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Jours tranquilles à Paris

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4 juin 2019

Récit « Ils ont tiré sur tout ce qui bougeait » : récit du massacre de Tiananmen dans « Le Monde » du 6 juin 1989

place

Photo : J. Snap - Place de la République - Paris

Par Francis Deron, correspondant du Monde en Chine de 1987 à 1997

Archives. Le correspondant du « Monde » à l’époque a décrit l’horreur de ces jours où des « dizaines de milliers d’intellectuels, contestataires ou pauvres pions broyés sur l’échiquier de la politique chinoise » ont perdu la vie parce qu’ils « ont eu la mauvaise idée de penser librement ».

Cet article a été publié dans Le Monde du 6 juin 1989. Nous le reproposons aujourd’hui, trente ans après la répression sanglante du mouvement de Tiananmen.

L’horreur complète. Un défoulement de violence militaire comme destiné, à chaque étape d’un scénario machiavélique, à dramatiser encore la situation, à ressusciter cette peur du civil, face à la force brutale, dont la disparition avait permis à l’agitation de se développer.

Dès l’après-midi du samedi 3 juin, la tension est montée vivement sur la place Tiananmen et dans tout le centre de la ville, après l’essai infructueux d’intervention militaire, la nuit précédente (Le Monde daté 4-5 juin). La police fit mine de reprendre aux manifestants l’autocar d’armes et de fournitures que les pauvres petits militaires avaient abandonné en pleine ville. On s’apercevra plus tard que ce qui voulait passer pour un échec des policiers était nécessaire à la suite du scénario : il restait à l’armée à récupérer son bien légitime.

Le drame se prépare

L’arrivée de milliers de soldats casqués peu après dans le centre-ville permit de compléter le dispositif théâtral. Comme il fallait s’y attendre, les soldats ont été contraints par les manifestants, comme au cours de la visite de M. Gorbatchev, de s’asseoir en tailleur et de chanter des chansons patriotiques… Le dernier chœur de cette révolution noyée dans le sang. A l’intérieur du Palais du peuple, se sont réfugiés des milliers de soldats. Qui commença, alors, à démolir les structures de l’énorme bâtisse de style stalinien, à l’aide de barres de fer, pour en extraire les pierres et en bombarder les militaires ? Nul ne le saura sans doute jamais. Mais le people’s power chinois, la stratégie de la non-violence des étudiants, est mort à cet instant-là. Il serait surprenant que les ouvriers insurgés, qui avaient compris la force du mouvement pacifiste étudiant et s’efforçaient d’en imiter l’humour et la gentille insolence, se soient livrés à un tel acte suicidaire.

Car en grande banlieue, le drame se prépare. Depuis le début de l’après-midi, l’insurrection jusqu’alors pacifique du peuple de Pékin s’est armée d’instruments dérisoires face à ce qui s’est massé aux portes de la ville : gourdins et barres de fer pour résister à des centaines de blindés et des dizaines de milliers d’hommes de troupes ayant reçu consigne de tirer en tous sens. Les barrages se mettent en place à l’aide d’autobus et de camions. L’armée commence à avancer en rangs serrés de militaires casqués, apparemment non armés. Mais la population sait que la force militaire est décidée à se déployer en grand, et violemment. D’autant qu’au journal télévisé du soir, le quartier général de la loi martiale a annoncé son arrivée imminente en recommandant aux Pékinois de rester chez eux, sachant parfaitement que cela suffirait à les jeter dans la rue.

Plusieurs dizaines de soldats sont vus agressés violemment par la foule rendue furieuse. On leur confisque un garrot de fer utilisé par la police pour tenir les suspects par le cou lors des interpellations, on s’indigne, et on en malmène un bon nombre, contraints de défiler, en haillons, comme les vaincus d’une guerre qui reste pourtant à livrer : la vraie bataille de Pékin a commencé, à la stupéfaction, bientôt suivie de terreur, de tous les Pékinois pour qui l’« armée du peuple » ne pouvait se permettre de tirer sur le peuple.

