucluse, en 1966. J’avais 23 ans. Je travaillais déjà depuis l’âge de 15 ans et demi. Je dessinais à mi-temps chez un architecte, et j’ai vu que l’argent que j’avais gagné me permettrait de me consacrer pendant un an à la peinture. Depuis longtemps, j’avais la perspective d’être peintre. J’achète donc une camionnette, des rouleaux de toile, des tas de pinceaux, et je pars vers un Vaucluse un peu mythique, celui chanté par Pétrarque et René Char, celui du mont Ventoux. Sur place, je découvre un café abandonné, et j’en fais mon atelier.

Vous voici donc peintre…

C’est le projet. Or, à ce moment-là, apparaissent sur les murs de la région les affiches « La Provence Point Oméga » cosignées par Picasso et René Char, contre la force de frappe atomique, dont j’apprends l’installation à quelques kilomètres. Le nucléaire a marqué ma génération née pendant la guerre. Le thème s’imposait, il fallait peindre cette terrible confrontation entre la force atomique et les plus beaux paysages de France.

Mais…

Mais je ne suis pas Picasso ! Il m’était impossible de figurer ces centaines d’Hiroshima en sommeil sous les lavandes. La peinture ne pouvait être à la hauteur. C’était sur les lieux porteurs de ces tensions eux-mêmes qu’il fallait intervenir. J’avais découvert cette fameuse photo prise au lendemain d’Hiroshima, où l’éclair nucléaire a brûlé le mur, et ne reste que l’ombre portée d’un homme décomposé par l’explosion. A partir de cette photo, j’ai découpé un pochoir et je suis allé imprimer cette image sur les rochers, les murs, les routes vers le plateau d’Albion. Comme un fantôme noir qui stigmatise les lieux. Pour la première fois, j’inscrivais un signe humain, grandeur nature, dans des lieux, pour les révéler. Sans le savoir, je définissais ainsi ce qui serait une permanence de mon travail pendant cinquante ans.

Tant pis pour les rouleaux de toile et la grande peinture, donc ?

Oui. Selon Pline l’Ancien, l’ombre portée serait à l’origine du dessin : la fille du potier Ditubade aurait tracé sur un mur celle de son fiancé. C’est un peu la même chose ici, sauf que la lumière vient non du soleil, mais de l’éclair atomique.

Vous êtes né en 1942, en pleine guerre. Etait-elle une « ombre portée » dans votre enfance ?

Tout mon travail est nourri d’une relation à l’histoire, à ce qui nous a précédé. Nous étions cinq enfants, les quatre premiers étant nés entre 1937 et 1944. En pleine guerre, dans une famille modeste, ce n’était à vrai dire pas très malin… Je n’ai pas de souvenir du conflit même. Mais à 9 ans, j’ai été choisi pour déposer une couronne de fleurs sur la stèle de Pierre Merle, un instituteur arrêté par la Gestapo et mort dans les camps. J’ai toujours gardé cela en tête. Ce n’était pas une enfance triste pour autant. Nous avions la chance de vivre à Nice, d’aller à la mer toute l’année…

Votre famille s’intéressait-elle de près ou de loin à la peinture, à la culture ?

Mon père travaillait aux abattoirs de Nice et ma mère était coiffeuse. Pas souvenir d’un livre à la maison. Je vous raconte une anecdote : quand j’étais jeune, une amie avait montré mes dessins à Simone de Beauvoir, qui avait souhaité me rencontrer. Elle vient un jour me voir chez mes parents, alors que mon père est aux abattoirs. Quand il rentre, il pose sa mobylette dans le couloir, et voit Simone de Beauvoir sortir de ma chambre, avec son turban. Une fois la porte refermée, il s’exclame : « Et maintenant, tu te fais des vieilles concierges ? » Evidemment, il ne savait ni sa célébrité ni qui elle était.

Alors, d’où est venu votre goût pour le dessin ?

Notre culture, c’était le sport, la gym, le vélo, la plongée, le foot. Moi, je dessinais. Je peignais le pont du village de Sospel, la fontaine, dans un style carte postale. C’était le seul truc qui me valorisait un peu à l’école, dans lequel j’étais le meilleur. C’est sans doute pour cela que j’ai cultivé cette singularité.

