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Jours tranquilles à Paris

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14 janvier 2018

Maison de la Culture du Japon - Exposition - derniers jours

La Maison de la culture du Japon de Paris fête ses 20 ans ! Elle saisit cette occasion pour rappeler l’importance des liens franco-japonais en présentant une nouvelle exposition intitulée « A l’aube du Japonisme ». Elle réunit des pièces inédites en France magnifiant la culture nippone et montrant sa connaissance du monde occidental, intégré à ses œuvres. Kimonos chatoyants, estampes, livres illustrés par Hokusai, mais aussi maquettes architecturales de maisons traditionnelles, photographies et peintures sont au rendez-vous.

To celebrate his 20th birthday, The Maison de la culture du Japon remind us the importance of Franco-Japanese ties by presenting a new exhibition entitled "A l’aube du Japonisme".

MAISON DE LA CULTURE DU JAPON

Jusqu’au 20 janvier 2018

101, quai Branly, 75015 Paris

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Photos : Jacques Snap

Pour son 20e anniversaire, la Maison de la culture du Japon à Psrls évoque les premiers rapports du Japon avec la France au XiX8 à l'aube du japonisme à travers de nombreuses pièces : modèles de HAASsons japonaises, objets en laque, nacre ou céramique, livres, pei?ïte?®s et estampes. Cette exposition est aussi l'occasion de présenter les s'mbassades japonaises sous le Second Empire et l'époque où les artistes français découvrent avec admiration le chatoiement des kimonos, Ees vives couleurs des estampes des années 1840-1865 et le naturalisme des livres illustrés de Hokusai et ses contemporains.

À l'époque des shoguns Tokugawa installés à Edo, ancien nom de Tokyo, le commerce se faisait par (Intermédiaire des Hollandais et des Chinois depuis ieurs comptoirs de Nagasaki. Lors de leur retour en Europe, les responsables du comptoir hollandais rapportaient des collections japonaises, tandis que les Français qui se rendaient en Chine pouvaient y acquérir des objets japonais. Le Japon ferme était moins coupé du monde qu'on ne l'imaginait et connaissait déjà diverses choses de la France, notamment les événements de la Révolution et de ('Empire. Après la signature du traité de commerce et d'amitié entre le Japon et la France en 1858, le commerce s'intensifia. Le Japon participa officiellement pour la première fois à une Exposition universelle, celle de 1867 à Paris, à l'occasion de laquelle le jeune prince Tokugawa Akitake visita la France, à la veille de la chute du régime shogunal et de l'instauration de Meiji qui transforma radicalement le

Japon. L'exposition se propose de montrer des objets - souvent inédits -conservés en France, qui illustrent la connaissance que les Japonais avaient des Français : des médaillons en laque noir et or d'après des gravures transmises par les Hollandais, mais aussi des peintures de Hokusai offertes à la Bibliothèque nationale de France par le fils du capitaine du comptoir de Deshima, Sturler, qui quitta le Japon en 1826. Un large choix en est présenté pour la première fois à Paris montrant la familiarité de Hokusai avec la perspective occidentale.

Des objets japonais, laques, céramiques, maquettes de maisons, qui étaient en vente à Paris dès 1840, sont également présentés, de même que des pièces japonaises collectées par les membres de la mission française lors de la signature du traité de 1844 avec la Chine, et qu'une remarquable vue de Deshima, en laque et nacre, offerte au musée de la Marine par Delprat, le premier Français travaillant pour les Hollandais au Japon entre 1845 et 1849.

La collection du baron de Chassiron, membre de fambassade française au Japon de 1858, les photographies faites à Paris des membres des ambassades japonajses de 1862 et 1864, des porcelaines, des albums d'estampes, des livres illustres présentés à l'Exposition universelle de 1867 montrent comment, en peu données, slnstalle un réel engouement pour l'art japonais qui prend bientôt le nomdejaponisme.

Commissaire : Geneviève Lacambre,

Conservateur général honoraire du patrimoine

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14 janvier 2018

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14 janvier 2018

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13 janvier 2018

Première sortie pour le bébé panda.