Un blindé fou

Le premier affrontement sérieux a lieu à Muxudi, un faubourg situé à une demi-douzaine de kilomètres à l’ouest de la place Tiananmen. Des tirs à l’arme automatique sont rapportés par des témoins, mais on hésite encore à croire à l’incroyable : ce n’est pas au fusil d’assaut que l’armée va s’imposer, c’est à la mitrailleuse lourde. « Fascistes ! », crie la foule en direction des soldats, mais à l’intention, surtout, de leurs chefs. La troupe répond par des tirs nourris, y compris en direction des immeubles bordant l’avenue, vers les fenêtres où sont agglutinés curieux et sympathisants des insurgés. Bilan : au moins seize morts et cent quatre-vingts blessés amenés à l’hôpital voisin en tricycle, et même sur des porte-bagages de vélos. La rumeur court qu’à Haidian, les étudiants ont submergé une cinquantaine de camions de militaires, les immobilisant.

Vingt minutes après minuit, l’armée donne à la population de Pékin la repartie de son défi des semaines passées. Un transport de troupes blindé fonce à toute allure le long de l’avenue Chang’an, d’ouest en est, à travers la foule, sans se soucier des barrages faits de glissières de circulation en travers de la route. « N’ayez pas peur ! », lancent des Pékinois aux étrangers. Mais tout le monde a peur, évidemment. Car on sait que la troupe répond à ce cortège incessant de motards formé par les entrepreneurs privés, qui avaient, pendant toute la période d’agitation active face à la loi martiale inappliquée, marqué le territoire insurgé d’une porte à une autre de la ville. Le sang, maintenant, va couler pour faire expier l’affront. En quantité.

Une bonne centaine de camions débarquent de l’ouest. Un nombre indéterminé de l’est. Les rafales d’armes automatiques légères et lourdes résonnent. On en entend au centre, bien sûr, mais aussi aux quatre points cardinaux, à la notable exception des quartiers où vivent diplomates et journalistes. Le blindé fou s’y heurte même à un camion de soldats, le prenant pour un véhicule insurgé du fait que des étudiants se sont perchés dessus. Les soldats – une unité d’un petit millier d’hommes – refuseront en conséquence d’avancer…

Tentatives désespérées

Il est 1 heure du matin, la mêlée fait rage. Charges, poussées, et, en face, tentatives désespérées de faire encore une fois appel aux sentiments humains de l’Armée populaire de libération (APL), que Mao Zedong voulait « comme un poisson dans l’eau » au sein du peuple. Les vélos, toutes sonnettes tintantes, face aux troupes. Les gens qui se précipitent, désarmés, le torse en avant, avant de s’éparpiller sous les tirs ou devant les blindés. A la violence répond la violence. Un blindé brûlera à quelques mètres du portrait de Mao. Les soldats lynchés par la foule aux cris de « Chiens de fascistes ! », ou plusieurs brûlés vifs.

« Vous vous rendez compte ? Même dans les pays fascistes les militaires tirent en l’air pour disperser la foule avant de charger », nous dit, les larmes aux yeux, un professeur fraîchement revenu des Etats-Unis. Sa femme approuve, mais les voix se baissent bientôt quand un policier en civil s’approche, l’air faussement badaud. « Fumiers ! Ils vont réussir encore une fois à nous terroriser », dit une autre dame qui, comme le couple, est descendue de chez elle exprès pour tenter encore une fois d’impressionner les militaires. « Ces soldats, ils viennent pour la première fois à Pékin. Ils ne savent rien de ce qui s’y passe, ce sont des illettrés recrutés dans les coins les plus pauvres, des montagnards… On ne leur a rien dit d’intelligent… », dira, plus tard, quelqu’un.

La brutalité du 27e corps d’armée

A 2 h 20 dimanche, l’APL – du moins, son 27e corps d’armée, déterminé à frapper très fort – pénètre sur la place Tiananmen. Les témoins qui ont observé toute la scène depuis l’Hôtel de Pékin, où sont pratiquement consignés les étrangers, sont formels : on verra quatre chars, au petit matin, écraser tout ce qui s’y trouve, les tentes des étudiants qui sont parvenus à s’enfuir, paniqués, à l’arrivée de la troupe, toutes grenades lacrymogènes déployées, mais aussi, semble-t-il, les tentes encore occupées.

