La vie en Lily-Rose
« La danseuse » La fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp explose dans ce film révélé au dernier Festival de Cannes.
De Lily-Rose, on ne connaissait que quelques photos people dans l’ombre de papa et maman, alias Johnny Depp et Vanessa Paradis. On sait désormais que la jeune femme de 17 ans est une future star de cinéma. Elle est la révélation de « la Danseuse », où elle incarne, aux côtés de SokoSoko, Gaspard Ulliel et Mélanie Thierry, la chorégraphe américaine Isadora Duncan.
Dans ce drame fiévreux de Stéphanie Di Giusto, Isadora Duncan est d’abord l’élève puis la rivale de Loïe Fuller, star de la Belle Epoque, qui révolutionna la danse avec ses chorégraphies spectaculaires. Si Soko porte le film, totalement investie dans ce personnage dévoré par son art, Lily-Rose Depp capte naturellement la lumière. « Elle a l’éclat des grandes actrices, assure la réalisatrice française, dont c’est le premier long-métrage. Elle est incroyablement mûre et professionnelle pour son âge. »
Finies les parties de cache-cache avec les paparazzis. Longtemps couvée par ses parents, entre Los Angeles, Paris et les Bahamas, Lily-Rose se dévoile au public depuis ses 13 ans et l’ouverture de son compte Instagram. Elle y partage avec deux millions d’abonnés ses dernières tenues Chanel, dont elle est égérie, et ses sorties entre copines. Après deux apparitions à l’écran dans « Tusk », avec son père, et dans « Yoga Hosers », l’adolescente a pris sa décision : elle sera actrice.
« Elle sait parfaitement ce qu’elle veut, observe Stéphanie Di Giusto. Elle a envie de choses audacieuses, pas de gros budgets commerciaux. » Ses premiers choix en témoignent : « la Danseuse », mais aussi « Planetarium » de Rebecca Zlotowski, qui sortira le 16 novembre. Natalie Portman et elle y communiquent avec des fantômes.
Des débuts à l’écran qui lui ont valu de fouler les tapis rouges des festivals : Cannes, Venise, Toronto. « A Cannes, elle ne s’attendait pas à une telle pression, avoue Stéphanie Di Giusto. L’expérience lui a donné de l’assurance. Elle a grandi. » Partout où elle va, Philippe, l’homme de confiance de Vanessa Paradis, ne la quitte pas d’une semelle. A la fois timide et sûre d’elle, Lily-Rose « observe et apprend ». Hier, elle avouait sur l’antenne d’Europe 1 : « Je suis ambitieuse. »
« La Danseuse », drame français de Stéphanie Di Giusto, avec Soko, Lily-Rose Depp, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry… 1 h 52.
Peter Lindbergh a partagé l’évènement de TASCHEN (Paris) - Paris book signing at TASCHEN September 29th ! NOW....
Art 42, un lieu pour le street art hébergé à Paris par Xavier Niel
Prisé des touristes et amateurs de promenades urbaines, le street art aura à partir de samedi un lieu d'exposition permanente à Paris, "Art 42", dans l'école des métiers du numérique de Xavier Niel. L'heure de la reconnaissance pour le mouvement né dans la rue ou le signe d'un certain embourgeoisement ?
"Aujourd'hui, on voit le street art comme une représentation de la liberté, mais c'est très faux. C'est un mouvement complètement intégré", estime Paul Ardenne, historien de l'art contemporain. Pour ce spécialiste de l'art urbain, l'engouement autour du street art vire à la "récupération gentille". Il déplore le manque d'analyse critique face à une pratique devenue, selon lui, très consensuelle.
Né à la fin des années 1960, le street art a longtemps été associé au vandalisme, à la dégradation et à la contestation, mais il a perdu une partie de son aura sulfureuse. Une situation encore renforcée par l'ouverture de musées.
Plusieurs lieux de ce genre existent, à Amsterdam ou à Saint-Pétersbourg. Un autre est prévu l'an prochain à Berlin. Parallèlement, le monde de l'art s'ouvre aux artistes issus de la rue : deux graffeurs (Lek et Sowat) ont intégré la Villa Médicis en 2015 et une exposition sur Banksy vient de se tenir à Rome.
Nicolas Laugero-Lasserre va prêter 150 oeuvres
"L'essence du street art, ce sont des murs militants, mais en parallèle il y a un travail d'atelier. Il y a une cohérence des deux", estime Nicolas Laugero-Lasserre, qui va prêter 150 oeuvres de sa collection pour donner naissance au premier "musée" du genre en France.
C'est en vendant des oeuvres que les artistes vivent et paient leurs déplacements pour imprimer leurs marques sur les murs du monde entier, souligne ce passionné, en réponse à ceux qui imaginent uniquement un art éphémère, réalisé en extérieur, souvent dans l'illégalité.
Tombé "dedans" en arrivant à Paris, le quadragénaire a amassé au fil des années une collection de sérigraphies, photos ou pièces réalisées en atelier d'artistes comme Shepard Fairey (l'affiche "Hope" de Barack Obama), Blu, connu pour avoir recouvert de peinture noire une de ses fresques à Berlin pour éviter de favoriser la spéculation immobilière, ou Space Invader. Les incontournables JR et Banksy sont également de la partie, ainsi que des artistes émergents moins connus du grand public.
