Etel - ce dimanche (demain)
La reconstitution d’un camp militaire allié de la Seconde Guerre mondiale, ce week-end à Auray par le Liberty Breizh Memory Group de Plouharnel (Le Bego) connaîtra une avancée à Etel, ce dimanche matin. À partir de 11 h, un convoi de véhicules historiques entrera en ville pour prendre position sur les quais, autour de la criée jusqu’à midi. Le public est invité à venir les voir et à rencontrer les reconstitueurs des associations, passionnés d’histoire. Etel est un lieu majeur de la Seconde Guerre puisqu’y a été signée, le 7 mai 1945, la reddition de la poche de Lorient.
Le Tour de France 2020 tiendra-t-il la route jusqu’aux Champs-Élysées ?
COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)
La Grande Boucle s’élance ce samedi 29 août, mais en cas de contamination au sein du peloton, l’épreuve pourrait s’arrêter net. Les titres européens font part de leur pessimisme à l’occasion d’un Tour qui ne ressemblera à aucun autre.
Un Tour de France “masqué”, “le plus incertain de l’histoire” ou encore un “immense distributeur de virus”. La presse européenne prédit l’enfer à cette 107e édition de la Grande Boucle en pleine pandémie de Covid‑19. Le calendrier avait déjà été malmené, multipliant les changements de dates, pour aboutir à ce départ prévu à Nice le samedi 29 août.
Alors que les 176 coureurs n’ont pas encore enfourché leurs vélos, nombre de journaux européens pointent le risque d’une fin anticipée. Un protocole sanitaire extrêmement strict a été mis en place par l’organisateur, Amaury Sport Organisation (ASO), pour ces 21 étapes, mais les motifs d’arrêt de la course sont d’autant plus nombreux. Ainsi, le Daily Telegraph décrit les “bulles” au sein desquelles devront évoluer les cyclistes tout au long du circuit, mais aussi les mesures d’éloignement du public et la mise en place d’un “laboratoire mobile pour les tests”. La présence des médias sera réduite à son minimum – les conférences de presse se tenant en visioconférence – et les spectateurs, en nombre réduit, auront l’obligation de porter un masque.
Autre règle affectant directement la compétition, la présence d’au moins deux personnes contaminées au sein d’une équipe entraînera l’exclusion de celle‑ci. Le quotidien britannique interroge cependant la rigidité de cette mesure : le maillot jaune pourrait-il être disqualifié sans même avoir été testé positif ?
Et si Thibaut Pinot, de l’équipe Groupama‑FDJ, était éliminé alors qu’il est sur le point de devenir le premier vainqueur français du Tour depuis Bernard Hinault en 1985 ? On irait tout droit vers une deuxième Révolution française.”
La possibilité de l’apparition d’un foyer de contamination au sein du Tour inquiète le Guardian, d’autant plus que la situation épidémique en France semble se dégrader. “L’édition 2020 du Tour de France […] est au bord du gouffre. Les Alpes‑Maritimes, d’où s’élancera la course, viennent d’être classées en zone rouge”, fait remarquer le quotidien. Jeudi 27 août, les autorités françaises ont placé 21 départements en “zone de circulation active du virus”, dont les villes de départ et d’arrivée du Tour.
Des enjeux financiers “énormes”
Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, avait répété au mois de mars que “seules les deux guerres mondiales avaient empêché la tenue du Tour de France”. En maintenant ce grand rendez-vous du sport malgré la pandémie, les professionnels du cyclisme espèrent en faire un “symbole”, affirme le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. “Mais ils doivent prendre conscience que l’inverse peut aussi se produire. Et que le grand départ, qui célèbre en grande pompe le début d’un spectacle de trois semaines, pourrait bien être cette fois le grand début de la fin.”
Le quotidien flamand De Tijd souligne les “énormes” intérêts financiers en jeu. Les millions générés par le Tour en droits télévisuels et la vitrine qu’il constitue pour les sponsors poussent les organisateurs à assurer coûte que coûte son bon déroulement.
Mais pour la France, cet événement est aussi l’occasion de mettre ses trésors touristiques sous les yeux de millions de téléspectateurs partout dans le monde, tandis que des mordus de cyclisme alimentent l’économie dans le sillage de la caravane du Tour, en faisant couler l’argent à flot dans les hôtels, les restaurants et dans les magasins (notamment de souvenirs) qui jalonnent le parcours.”