Pendant plusieurs heures, on entend dans tout Pékin des tirs qui semblent nettement être ceux d’armes lourdes, peut-être du canon. On se pose des questions. Y a-t-il des combats entre unités militaires pour qu’on en vienne à user de telles armes ? Le gros de la troupe, qui n’est visiblement pas mêlé à cette opération menée par trois corps d’armée seulement – le 27e, le 39e et le 65e, les deux derniers semblant nettement plus modérés que le premier – est-il en train de réagir à ce qui, décidément, ne peut que se qualifier de putsch ? L’impossibilité physique de parcourir la cité permet toutes les hypothèses.

A 5 heures, le grondement caractéristique des blindés à chenilles emplit l’obscurité feutrée précédant l’aube, au terme de la nuit la plus longue jamais vécue par la capitale de l’ex-Empire du Milieu. Le coup d’Etat sous prétexte d’opération de police a, pour le moment, réussi.

Au matin, une épaisse fumée noire s’élève de la place Tiananmen : l’armée a entrepris de brûler les restes de la « chienlit » bon enfant qui s’est tenue depuis le 15 avril. Mais d’autres fumées aussi sont visibles : celles des véhicules de l’armée auxquels « on » a mis le feu.

Au pied de l’Hôtel de Pékin, un petit manège meurtrier oppose encore plusieurs heures manifestants et soldats. L’armée barre l’accès à la place. Les Pékinois s’avancent lentement dans sa direction. Une rafale de mitrailleuse lourde laisse quelques morts sur le macadam. La foule se retire, paniquée. Le calme se restaure. La manifestation recommence à avancer. Nouvelle rafale. Nouveaux morts. Une trentaine peut-être en deux ou trois heures…

Toute la journée de dimanche, les tirs sporadiques d’armes automatiques résonneront dans la ville. Les étrangers tentent des sorties en ville. L’ampleur de la bataille est criante. Mais quelle bataille, au juste ? Des plaques de sang coagulé sur la chaussée, des voies jonchées de briques permettent de deviner ce qui s’est passé là. Mais on dénombre aussi une centaine de carcasses de véhicules militaires brûlés, pratiquement à tous les carrefours, ce qui ne cadre pas avec l’atmosphère générale du soulèvement.

« Malfrats et brigands »

A Muxudi, où l’affrontement a commencé, ce sont, bizarrement, pas moins de quarante-six blindés de transports de troupes qui sont calcinés. Ils semblent s’être tous télescopés en série devant un barrage d’autobus. Se peut-il qu’une insurrection aussi improvisée que celle de Pékin ait réussi à infliger tant de pertes à une armée aussi bien préparée que celle qui campait aux portes de la ville depuis deux semaines ? Le civil qui mit le feu, devant un diplomate occidental, en fin d’après-midi, dimanche, à l’aide de torchons et d’essence, à un de ces blindés curieusement abandonné par tous ses occupants, agissait-il vraiment pour le mouvement contestataire ?

On avait encore plus de mal à le croire à voir le ton des rares communiqués diffusés dès l’aube dimanche par la radio et la télévision, en l’absence d’émissions de l’agence Chine nouvelle, dont les services rédactionnels semblent avoir été pris par la troupe au point de cesser toute activité liée à la situation intérieure. Il n’est plus question que des pertes infligées aux militaires, plus de cent morts, par ces insurgés qu’on ne savait décidément pas si puissants. On consent à dire qu’il y a eu, chez les civils, « des victimes, et même des morts » dans la répression de cette agitation « contre-révolutionnaire », mais pas combien. La foule des Pékinois « a apporté volontairement sa coopération » à une opération présentée comme visant à « protéger les fruits de la révolution et de la réforme » en frappant des voleurs d’armes, des « malfrats et brigands », des personnes décidées à « renverser le système socialiste et la direction du Parti communiste ». Aucun visage ne se montre à la télévision : les communiqués sont lus en voix off, l’écran occupé simplement du titre de l’annonce en chinois.

Dimanche soir, une nouvelle menace apparaît, toujours inscrite dans la machine infernale de ce scénario à la réalisation duquel participent involontairement, peut-être même inconsciemment, les insurgés. Des renforts militaires pénètrent dans le périmètre intérieur de la ville, en direction des campus universitaires. Motif, lu entre les lignes des communiqués officiels : des soldats auraient été « kidnappés ». Une autochenille blindée, au moins, l’a effectivement été : les étudiants de l’université de Pékin s’en sont emparés, l’ont amenée chez eux, dans le nord-ouest. Les insurgés sont sommés, par la radio, de restituer le matériel.

