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Jours tranquilles à Paris

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9 juillet 2020

VIKI FEHNER

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9 juillet 2020

Le président brésilien a contracté la « grippette »

Article de Bruno Meyerfeld

Après avoir minimisé la gravité du Covid-19, Bolsonaro entend entretenir sa réputation de « mythe » vivant

RIO DE JANEIRO - correspondant

Il a finalement fini par l’attraper. Mardi 7 juillet, Jair Bolsonaro a annoncé avoir été testé positif au Covid-19. Le président brésilien d’extrême droite a annoncé la nouvelle à sa façon : extravagante, inimitable. Pour montrer à tous qu’il était au mieux de sa forme, Jair Bolsonaro n’a pas hésité à retirer son masque et à interpeller la poignée de journalistes présents face à lui à Brasilia. « Comme ça, vous pouvez voir mon visage, constater que je vais bien, que je suis tranquille et en paix ! », a lancé le chef de l’Etat, radieux mais contagieux, face à une presse aussi surprise qu’affolée.

Les premiers signes d’alerte se sont fait sentir dimanche. « Une indisposition, qui s’est aggravée lundi, avec un mal-être, de la fatigue, un peu de douleur musculaire, et une fièvre en fin d’après-midi qui a atteint les 38 °C », a détaillé Jair Bolsonaro depuis le palais de l’Aurore, somptueuse résidence des chefs de l’Etat brésiliens. Face à l’aggravation des symptômes, le président a effectué en urgence une tomographie et un test de dépistage du Covid-19. Résultat : positif.

Jamais confiné

Dans un pays sous tension, où le virus a déjà fait plus de 66 000 morts et 1,6 million de malades, les réactions à l’état de santé du président ont été plus que partagées. « Il ne reste plus qu’à lui souhaiter une pleine récupération », a sèchement tweeté l’ex-ministre de la justice Sergio Moro, aujourd’hui dans l’opposition. Certains sont allés plus loin encore : « Je suis favorable à ce que sa maladie s’aggrave et qu’il en meure », est allé jusqu’à écrire l’éditorialiste Hélio Schwartsman, dans une tribune publiée par la Folha de Sao Paulo. « Dans l’immédiat, l’absence de Bolsonaro signifierait que nous n’aurions plus [au Brésil] un dirigeant minimisant l’épidémie et sabotant les mesures visant à l’atténuer. Est-ce que ça ne pourrait pas sauver des vies, ça ? », s’interroge le journaliste. Et de conclure : « En mourant, Bolsonaro rendrait un service qu’il a été incapable d’offrir de son vivant. »

Faut-il rappeler le nombre de polémiques lancées par le président du Brésil au sujet du Covid-19, cette « grippette », cet événement « surdimensionné » selon lui ? Depuis quatre mois, Jair Bolsonaro n’a eu de cesse de relativiser la pandémie. Cette semaine encore, il a posé son veto à plusieurs articles d’une loi relative au port du masque dans l’espace public, adoptée par le Congrès. Grâce au président, il sera désormais possible de se rendre sans protection aucune dans les commerces, usines, églises et même les prisons surpeuplées…

Malgré l’avancée de l’épidémie, le leader d’extrême droite ne s’est jamais confiné. Au contraire : il s’adonne régulièrement à des bains de foule et reçoit du monde. Beaucoup de monde, même : au moins 55 personnalités la semaine dernière, selon le décompte du journal Estadão. Autant de politiques, chefs d’entreprise, ambassadeurs ou président de club de foot, parfois âgés, que le chef de l’Etat a rencontrés démasqué, a embrassés ou pris dans ses bras…

« Un messie surhumain »

A 65 ans, Jair Bolsonaro, qui est devenu le quatrième chef d’Etat ou de gouvernement à contracter la maladie – succédant au premier ministre britannique, Boris Johnson, au prince Albert de Monaco et au président du Honduras, Juan Hernandez –, se considère comme un « athlète ». Mais il fait pourtant partie des groupes à risque. Sa santé est jugée fragile : depuis le début de son mandat, il a été victime de malaises et opéré à plusieurs reprises, conséquences du coup de couteau reçu à l’abdomen en 2018 en pleine campagne présidentielle.

