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Jours tranquilles à Paris

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17 juillet 2020

Palais de l’Elysée, palais du négrier

Par Louis-Georges Tin, ancien président du Conseil représentatif des associations noires (Cran) — 16 juillet 2020 à 17:31

L’ancien président du Cran rappelle au chef de l’Etat une «trace du passé» qu’il ne faut pas oublier, celle de l’histoire du palais présidentiel, construit il y a trois siècles grâce à la fortune du plus riche négrier de France, Antoine Crozat.

Tribune.

Monsieur le Président,

Le 14 juin dernier, vous avez déclaré : «Le passé est là. Il ne faut surtout pas le réécrire ou le tuer, comme on est en train de le faire avec les statues […]. Il est là, donc on doit accepter l’histoire.» Tout récemment, sortant de sa réserve habituelle, votre épouse a exprimé une opinion très semblable à la vôtre : «Le passé est là. Il ne faut surtout pas le réécrire ou le tuer comme on est en train de le faire avec les statues, a-t-elle déclaré […]. Ça dit quelque chose de nous, même si c’est quelque chose qui ne nous plaît pas. Il est là, donc on doit accepter l’histoire.»

Vous avez raison l’un et l’autre, «on doit accepter l’histoire». Et nous pensons que cette maxime doit être illustrée : il faut donner l’exemple au plus haut niveau de l’Etat. Au niveau même de la présidence. Vous qui êtes locataire de l’Elysée, avec votre épouse, nous souhaitons que les traces de l’histoire de votre résidence soient connues de tous, et d’abord de vous-même.

Inauguré en 1720, il y a trois cents ans exactement, le palais de l’Elysée a été bâti et financé par Antoine Crozat, pour y loger sa fille et son gendre Louis-Henri de la Tour d’Auvergne. Selon Saint-Simon, Antoine Crozat était à l’époque «l’homme le plus riche de Paris», par conséquent du royaume. En 1701, il avait obtenu la fourniture en esclaves des colonies espagnoles, ce qui représentait bien entendu un marché colossal. Il devint bientôt le premier propriétaire de la Louisiane, et créa la Compagnie de la Louisiane, qui était à l’époque une colonie française. Il dirigea également la Compagnie de Guinée. En d’autres termes, Antoine Crozat fut certainement le plus grand négrier de l’histoire de France.

Et c’est dans ce palais négrier qu’est aujourd’hui logé le président de la République française. Un peu comme Donald Trump vit aujourd’hui dans la Maison Blanche, qui a été bâtie en bonne partie par des esclaves noirs. Ce n’est pas un hasard : les grands hôtels de la République, comme le vôtre, les grandes banques, comme la Banque de France, les grandes institutions comme la Caisse des dépôts, sont souvent liés aux capitaux issus de l’esclavage. Mais personne ne le sait, car les «traces» ont été effacées, comme vous l’avez à juste titre noté. Or, «le passé est là. On doit accepter l’histoire».

Evidemment, M. le Président, votre épouse et vous-même n’êtes en rien responsables de cet état de fait. Ce n’est pas vous qui avez causé ces malheurs, mais vous en êtes les bénéficiaires directs. Vous êtes logés dans une résidence somptueuse dont les ors sont l’envers de l’enfer subi par nos ancêtres. Derrière les murs de l’Elysée, errent encore les fantômes des esclaves. Le silence de votre palais résonne des cris et des souffrances des Africains déportés. Vous êtes l’héritier de cette histoire. C’est du sang des Africains réduits en esclavage qu’est sortie la splendeur du toit qui vous abrite.

Sauf à vouloir déménager, cet héritage négrier et criminel, vous devez l’assumer. Que vous le vouliez ou non, ce palais négrier est aujourd’hui votre palais. Il vous appartient, M. le Président, de faire en sorte que les traces de ce passé ne soient pas effacées, car «on doit accepter l’histoire», comme votre épouse et vous-même l’avez à juste titre affirmé. C’est pourquoi, ne pouvant ni déserter les lieux, ce qui serait absurde, ni ignorer le passé, ce qui est (désormais) impossible, vous devez faire en sorte que les «traces» de l’histoire soient clairement connues de tous.