Toute la journée, des témoignages dramatiques, partiels mais tous concordants, nous parviennent sur l’ampleur du traumatisme causé par cette « libération » de Pékin en forme de boucherie. Les hôpitaux refusent de soigner les blessés légers. Les médecins de l’un d’eux auraient fait savoir à des envoyés du Quotidien du peuple qu’ils n’accepteraient de leur parler que si le journal publiait un compte rendu factuel et objectif du drame.

SAUF SURSAUT NATIONAL, LA CHINE A FAIT UN NOUVEAU PLONGEON DANS LE RÈGNE D’UNE SOLDATESQUE À LA MENTALITÉ PRÉHISTORIQUE.

Des étudiants brandissent les cadavres de leurs condisciples tués par l’armée devant des camions de militaires. « Œil pour œil, dent pour dent », « Vengeons le sang par le sang », proclament des grandes affiches sur les campus du nord-ouest. Des chapelles ardentes ont été vues par des témoins occidentaux. Dans la morgue d’un hôpital, les gens défilaient en milieu de journée, dimanche, pour tenter d’identifier le cadavre d’un parent manquant. « Ils sont devenus fous. Ils tirent sur tout ce qui bouge », déclare un médecin, affolé. Opinion que partage un douanier avertissant un voyageur à son arrivée à l’aéroport, toujours ouvert malgré le bain de sang du centre-ville : « N’allez pas là-bas, ils tirent dans tous les sens. »

Un silence pesant

Des étudiants ont dit vouloir quitter leur campus, se réfugier dans la clandestinité, opter désormais pour la « lutte armée ». L’un des leaders du mouvement, le Ouigour Wuer Kaixi, aurait été vu dans un hôpital. Certaines ambassades étrangères, dont celle de France, sont parvenues à évacuer, avant la tombée de la nuit, dimanche soir, une partie de leurs étudiants des campus universitaires. Au pied de la principale résidence pour diplomates et étrangers de Pékin, une douzaine de camions de l’armée ont pris un moment position en début de soirée, dimanche, avant de se retirer quelques heures plus tard. Le fusil d’assaut était bien en évidence, prêt à servir.

Ce n’était pas seulement pour nous protéger. La disposition de cet effectif faisait que, s’il fallait tirer, les fenêtres des étrangers auraient été dans la ligne de mire. Le message est limpide : pas question de donner refuge à des étudiants qui voudraient trouver asile auprès de la communauté étrangère. Il n’y aura pas, ici, de solidarité internationale possible, face au drame de ces dizaines de milliers d’intellectuels, contestataires ou pauvres pions broyés sur l’échiquier de la politique chinoise qui avaient eu la mauvaise idée de penser librement sans même chercher à renverser le régime.

Un silence pesant s’était abattu au milieu de la nuit de dimanche à lundi sur la ville, occasionnellement trouée d’un tir de fusil d’assaut, avant qu’à minuit vingt-cinq, ne retentisse à nouveau, se dirigeant vers Tiananmen depuis les faubourgs de l’est, le grondement de dizaines de blindés. Au passage, devant la résidence des étrangers, tel ou tel soldat jugeait opportun de tirer un coup de feu symbolique, claquant dans le silence. Puis, une heure et demie plus tard, le même scénario. Jamais le hululement incessant des ambulances, lors de la grève de la faim des étudiants, ou les autres bruits de cette révolution de cinquante jours qui s’est achevée ce week-end dans le sang, n’avait été oppressant à ce point.

Qu’importe, ont eu l’air de dire, par voie de télévision, les militaires qui se sont lancés dans cette opération d’un autre âge. La vue la plus significative du bref reportage télévisé diffusé dimanche soir sur l’état de la place Tiananmen était la chute de la réplique de la statue de la Liberté que les étudiants des Beaux-Arts avaient érigée face au portrait de Mao, pauvre symbole triomphalement abattu par une force armée assoiffée de vengeance. La chute à laquelle on vient d’assister est plus vertigineuse que ce dérisoire symbole ne le suggère : sauf sursaut national, la Chine a fait un nouveau plongeon dans le règne d’une soldatesque à la mentalité préhistorique.