Des visites guidées par un étudiant, dans des salles de cours
Après avoir longtemps fait tourner ces oeuvres dans des expositions, c'est dans les murs de l'école des métiers du numérique de Xavier Niel - fondateur de l'opérateur téléphonique Free et septième fortune de France - qu'elles seront désormais accrochées. Un choix délibérément atypique.
Au beau milieu des salles de cours, où quelque 3.000 étudiants apprennent à coder, trôneront des oeuvres à plusieurs milliers d'euros que les aficionados pourront admirer gratuitement le mardi soir (de 19h à 21h) et le samedi après-midi (de 11h à 15h).
"La gratuité, c'est essentiel, c'est l'ADN du mouvement", insiste le collectionneur, soucieux de créer un lieu original.
"Art 42" ouvrira ses portes samedi pendant la Nuit blanche. Les visites se feront uniquement accompagnées d'un guide, qui sera un étudiant formé aux subtilités du street art, l'idée étant de faire découvrir les oeuvres autant que le lieu.
Mettre le street art dans des boîtes ?
"Plus on parlera du street art, mieux c'est", estime Mehdi Ben Cheikh, un galeriste parisien à l'origine de la Tour Paris 13, un immeuble qui est devenu une vaste exposition éphémère avant d'être démoli.
Pour celui qui a aussi contribué à réveiller une bourgade tunisienne via des fresques, il n'est toutefois pas "tout à fait l'heure de mettre le street art dans des boîtes". A la théorie, il préfère toujours la rue.
Elle "reste essentielle pour les artistes, c'est ce qui les inspire. Il y a encore beaucoup d'endroits dans le monde où le street art est illégal" ou fait l'objet de condamnations, confirme Magda Danysz, une spécialiste de street art qui détient une galerie à Paris et à Shanghai et a publié une "Anthologie du street art" (éditions Alternatives, Gallimard)
Preuve en est, le fameux Monsieur chat, qui recouvre les murs de Paris de matous hilares, risque trois mois de prison ferme pour de nouvelles peintures sur les parois en travaux d'une gare.
MAGDA DANYSZ : LE STREET ART ENCORE REJETÉ PAR LES INSTITUTIONS
Le street art peine encore à être reconnu dans le milieu de l'art contemporain, déplore la galeriste Magda Danysz
Comment est né le street art ?
Ca commence à New York, à la fin des années 1960 avec des tags (signatures) faits avec des bombes de peinture industrielle, dans le métro. Puis on va ajouter des éléments stylistiques. Les bombes vont ensuite se développer (avec un plus grand choix de couleurs notamment) et on passe à la fresque (graffiti). Au milieu des années 1980, le pochoir et le graffiti se rencontrent et ça donne encore d'autres pratiques. Aujourd'hui, ça bourgeonne : on trouve autant les mosaïques d'Invader que les fresques de Shepard Fairey ou les oeuvres de Vhils (qui fait des portraits sur les murs au marteau-piqueur). Si l'illégalité fait partie du mouvement, elle n'a rien d'obligatoire. En revanche, la "crédibilisation" d'un artiste se fait par la rue, même un passage très court.
Est-ce de l'art ?
Ce n'est pas un secret : il y a un rejet de la part de certaines institutions artistiques. L'histoire de l'art se répète: chaque fois que vous avez un mouvement artistique qui chamboule les idées reçues, il y a un Salon des refusés (qui présenta les oeuvres de Manet, jugées alors trop modernes, ndlr). Il faut dire qu'en matière de street art, on mélange le festival amateur avec des artistes historiques. Pour le grand public, c'est un énorme tout, où des talents différents vont se mélanger. Mais le street art , ce n'est pas trois graffitis sur un terrain vague. C'est un phénomène artistique qui a réussi à orner tous les murs de la planète. Il s'agit en outre d'un reflet de notre monde international et d'une société sururbanisée.
Quel est l'avenir du mouvement ?
La rue reste essentielle pour les artistes, c'est ce qui les inspire. Il y a encore beaucoup d'endroits dans le monde où le street art est illégal. La pénalisation de la détérioration est encore très élevée, mais ça fait partie du mouvement et de l'adrénaline des artistes. En termes de reconnaissance, on attend encore la grande exposition sur le sujet. Une exposition au centre Pompidou, par exemple. A un moment, il y aura bien un directeur de biennale issu de ce mouvement, qui manque d'une forme de théorisation pour convaincre les sceptiques. Il y a toujours eu beaucoup de livres de photos sur le street art, comme le fameux "Subway Art" en 1984, et Instagram a encore démultiplié les choses, mais peu d'ouvrages s'attardent sur sa valeur artistique."
HERB RITTS - EN PLEINE LUMIÈRE - actuellement à la MEP
Les images d’Herb Ritts sont un miracle de légèreté et d’harmonie, la représentation d’un équilibre rare, impossible à tenir, mais qui s’imprime pour toujours sur le papier photo et passe par le dosage attentif des éléments naturels, l’exaltation du corps, l’évidence de la lumière sur les visages.