A la mi-mars, de fortes rumeurs, finalement démenties, avaient circulé, laissant croire qu’il était déjà atteint du Covid-19. Exceptionnellement, et pour une semaine seulement, tous les rendez-vous du chef de l’Etat ont été décommandés. Mais en bon politique, Jair Bolsonaro ne compte pas rester au lit pour sa convalescence. Tout l’inverse : dès l’annonce de sa maladie, le leader d’extrême droite a montré qu’il souhaitait utiliser à son avantage son état de santé pour électriser un peu plus le pays et pousser ses pions sur l’échiquier brésilien, un œil sur la présidentielle de 2022.

Pas question de modérer son discours et de suivre l’exemple d’un Boris Johnson. Pour Bolsonaro, la situation appelle au contraire à la fuite en avant. Il s’agit de prouver une bonne fois pour toutes que le Covid-19 n’est qu’une maladie bénigne.

Lors de son allocution, le président a de nouveau comparé le coronavirus à une simple « pluie ». « Je vais parfaitement bien, tout est normal (…), la vie continue », a lancé le chef de l’Etat, ajoutant : « J’aurais même bien envie de faire une petite balade… mais je ne vais pas la faire à cause des recommandations médicales. »

Jair Bolsonaro ambitionne aussi de profiter de la situation pour faire la promotion de son « remède miracle » : l’hydroxychloroquine. Le président, transformé en cobaye d’Etat, a annoncé se soigner grâce au très controversé antipaludéen. « La réaction a été quasi immédiate. Quelques heures plus tard, je me sentais déjà beaucoup mieux », a-t-il affirmé, soutenant sans crainte, ni preuve aucune, que « dans la phase initiale » de la maladie, « les chances de succès de l’hydroxychloroquine atteignent les 100 % ».

« Le fait que j’ai été contaminé montre que je suis un être humain comme un autre », a prétendu le président. En vérité, ce dernier compte bien entretenir sa légende et sa réputation de « mythe » vivant, survivant à un coup de couteau puis à une pandémie mondiale. « Vaincre le Covid-19 sans montrer de symptômes graves peut renforcer l’opinion des partisans radicaux de Bolsonaro qu’il est vraiment un messie surhumain », a ainsi estimé sur les réseaux sociaux Oliver Stuenkel, chercheur à la fondation Getulio Vargas.

D’ores et déjà, le leader d’extrême droite a remporté la bataille médiatique : pour plusieurs semaines, le Brésil vivra suspendu aux bulletins de santé de son président, qui dictera une fois de plus son tempo au pays. « Merci à tous et à dans une semaine ! », a ainsi lancé en direction des journalistes un Jair Bolsonaro visiblement enchanté en concluant sa conférence de presse. Avant d’ajouter : « Si Dieu le veut. »

9 juillet 2020

Jardins éphémères - Vannes

jardins

9 juillet 2020

Roselyne Bachelot, une ministre lyricomane

Sandrine Blanchard, Sandrine Cassini, Marie-Aude Roux

Et Le Service Culture

A la culture, cette passionnée d’opéra prend en charge un secteur gravement touché par la crise liée au Covid-19

PORTRAIT

C’était le 7 octobre 2018, au Monde Festival, lors d’une rencontre intitulée « Y a-t-il une vie après la politique ? ». A la question « Choisir de quitter une carrière politique, est-ce une décision sans retour ? », Roselyne Bachelot répond, avec un grand sourire : « Il y a un poste qui me ferait renoncer à cet engagement, c’est si on me proposait d’être ministre de la culture. Là, je pourrais craquer ! »

Alors, quand le nouveau premier ministre, Jean Castex, l’a appelée pour lui proposer la Rue de Valois, l’ancienne ministre devenue chroniqueuse a confié sur France Info avoir répondu la même chose : « Là, tu me fais craquer. » Elle arrive pourtant au pire moment à la tête de ce ministère.

Le jour de sa nomination, lundi 6 juillet, le département études et statistiques de la Rue de Valois a publié une enquête évaluant « L’impact de la crise du Covid-19 sur les secteurs culturels ». Et les données sont catastrophiques : « La baisse moyenne de chiffre d’affaires atteint 25 % par rapport à 2019 (22,3 milliards d’euros). L’effet sera le plus important sur le secteur du spectacle vivant (– 72 %), du patrimoine (− 36 %), des arts visuels (− 31 %) et de l’architecture (− 28 %). »

Forte personnalité

Est-ce justement parce que la « situation est apocalyptique », comme le résume Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, que le milieu culturel semble voir d’un bon œil l’arrivée d’une forte personnalité ? « Elle a des travaux d’Hercule devant elle, poursuit Olivier Py, mais c’est une lionne, une battante, une femme de convictions qui connaît la technocratie dure, et il va falloir se battre avec les technocrates de Bercy qui ne sont pas passionnés par l’art et n’ont pas encore compris qu’il est un gain et rapporte sept fois plus que l’industrie automobile. »