Cinq mois après sa naissance, le mini panda Yuan Meng a eu une première sortie publique au zoo de Beauval (Loir-et-Cher) où les fans sont venus en nombre. Yuan Meng, «accomplissement d'un rêve», au pelage gris et blanc rosé, s'est affiché en présence de sa maman, dans son enceinte, peu après 10h00. Panda cub Yuan Meng, qui signifie "réalisation d'un rêve" ou "réalisation d'un rêve", mange des bambous avec sa mère Huan Huan au Zoo de Beauval, à Saint-Aignan-sur-Cher, France, samedi 13 janvier 2018. Le premier bébé panda de France a fait sa grande entrée publique, agissant comme de nombreux enfants de cinq mois _ escaladant toute sa mère couchée qui semblait vouloir se reposer. Photo: Zoo Parc de Beauval via AP / Sipa

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13 janvier 2018

Pierre et Gilles à la Galerie Templon

VERNISSAGE ce soirDepuis 1976, le couple d’artistes Pierre et Gilles cultive une iconographie au kitch et à la poésie immédiatement reconnaissables. Exposés un peu partout dans le monde et proches de nombreuses stars, ils n’ont de cesse d’explorer les multiples facettes du portrait, si possible ultra-coloré et richement ornementé. Dans cette nouvelle exposition baptisée Le Temps imaginaire, on retrouve Sylvie Vartan, Etienne Daho, Dita von Teese mais aussi des sosies de Michael Jackson ou des œuvres plus sombres, notamment l’une dédiée à Bernard Buffet. C’est pop, décalé, et bien souvent plus complexe que ça en a l’air. Pierre et Gilles, Le Temps Imaginaire, du 13 janvier au 10 mars à la Galerie Templon, Paris.

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13 janvier 2018

Monica Piloni

 

 

13 janvier 2018

«Pays de merde» : la grossièreté de Donald Trump suscite un tollé

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Jeudi, le président des États-Unis aurait qualifié Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines de «pays de merde». Une déclaration démentie mais qui a déclenché une indignation mondiale.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?» Selon des sources concordantes, Donald Trump, grand habitué des phrases choc, aurait franchi une nouvelle étape langagière jeudi, lors d'une réunion à la Maison-Blanche. Ces propos viseraient particulièrement plusieurs États africains ainsi que le Salvador et Haïti, le président estimant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille.

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.

Des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes»

Les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir. Après une longue réunion d'urgence, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont déclarés préoccupés par la tendance «grandissante» de l'administration Trump «à dénigrer le continent et les gens de couleur». Le Sénégal et le Bostwana ont par ailleurs convoqué chacun l'ambassadeur américain. L'ONU a qualifié ces remarques de «choquantes et honteuses» et l'Union africaine de «blessantes» et «dérangeantes». Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste». Le ministre cubain des Affaires étrangères a condamné «fermement» ces déclarations «racistes, dénigrantes, grossières, pleines de haine et de mépris», qui suscitent selon lui «l'indignation du peuple cubain». Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les nations «agressées» par Donald Trump. La Russie a jugé les propos du président américain «extrêmement négatifs».

«Trump, président de merde»

«#Trumppresidentdemerde». Ce matin, tout en sobriété, l'ancien ministre et actuel président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, a traité Donald Trump de «président de merde» sur Twitter. «C'est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens. J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: “président de merde“, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant», a insisté Jack Lang auprès de l'AFP.

Aux États-Unis, l'ancien directeur du FBI James Comey a écrit sur Twitter: «La grandeur de ce pays et son génie viennent de sa diversité». Chelsea Clinton a rappelé que certains «immigrants du Salavdor, d'Haïti et d'Afrique ont aidé à construire notre pays». Mêmes échos chez son père, l'ancien président Bill Clinton, qui a souligné «les immenses contributions des immigrants d'Haïti et d'autres nations à l'Amérique», appelant au «respect et à la gratitude» pour «eux et leurs pays d'origine». «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!»