Avant le Vaucluse, vous avez eu un premier contact avec Picasso…

Oui, en août 1954. J’avais 12 ans. J’ai découvert Picasso dans un numéro de Paris-Match, dans lequel il interprétait de 20 ou 30 façons différentes le portrait de Sylvette. Cela a été une révélation. Il m’a donné la liberté. On peut dessiner ce qu’on veut, comme on le veut.

Vous avez réalisé en 1975 une série sur les immigrés. Est-ce une référence à votre histoire familiale ?

Pas seulement. J’ai souvent tenté d’appréhender des thèmes sociaux. Mais en effet, mon grand-père maternel, Joseph Garascino, était un travailleur immigré qui arrivait du Piémont. Il s’est engagé dans l’armée dès 1914 pour devenir français.

Vous êtes sûr ? Selon les archives de l’état civil de la ville de Nice, il y était né.

Comment cela ? Dans la famille, on a toujours affirmé qu’il était italien. Je l’ai encore répété il y a quelques jours lors d’une cérémonie à Nice, en disant au maire Christian Estrosi que nous étions tous les deux petits-fils d’immigrés. Alors, c’était faux ? Ce que vous me révélez bouscule la légende familiale. Probablement restait-on longtemps considéré comme étranger, même en étant français et simplement d’origine étrangère… En tous les cas, il est mort pour la France en 1914.

Avant de renouer avec Nice, vous vous en êtes pris à la ville qui, en 1974, s’était jumelée avec Le Cap en Afrique du Sud, en plein apartheid…

Je suis très attaché à Nice, à son caractère cosmopolite, au souvenir de Romain Gary, Apollinaire, Garibaldi, Blanqui… Le collage que j’ai réalisé contre ce jumelage déshonorant a beaucoup compté par la suite. Il m’a amené à travailler à Soweto, à rencontrer Nelson Mandela, à intervenir aux Nations unies, à créer avec Jacques Derrida le « Musée des artistes du monde contre l’apartheid ». Mais sur le coup, ça avait fait un sacré clash dans la ville, et chez moi aussi. Mon frère et mon père aimaient beaucoup le maire Jacques Médecin. Du coup, quand je rentrais à la maison, ma mère s’exclamait : « Surtout, vous parlez pas de politique ! »

Pourtant, la politique était un sujet central…

Pas central, mais j’ai eu conscience très tôt du poids de la ségrégation sociale et culturelle. A 16 ans, j’ai mal vécu de ne pouvoir devenir architecte. J’étais dans un milieu où il allait de soi de commencer à travailler à 14 ou 15 ans. Aucun d’entre nous n’a vraiment dépassé le certificat d’études. C’est comme cela que je suis entré dans un cabinet d’architecture. J’ai vite bien gagné ma vie. Cela m’a donné cette grande liberté de pouvoir entreprendre des interventions artistiques sans contrainte économique.

Quel rôle la guerre d’Algérie a-t-elle joué dans votre parcours ?

J’avais 19 ans quand j’y suis parti. J’ai vécu de près la violente injustice de la guerre coloniale. Cela a étayé ma conscience politique, et comme j’ai deux fois craint pour ma vie, je crois que je sais mieux qui je suis. En même temps, j’ai beaucoup aimé la Kabylie, ses paysages. J’avais le sentiment d’être chez des cousins dans l’arrière-pays niçois…

Cela a nourri votre travail…

Cela a joué sur les thèmes que j’ai abordés, sur ma façon de représenter l’humain. Et plus directement lorsque, en 1971, pour le centenaire de la Commune, j’ai collé des images de gisants dans les lieux liés à la semaine sanglante, mais aussi sur les escaliers du métro Charonne où la répression d’une manifestation contre la guerre d’Algérie avait fait huit morts, en 1962. De même, en 2003, j’ai essayé d’exprimer tout le non-dit qui mine les relations entre la France et l’Algérie en collant à travers Alger des portraits de Maurice Audin, ce mathématicien communiste, militant de l’indépendance, mort sous la torture en 1957.