C’est tout le sens de votre engagement. Vous qui avez, pendant la campagne pour la présidentielle, affirmé que la colonisation fut un crime contre l’humanité, vous qui avez fait droit à la demande du Cran en acceptant de restituer les trésors coloniaux, nous vous invitons à créer dans la cour de l’Elysée un mémorial en hommage aux esclaves, qui fasse la transparence sur l’origine des fonds qui ont permis de bâtir l’Elysée. Car ces capitaux, qui étaient des biens mal acquis, sont une trace invisible de ce passé, qui doit être assumée et expliquée.

Nous sommes en 2020. Pour les 300 ans du palais de l’Elysée, nous vous invitons à annoncer la mise en œuvre d’une enquête historique approfondie, qui permettrait de connaître tous les liens reliant l’esclavage colonial aux grandes institutions de la République, au-delà du cas particulier de l’Elysée, qui n’est que le sommet de l’iceberg. Tous ceux qui ont bénéficié de l’esclavage, et des réparations accordées en 1848 aux négriers, tout cela doit être connu, comme cela a été fait par l’University College of London, qui a mené à cet égard une enquête remarquable. Et vous pourriez annoncer la mise en œuvre d’une réflexion sur le mémorial que nous appelons de nos vœux. Ainsi, les visiteurs qui entrent à l’Elysée ne pourront plus ignorer les traces de l’histoire, ce qui est en effet votre souhait et le nôtre. Libération du 17 juillet 2020

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17 juillet 2020

La Tour Eiffel avec un drapeau français à l'occasion du 14 juillet

eiffel drapeau

17 juillet 2020

Yves Klein au Centre Pompidou Metz

klein

Le 9 mars 1960, dans une galerie de la rue Saint-h-lonoré à Paris, Yves Klein fait scandale avec une performance hors la loi et hors du commun. L'artiste dirige, sans jamais les toucher, les mouvements de trois femmes nues. Après avoir badigeonné leur corps de peinture bleue, elles impriment leurs formes sur de grandes feuilles de papier. Le public retient son souffle devant cette unique représentation publique des

«Anthropométries», débarrassée de toute «folie érotique» et de toute sexualisation d'après le peintre. Elena Palumbo-Mosca, « pinceau vivant », selon la formule de Klein, défend encore cette vision avant-gardiste tandis que d'autres critiques y voient aujourd'hui l'influence néfaste d'un climat misogyne bien qu'inconscient. Le

Centre Pompidou-Metz lui consacre une exposition à partir du 18 juillet.

17 juillet 2020

CHIHARU SHIOTA - Galerie Templon jusqu'au 25 juillet 2020 (derniers jours)

Chiharu Shiota pic (39)

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CHIHARU SHIOTA, « INNER UNIVERSE »

Cet été, la galerie Templon portera haut les couleurs des tissages spectaculaires de l’artiste japonaise Chiharu Shiota. Deux installations in-situ et un ensemble de sculptures inédites exploreront « l’Inner Universe », le monde intérieur, esprit pour les uns, conscience pour les autres, qui transcende le corps et relie les êtres entre eux.

Célèbre pour ses installations monumentales et sa maîtrise du fil tressé à travers l’espace, l’artiste japonaise Chiharu Shiota recherche depuis des années à dépasser la notion de plan et les frontières traditionnelles du tableau. Avec « Inner Universe » elle nous invite à un parcours poétique sur les liens secrets entre finitude de l’existence et éternité.

« Inner Universe » s’ouvre sur une série de sculptures de fils rouges, blancs et noirs, œuvressignature de l’artiste. Ces boîtes mystérieuses décortiquent notre conception du corps : vêtements en lévitation, livres d’anatomie, objets personnels. Comme cristallisées par ces tressages étroits, elles témoignent du quotidien tout en évoquant des questions métaphysiques universelles. Comme l’explique l’artiste : « Le fil pour moi, permet de me détacher de l’idée d’une présence physique de l’être, représentée ici par des objets concrets. Pourtant, ce sont eux qui me permettent d’imaginer un nouvel espace abstrait. Couper, entrelacer et nouer les fils les uns après les autres m’incite à créer un tout autre univers à l’intérieur-même des délimitations du cadre de la sculpture. »

A cet apparent détachement de la vie terrestre, s’oppose un ensemble de sculptures réalisées en matériaux impérissables. Des « cells » en verre soufflé évoquent des formes presque abstraites de cellules ou d’organes gorgés de vie, tandis que les bronzes « In the Hand », moulages de ses propres mains, semblent faire jaillir la matière. Sur les murs, ses toiles tressées intitulées « Skin » recouvrent l’espace d’une peau à la fois microscopique et cosmique.