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3 juin 2019

Une place au nom de Lady Diana va être inaugurée à Paris

La ville de Paris va bientôt dédier une place à Lady Diana en la renommant au nom de la princesse disparue le 31 août 1997.

Disparue le 31 août 1997 dans un tragique accident de voiture, Lady Diana continue d’inspirer tant sur la scène mode que pour les belles actions qu'elle a entreprises. Paris, d'ailleurs, ne l'a pas oublié. Hommage vibrant à celle que l'on surnomme la princesse des cœurs, une place située non loin du pont de l'Alma, lieu où elle a perdu la vie, va être sobrement rebaptisé "Place Diana". Selon le journal Le Monde, "la Commission de dénomination des voies, places, espaces verts et équipements publics municipaux, réunie le 15 avril, a donné un avis favorable à cette dénomination qui sera validée le 11 juin prochain". Pour l'anecdote, l'endroit où est érigée la flamme en hommage à Lady Diana (????) devait à l'origine prendre le nom de Maria Callas.

(???) La flamme existait bien avant l'accident de Lady Dian ! Elle n'a pas été érigée en hommage à Lady Diana. Ce sont les touristes (anglais) qui se sont appropriés cette flamme en l'identifiant à Diana. Je suis contre cette idée de renomer la Place d'Alma, "Place Diana". 

3 juin 2019

Paris : les trottinettes mises à l'amende

Impossible d'y échapper, elles sont partout. Sur les trottoirs, en vrac, lancées à toute vitesse au milieu des piétons, à contre-sens sur la chaussée... Depuis plusieurs mois, les trottinettes électriques ont littéralement envahi l'espace urbain, notamment à Paris, où une douzaine d'opérateurs se partagent le marché. C'en est trop pour bon nombre de Parisiens, excédés par certaines incivilités de ces usagers à deux roues. C'en est trop aussi pour les municipalités, bien décidées à passer à la riposte. A Neuilly-sur-Seine, comme à Levallois, deux communes des Hauts-de-Seine, le stationnement des trottinettes électriques est tout simplement interdit !

3 juin 2019

Serge Gainsbourg

gainsbourg vannes

3 juin 2019

Lanceurs d'alertes

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3 juin 2019

Trente ans après Tiananmen : en Chine, « l’hiver du militantisme »

Par Frédéric Lemaître, Pékin, correspondant

La marge de manœuvre des avocats et des intellectuels chinois s’est considérablement réduite sous Xi Jinping.

Le mardi 9 mai, vers 9 heures du matin, un inconnu frappe à la porte de Xu Yan, dans l’ouest de Pékin. « Votre mari est jugé aujourd’hui », lui annonce-t-il avant de s’éclipser. Son mari, Yu Wensheng, célèbre avocat, a été battu et arrêté, sous les yeux de leur fils, le 19 janvier 2018.

Depuis, sa femme, discrète mais opiniâtre, remue ciel et terre pour obtenir sa libération. Ni elle ni ses avocats n’ont été informés de la tenue de ce procès à Xuzhou, à environ sept cents kilomètres au sud de Pékin. Depuis, Xu Yan appelle le tribunal en vain. Ce jugement en catimini a poussé l’Union européenne à protester officiellement.

« DIX-NEUF HEURES SANS EAU, NI W.-C., LORS DE MA PREMIÈRE GARDE À VUE. NEUF HEURES, DÉSHABILLÉE ET IMMOBILISÉE SUR UNE CHAISE, POUR LA DEUXIÈME. »

Quelques jours auparavant, Xu Yan avait raconté au Monde l’enfer dans lequel elle vit depuis ce 19 janvier 2018. Notamment les six caméras de surveillance placées devant son appartement et les trois visites, nocturnes ou dominicales, de la police à son domicile, suivies de gardes à vue. « Dix-neuf heures sans eau, ni W.-C. la première fois, neuf heures déshabillée, et immobilisée sur une chaise la deuxième, la troisième fois fut moins violente », détaille-t-elle. Sa faute ? « Etre la femme de mon mari, parler à la presse. Mais j’ai décidé de me battre même si j’ai peur », confie-t-elle en jetant un regard inquiet aux deux hommes assis à proximité.