La nouvelle locataire de la Rue de Valois s’est rendue, dès mardi 7 juillet, au Louvre puis au Théâtre de la Ville, où Télérama organisait des débats sur l’avenir de la culture. « Elle est tout de suite dans le bain, on n’a pas besoin de lui expliquer la vie », souffle-t-on à l’Elysée. Avant l’annonce de sa nomination, Roselyne Bachelot a pris soin de prévenir Jack Lang mais aussi Stéphane Bern, le « Monsieur Patrimoine » d’Emmanuel Macron, qu’elle tutoie. Elle a aussi choisi sa directrice de cabinet : ce sera Sophie-Justine Lieber. Cette énarque, ancienne conseillère au cabinet de la ministre socialiste de la culture Aurélie Filippetti, était médiatrice du livre depuis juillet 2019.

Roselyne Bachelot a beau être de droite dans un milieu réputé de gauche, les organisations professionnelles du secteur saluent « une personnalité de premier plan », se félicitent de « son expérience des rouages de l’Etat » et rappellent, à l’image du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), qu’elle est « une femme éprise de musique et de culture ».

Lyricomane avertie et passionnelle, Roselyne Bachelot fait partie, depuis des décennies, des rares personnalités politiques à courir tous les soirs de première (ou pas) à l’opéra, que ce soit à Paris ou dans les grands festivals lyriques internationaux comme Glyndebourne, Salzbourg ou Bayreuth, où il n’est pas rare de la voir discuter avec Angela Merkel lors des longs entractes wagnériens. A ses premières amours verdiennes, Roselyne Bachelot a consacré un ouvrage biographique écrit à quatre mains avec le baryton français Jean-Philippe Lafont, Verdi amoureux (Flammarion, 2013).

Les trois « hommes de sa vie » se nomment Verdi, sa première et définitive idylle, puis Mozart, enfin Wagner. C’est cependant une déclaration d’amour à l’opéra français qu’elle proclame dans l’album discographique Salut à la France !, paru au printemps 2016, une playlist en forme de coups de cœur, de Bizet (Carmen) à Offenbach (La Vie parisienne), de Massenet (Manon, Le Cid) à Debussy (Pelléas et Mélisande), mêlant opéra-comique, opérette et grand opéra à la française. Et c’est avec une fidélité sans faille au monde lyrique que la future ministre a accepté, quelques semaines avant sa nomination, d’être l’un des membres d’honneur de l’association Unisson, un collectif né du désarroi des artistes lyriques face aux annulations consécutives à la pandémie de Covid-19. Pour Laurent Brunner, directeur artistique du château de Versailles, « Roselyne Bachelot est un être de passions, ce qui est fondamental quand il s’agit de culture. Elle fréquente intimement nombre de musiciens et chanteurs, et possède une profonde connaissance des réseaux et des artistes, pour lesquels elle éprouve une réelle empathie ».

Franc-parler

Durant le long entracte de sa vie politique, la pasionaria s’est adonnée aux plaisirs d’autres joutes. Sa verve et son sens de la formule en font une chroniqueuse recherchée, comme en témoignent les critiques et éditos publiés depuis 2012 sur le site Forum Opéra, cofondé par Sylvain Fort, un autre amateur d’art lyrique proche d’Emmanuel Macron, et dont elle est présidente d’honneur. A la radio, elle participe au « Club des critiques » animé par le producteur Lionel Esparza, sur France Musique. « La direction de l’époque comprenait mal que je fasse appel à elle, pourtant elle aime réellement la musique, et son franc-parler apportait un point de vue différent », se souvient Lionel Esparza.

D’ailleurs, c’est vers elle que se tourne Marc Voinchet, nouveau patron de France Musique, qui entend dépoussiérer la radio publique. Quand il lui propose, en 2016, de tenir une chronique hebdomadaire, Roselyne Bachelot accepte avec enthousiasme. « En revanche, s’il vous plaît, ne me payez pas, c’est tellement compliqué à Radio France pour une très petite rémunération », dit-elle en substance, à son interlocuteur estomaqué. « Evidemment, je lui ai dit qu’on continuerait à la payer ! Elle est naturelle, provocatrice, elle a des formules. Elle n’a pas ce surplomb qu’il peut y avoir – de moins en moins, et c’est heureux – dans la musique classique », se réjouit-il. Clin d’œil appuyé à son passage sur France Musique, la ministre fraîchement nommée a choisi Radio France pour sa première sortie publique et loué un « audiovisuel public d’une qualité formidable ».

