L’Assemblée supprime de la Constitution le mot « race » et interdit la « distinction de sexe »
Premier amendement adopté, fortement symbolique, au projet de révision de la loi fondamentale : les députés ont supprimé à l’unanimité le mot « race » et interdit toute « distinction de sexe ».
Le mot « race » et la « distinction de sexe » n’auront bientôt plus leur place dans la Constitution française. Comme premier changement au projet de révision de la Constitution, les députés ont symboliquement supprimé, jeudi 12 juillet, à l’unanimité, le mot « race » de l’article 1er, une mise à jour depuis longtemps réclamée outre-mer mais sans faire consensus jusqu’à présent.
Les 119 députés présents ont également, dans le même vote, assuré l’égalité devant la loi « sans distinction de sexe ».
Dans l’article 1er réécrit, qui définit les valeurs fondamentales de la République, la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion », au lieu de « sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Une formulation qui deviendra définitive si la révision constitutionnelle aboutit.
L’amendement adopté, au terme de nombreuses prises de parole sur tous les bancs pour s’en réjouir, a été celui du président du groupe UDI-Agir, Jean-Christophe Lagarde, mais presque tous les groupes politiques avaient présenté des amendements en ce sens. M. Lagarde a cependant noté qu’« aucun représentant de l’extrême droite n’était présent pour ce vote qui honore notre nation ». Les députés Rassemblement national (RN), qui siègent parmi les non-inscrits « étaient absents par volonté », a-t-il affirmé.
Rejet des thèses racistes après la guerre
Lorsque le mot race a été introduit dans le préambule de la Constitution de 1946 puis repris en 1958, les constituants voulaient, après le nazisme, affirmer leur rejet des thèses racistes, héritage de l’histoire coloniale et des théories du XIXe siècle.
Mais, paradoxalement, en interdisant la « distinction selon la race », la Constitution pouvait en creux légitimer l’opinion selon laquelle il existe des races alors que la science ne reconnaît qu’une seule espèce humaine. Les députés ultramarins se sont montrés particulièrement émus de ce vote au regard du passé colonial français.
« Merci à vous tous ! », a lancé la Réunionnaise communiste Huguette Bello. « C’est un grand moment d’élévation de la conscience collective », a renchéri le Martiniquais Serge Letchimy, Nouvelle Gauche. Le député UAI de Nouvelle-Calédonie Philippe Gomès a rappelé que « 111 Kanaks avaient été exposés à côté des crocodiles » à l’exposition coloniale de 1931 à Paris, où la brochure invitait à venir voir « la race canaque avant qu’elle ne disparaisse ».
Quelques bémols
Cette suppression du mot « race » est un « combat ancien », notamment des communistes qui avaient déposé des amendements dans ce sens dès 2002, a reconnu le rapporteur général (LRM), Richard Ferrand.
Les communistes ont rappelé qu’ils avaient porté une proposition de loi en 2013 pour supprimer le mot « race » non seulement de la Constitution mais de toute la législation. Ce texte avait été adopté en première lecture, dans l’attente d’une révision constitutionnelle qui n’a jamais eu lieu dans le quinquennat faute de majorité.
François Hollande s’était en effet engagé, lors de la campagne présidentielle en 2012, à une telle suppression, plaidant « il n’y a pas de place dans la République pour la race ». A l’époque, la droite avait critiqué cette idée, estimant comme Alain Juppé, que « faute d’agir » contre le racisme, « on change les mots ».
Si la droite a voté jeudi cet article, Philippe Gosselin a repris cette interrogation, soulignant que ce changement sémantique ne devait pas « conduire à baisser la garde pour lutter contre le racisme ». Même bémol des députés La France insoumise (LFI) Eric Coquerel et Danièle Obono, qui auraient préféré maintenir une expression comme « prétendue race ».
La garde des sceaux, Nicole Belloubet, a répondu que « cela ne fragiliserait pas juridiquement la lutte contre le racisme », car « il y a des nombreux filets de sécurité qui demeurent ».