Jeudi 27 août, l’équipe belge Lotto-Soudal annonçait officiellement que deux membres de son staff avaient été testés positifs au coronavirus. Après que ces derniers ont quitté le circuit, l’équipe est toujours en lice. Mais la menace se fait de plus en plus précise. “Il pourrait bien ne pas commencer, et même si c’est le cas, ne jamais finir. Préparez-vous à un Tour de France à nul autre pareil”, prévient le Daily Telegraph.
Antoine Cuny-Le Callet
Erdeven Music en Fête : soirée rockabilly.
Le samedi 29 août de 20 h à 22 h • Place commerciale de Kerhillio. Avec Ducky Jim Trio (rock’n’roll et rockabilly). Masque obligatoire. Roselyne à la contrebasse, Sad à la batterie. Ducky Jim à la guitare. Et les belles voitures de l’association Karr Breizh ajouteront une touche de nostalgie, à partir de 19 h. Gratuit.
Keith Haring, trublion au destin vivace
Un documentaire inédit brosse un émouvant portrait du street-artist, disparu il y a trente ans
ARTE
CE VENDREDI - 22 H 25
DOCUMENTAIRE
Quand je serai grand, j’aimerais être un artiste en France parce que j’aime bien dessiner. Je gagnerai de l’argent en vendant mes dessins. J’espère que j’y arriverai… » Ces lignes sont signées de Keith Haring, encore enfant, écrites pour une rédaction scolaire qu’ont conservée les parents de l’artiste, disparu des suites du sida en 1990.
Il sera célèbre non seulement en France, mais partout ailleurs aussi grâce à un style graphique développé à la craie sur les murs du métro de New York, où la crise de la fin des années 1970 laissait de nombreux espaces publicitaires vacants. Le jeune homme (né en 1958), « binoclard dès 7 ans », s’était alors installé à Manhattan, où il rencontra très vite la reconnaissance des milieux de la rue – le plus important à ses yeux –, puis celle des milieux plus officiels.
A l’occasion des 30 ans de sa disparition, beaucoup de ses intimes témoignent devant la caméra de Ben Anthony, qui signe un touchant portrait de Keith Haring : en particulier son assistante, Julia Gruen, aujourd’hui directrice de la Fondation Keith Haring. S’ajoutent les propos de son ami d’enfance, le peintre Kenny Scharf, du danseur Bill T. Jones, du galeriste controversé Tony Shafrazi, qui lancera Haring grâce à la première exposition officielle de ses œuvres, en 1982, au moment où sa réputation l’amène à voyager de plus en plus, répondant à des commandes de fresques publiques.
Curieusement, le documentaire ne dit pas un mot sur une autre figure connexe et essentielle de la contre-culture new-yorkaise des années 1980 passée dans le camp de la culture (presque) officielle : Jean-Michel Basquiat (1960-1988), qui, lui aussi, sous le pseudonyme de SAMO, s’était d’abord fait connaître par des dessins exécutés dans les rues du Lower East Side.
Les deux auront eu un destin comparable par sa fulgurance – Basquiat mourra d’une overdose d’héroïne à l’âge de 28 ans, deux ans avant Haring –, par une partie de leur graphisme et par le succès planétaire qu’ils connaîtront de leur vivant, et encore plus après leur disparition. Ils se sont croisés et ont fréquenté l’un et l’autre Andy Warhol, le Charon qui les aura chacun fait passer, dans sa barque, d’un cercle d’initiés de l’underground new-yorkais aux vedettes glamour d’Hollywood. En taisant la chose, le documentaire semble attester d’une relation qui aurait pu être plus complexe que celle de deux rivaux contemporains de la scène artistique. Ce qui est fort dommage au moment où la National Gallery of Victoria, en Australie, désormais virtuelle, célèbre par une exposition les « croisements » des deux trublions…
Dessins à la joie explosive
Mais ce film demeure un beau et souvent émouvant portrait de Haring. Notamment quand, à la fin, Kenny Scharf montre le dernier dessin de Haring, réalisé sur son lit de mourant : une figure enroulée douloureusement sur elle-même – tout l’inverse des dessins à la joie explosive qui ont fait son succès.