Parmi l'océan de critiques, certaines personnalités américaines ont félicité leur chef d'État. «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!», a salué Marco Gutierrez, créateur du mouvement «Latinos for Trump». La blogueuse conservatrice Stacy Rush a estimé que ces critiques empêchaient les États-Unis de traiter les problèmes de fond. «Il est lamentable que notre pays, et notamment la presse généraliste, perde du temps sur le mot #shithole alors que nous avons de vrais problèmes qui doivent être traités», écrit-elle. Sans démentir le fond de ses propos, le président américain a déclaré vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde». «Le langage que j'ai utilisé pendant la réunion était rude, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a écrit Donald Trump sur Twitter, avant d'assurer dans un deuxième message qu'il n'avait «jamais dit quoi que ce soit de péjoratif sur les Haïtiens à part que Haïti est évidemment pays un pays très pauvre et sujet aux troubles. (...) J'ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens».

La Maison-Blanche a souligné que le chef d'État se battrait «toujours pour le peuple américain». «Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation», a insisté un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué. Lost in translation

«Pays de merde», «pays de chiottes», «merdiers, «trous à rats», «trous paumés»... L'expression «shithole countries» n'a pas toujours été traduite de la même façon partout dans le monde, comme le souligne l'Agence France-Presse.

Si la presse francophone et espagnole s'est accordée sur «pays de merde», les médias grecs ont préféré «pays de chiotte» et les allemands «trous à rats» Le journal syndical russe Troud a choisi «trous à merde» et le Corriere della Sera italien utilise le terme «merdiers».

Chine et Pays-Bas ont préféré éviter la grossièreté et parlent respectivement de «mauvais pays» et d'«arriérés». La palme de l'originalité revient à la presse serbe - qui évoque «l'endroit où les loups copulent» - et à l'agence taïwanaise CNA - qui cite «des pays où les oiseaux ne pondent pas d'œufs».

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Jack Lang traite Donald Trump de «président de merde»

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang ne mâche pas ses mots pour dénoncer les propos de Donald Trump sur les "pays de merde", qualifiant en retour le président américain de "président de merde".

L'ancien ministre de François Mitterrand a utilisé cette expression samedi sur son compte Twitter et sur Facebook. "C'est un cri du coeur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens", s'est justifié Jack Lang contacté par l'AFP. "J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: 'président de merde', comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant", a insisté le président de l'Institut du monde arabe (Ima).

"Ce qui m'a motivé, a expliqué l'ancien ministre âgé de 78 ans, c'est d'entendre ce type (Donald Trump, ndlr) chaque heure chaque jour dire n'importe quoi, insulter".

L'ancien ministre qui se déclare "solidaire" des pays africains et d'Haïti, "pays que j'aime", a dénoncé le "mépris" du président américain à leur encontre. "Ce mépris est inqualifiable. C'est blessant, offensant (...) Tous les jours, il déverse du mépris sur les uns sur les autres".

Selon Jack Lang, Donald Trump est "un xénophobe et un raciste maladif". "C'est indigne de l'Amérique, grand pays de liberté, de grandes aventures d'émancipation", a estimé l'ancien ministre.

13 janvier 2018

Lactalis : c’est quoi cette boîte de lait ?

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Après les atermoiements du géant de l’agroalimentaire, Bercy a tapé du poing sur la table vendredi et l’a contraint à reprendre tous les lots de lait infantile produits sur son site contaminé à la salmonelle. Retour sur la culture de cette entreprise où l’opacité est cultivée de père en fils.

 Lactalis : c’est quoi cette boîte de lait ?

Lactalis pris à son propre piège ? Le culte du silence et du secret qui prévaut depuis des décennies chez le leader mondial des produits laitiers semble s’être retourné contre lui, alimentant toutes les suspicions.