« Le mot race subsistera dans le préambule de 1946, qui figure dans notre bloc de constitutionnalité », a-t-elle rappelé ainsi que dans plusieurs normes internationales qui interdisent les distinctions fondées sur l’existence de prétendues races.
Dans une intervention un peu décalée, le mathématicien LRM Cédric Villani a cependant prévenu que cette suppression du mot race ne devait pas être décidée au nom de la science, « qui peut toujours évoluer », mais au nom de « l’empathie et du sens du destin commun par lesquels nous reconnaissons toute l’humanité comme nos frères et sœurs ».
L'ÉDITO de Henri Vernet - Le Parisien - Trump Imperator
Quels que soient les pays visités, quel que soit l’ordre du jour, Donald Trump débarque avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ainsi du sommet de l’Otan, qui s’est achevé ce jeudi à Bruxelles et réunissait la puissante Amérique et ses alliés canadien et européens. Trump Imperator commence par une bonne engueulade : « De nombreux pays ne paient pas ce qu’ils devraient et, franchement, de nombreux pays nous doivent un énorme paquet d’argent depuis des années ». Il aurait pu dire un « pognon de dingue »… En clair, l’Oncle Sam en a assez d’assurer à grands frais la défense d’une Europe qui ne prendrait pas assez sa part. C’est oublier qu’après le 11 septembre 2001, les alliés européens activèrent sans barguigner l’article 5 du Traité prévoyant la solidarité des membres de l’Alliance en cas d’attaque contre l’un d’entre eux. Deuxième charge trumpienne : « Nous protégeons l’Allemagne, nous protégeons la France… » Non, Mister President. La France est certes une alliée fidèle des Etats-Unis, mais depuis de Gaulle et la politique de dissuasion nucléaire, maintenue par tous les successeurs du général à l’Elysée, elle ne s’en remet qu’à elle-même pour ce qui concerne sa sécurité ultime. De plus, elle n’a pas attendu les foudres donaldesques pour hausser son effort de défense, Emmanuel Macron s’étant engagé, dès l’an dernier, à le porter à 2 % du PIB. Mais qu’importent les faits, l’essentiel pour Trump, déjà passé à un autre sujet, est de faire le buzz planétaire.
Retour sur la Victoire de la Croatie contre l'Angleterre
parismatch_magazineLes joueurs de la Croatie célèbrant le deuxième but marqué contre l'Angleterre par Mario #Mandzukic, tout près d'un photographe de l'@AFPphoto, Yuri Cortez, alors percuté par les joueurs à cette occasion. Des larmes de joie, des chants, des pétards ont suivi et toute la #Croatie s'est enflammée, mercredi soir, après sa victoire contre 2 à 1 après prolongations, synonyme de toute première qualification pour la finale d'un #Mondial de #football. "C'est tellement beau! C'est le miracle de tous les miracles! La Croatie est en finale de la #Coupedumonde", s'est écrié le commentateur de la télévision d'Etat, Drago Cosic, à la fin du match. Des milliers de supporters, réunis sur la place centrale de la capitale #Zagreb, ont suivi la rencontre sur écran géant sans être découragés par la pluie, qui tombait par intermittence. Pour ce match si particulier, des spectacles, des séances de cinéma et des concerts avaient été annulés. Certains magasins avaient même fermé plus tôt, histoire de permettre à leur employés de suivre la rencontre. Et c'est l'avant-centre #MarioMandzukic qui, en marquant en prolongation, a délivré les "Vatreni" (les "Flamboyants") et les a inscrits dans l'histoire du football de ce pays de 4,1 millions d'habitants. "Nous n'allons pas nous arrêter maintenant", a déclaré le sélectionneur croate, #ZlatkoDalic, à la fin du match. #LukaModric et ses coéquipiers ont d'ores et déjà effacé des tablettes la performance de leurs illustres prédécesseurs du Mondial-#1998, qui avaient décroché la troisième place face aux #PaysBas après s'être inclinés contre la #France en demi-finales. Photo: @carlrecine / @Reuters
LINGER – JAN KWAN {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW}
Photographer, Jan Kwan is from Hong Kong and photography has always been his sweet escape since he got his camera. He Switched to analog not long ago and has never looked back."Noemi and me has connected through Instagram for a while, but not until few days ago we finally set up a shoot."