Enfin, point d’orgue de l’exposition, une fabuleuse installation de feuilles de papier s’envole en spirale vers le sommet de la verrière. Tel un tourbillon d’énergie vitale, l’œuvre présente la mort comme une étape du cycle de la vie, l’accession vers une dimension plus vaste. Dans l’œil du vortex, des sculptures de bronze représentant des parties du corps de l’artiste et de sa famille, sont posées à même le sol et reliées par des entrelacs de fils. « Je souhaite éparpiller des morceaux de mon corps sur le sol, mon absence est ainsi incarnée, et chacune de ces parties évoque bien plus que mon corps entier ne pourrait jamais le faire ». En matérialisant les « lignes rouges invisibles aux yeux des hommes », Chiharu Shiota tente ainsi de nous donner à voir les relations complexes entre les êtres et l’interdépendance, peut être éternelle, des consciences.

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17 juillet 2020

L’effeuillage burlesque a changé mon rapport au sexe”

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“Confessions nocturnes” est une chronique hebdomadaire qui donne la parole aux lecteur·ices pour parler de sexe, d'érotisme, de genre, d’attachement, d'infidélité… Et qui tente de répondre à cette question : “Comment s’aime-t-on en 2020 ?” Aujourd'hui, Clem, 25 ans, nous parle de body positivy, de consentement, et de polyamour.

Clem - “Tout a commencé avec le Rocky Horror Picture Show, un de ces films américains de série B hué à sa sortie avant de devenir culte dans le monde entier. Les fans connaissent les dialogues par cœur et s’amusent à rejouer le film devant le film lors de soirées dédiées. A l’époque, je faisais partie d’une troupe de théâtre et j’adorais assister à ce show, mais bien planquée parmi d’autres hystero du public. Un jour, un camarade de ma troupe a voulu lancer sa propre version du Rocky, et m’a proposé d’incarner la scène d’ouverture du film, qui consiste en un effeuillage burlesque au son de "Science-Fiction Double Feature", la cultissime chanson du début.

J’avais tout juste dix-huit ans et pas franchement l’habitude de me désaper en public mais j’étais déjà plutôt à l’aise avec mon corps et le projet me tentait bien.

Une aventure qui a changé ma vie

C’est ainsi que je me suis retrouvée pour la première fois sur scène en culotte, porte-jarretelles, et nippies (cache tétons). De cette expérience est née la troupe actuelle dans laquelle je m’éclate, à poil, toutes les semaines. Avec des potes du Rocky, on a monté une troupe d'effeuillage burlesque. Et cette aventure a changé ma vie à bien des égards.

Quand je parle d’“effeuillage burlesque” les gens pensent toujours à un truc un peu ringard genre le Lido ou le Moulin Rouge, où des amas de touristes viennent se branler devant la petite française. En réalité, l'effeuillage peut être bien plus cérébral que ça. Pour moi, me déshabiller sur scène c’est raconter une histoire, politique, drôle, triste, engagée…

Avec la troupe, on utilise pas mal le burlesque comme un média féministe. On veille à ce que l’homme et la femme soit toujours sur un pied d’égalité : si la femme porte des caches tétons, alors les hommes doivent en porter aussi. Et contrairement au Moulin Rouge et autres cabarets, on montre tous les corps, les gros, les minces, les amochés… Pour certain·es le burlesque à été une manière de s’accepter. En ce qui me concerne, c’est surtout mon rapport au sexe qui a été bouleversé.

Une vraie communauté

Via ma troupe d’effeuillage, j’ai découvert notamment le polyamour, qui pour moi, n’était jusque-là clairement pas une option. J’étais dans une relation très classique, je voyais la sexualité comme quelque chose de très normée, préliminaire-pénétration-orgasme-bonne nuit. Aujourd’hui, j’ai plusieurs relations en même temps et un des mecs n’est par exemple pas fan de la pénétration. Il y a quelques années, je l’aurais pris pour un taré, aujourd’hui je le comprends parfaitement.

Avec ma troupe, on ne fait pas que du théâtre. On est des potes, on est une communauté, et on s’entraide, on discute de plein de sujets. Parfois même on baise ensemble. Et cela ne nous empêche pas de rester des amis. Je considère le sexe comme une activité entre potes parmi tant d’autres, comme aller au cinéma ou au resto. On est aussi adepte des soirées Kink, un concept génial. Il n’y a pas vraiment de règles si ce n’est que tout le monde est le bienvenu, quelque soit son genre et son orientation. Il faut juste respecter le dress code, burlesque, cuir, SM... On se réunit, en petit ou grand comité, on danse, on boit, et parfois on couche ensemble, à deux ou plus. Le Kink c’est aussi des ateliers sur le consentement, sur comment avoir des pratiques SM safe, apprendre à se servir d’un sex toy, à se toucher, ou découvrir le tantrisme, l’art de se connecter par la respiration.