Votre travail est-il de l’art politique ?

Ce que je propose est d’abord une intervention plastique, dans le réel. Ses résonances sont parfois politiques, mais tout autant poétiques, sacrées, mythologiques. Beaucoup d’artistes de ma génération étaient maoïstes. Bien que proche des communistes, je ne suis pas tombé là-dedans. Je n’ai jamais fait ces tableaux représentant des ouvriers avec des drapeaux rouges, jamais des personnages plus grands que nature comme dans la publicité ou l’imagerie stalinienne. Ni Benetton, ni culte de la personnalité ! Mes images sont toujours à taille humaine.

Cela a-t-il un sens précis ?

Oui. Avec le « grandeur nature », je travaille un effet de réel. Mais simultanément, j’affirme la fiction avec le noir et blanc, le rectangle de la feuille. Au fond, j’aimerais que mes images soient perçues comme des empreintes. L’empreinte, c’est à la fois l’affirmation qu’il y a eu une présence, et l’absence. Comme un pas dans le sable. Mon travail est une quête qui vise à réinscrire l’histoire humaine dans les lieux.

Vos dessins comportent une forte dimension religieuse. Notamment avec ce dessin de Pasolini portant son propre cadavre, comme une autopietà…

Je suis athée, même si j’ai fait ma communion et servi la messe. Mais dans mon travail, j’interroge sans cesse l’humain, ce qu’on lui inflige et sa relation à la mort. Au fond, je ne parle que de ça. Or, dans notre culture, l’image de la mort s’incarne depuis 2 000 ans dans celle du Christ. Pour un peintre, cette venue du Sauveur qui fait entrer le temps mythique des Evangiles dans la temporalité historique et ce dogme de l’incarnation sont une bénédiction, si j’ose dire.

Procédez-vous toujours de la même façon, en dessinant des portraits que vous collez ensuite ?

Je choisis d’abord les lieux où j’irai les coller. Je tente d’en saisir l’espace, la texture, les couleurs, la lumière, et en même temps tout ce qui ne s’y voit pas ou plus : l’histoire, la mémoire enfouie, la symbolique. Nourri de tout cela, j’élabore mon image. Puis intervient le collage, que j’effectue presque toujours de nuit. C’est le moment de création que je préfère. L’apparition de l’image doit révéler ou perturber le lieu, en exacerber le potentiel subjectif. Et le moment n’est pas laissé au hasard. A Naples par exemple, lorsque j’ai interrogé les représentations de la mort dans les mythologies grecque, romaine et chrétienne, j’ai collé dans la nuit du Jeudi au Vendredi saints. La même image n’aurait pas été perçue de la même façon en août, quand les gens vont à la plage.

C’est aussi le moment où la police vous arrête…

Cela m’est arrivé 50 fois ! On m’a promis des dizaines de procès, aucun ne s’est concrétisé, car mes images ne dégradent pas les lieux. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont fait très vite abandonner le pochoir.

Puis vos dessins se délabrent…

Mes images gagnent à vieillir. Plus elles se dégradent, plus elles se fondent dans le lieu et sont intéressantes. Je tiens à cette fragilité du papier. Depuis trente ans, tous mes collages sont réalisés avec des chutes des rotatives du Monde. Les gens qui découvrent mes dessins savent implicitement qu’ils vont disparaître. Cette mort annoncée des images fait partie de ma palette. En collant l’image de Rimbaud de Charleville à Paris, en 1977, j’ai compris que ce qu’il y avait de plus rimbaldien dans mes images, c’était qu’elles disparaîtraient.

Vous vous appelez Ernest Pignon. Pourquoi avoir ajouté ce deuxième Ernest, si curieux, à votre nom ?

Pour éviter les confusions avec un artiste homonyme très connu à l’époque, une belle personne, Edouard Pignon, ami de Picasso et qui était un peu le peintre officiel du Parti communiste français. Un jour où nous participions à une même exposition, j’ai voulu privilégier mon prénom et l’imprimeur a, par erreur, écrit Ernest Pignon-Ernest. C’est resté.

