PARIS : la piétonnisation des voies sur berge votée dans le chahut
Conseil de Paris, hier. Les élus de la majorité de gauche ont très largement applaudi le vote en faveur de la piétonnisation des voies sur berge, rive droite.
Le projet a provoqué une levée de boucliers dans les rangs de l’opposition, Pierre Lellouche (LR) n’hésitant pas à comparer le Paris d’Anne Hidalgo (PS) au Bucarest du dictateur Ceausescu.
Interruption de séance, les bancs de droite rappelés à l’ordre à plusieurs reprises par la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, et… des « invités » surprise qui viennent troubler les débats. Si le projet de piétonnisation des voies sur berge, rive droite, promettait de donner lieu hier au conseil de Paris à des tensions entre l’équipe d’Anne Hidalgo et son opposition, il y a bien longtemps qu’un tel chahut n’avait pas régné dans l’hémicycle parisien.
En rappelant que la pollution de l’air provoquait « 2 500 décès chaque année » dans la capitale et 6 500 dans la métropole, la maire de Paris a souligné que la piétonnisation des berges, en réduisant la place dédiée à la voiture, était un enjeu de santé publique. Une appréciation contestée par son opposante, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) qui a critiqué « un projet mal préparé, aux effets sur la qualité de l’air bien incertains ».
Les centristes, eux, ont plusieurs fois dénoncé le manque de concertation sur le dossier, accusant Anne Hidalgo de « passer en force ». Le président du groupe UDI-MoDem, Eric Azière, y voit un projet exécuté trop rapidement, car il « prend en compte un calendrier politique », en l’occurrence l’élection présidentielle qui pourrait voir la droite reprendre le pouvoir et contrarier les plans de la maire de Paris.
Peu avant 11 h 30, plusieurs élus (du Val-de-Marne essentiellement mais aussi le représentant du groupe LR au conseil départemental de Seine-Saint-Denis) se sont incrustés dans le débat depuis la tribune publique en invectivant la maire de Paris ( voir aussi en page II). « Il faut respecter l’enquête publique ! », a lancé Sylvain Berrios, député-maire LR de Saint-Maur-des-Fossés (94), en référence à l’avis défavorable de cette enquête qu’Anne Hidalgo n’a pas pris en compte.
« Nous ne sommes pas dans une salle de théâtre ou de spectacle […] les débats doivent être respectés », rétorque la maire de Paris depuis sa tribune avant d’interrompre la séance quelques minutes. Mais c’est sans compter sur l’intervention de Pierre Lellouche, présent pour l’occasion, qui prend la défense de ses collègues de banlieue. « Merci de ne pas leur donner des leçons de démocratie », riposte le député LR de la capitale, allant jusqu’à comparer le Paris d’Anne Hidalgo au Bucarest du dictateur Ceausescu.
Pour répondre à cette levée de boucliers, Christophe Najdovski, l’adjoint (EELV) chargé des transports, a fait valoir que les chiffres de la voirie sur les premières tendances en matière de circulation sont « encourageants ». Et l’élu de citer l’ancien président Jacques Chirac (et ex-maire RPR de Paris). « La maison brûle et nous regardons ailleurs. En annonçant qu’elle allait attaquer la délibération devant les tribunaux, la droite a décidé de regarder ailleurs », soupire l’écologiste avant que la délibération sur la piétonnisation des berges rive droite soit adoptée, par toute la majorité, et saluée par un tonnerre d’applaudissements… à gauche. Source : Le Parisien
Exposition : Hergé au Grand Palais
Dans les petits secrets du héros à houppette
Tout commence par une surprise. Dans les premières salles de l’exposition « Hergé » au Grand Palais, vous ne croiserez ni Tintin, ni Milou. Pour surprendre ou, peut-être, justifier ce choix de faire l’événement avec un dessinateur de BD, les Galeries nationales présentent une série de toiles abstraites, sous l’influence évidente de Miró et Dubuffet.
Elles sont toutes signées Hergé qui, entre 1960 et 1964, s’essaya à la « grande » peinture, un peu pour fuir la gloire écrasante de Tintin. Aussi parce que l’homme est un passionné de peinture contemporaine, comme le prouve sa collection qui s’étale sur les murs, de Roy Lichtenstein à Poliakoff en passant par son portrait signé Andy Warhol.
Un hommage ludique
Passé cette introduction enrichissante, bienvenue dans le 9 e art. Au fil des salles, thématiques, on découvre tous les talents d’Hergé — excellent graphiste publicitaire, par exemple —, ainsi que ses héros, ses sources d’inspiration, à travers plus de 400 documents originaux, planches, maquettes, vidéos, photos et objets personnels.
Pour ceux qui connaissent le musée Hergé de Louvain-la-Neuve en Belgique, il n’y aura guère de découvertes. L’ensemble des œuvres en sont issues, ou des archives de la veuve d’Hergé, Fanny Rodwell. Les autres apprendront beaucoup sur le processus de création d’Hergé et sur ses nombreuses dimensions.
Le Grand Palais a tenu à rendre cet hommage ludique : immenses cases de «Tintin» sur les murs, escalier repeint aux couleurs des albums, maquettes, ambiances sonores et même une immense salle à selfies en fin de parcours. De quoi donner à tous l’envie de se replonger dans les 24 albums du reporteur à la houppette et — peut-être — de les regarder d’un autre œil… C.L.
« Hergé » au Grand Palais (Paris VIII e), jusqu’au 15 janvier 2017. Du lundi au dimanche de 10 heures à 20 heures (22 heures le mercredi et fermeture le mardi). Tarif : 13 € et 9 €. Gratuit pour les moins de 16 ans. www.grandpalais.fr.