Et, presque aussi poignant, quand ses parents portent des chaussons, chaussures et pendentif portant des dessins de leur fils, résultant des centaines de licences accordées à l’édition de produits dérivés, tendance qu’avait lancée Keith Haring en 1986 avec le fameux « Pop Shop ».
Keith Haring, Street Art Boy,de Ben Anthony (R-U, 2020, 52 min). Disponible sur Arte.tv
Helmut Newton: The Bad and the Beautiful – Official U.S. Trailer
“Les hommes ne sont que des accessoires, comme des chapeaux et des gants.” – Helmut Newton
En tant que l’un des maîtres de la photographie du XXe siècle, Helmut Newton s’est fait un nom en explorant et en élevant la forme féminine à travers ses images frappantes, souvent nues. Newton a imprégné l’imagerie de la mode d’une profondeur narrative et a donné un contexte à ses sujets en créant des scènes stylisées et oniriques qui étaient dérangeantes, ambiguës et audacieuses. Les critiques se sont demandé si les femmes sur ses photos étaient traitées comme des icônes puissantes ou comme des objets érotiques soumis – ou comme les deux. Le film est une aventure époustouflante à travers cinq décennies remplie de trésors de vidéos personnelles rares, de séquences d’archives dans les coulisses et d’innombrables photographies d’une beauté saisissante qui retracent ses débuts à Berlin jusqu’à un éventuel statut de culte.
Helmut Newton, qui aurait eu 100 ans cette année, est décédé tragiquement dans un accident de voiture en 2006 à Los Angeles. Le film comprend des interviews franches avec plusieurs de ses sujets: Grace Jones, Charlotte Rampling, Isabella Rossellini, Marianne Faithfull et Hanna Schygulla; les icônes de la mode Anna Wintour, Claudia Schiffer, Nadja Auermann; ainsi que sa femme et partenaire créative June Newton (connue sous le nom d’Alice Springs) et Susan Sontag, dans un échange pointu avec Newtown, diffusé à la télévision française, pose la question de la prétendue misogynie du photographe.
HELMUT NEWTON:
THE BAD AND THE BEAUTIFUL
Réalisé par Gero von Boehm
2020, Allemagne, Langues: anglais et allemand, 89 minutes
Avec Grace Jones, Isabella Rossellini, Anna Wintour, Charlotte Rampling, Marianne Faithfull, Claudia Schiffer, Nadja Auermann et plus encore!
Sélection officielle – Festival du film de Tribeca 2020
OUVERT!
Cinémas virtuels à l’appui de plus de 350 théâtres d’art
Le film est disponible pour le public dans les cinémas virtuels via Kino Marquee
Pourquoi Maurizio Cattelan a t-il refusé de vendre sa banane à Damien Hirst ?
NUMÉRO ART
Nouveau rebondissement dans l’histoire de la banane qui a fait trembler le monde de l’art contemporain il y a maintenant neuf mois. Son auteur Maurizio Cattelan a refusé d’échanger cette œuvre controversée – dont un exemplaire a été vendu 120.000 dollars lors de la foire Art Basel en 2019 – contre n’importe quelle œuvre proposée par l’artiste à la renommée internationale Damien Hirst. Si le premier ne s’est pas prononcé sur les raisons de ce refus, de nombreux éléments de réponse semblent se trouver dans une interview accordée à Numéro en décembre 2016.
Par Lucas Aubry
La banane la plus controversée de l'art continue de faire parler d’elle. Vendue pour la modique somme de 120.000 dollars, et disponible en seulement trois exemplaires, cette œuvre – composée d'un fruit fixé au mur avec un gros morceau de scotch argenté par l’artiste italien Maurizio Cattelan – avait provoqué en décembre 2019 un véritable tollé dans le monde de l’art contemporain, lors de la foire Art Basel Miami Beach. D'aucuns s'indignaient de son prix excessif rapporté à sa trivialité et à son caractère périssable, d'autres criaient au génie devant la nouvelle provocation de son auteur... Un artiste avait même profité de la frénésie de la foire pour la dérober à l'improviste et la manger, devant les yeux d'un public amusé. Neuf mois plus tard, fasciné par cette œuvre baptisée Comedian, l’enfant terrible de l’art contemporain Damien Hirst a proposé de l’échanger contre n’importe laquelle de ses œuvres – incluant ses crânes incrustés de diamants qui se vendent jusqu’à 100 millions de dollars –, par l’intermédiaire du célèbre conservateur et critique d’art contemporain Francesco Bonami.
