Cinéma. Le cinéaste préside le jury du Festival du film britannique de Dinard (Ille-et-Vilaine), qui débute demain. Et en dit plus sur son cinéma.
Entretien
Qu’est-ce qui vous séduit dans ce festival du film britannique ?
Si j’ai accepté la présidence du jury, c’est par amour du 7e art, ma vie depuis 56 ans. Tous les festivals sont passionnants. Celui de Dinard davantage. Parce que le cinéma britannique est important pour moi, avec tous ses grands réalisateurs, Ken Loach, Stephen Frears, Ridley Scott, Danny Boyle, Mike Leigh… Ces films réussissent toujours la synthèse entre les cinémas américain et européen. Ils savent marier les émotions des deux continents.
Comment vous sentez-vous dans la peau d’un président de jury ?
Présider un jury, c’est presque mon second métier. J’en suis déjà à une dizaine de festivals. C’est toujours un plaisir de découvrir une sélection de films que je ne serais pas forcément allé voir en salle.
Est-ce compliqué de juger ?
Non, car c’est toujours le plaisir qu’on récompense. Nous sommes dans un monde où tout est compétition permanente. En sport, en politique, en amour… Essayons donc de récompenser les meilleurs à Dinard.
Cette année marque les 50 ans d’ Un homme et une femme …
Ce film m’a offert ma liberté de cinéma. Grâce à lui, j’ai pu tourner tous les films que j’avais envie de faire : 55 au total. J’ai ponctué la vie des Français avec mes longs-métrages. Je suis une sorte de reporter de la vie, des années que j’ai traversées.
Quels films ont votre préférence ?
Une dizaine ressortent à chaque fois. Un homme et une femme ,Les uns et les autres ,Itinéraire d’un enfant gâté … Ils ont laissé des traces dans la vie des gens. C’est bien. Mes films, je les aime tous, même ceux qui ont été un échec. C’est dans l’échec qu’on fait des progrès.
Comment naissent vos films ?
Une histoire me traverse l’esprit. Si elle est toujours là un jour, deux jours, un mois… c’est qu’elle a besoin d’exister au cinéma. J’ai ainsi toujours une dizaine d’idées en tête. Certaines poussent plus vite que d’autres.
Que raconte votre dernier scénario ?
C’est le portrait d’une ville de province, Beaune, en Côte-d’Or. Le portrait de la France. Une comédie sur nos défauts, qui sont plus photogéniques que nos qualités. Des stars m’ont rejoint sur le tournage pour des rôles plus ou moins importants. Et aussi des jeunes talents. J’ai toujours aimé ce mariage. Le cinéma est un magasin ouvert à tout le monde.
Votre patte, c’est de mettre hommes et femmes en lumière…
Ils m’intéressent davantage que les paysages et les religions. Le plus beau sujet du monde, c’est toujours une histoire d’amour…
Recueilli par Yves-Marie ROBIN.
27e Festival du film britannique de Dinard du 28 septembre au 2 octobre. Claude Lelouch animera une masterclasse, dimanche, à 10 h 30.