Laetitia Casta
La Samaritaine en travaux
Photo prise le 30 septembre 2016
C’est un chantier de rénovation monumental. Plus de 4 000 tonnes de déchets issus de ces travaux seront évacuées par voie fluviale.
Comme aime à le rappeler sa directrice générale, Marie-Line Antonios, la rénovation de la Samaritaine est « le plus gros chantier des vingt dernières années sur un monument historique au cœur de Paris ». Fermé depuis 2005, le grand magasin fait l’objet d’une très grosse rénovation qui doit déboucher, fin 2018, sur l’ouverture d’un nouvel espace comprenant des commerces, un hôtel, des bureaux, une centaine de logements sociaux et une crèche.
Exceptionnels par leurs dimensions, ces travaux le sont aussi par leur impact limité sur la circulation : les déchets du chantier sont essentiellement acheminés par voie fluviale. C’est le cas des gravats qui constituent le gros des 110 000 m 3 à évacuer. Mais aussi — une première, présentée hier — des déchets industriels banals (DIB), appelés déchets « légers ». 4 000 t de DIB seront transportées par péniche jusqu’au centre de traitement Paprec, sur les quais de Seine, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). L’équivalent de 850 camions en moins sur les routes.
Trafic allégé sur le périph
En raison de contraintes techniques et de « délais administratifs pour obtenir les autorisations », il n’a pas été possible de transborder directement les déchets depuis le site, explique Alain Renard, directeur général de Raboni. Avant d’être chargés sur une péniche, ils doivent parcourir six kilomètres, du pont Neuf jusqu’à Ivry, dans des camions ! Une solution qui permet d’alléger le trafic sur le périph mais pas de limiter le nombre de poids lourds dans Paris intra-muros. Le transport de déblais par voie fluviale est en forte progression (+15 % l’an dernier d’après Ports de Paris), même si le transport par route reste archi-dominant : moins de 14 % des 25 Mt de déchets de chantier produits chaque année en Ile-de-France trouvent le chemin d’une décharge par voie fluviale.
NUIT BLANCHE
L’amour et la Seine sont les deux thèmes phares de la 15e Nuit Blanche, qui se déroule ce samedi soir à Paris. Parmi la quarantaine de projets du In et les 110 du Off, une parade navale, les danseuses du Crazy Horse au musée du Petit Palais, un hommage au jeu vidéo projeté sur le théâtre du Châtelet. nuitblanche.paris.com
Musée ART42. : Le street art a son (anti-)musée
Musée ART42.
C’est le premier du genre en France. Art 42 expose 150 œuvres des plus grands artistes urbains internationaux.
Street art et musée vous semblent incompatibles ? Le premier (anti-) musée d’art urbain de France a ouvert ses portes dans le XVII e arrondissement de Paris. « Ici, on n’est pas au Louvre », prévient Nicolas Laugero Lasserre, à l’initiative du projet. Les 150 œuvres, issues de sa collection personnelle, sont exposées au sein de l’école d’informatique 42 de Xavier Niel. Entre les murs mais aussi dans la cour de l’établissement. Le street art se joue des codes et des conventions ? Son musée aussi.
Deux fois par semaine, le grand public pourra vagabonder entre les rangées d’ordinateurs pour découvrir les œuvres des plus grands artistes urbains du monde : Banksy, JR, Shepard Fairey (Obey), le Belge Roa et son rat, Invader, Blu, Evol ou Madame, l’une des rares femmes du milieu. En tout, cinquante artistes. C’est « l’aboutissement de dix ans d’investissement militant » pour mettre en lumière un travail d’atelier, explique Nicolas, fondateur de l’association Artistik Rezo et directeur de l’école Icart.
Des jeux de pénombre pour la Nuit blanche
L’expo révèle la diversité incroyable des techniques : sculpture, pochoir, collage, gravure… Le street art, ce n’est pas un mouvement mais des centaines. Un genre inclassable. Souvent politique, parfois drôle voire grinçant, comme le pochoir de DSK sur un distributeur de préservatifs, intitulé « Welcome to New York », ou M. Propre urinant contre un mur bombardé de graffitis.
Pour le premier jour de son ouverture, Art 42 profite de la Nuit blanche. Vingt artistes investissent un garage souterrain de 2 000 m² face à l’école. Un fil conducteur : mêler arts urbain et numérique. Des pistolets de paintball tirent sur une vitre au passage des visiteurs. Plus on s’enfonce dans le garage, plus les installations jouent avec la pénombre. Au -2, dans le noir, il faut saisir des lampes UV pour voir les messages apparaître sur le mur.
Un concept qui fait écho aux propos de Banksy : « Aujourd’hui, nul besoin […] de faire de la lèche aux galeries et leurs nuées de prétentieux […]. Tout ce qu’il vous faut, c’est quelques idées et une connexion à haut débit. Pour la première fois, le monde bourgeois de l’art appartient au peuple. » En 2017, Berlin se dotera aussi de son musée du street art.
Quand : « Mondes souterrains » pour la Nuit blanche, de 19 heures à 2 heures. Puis les mardis de 19 heures à 21 heures et les samedis de 11 heures à 15 heures.
Où : Ecole 42 (96, bd Bessières).