Pourquoi n’avoir pas pris un pseudonyme ?

Vis-à-vis de ma famille, être artiste, vivre à Paris, c’était déjà une rupture ! Changer de nom était impossible. Mon père était si content quand il voyait mon nom, donc le sien, dans Nice-Matin…

Etes-vous toujours communiste ?

C’est mon camp. J’ai souvent eu plus que des réserves vis-à-vis du parti, et je l’ai quitté sur la pointe des pieds au début des années 1980. Je ne voulais pas en dire du mal. J’ai voté Ian Brossat aux élections européennes, sa campagne était digne. Et puis je suis fier d’avoir succédé à Edmonde Charles-Roux à la présidence de la Société des amis de L’Humanité, un journal remarquable. Ce papier-là, on ne peut pas le laisser disparaître.

Exposition « Ecce Homo » du 29 juin 2019 au 29 février 2020, dans la Grande Chapelle du Palais des papes à Avignon. Sur le Web.

Voir mes précédents billets sur Ernest Pignon Ernest

17 juin 2019

LE CHARME DISCRET DE LA PLACE DE FÜRSTENBERG

16 juin 2019

Fashion Freak Show - dernier jour aux Folies Bergère...

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16 juin 2019

Emily Ratajkowski

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16 juin 2019

Attentats du 13 novembre 2015

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En Une du @le_Parisien ce dimanche, Guillaume Valette, 131e victime des attentats du 13 novembre 2015.

Guillaume Valette a mis fin à ses jours deux ans après avoir vécu le 13-Novembre au Bataclan. La justice pourrait le considérer comme la 131e victime de ces attaques.

C'est un combat lourd de sens pour les parents de Guillaume Valette. Ce survivant de l'attaque terroriste du Bataclan s'est donné la mort en novembre 2017. Selon Le Parisien, la justice, pourrait, comme le souhaitent ses parents, reconnaître son statut de victime directe des attaques. S'il n'avait pas conservé de blessures physiques, cet analyste dans un laboratoire scientifique souffrait d'un fort stress post-traumatique. 

Si la cour d'assises qui sera en charge du dossier des attaques terroristes du 13 novembre 2015 confirme la position des juges d'instruction, Guillaume Valette sera bien considéré comme le 131e mort. Le quotidien indique que ce trentenaire avait été interné dans une clinique psychiatrique du Val-de-Marne un mois et demi avant de se pendre. Son état psychologique se serait aggravé au fil des mois, depuis l'été 2017. 

"La conséquence ultime de l'attentat du 13-Novembre"

"Il était devenu hyper-vigilant. Il n'allait plus au cinéma, car il avait peur d'être confiné, il faisait attention aux paquets abandonnés dans le métro... Et comme il ne supportait pas qu'on reparle de l'attentat, il fallait couper la télévision ou la radio dès qu'un sujet y faisait référence", avaient déclaré ses parents, après son décès, dans une touchante interview donnée au Parisien.

Depuis, tous les deux ont reçu un avis des juges, afin de se constituer partie civile au futur procès qui devra juger les auteurs et complices des attaques. Les juges d'instruction qui demandent sa reconnaissance en tant que victime directe estiment, en se basant sur un rapport médical, que son suicide est lié à l'attaque puisque l'homme ne présentait pas d'antécédent psychiatrique avant les attentats. "Le suicide de M. Valette Guillaume est donc bien la conséquence ultime de l'attentat du 13-Novembre", écrit dans son rapport confié aux magistrats une psychiatre spécialisée dans la réparation juridique du dommage corporel.

"L'histoire de Guillaume doit alerter les pouvoirs publics"

"L'histoire de Guillaume doit alerter les pouvoirs publics sur le nécessaire accompagnement des victimes d'attentats sur la durée", a commenté auprès du Parisien Me Claire Josserand Schmidt, l'avocate des parents du jeune homme. "Notre système d'indemnisation devrait aussi en tirer les conséquences : si les atteintes fonctionnelles sont plutôt bien évaluées en cas de blessures corporelles, nous en sommes encore très loin s'agissant des blessures psychiques", insiste-t-elle.