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Model: Noemi Kovacs
Coupe du monde : héroïque, la Croatie prend rendez-vous avec les Bleus en finale
Par Anthony Hernandez, envoyé spécial à Moscou - Le Monde
Vainqueurs (2-1) après prolongation des Anglais, les Croates se sont qualifiés pour la finale du Mondial. Ils affronteront la France dimanche 15 juillet à Moscou.
Au terme d’une course effrénée qui s’achève devant la tribune garnie de leurs supporteurs, les deux colosses glissent sur les genoux dans une synchronisation parfaite. A l’image de leur équipe, les défenseurs croates Dejan Lovren et Domagoj Vida ont été, mercredi 11 juillet, héroïques, en demi-finale de Coupe du monde. Au bout du suspense de la prolongation, la Croatie a éliminé l’Angleterre (2-1), qui se voyait déjà de retour en haut de l’affiche.
Quelques secondes plus tard, c’est le capitaine Luka Modric et le sélectionneur Zlatko Dalic, main dans la main, qui saluent victorieusement la foule. Puis, le latéral hyperactif de l’Atletico Madrid, Sime Vrsaljko, plaque au sol son coach quand le Barcelonais Ivan Rakitic est porté en triomphe par un géant de 2,01 m, le gardien remplaçant Lovre Kalinic. D’autres encore brandissent des drapeaux personnalisés au nom de leur fief, un vrai tour de Croatie : Zadar sur la côte dalmate pour le gardien Danijel Subasic ou encore Slavonski Brod à la frontière bosnienne pour le buteur Mario Mandzukic.
Au-delà la fatigue, pourtant menée d’entrée 0-1 par des Anglais trop sûrs d’eux, l’équipe de Croatie s’est qualifiée pour la première finale d’un Mondial de sa courte histoire. Vingt ans après une défaite lors du tournoi 1998 sur le même score (1-2) contre les Bleus de Lilian Thuram et Aimé Jacquet qui les avait privés d’une finale.
L’exploit est immense pour une nation indépendante depuis 1992 et qui ne compte qu’un peu plus de quatre millions d’habitants. « C’est incroyable ! Je crois qu’on n’est pas encore conscients de ce qui vient d’arriver. Ce n’est pas vraiment un miracle, on a accompli quelque chose que seuls les grands joueurs peuvent accomplir. On a joué avec le cœur », a déclaré Mandzukic, auteur du deuxième but, celui de la victoire.
Troisième prolongation consécutive
Côté croate, l’heure était toujours de longues minutes après le coup de sifflet final à la célébration. En attendant de se reposer, la communion est totale. On oublie les crampes, les courses incessantes et les contacts qui ont été de plus en plus rudes au fil des minutes.
Une multitude de bambins, maillot au damier rouge et blanc sur le dos, courent au milieu de leurs paternels. L’un se prend en pleine face le roc Vida. Queue-de-cheval détachée, le défenseur relève la petite tête blonde et l’embrasse sous les hourras des siens. Homme de caractère, il a été galvanisé par les sifflets des spectateurs russes à chaque ballon touché. Il lui était reproché son soutien affiché à l’Ukraine, samedi à Sotchi, après le quart remporté face au pays hôte.
En 1998, la légendaire génération emmenée par Davor Suker avait terminé à la troisième place. Les successeurs de Robert Prosinecki ou de Zvonimir Boban ont franchi une marche supplémentaire. Aujourd’hui président de la Fédération croate, Suker, meilleur buteur du Mondial français, peut compter sur Ivan Perisic ou Mario Mandzukic pour marquer des buts.