Suspicions entretenues par les atermoiements de l’entreprise elle-même lorsqu’il s’est agi de retirer de la vente les lots de lait infantile possiblement contaminés par la salmonelle, donnant l’impression de traîner les pieds. Une version soutenue par le ministère de l’Economie qui a demandé vendredi au groupe, par la voix de Bruno Le Maire (qui recevait à Bercy le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier), de retirer du marché la totalité des produits fabriqués à Craon (Mayenne), où se situe l’usine responsable de la contamination.

Mais alors que la crise s’étend en Europe (un cas de salmonellose avéré a été découvert en Espagne, alors qu’un autre restait vendredi soir à confirmer en Grèce), peut-être faut-il voir aussi, dans ce manque de réactivité, le poids d’une culture d’entreprise qui semble n’avoir d’autre boussole que la recherche du profit à tous crins. Caractéristique certes largement partagée, mais quasiment élevée au rang d’art par le laitier mayennais.

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Les débuts de l’entreprise, qui compte désormais à son tableau de chasse de nombreuses marques de renom (Lactel, Bridel, Salakis, la Laitière), sont modestes. C’est en effet dans son petit atelier de Laval qu’André Besnier fabrique en 1933 ses premiers camemberts. En 1955, après sa mort, son fils Michel reprend le flambeau et lance la marque Président. Surnommé «l’Emir blanc», Michel Besnier, homme à poigne, se montre d’une voracité insatiable, engageant son entreprise dans une croissance externe menée tambour battant. Outre le rachat de plusieurs laiteries, il se lance dans les premières implantations à l’étranger du groupe, rebaptisé Lactalis en 1999.

Quelques années après sa mort, en 2000, un ancien cadre de Lactalis évoque dans un petit ouvrage la Saga Lactalis, le mépris d’André Besnier pour les coopératives laitières (parmi ses principaux concurrents) qui n’auraient pas «suffisamment la religion du profit». Son fils Emmanuel reprend les rênes du groupe pour lui faire franchir de nouvelles étapes dans son internationalisation. En 2011, le lancement d’une OPA hostile sur l’italien Parmalat, qui le hisse au premier rang mondial des industriels du secteur laitier, l’oblige pour la première fois à publier ses comptes. Non cotée en Bourse, l’entreprise familiale (qui appartient à Emmanuel Besnier, à son frère Jean-Michel et à sa sœur Marie) tient secret le détail de ses chiffres, quitte à s’acquitter d’éventuelles amendes.

«C’est une idée socialo-communiste»

Aujourd’hui tentaculaire, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 17,3 milliards d’euros, compte pas moins de 246 sites de productions dans 47 pays, pour un effectif global de 18 900 «collaborateurs». Début janvier, Lactalis a encore annoncé le rachat aux Etats-Unis de Siggi’s, le «roi du yaourt islandais», et devient ainsi un des plus importants fabricants de yaourts sur le continent nord-américain.

Parmi les recettes de son succès, outre un flair indéniable, la manière dont Lactalis a pu se montrer intraitable vis-à-vis de ses producteurs de lait n’est sans doute pas anodine. «La politique de Lactalis, c’est de diviser pour mieux régner, explique à Libération un exploitant de la FNSEA. En favorisant les contrats individuels imposant ses prix et les volumes qu’elle souhaite récolter avec chaque exploitant, elle a droit de vie ou de mort sur chacun d’eux.» Histoire d’enfoncer le clou, un éleveur sarthois évoque également un épisode qui en dit long sur l’état d’esprit au sein de l’entreprise, même si les choses se seraient quelque peu améliorées ces derniers mois… «Début 2016, un des responsables des achats du groupe nous a déclaré que le partage de la valeur ajoutée était une idée socialo-communiste qui n’était pas dans l’ADN de Lactalis et que Bruxelles ferait mieux d’investir dans la filière laitière plutôt que dans l’accueil des migrants.»