Cette nouvelle intervient alors que Tahar Mejri, un homme de 42 ans qui avait perdu son fils de 4 ans Kylan et sa femme Olfa dans l'attentat de Nice le 14 juillet 2016, s'est éteint, à l'âge de 42 ans. Pour ses proches, le suicide ne fait que peu de doutes. Pour l'association des victimes La Promenade des Anges, le père de famille "n'a pas réussi à le sortir de son indicible souffrance".

16 juin 2019

Affichage sauvage dans la rue

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16 juin 2019

Malgré le recul du gouvernement sur un projet de loi, nouvelle journée de mobilisation à Hongkong

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Les manifestants réclament le retrait définitif du projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, ainsi que la démission de Carrie Lam.

La suspension du projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale est une rare concession de la part du gouvernement de Hongkong. Mais elle ne va pas assez loin pour ses opposants. Une nouvelle manifestation monstre est attendue dimanche 16 juin dans cette région administrative spéciale.

Ses organisateurs entendent maintenir la pression sur la chef de l’exécutif pro-Pékin de Hongkong, Carrie Lam, qui a annoncé samedi la suspension du projet controversé, un texte à l’origine depuis une semaine d’une vague inédite de colère et de violences dans l’ancienne colonie britannique.

Les manifestants réclament le retrait définitif de ce texte jugé dangereux pour les droits de l’homme, ainsi que la démission de Mme Lam et ses excuses pour la répression musclée des manifestations par la police ces derniers jours.

Jimmy Sham, du Civil Human Rights Front, a comparé le projet de loi à un « couteau » s’étant abattu sur Hongkong. « Il a presque atteint notre cœur. Maintenant le gouvernement dit qu’il ne l’enfoncera pas davantage, mais il refuse aussi de le ressortir », a-t-il dit devant des journalistes.

Un ressentiment général contre Carrie Lam et Pékin

Dimanche après-midi, la manifestation doit avoir lieu sur l’île de Hongkong entre un parc et le siège du Parlement. Il s’agit du même parcours que celui de la marche qui, une semaine plus tôt, avait selon ses organisateurs rassemblé un million de personnes dans ce territoire de sept millions d’habitants.

Mercredi, Hongkong avait connu les pires violences politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Une nouvelle manifestation rassemblant des dizaines de milliers de personnes avait été dispersée par la police à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. La police a justifié la vigueur de son action par les actes de violence perpétrés par certains manifestants. Mais l’opposition l’accuse de prendre prétexte des violences d’une infime minorité pour se déchaîner sur l’ensemble des protestataires, en grande majorité pacifiques.

Déclenché par le projet de loi sur les extraditions, le mouvement de protestation exprime aussi un ressentiment beaucoup plus large de la population de Hongkong contre Carrie Lam et contre Pékin, accusés de rogner depuis des années les libertés dont jouit l’ancien territoire britannique, estiment les analystes.

Des propos de Mme Lam, qui a récemment qualifié les manifestants d’« émeutiers », n’ont rien arrangé. « Les groupes pro-démocratie ne vont pas s’arrêter là. Ils veulent profiter de la dynamique contre Carrie Lam », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’analyste politique Willy Lam. « Ils vont maintenir la pression et continuer sur cette lancée. »

De nombreuses inquiétudes autour du projet

Nommée à la tête de l’exécutif par une commission largement composée de loyalistes pro-Pékin, Carrie Lam a affirmé que cette loi sur les extraditions était nécessaire pour empêcher la place financière asiatique de devenir un refuge pour criminels, tout en admettant que son administration avait sous-estimé l’opposition populaire.

Selon ses détracteurs, ce projet placerait la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste. Les milieux d’affaires craignent eux que la réforme nuise à l’image internationale et l’attractivité du centre financier. L’opposition au projet de loi réunit notamment avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d’industrie, chambres de commerce, journalistes, militants et diplomates occidentaux.