C’est Perisic, ancien Sochalien, qui a fréquenté deux saisons la réserve du club doubien avant ses 20 ans, qui a égalisé ; il a été élu une nouvelle fois meilleur joueur du match. Le joueur de la Juventus, Mandzukic, est lui une sorte d’Olivier Giroud, un avant-centre qui défend plus qu’il n’attaque. A une différence près, il marque : deux buts en six matchs. Au milieu, la paire Luka Modric et Ivan Rakitic fait bien entendu l’objet de toutes les attentions. C’est bien simple, il n’y a pas plus grand technicien que le premier nommé. Son extérieur du pied est soyeux et il imprime le rythme de son équipe. Et le deuxième est loin d’être maladroit.
Dans quel état de forme seront-ils tous ? Pour la première fois depuis les matchs à élimination directe, Modric a par exemple demandé à sortir avant la fin. Véritable patron de la Croatie, il traîne derrière lui une saison harassante avec son club du Real Madrid, avec lequel il a remporté fin mai une troisième finale de Ligue des champions d’affilée.
Après les éliminations précoces du Portugais Cristiano Ronaldo, de l’Argentin Lionel Messi et du Brésilien Neymar, le génial numéro 10 est plus que jamais prétendant au Ballon d’or. « A un moment, je voulais faire des remplacements mais personne ne voulait sortir. C’est incroyable, personne ne voulait abandonner. Cela montre le caractère de cette équipe », a lancé l’entraîneur Zlatko Dalic en conférence de presse.
Aucune victoire contre la France
Dimanche 15 juillet, au moment de pénétrer sur cette même pelouse de l’immense stade Loujniki pour le match le plus important de leur histoire, les footballeurs croates auront disputé trois fois trente minutes, soit un match de plus en dix jours seulement, que leurs adversaires français. Sans parler des deux séances de tirs au but, forcément énergivores, lors du huitième de finale face aux Danois et en quart de finale face aux Russes. Pour couronner le tout, les Balkaniques auront bénéficié d’une journée de repos en moins.
A n’en pas douter, les kinés des Vatreni (« les flamboyants ») auront à manipuler de la cuisse et du mollet. L’avantage sera évident pour les protégés de Didier Deschamps, qui, en plus, s’affirment depuis le début de la compétition comme l’une des sélections à la condition physique la plus rutilante.
Entre la France et la Croatie, l’opposition de style sera complète. D’un côté, des Bleus qui apprécient de laisser le ballon à l’adversaire pour mieux le prendre de vitesse. De l’autre, des Croates qui aiment avoir la possession du ballon mais qui ont semblé parfois manquer d’inspiration depuis la fin du premier tour, où ils avaient livré leur meilleur rencontre en écrasant l’Argentine (3-0).
« Personne ne peut être plus heureux que moi de jouer contre la France en finale. J’ai vu presque tous les matchs [des Bleus] dans cette Coupe du monde. Ils ont augmenté leur niveau au fur et à mesure de la compétition. C’est une équipe qui sait jouer défensivement, qui a un très bon coach et de très bons joueurs », a analysé Ivan Perisic.
Scène surréaliste dans le métro moscovite, lorsqu’un sosie officiel du sélectionneur anglais Gareth Southgate, poussant la ressemblance jusqu’à porter son fameux gilet, fraternise avec un supporteur croate sur le dos du rival français : « Contre la France, ça sera difficile mais les mecs, vous avez votre chance. J’espère que vous allez les battre. »
En cinq rencontres (trois défaites et deux nuls), c’est une chose que les footballeurs croates n’ont jamais réussi à faire. Tout comme ils n’avaient jamais atteint une finale de Coupe du monde. Les Bleus sont prévenus.






