En parcourant les unes après les autres les photos de Ritts, nous voyons le monde non pas tel qu’il se manifeste, mais tel que nous le voudrions, n’offrant que des journées parfaites, des ciels bleus, des corps lisses et des visages insouciants. On retrouve dans toutes ses photographies les éléments naturels dont se nourrissait son regard — le vent, la lumière et la terre de Californie, l’horizon à perte de vue, les espaces immenses — ainsi que les corps des modèles masculins et féminins, leurs regards, leurs vêtements. Le résultat est une combinaison rare et précieuse de ces ingrédients et son œuvre photographique un ensemble mesuré de spontanéité et de composition, de glamour et d’immédiateté, de poses sophistiquées et d’amusement pur.
Ritts ne se contente pas de statues vivantes, formes parfaites du corps humain, il aime évoquer aussi la matérialité de ce qu’il photographie. Il cherche comment rendre sur le papier la tonalité sérieuse d’un tissu, conserver l’aura de plaisir qui entoure un vêtement de haute couture, mettre en relation l’air dense d’une journée de soleil et de vent avec le sable du désert et la peau d’un modèle. Il met l’accent sur la consistance tactile des matériaux, exalte la peau humaine dans son contact avec l’eau, les grains de sable, le voile du vêtement qui la couvre ou de la boue qui la contraint comme dans une cage. Pour chaque image, le photographe crée un nouveau réseau de tensions et nous observons, au fil des images, comment un corps réagit à l’eau qui le frappe, au vent qui le caresse, au soleil qui le brûle, selon un hasard plastique de la vision où, entre pureté des formes et allégresse ambiante, il semble que tout peut arriver.
Aimer la photographie, l’observer, l’étudier : Herb Ritts a été aussi un grand collectionneur qui professait un goût précis et sûr pour les grands maîtres européens — Kertesz, Umbo, les avant-gardes du début du vingtième siècle et la photographie de mode allemande —, les Américains — Weston bien sûr et Paul Strand, Edward Curtis, Berenice Abott, Diane Arbus, Mike Disfarmer, Dorothea Lange, Edward Steichen — et ses contemporains, depuis son ami et mentor Helmut Newton jusqu’à Peter Beard, en passant par Richard Avedon, Robert Mapplethorpe, Duane Michaels. Une galerie d’auteurs où nous retrouvons aujourd’hui la source d’inspiration de nombreuses photos de Ritts ainsi que ses sujets les plus chers comme l’étude du corps, le soin du détail, l’objet détourné de dérivation surréaliste, l’expérimentation en matière de composition, les jeux de lumière, le rendu de l’atmosphère.
On peut assurément dire qu’Herb Ritts a changé la façon de considérer la photographie commerciale par rapport à la photographie artistique ou en tout cas à vocation de recherche. Et pas seulement parce qu’il a introduit dans chacun de ses clichés une sensibilité tangible, un jeu intense et prenant, mais aussi parce qu’il a mené son travail avec une conscience profonde de la complexité du geste photographique, de sa valeur, de son sens et de son histoire.
Exposition réalisée en collaboration avec Fondazione Forma per la Fotografia, Milan et Herb Ritts Foundation, Los Angeles
Ce soir chez Taschen : Peter Lindbergh
TASCHEN a le plaisir de vous inviter à une séance de dédicace en présence du photographe allemand Peter Lindbergh à l’occasion du lancement de son nouveau livre 'A Different Vision on Fashion Photography' par Thierry-Maxime Loriot. Cette histoire unique de la mode est publiée en lien avec l'exposition présentée au Kunsthal Rotterdam, du 10 septembre 2016 au 17 février 2017. L’ouvrage rassemble plus de 400 images réalisées par Lindbergh en quarante ans de carrière et rend ainsi hommage à sa façon si singulière de raconter la mode et ses bouleversements.
Prise en plein cœur de New York en 1989, sa photo de cinq jeunes mannequins publiée en couverture du Vogue anglais, donne naissance aux plus grands top models. L’image ne fait pas que réunir pour la première fois les visages désormais cultes de Naomi Campbell, Linda Evangelista, Tatjana Patitz, Christy Turlington Burns ou Cindy Crawford, elle marque le début d’une nouvelle ère dans la mode, et un changement décisif dans la façon d’envisager la beauté des femmes. Considéré comme un pionnier dans son domaine, Lindbergh a introduit une forme de nouveau réalisme en redéfinissant la beauté à travers des images intemporelles. Dans cet ouvrage, ses photographies sont remises dans leur contexte par les commentaires de ses collaborateurs tels que Jean Paul Gaultier, Nicole Kidman, Grace Coddington, Cindy Crawford ou Anna Wintour, qui choisit Lindbergh pour sa première couverture du Vogue américain.
R.S.V.P. souhaité. Pensez à réserver votre exemplaire: store-paris@taschen.com ou 01 40 51 79 22




