Après le refus de Maurizio Cattelan, Damien Hirst a réagi sur son compte Instagram : “Je voulais désespérément acheter cette œuvre de Maurizio Cattelan car je l’apprécie tellement. J’ai demandé à mon ami et conservateur Francesco Bonami de proposer à Maurizio de me la vendre ou d’en faire une spécialement pour moi. Malheureusement, il a dit non ! Je lui ai alors proposé de l’échanger contre l’une de mes œuvres… il a dit non ! Puis Francesco s’est senti gêné et il en a conçue une spécialement pour moi ! Elle est désormais accrochée à mon mur et je l’aime, même si il m’a avoué que la banane aurait dû pointer la direction opposée hahahahaha”. Dans les commentaires, l’artiste britannique a pourtant confirmé qu’il respecterait le protocole mis en place par Maurizio Cattelan, qui consiste à remplacer sa banane dès que celle-ci est pourrie...
Alors pourquoi Maurizio Cattelan a t-il refusé de vendre sa banane a un artiste aussi reconnu que lui, et qui partage son goût pour la provocation ? Lors d’une interview accordée à Numéro en décembre 2016, l’Italien partageait déjà sa fascination pour la capacité à rendre viral un objet ou une œuvre d'art : “Il me semble que c’est ce qui se rapproche le plus de ce que pourrait être un superpouvoir humain”. Connu pour ses WC en or massif baptisés America ou encore d’une représentation d’Hitler en jeune écolier puni, Maurizio Cattelan a en effet parfaitement compris comment rejoindre Jeff Koons, Damien Hirst ou encore Paul McCarthy au panthéon des artistes les plus chers et les plus médiatisés de notre époque grâce à des créations provocatrices, tapageuses voire blasphématoires dont le caractère clivant fait résonner l'écho dans le monde entier, porté par des symboles immédiatement reconnaissables par tous. Car chez l'artiste italien, ce moment inédit et imprévisible de la réception de l'œuvre fait toujours partie intégrante de sa signification.
“L’art a le devoir de poser des questions, pas d’apporter les réponses. Si ce sont des réponses claires que vous voulez, alors il faut les chercher ailleurs.”
“Une œuvre d’art doit d’abord traverser une phase d’engouement, puis une période de désintérêt, avant de faire son grand retour”, confie aussi Maurizio Cattelan, théorisant ainsi son procédé idéal pour transformer un simple effet de mode en œuvre majeure. En atteste sa Nona Ora, une statue de cire hyperréaliste du pape Jean-Paul II percuté par une météorite, qui a en effet vécu plusieurs vies. Tantôt censurée pour sa désacralisation de la figure du pape et de la toute puissance de Dieu, tantôt considérée comme une ode à la foi, critique du récit moderne de la maîtrise de l’univers par l’homme et la science, la Nona Ora est aujourd'hui considérée comme une œuvre importante, plus de vingt ans après sa création en 1999. À l'heure de ce nouvel acte dans le feuilleton de la banane, Maurizio Cattelan préfère donc laisser s'estomper la renommée de l'œuvre, qui possède même aujourd'hui son propre compte Instagram. Ne souhaitant pas intervenir dans les débats actuels suscités par cette fameuse création, l'artiste reste ainsi fidèle à sa position d'il y a quatre ans : “l’art a le devoir de poser des questions, pas d’apporter les réponses. Si ce sont des réponses claires que vous voulez, alors il faut les chercher ailleurs.” Damien Hirst, quant à lui, profite tout de même grâce à Francesco Bonami de sa propre version de la banane Comedian, fièrement arborée sur l'un des murs de son domicile.
http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/Maurizio%20Cattelan
