Je ne me considère pas comme une dévergondée. Je suis très à l’aise avec mon nouveau mode de vie. Pour ma famille, c’est plus compliqué à accepter. Bien sûr je ne rentre pas dans les détails, mais rien que l'effeuillage pour ma mère c’est trop. Elle l’associe au strip-tease et m’imagine dans des caves en train de faire des lapdances sur des vieux dégueux.

Au boulot aussi je reste très discrète. Je bosse dans la psychocriminologie, et c’est pas ultra ouvert d’esprit, notamment à cause de décalage de génération. J’ai 25 ans et je suis la plus jeune. Alors quand mes collègues me regardent de travers parce que j’arrive le matin avec des paillettes encore collées de la veille je leur raconte simplement que, oh, je fais partie d’une troupe de théâtre.”

Propos recueillis par Suzanne Dureau

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17 juillet 2020

Laetitia Casta

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17 juillet 2020

QUIBERON - escapade

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16 juillet 2020

Le port du masque sera obligatoire "dès la semaine prochaine" dans les lieux publics clos, annonce Jean Castex

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L'hypothèse d'une telle obligation avait été avancée par Emmanuel Macron, évoquant "par exemple" la date du 1er août. "J'ai entendu et compris que cette échéance apparaissait tardive", a déclaré le Premier ministre lors de son discours de politique générale au Sénat.

La date du 1er août avait d'abord été évoquée. Mais le port du masque sera rendu obligatoire "dès la semaine prochaine" dans les lieux publics clos pour contenir la circulation du coronavirus, a annoncé Jean Castex, jeudi 16 juillet. Les Français devront donc systématiquement se couvrir les voies respiratoires quand ils veulent entrer notamment dans un commerce.

"Nous envisagions une entrée en vigueur de ces dispositions [d'ici le 1er août] parce qu'encore une fois, nous agissons dans une logique préventive, pas sous l'empire de l'urgence", a d'abord expliqué le Premier ministre face aux sénateurs. Mais "j'ai entendu et compris que cette échéance apparaissait tardive ou suscitait quelques interrogations. Le décret entrera donc en vigueur la semaine prochaine", a-t-il ajouté lors de son discours de politique générale. Cette annonce a été accueillie avec quelques applaudissements.

J'ai proposé que l'obligation de le porter soit renforcée dans tous les établissements recevant du public clos, en particulier – ce qui n'est pas le cas aujourd'hui – les commerces. Cela nécessite un décret alors que dans les locaux dits professionnels, cela suppose une évolution des protocoles sanitaires régissant les activités concernées.

Jean Castex face aux sénateurs

Quid des éventuelles sanctions ? Dans les transports en commun, où le masque est déjà obligatoire, les contrevenants s'exposent à une amende de 135 euros. "Quand on met en place une obligation, il faut qu'il y ait une sanction en face", a déclaré sur franceinfo Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, sans préciser le détail des futures contraventions.

L'hypothèse d'une telle obligation avait été avancée mardi par Emmanuel Macron, évoquant "par exemple" la date du 1er août mais sans préciser les sites concernés. "Si on constatait avant cette date que l'épidémie reprenait, on avancerait cette échéance mais ce n'est pas la peine d'angoisser la population, avait ensuite estimé le Premier ministre. Quant aux entreprises, elles doivent gérer au cas par cas, en fonction des situations."

16 juillet 2020

Marisa Papen

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16 juillet 2020

JACQUEMUS. “L’Amour”, printemps-été 2021

Fidèle à ses habitudes, c'est sur Instagram que Jacquemus a dévoilé le nom et la date de son prochain défilé. Le 16 juillet prochain, le designer présentera sa collection printemps-été 2021 qu'il a décidé d'intituler L’Amour. Selon Vogue US, l’événement n’accueillera que quelques invités triés sur le volet, conformément aux mesures de sécurité face au Covid-19, et se déroulera "dans un lieu secret, vers la fin de journée". Jacquemus nous offrira-t-il une fois encore un défilé baigné de soleil? Réponse ce soir...

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