Mais c’est Laurence Ferrari qui a été la première à repérer son potentiel télévisuel. En 2012, l’ex-présentatrice du 20 Heures de TF1 concocte « Le Grand 8 » sur D8, une émission de femmes inspirée de « The View » aux Etats-Unis, où officie Whoopi Goldberg. « Je voulais faire de Roselyne Bachelot la pierre angulaire de l’émission. Pour rigoler, on disait qu’elle était l’Encyclopedia Universalis. Tout-terrain, elle pouvait vraiment parler de tout », se remémore celle qui officie désormais sur CNews. « Aux Etats-Unis, de nombreux anciens politiques font des talk-shows. Roselyne Bachelot a cette façon d’intégrer du spectaculaire dans ce qu’elle dit. C’est une femme d’opinion qui veut convaincre », raconte Frank Lanoux, l’ancien patron de RMC qui l’avait recrutée pour piloter l’émission « 100 % Bachelot ».

Elle est comme ça, Roselyne Bachelot : ainsi bien sociétaire des « Grosses Têtes » sur RTL que chroniqueuse sur France Musique. Ce grand écart qui a fait sa popularité est déploré, en off, par certaines personnalités de la culture, mais applaudi par d’autres. « Elle a gardé la capacité d’avoir de l’esprit, j’attends d’elle qu’elle envoie au placard, dans l’élan et la joie, les habits rigides d’une culture formatée », s’emballe Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point.

Pour l’heure, Roselyne Bachelot dit vouloir « mettre la culture au cœur du plan de reconstruction de notre pays », organiser « dans les prochains jours » des « états généraux des festivals » et être « la ministre des artistes et la ministre des territoires ». Une manière de faire la synthèse entre ses deux prédécesseurs, Franck Riester (qui entendait « mettre les artistes au cœur des politiques culturelles ») et Françoise Nyssen (qui défendait la « culture près de chez vous »).

Mais elle n’a que six cents jours pour être l’« infirmière en chef » du déconfinement culturel et remettre la culture au cœur de la politique gouvernementale. « Pour remporter les arbitrages, elle va devoir mettre les pieds dans le plat et bousculer l’administration », prévoit Stéphane Bern, qui compte sur le caractère bien trempé de son amie. « Roselyne Bachelot aura à défendre des budgets dans un contexte très difficile, rappelle Olivier Mantei, patron de l’Opéra-Comique à Paris. C’est là que la pratique qu’elle a acquise au sein de gouvernements précédents sera la plus utile et efficace, surtout si elle a, comme certains le suggèrent, l’oreille du président. »

9 juillet 2020

Marisa Papen

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9 juillet 2020

La Chine ouvre un organe de sécurité nationale à Hong Kong.

Pékin a inauguré mercredi les bureaux dans lesquels travailleront des agents du renseignement chinois qui pourront opérer ouvertement sur le territoire semi-autonome. La création de cet organe a lieu une semaine après l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, perçue par l’opposition démocrate locale comme un moyen de la réduire au silence. Les locaux de la nouvelle agence sont situés dans un hôtel, le Metropark Hotel, qui domine le parc Victoria, où se rassemblent souvent les manifestants prodémocratie, note le South China Morning Post. Ils ont notamment l’habitude de s’y réunir au mois de juin pour une veillée en souvenir des victimes de la sanglante répression de Tian’anmen.

9 juillet 2020

Vu sur internet - j'aime bien

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9 juillet 2020

'YOMA - SUGAR CREATURES' UNE NOUVELLE HISTOIRE VISUELLE PAR 'MINA SARENAC' {NSFW / EDITORIAL EXCLUSIF}

La photographe Mina Sarenac  et la mannequin Maja Atanasijevic se sont  associées pour l' éditorial exclusif de NAKID intitulé « YOMA - SUGAR CREATURES ». 'Yoma' fait partie de la série Mina 'Sugar Creatures series'. Un projet de performance qui comprend jusqu'à présent 8 modèles différents et se concentre sur leur expérience intérieure, leur sensualité et leur connexion avec le féminin . Le sirop de fructose qui recouvre le corps du modèle leur crée une sensation inconnue et chacune de leurs réactions est unique et belle.