En juillet 2015, dans une rafle sans précédent, environ 200 avocats des droits humains ont été arrêtés. Si la plupart ont été libérés en 2017, ils n’ont plus le droit d’exercer. Avocat de certains de ces avocats, Yu Wensheng n’a été arrêté que le 19 janvier 2018. La veille, il avait déclaré vouloir modifier la Constitution. Comme Xi Jinping. Pas pour permettre au président de le rester à vie, mais au contraire pour qu’il y ait plusieurs candidatures.

« Selon mon mari, s’il n’y a qu’un candidat, ce n’est pas une élection. C’est une nomination. C’est ce que dit la loi. Mais en Chine, les avocats qui respectent la loi ont des problèmes », explique sa femme.

Yu Wensheng est sur la liste des cinquante personnalités dont les Européens ont redemandé début avril la libération. L’Union dispose d’une autre liste de plusieurs centaines de noms, tous vérifiés. Selon les Occidentaux, il y a plusieurs dizaines de milliers de prisonniers politiques en Chine, « chiffre auquel vous pouvez rajouter un million en tenant compte des musulmans du Xinjiang », ajoute, grinçant, un diplomate.

Juin 1989 ou le glas des espérances

Il y a trente ans, des millions d’étudiants et de Chinois ordinaires descendaient dans la rue pour réclamer la « cinquième modernisation » : la démocratie que la plupart d’entre eux espéraient obtenir du Parti communiste après une première décennie de réformes économiques.

La répression sanglante du 4 juin 1989 et des mois suivants allait sonner le glas de leurs espérances. Faute de pouvoir agir nationalement, de nombreux intellectuels décident alors de s’engager aux côtés de catégories sociales défavorisées ou ­d’explorer des pans de l’histoire encore tabous, comme la Révolution culturelle. Une façon de changer la Chine « par le bas » qui, pour certains, s’inscrit dans la continuité de l’engagement politique de 1989.

LES AVOCATS JOUENT UN RÔLE CRUCIAL DANS LE MOUVEMENT DE DÉFENSE DES DROITS À PARTIR DE 2003.

Les avocats jouent un rôle crucial dans ce qui devient connu sous le nom de « mouvement de défense des droits » à partir de 2003, quand trois d’entre eux s’emparent de la mort d’un jeune migrant à Canton dans un centre de rétention pour faire abolir cette forme d’emprisonnement.

« Après une relative libéralisation à partir du milieu des années 1990, en partie due à l’essor de médias et de maisons d’édition privés puis au développement d’Internet, la situation s’est tendue en 2008 après les Jeux olympiques et, dans un second temps, à partir de 2012 et l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir », explique Sebastian Veg, auteur d’un essai sur les intellectuels de terrain (Minjian, The Rise of China’sGrassroots Intellectuals, Columbia Uniersity Press, non traduit).

Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010, mort en prison

Comme l’explicite la direction du Parti communiste dans un document établi en 2013, la notion même de société civile est une « théorie sociopolitique d’origine occidentale » que les « forces politiques occidentales antichinoises utilisent contre la Chine ». Elle ne saurait donc être tolérée. D’où l’arrestation massive d’avocats en 2015. La mort en prison en juillet 2017 de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010, symbolisera, aux yeux du monde, la cruauté de cette répression. Les autorités chinoises n’ont jamais admis que ce leader – modéré – de la place Tiananmen fasse signer, en 2008, par 303 intellectuels une « Charte 08 » réclamant l’instauration de la démocratie.

Aujourd’hui, juristes, journalistes, historiens, économistes, ­artistes, croyants, féministes, membres d’une ONG…, tous ceux qui acceptent de parler en témoignent : leur marge de manœuvre se réduit comme peau de chagrin. « La situation est de pire en pire, mais comme l’homme est un animal social, les gens qui partagent les mêmes valeurs essaient de continuer à se réunir », témoigne Wang Yu, une avocate détenue en prison de juillet 2015 à août 2016 et dont l’un des combats a inspiré le film chinois Les anges portent du blanc, qu’elle n’a d’ailleurs jamais vu.