En vertu du principe « un pays, deux systèmes », l’ancienne colonie britannique continue à jouir de libertés inconnues dans le pays vingt-deux ans après son retour dans le giron chinois. Mais ces dernières années, la disparition de plusieurs libraires et d’un milliardaire chinois – critiques envers Pékin – ont semé le trouble. Ils sont ensuite réapparus en Chine, où ils ont été visés par des poursuites judiciaires.

Si la manifestation de dimanche se déroule dans le calme, « on devrait connaître une trêve dans les mois qui viennent », a estimé l’analyste politique Dixon Sing, interrogé par l’AFP. « Mais la crainte que la loi revienne devant le Parlement et finisse par être votée va rester présente un bon moment. »

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16 juin 2019

Notre-Dame : la première messe depuis l'incendie a été célébrée

Deux mois après l’incendie, Notre-Dame célèbre sa première messe en comité restreint

Assurant que la cathédrale était « toujours vivante », l’archevêque de Paris a célébré l’office devant une assemblée d’une trentaine de personnes, composée pour moitié de prêtres.

En aube mais avec un casque de chantier, l’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a célébré samedi 15 juin la première messe à Notre-Dame depuis l’incendie qui a partiellement détruit la cathédrale il y a deux mois.

Assurant que la cathédrale était « toujours vivante », le prélat a commencé son office à 18 heures devant un comité restreint d’une trentaine de personnes, composé pour moitié de prêtres et réuni dans la chapelle située juste derrière le chœur. Cette chapelle de la Vierge abritait la Couronne d’épines, un des trésors de la cathédrale aux yeux des catholiques, sauvée des flammes la nuit du sinistre.

Dans son homélie, Mgr Aupetit a affirmé que Notre-Dame était avant tout un lieu de foi, alors que l’incendie qui a ravagé l’édifice le 15 avril avait soulevé une vague d’émotion bien au-delà de la seule communauté des croyants. « Cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. Il n’y a pas de touristes à Notre-Dame », a-t-il déclaré dans un édifice encore profondément marqué par le sinistre.

« Avons-nous honte du Christ ? »

Au-dessus du chœur, interdit d’accès, des filets pendent, quelques pierres dans leur toile. Des gravats jonchent encore le sol mais les stalles sont intactes. La lumière de la fin d’après-midi baigne les pierres du pignon sud.

Affirmant que cette cathédrale « s’effondrerait » sans la présence du Christ, Mgr Aupetit a dénoncé « l’ignorance abyssale de nos contemporains » en matière de religion, qu’il a attribuée à « l’exclusion de la notion divine et du nom même de Dieu dans la sphère publique » au nom de la laïcité. « Avons-nous honte de la foi de nos ancêtres ? Avons-nous honte du Christ ? », a-t-il lancé.

Les communiants s’étaient retrouvés peu avant 18 heures dans le chemin de déambulation. Dans l’assistance, outre Mgr Aupetit et le recteur de Notre-Dame Mgr Patrick Chauvet, se trouvaient des chanoines, des bénévoles et des personnes travaillant sur le chantier et des employés du diocèse de Paris.

Le diocèse avait prévenu qu’il ne pouvait y avoir de fidèles à l’intérieur, « pour des raisons évidentes de sécurité ». L’office était toutefois retransmis en direct par la chaîne catholique KTO pour que les « chrétiens puissent y participer et communier ». La date de cette messe a été choisie en lien avec la fête de la Dédicace, qui commémore la consécration de l’autel de la cathédrale.

Aux alentours du parvis, encore fermé au public pour des raisons de nettoyage, de nombreux badauds et équipes de journalistes étaient présents. Depuis l’incendie, entre 60 et 150 ouvriers s’affairent sur le chantier, continuant d’évacuer les gravats et de stabiliser la structure. Le monument est toujours dans sa phase de consolidation. Le président Emmanuel Macron s’est engagé à ce que le monument soit rebâti d’ici à cinq ans.

chantier

cathédrale

Cathédrale Notre-Dame de Paris on Instagram: “15/06/19 Solennité de la Dédicace”

16 juin 2019

C'est la Fête des Pères aujourd'hui...

papa cool

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