Si les éleveurs sont incités au silence, il en va manifestement de même pour les employés de Lactalis. Depuis le début de la crise des lots contaminés, ni la direction ni aucun des 500 salariés de l’usine de Craon qui avait déjà été touchée par la salmonelle en 2005, lorsqu’elle s’appelait encore Celia, ne se sont exprimés publiquement. «C’est la discrétion la plus totale», affirme un ancien fournisseur de lait de l’usine qui estime que le personnel a «probablement reçu des consignes». Il n’est pas question que les rares représentants syndicaux s’expriment. Contactés par Libération, les délégués de la CFTC (principale organisation de l’entreprise à Laval) ou de la CFDT s’en sont tenus à un bref «pas de commentaire».

Avant la conférence de presse donnée jeudi par Lactalis dans ses locaux parisiens (événement rarissime pour l’entreprise), la directrice de l’information de l’association Foodwatch, Ingrid Kragl, a mis en cause sur France Inter un groupe qu’elle juge principale responsable de la crise actuelle et qui représenterait le «summum» de l’opacité dans ce type d’affaire. La conférence de presse lui a donné raison. Le directeur de la communication de Lactalis, Michel Nalet, passé maître dans l’art de ne rien dire, se contentant de réitérer des excuses plutôt que de fournir des explications.

13 janvier 2018

Street Art

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13 janvier 2018

La publication, le 9 janvier, dans le journal Le Monde, d’une tribune signée par 100 femmes...

La publication, le 9 janvier, dans le journal Le Monde, d’une tribune signée par 100 femmes pour dénoncer un féminisme véhiculant "une haine des hommes" a fait réagir de nombreuses personnalités.

À contre-courant du mouvement #MeToo, né du scandale Weinstein, la tribune parue dans Le Monde mardi 9 janvier et signée par un collectif de 100 femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve et l’auteure Catherine Millet, n’est pas passée inaperçue. Cent dix ans jour pour jour après la naissance de Simone de Beauvoir, ce collectif de femmes a défendu, pour les hommes, "une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle" tout en fustigeant un féminisme qui, "au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité". Un texte qui a déclenché une avalanche de commentaires essentiellement critiques ou ironiques, mais non sans récolter quelques soutiens.

"Énormes âneries" pour les unes, "esprit courtois", pour les autres

"Dans cette tribune il y a des choses profondément choquantes", a réagi sur France culture Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. "Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que frotter un sexe d’homme dans le métro contre elles, c’est une agression. Je pense que c’est dangereux de tenir ce discours", a estimé la femme politique tout en rappelant : "Frotter un sexe d’homme contre une femme dans le métro, sans son opinion, c’est une agression sexuelle. Cela vaut jusqu'à 3 ans de prison et 75 000 euros d’amende."

France Culture

Sa prédécesseure, Laurence Rossignol, désormais sénatrice socialiste de l’Oise, a, elle, déploré, sur Twitter, "cette étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes qui conduit des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries".

"La drague c’est sympa. La drague lourde, c’est pénible. Les frotteurs, c’est glauque. Le harcèlement, c’est condamnable. Le viol, c’est un crime. Rétablir quelques vérités simples, ce n’est pas émasculer les hommes !", a commenté, de son côté, Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France.

Mais toutes les femmes politiques n’ont pas pris leurs distances avec la tribune des 100 femmes. Au micro des Grandes Gueules, sur RMC, l’eurodéputée LR Nadine Morano a ainsi dit adhérer à leur démarche. "Vous pouvez très bien être importunée par quelqu'un de manière répétitive. Au final, vous pouvez aller prendre un café avec et puis hop, une histoire commence. Donc toutes les situations sont différentes, toutes les personnes sont différentes. À la clé, au final, le maître-mot, c'est le consentement", a fait valoir l'ancienne secrétaire d'État en jugeant "scandaleux" "l'appel à la délation sur les réseaux sociaux".

  Nadine Morano(@nadine__morano) 9 janvier 2018

Autre soutien apporté aux signataires : celui de l'ex-ministre du Logement Christine Boutin au nom d’"un esprit français, qui vient de l'esprit courtois".