Dans un tout autre secteur, Unirule, centre de recherche en économie créé en 1993 et qui jouissait d’une véritable aura internationale, n’est plus que l’ombre de lui-même. « Il n’y a plus que seize chercheurs, contre une trentaine auparavant. Nous n’avons plus de site Internet, plus de compte WeChat [principale application de messagerie en Chine] et nous sommes interdits de publications. Les pressions sont énormes et je n’ai aucune idée de la façon dont nous bouclerons le budget 2019 », reconnaît son président, Wu Si.

« IL N’Y A PLUS DE MARGE DE MANŒUVRE POUR UNE CHINE SOCIALE-DÉMOCRATE, MAIS LES IDÉES NE DISPARAISSENT PAS. »

Cet ancien journaliste est un homme courageux. Jusqu’en 2014, il était à la tête d’une revue intellectuelle indépendante extrêmement réputée, Yanhuang Chunqiu, dont le gouvernement finit par prendre le contrôle deux ans plus tard. « Il n’y a plus de marge de manœuvre pour une Chine sociale-démocrate, mais les idées ne disparaissent pas pour autant », veut croire cet humaniste. « Il y a une véritable phobie des ONG », constate de son côté Feng Yuan, une militante féministe, même si la communauté LGBT semble relativement épargnée par la répression actuelle.

En revanche, un sujet, entre tous, est tabou : Xi Jinping. « On ne critique pas l’empereur », résument les intellectuels chinois. Un professeur de la prestigieuse université de Tsinghua, Xu Zhangrun, vient d’en faire les frais. En juillet 2018, ce juriste a écrit un long texte dans lequel il dénonce le culte de la personnalité qui entoure Xi Jinping ainsi que la modification de la Constitution au profit de celui-ci. Il réclame par ailleurs la « réhabilitation du 4 juin 1989 », sujet qu’il est interdit d’évoquer en Chine.

Chape de plomb

Si, jusqu’à présent, Xu n’a pas été arrêté, il est interdit de cours depuis mars et reste étroitement surveillé. « C’est un avertissement à l’ensemble des intellectuels. Le pouvoir teste la marge de manœuvre dont il dispose pour savoir jusqu’où il peut réprimer Xu », estime Ding Dong, un historien.

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux collègues, ont signé une pétition exprimant leur solidarité avec Xu Zhangrun. Tsinghua étant l’université la plus prestigieuse – et celle dans laquelle Xi Jinping a fait une partie de ses études –, le sujet est extrêmement sensible. « Il a suffi que je cite l’un des signataires de la pétition dans un article pour que celui-ci soit censuré sur les réseaux sociaux. Sans ce nom, l’article est paru », témoigne Ding Dong. Une véritable chape de plomb s’est abattue sur les universités. Comme tous les cours sont désormais filmés, les enseignants savent à quoi s’en tenir.

C’est pourtant d’une université pékinoise qu’a récemment surgi un mouvement a priori paradoxal. De jeunes étudiants marxistes, prenant au pied de la lettre les enseignements reçus, ont décidé d’aider des ouvriers de Shenzhen à faire valoir leurs droits. Pire : des vétérans de l’armée se sont joints à eux. La riposte des autorités ne s’est pas fait attendre. Les ouvriers ont été victimes de violence et, depuis l’automne 2018, au moins une dizaine d’étudiants sont sous les verrous.

LES MILITANTS SE SENTENT SI ISOLÉS QU’ILS CRAIGNENT POUR LEUR SANTÉ MENTALE.

Depuis quelques semaines circule sous le manteau un rapport d’une trentaine de pages sur les jeunes militants chinois. Des chercheurs, anonymes, ont, en 2018, longuement interrogé trente-six activistes. Les canaux par lesquels ce travail est diffusé le rendent crédible. Qu’ils s’intéressent aux questions sociales, environnementales, de genre ou, plus rarement, politiques, les jeunes interrogés qualifient tous l’époque d’« hiver du militantisme ». Ils se sentent tellement isolés que leur propre santé mentale constitue, de leur aveu même, une de leurs principales préoccupations dans un pays où le secret médical n’existe pas.

« Ils n’idéalisent pas complètement le système politique démocratique ni ne croient que la démocratie puisse résoudre tous les problèmes. Au lieu de cela, ils voient le processus démocratique comme une nécessité stratégique pour accomplir des transformations sociales en Chine », note l’étude. Trente ans après Tiananmen, les – rares – héritiers de ce mouvement verraient donc la démocratie davantage comme un moyen que comme une fin.