Ce projet est une collaboration avec une artiste Olja Markovic . Mina, est une photographe et vidéaste née à Belgrade, en Serbie. Ses intérêts ont varié au fil du temps, mais se concentrent principalement sur les comportements humains primaires et la sexualité qui est en quelque sorte cachée.

Si vous aimez cette histoire visuelle, montrez-leur un peu d'amour, ce n'est qu'un aperçu des choses incroyables qu'ils ont créées - rendez-vous sur leur Instagram ci-dessous pour en savoir plus sur cet artiste génial et soutenir leur créativité et votre inspiration quotidienne en les suivant !

Découvrez plus de Mina Sarenac et leur travail ici:   INSTAGRAM / SITE WEB

https://www.instagram.com/mina_sarenac/

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8 juillet 2020

Covid-19 - Seul “contre le reste du monde”, Washington se retire officiellement de l’OMS

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COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

Le gouvernement de Donald Trump a confirmé, mardi 7 juillet, son retrait de l’Organisation mondiale de la santé, qu’il avait accusée d’avoir tardé à réagir après l’apparition du virus en Chine en décembre, afin de ménager Pékin. Une décision qui pourrait affaiblir Washington à l’international et nuire à la santé des Américains, estime la presse américaine.

Donald Trump a mis mardi ses menaces à exécution : un mois après avoir annoncé qu’il allait mettre fin à la relation entre son pays et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président américain a officiellement lancé la procédure de retrait des États-Unis de l’agence onusienne, qu’il accuse d’avoir tardé à réagir face à la pandémie.

“Le leader mondial des décès liés au Covid-19 quitte” donc “l’OMS”, remarque Chas Danner, rédacteur en chef au New York Magazine. L’annonce du retrait des États-Unis de l’organisation sanitaire survient alors qu’un nouveau record de plus de 60 000 cas de Covid-19 en vingt-quatre heures a été franchi mardi, selon le décompte de l’université Johns Hopkins. Pour Chas Danner, les attaques de Trump contre l’OMS sont largement perçues aux États-Unis comme une tentative de “rejeter la faute sur quelqu’un d’autre” plutôt que de reconnaître “sa mauvaise gestion de la pandémie”.

En décidant de quitter l’OMS en pleine crise sanitaire, “Donald Trump oppose l’Amérique au reste du monde”, note de son côté le journaliste du Washington Post Joshua Partlow.

“Perte de pouvoir substantielle” pour Washington

Ce retrait signifie que “Washington va perdre un pouvoir substantiel au sein de cette importance agence mondiale, alors que les États-Unis y étaient en position de force”, souligne The Hill.

“L’OMS réunit des experts qui décident quels vaccins contre la grippe vont être développés. Elle lance des études et établit des feuilles de route pour des candidats vaccins contre d’autres maladies, comme Ebola ou des virus qui pourraient devenir de plus en plus dangereux pour les Américains, comme le Zika”, ajoute le journal.

“La probabilité que nous voyons apparaître au cours de la prochaine décennie une souche de la grippe à forte létalité est élevée”, note pour sa part l’experte en santé publique Amanda Glassman, interrogée par USA Today

En quittant la table de l’OMS, “les scientifiques américains qui travaillent pour le gouvernement n’auront donc plus la possibilité de prendre part aux décisions” visant à résoudre ces problèmes, conclut The Hill.

Biden promet d’annuler la décision de Trump s’il est élu

Fustigeant le retrait américain, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a promis mardi qu’il annulerait la décision de Donald Trump “le premier jour” de sa présidence en cas de victoire. “Les Américains sont plus en sécurité quand l’Amérique s’engage pour renforcer la santé mondiale”, a-t-il fait valoir.

Le retrait américain de l’OMS sera effectif le 6 juillet 2021. S’il était élu, Joe Biden pourrait donc faire machine arrière dès le mois de janvier 2021, à son arrivée à la Maison-Blanche.

En attendant, plusieurs sénateurs démocrates ont introduit une proposition de loi visant à annuler la décision de Donald Trump. Le texte a peu de chances d’être adopté par la Chambre des représentants, à majorité républicaine. Mais plusieurs élus conservateurs, dont le président de la commission de la Santé du Sénat, Lamar Alexander, sont montés au créneau mardi pour dénoncer une décision dangereuse pour la santé des Américains, rapporte Newsweek.

Noémie Taylor-Rosner

8 juillet 2020

Roselyne Bachelot

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