"L’expression d’un antiféminisme"

De nombreuses universitaires ont critiqué la tribune en en pointant les contradictions. La philosophe et historienne de la pensée féministe, directrice de recherche émérite au CNRS, Geneviève Fraisse, y voit ainsi "un texte minoritaire". Selon elle, d’ailleurs, si cette tribune entraîne des réactions c’est parce que son propos est dépassé. "Elles parlent de 'haine des hommes et de la sexualité'. Mais quand un homme abuse d’une femme sous une forme ou sous une autre, ce n’est pas de la haine du sexe, cela ?", fait-elle mine d’interroger dans un entretien à 20 minutes.

Michelle Perrot, historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Diderot, se dit, dans un entretien au Monde, sidérée par "l’absence de solidarité" de ces femmes "et leur inconscience des violences réelles subies". Pour elle, cette tribune traduit "un malentendu total" car "la protestation des femmes ne saurait être assimilée à une plainte qui les enfermerait dans le statut 'd’éternelles victimes'. Au contraire, cette protestation, à la fois individuelle et collective, fait d’elles des actrices qui refusent et résistent à une pression, à une domination dont elles ne veulent plus."

Juliette Rennes, enseignante à l’École des Hautes Études en sciences sociales (EHESS) estime, elle, dans un entretien au Nouveau Magazine littéraire, que les signataires devraient "s'interroger, comme le faisait par exemple Simone de Beauvoir, sur les éléments de leur trajectoire et de leur position qui les a protégées de telle ou telle dimension des relations sexistes". Pour la sociologue, la prise de position "ressemble à une réhabilitation d'un ordre social à l'ancienne où les rencontres amoureuses, érotiques et sexuelles prennent la chasse pour modèle".

Guère surprise par la tribune, Christine Bard, historienne, spécialiste de l’histoire du féminisme et de l’antiféminisme, auteure du Dictionnaire des féministes, France XVIIIe-XXIe siècles, estime qu’elle est "l’expression d’un antiféminisme" dont elle reprend la rhétorique classique : l’accusation de censure, d’atteinte à la liberté sexuelle, de haine des hommes et de la sexualité, de victimisation des femmes, sans oublier l’accusation de totalitarisme. "La logique du propos est en apparence moins réactionnaire que celle des courants antiféministes classiques, car ce qui est mis en avant, c’est la liberté. Mais cette notion est manipulée pour défendre 'la liberté d’importuner'   c’est-à-dire la liberté sexuelle des hommes  , et pour minimiser, voire légitimer, les comportements machistes et violents", analyse l’historienne dans un entretien au Monde.

Rares sont les hommes à s’être risqués à commenter la tribune. Dans l’émission de Laure Adler sur France Inter, le romancier Frédéric Beigbeder s’en est toutefois félicité. "Ce que j’ai aimé, c’est que ce soit des femmes qui prennent la parole pour dire ce que les hommes ne peuvent plus dire depuis quelques mois, à savoir que l’on n’est pas tous des porcs", a-t-il dit. "Il ne faut pas dénoncer de manière numérique, excessivement et rapidement, tout le monde. Ne nous associez pas avec ces gros salauds", a-t-il conclu.

L'essayiste Raphael Glucksmann a, de son côté, présenté comme "une escroquerie fascinante", "l'argument de la galanterie menacée ressassé en réponse aux témoignages et aux cris de révolte des victimes de harcèlement".

"Voici venu le temps des harcelettes !"

Les réactions sont aussi passées par l’humour et le second degré. "On connaissait les suffragettes qui voulaient voter, voici venu le temps des harcelettes qui veulent se faire emmerder par des relous dans les rues. Nouveau siècle, nouveau combat !", a ainsi ironisé Guillaume Meurice sur France Inter Tandis que, sur Europe 1, dans son billet d’humeur, Nadia Daam raillait : "Les Américains ont Oprah Winfrey et des débats sur Woody Allen, nous on a Elisabeth Lévy (signataire de la tribune NDLR), des défenseurs du droit inaliénable à coller des mains au cul, et des débats sur les blagues de Tex (l'animateur de France 2 écarté à la suite d'une "blague" sur les femmes battues NDLR) !"

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