3 juin 2019

LES PARISIENNES - IL FAIT TROP BEAU POUR TRAVAILLER

3 juin 2019

Avec Viktoria Modesta, performeuse handicapée, le Crazy Horse veut "magnifier la différence"

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Sex symbol d'un genre nouveau, la performeuse et chanteuse britannique Viktoria Modesta, mannequin handicapé d'une jambe qui fait de ses prothèses des oeuvres d'art, va rejoindre en juin la troupe du Crazy Horse, temple parisien du "nu chic".

Du 3 au 16 juin, Viktoria Modesta qui se définit comme une "show-gril bionique", se produira pour 29 représentations seule et accompagnée des danseuses du Crazy dans plusieurs tableaux créés spécialement autour de son univers futuriste, a annoncé à l'AFP le légendaire cabaret.

"Dans un monde en plein questionnement sur le rôle et l’image de la féminité, la rencontre des univers du Crazy Horse et de Viktoria Modesta permet de mettre en scène une autre vision de la femme, de la sensualité et de la beauté au XXIe siècle", souligne la direction du Crazy Horse.

Née en Lettonie avec une malformation de la hanche et d'une jambe, Viktoria Modesta, 31 ans, a fait le choix à 20 ans d'une amputation pour préserver durablement sa santé et améliorer sa mobilité grâce à une prothèse "afin de libérer sa créativité loin des stéréotypes", a-t-elle expliqué.

Son clip pour la chanson "Prototype" où elle apparaît avec des prothèses futuristes, dessinées comme des bijoux, dont une lumineuse, a été visionné plus de onze millions de fois. Sur Instagram et Twitter, l'artiste est suivie par plus de 100.000 abonnés.

"J’ai été fascinée par l’incroyable volonté et l'univers créatif de Viktoria. La manière dont elle a pris en main son destin et transformé sa vie en performance artistique globale est épatante", souligne Andrée Deissenberg, directrice artistique du Crazy Horse.

"Dans un futur déjà présent où la différence est revendiquée et magnifiée, la faiblesse se métamorphose en force et atout", ajoute-t-elle.

Dans un communiqué, Viktoria Modesta entend "repousser avec le Crazy Horse les limites de la féminité de la manière la plus innovante et la plus surprenante qui soit".

Dita Von Teese a été la première artiste invitée en 2006 à rejoindre la troupe du Crazy Horse, avant Arielle Dombasle, Clotilde Courau, Pamela Anderson et le travesti autrichien à barbe Conchita Wurst, lauréat de l'Eurovision 2014.

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3 juin 2019

SAVE THE DATE - Vous pourrez bientôt visiter les champs de fleurs Chanel à Paris

A l’occasion de l’évènement « Jardins, Jardin » qui aura lieu du 6 au 9 juin prochain, Chanel installe à nouveau ses champs de fleurs aux Tuileries. On booke déjà la date pour découvrir tous les secrets du camélia dans un décor exceptionnel.

Un condensé des 5 hectares de ses plantations de camélias au pied des Pyrénées : pour cette nouvelle édition de Jardins, Jardin, Chanel voit les choses en grand. L’objectif ? Focus sur le camélia, symbole cher à Coco et emblématique des soins de la Maison. En effet, depuis plus de 10 ans, la fleur est au cœur de ses recherches scientifiques pour, notamment, ses vertus hydratantes exceptionnelles. De sa récolte à sa transformation en actifs cosmétiques, l’occasion de découvrir deux grands rouages de la création d’un soin à base de camélia : 1) le procédé spécifique du polyFractionnement qui permet de sélectionner la fraction la plus pertinente de la fleur et de créer un actif exclusif, sur mesure, à l’action ciblée et 2) la microfluidique, technologie révolutionnaire permettant la création de bulles d’actifs et de formules à la sensorialité inédite. Le tout à travers diverses expériences sensorielles, comme un moment suspendu au cœur des champs Chanel.

Camellia japonica

Dans les serres de Chanel, du 6 au 9 juin, Jardins, Jardin, Jardin des Tuileries, Paris 1er.

3 juin 2019

Autoportrait

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