L’UMP va-t-elle se rebaptiser « Les Républicains » ? Aux adhérents de décider si le parti, lointain héritier du gaullisme, modifiera son appellation. Ce serait la huitième depuis 1947.
UMP, stop ou encore ? Les 210 000 militants donneront leur avis en votant sur Internet les 28 et 29 mai. S’ils décidaient d’opter, comme Nicolas Sarkozy le souhaite, pour l’appellation « Les Républicains », ce serait la première fois que la droite républicaine abandonnerait un sigle.
Ce n’est pas fait
Mais ce changement ne fait pas l’unanimité. Selon un récent sondage Odoxa, deux Français sur trois, mais surtout plus d’un sympathisant UMP sur deux, préfèrent « UMP » aux « Républicains », nom jugé trop américain. Tous les ténors du parti n’y sont pas non plus favorables. Le bureau politique en débattra aujourd’hui. La gauche, elle, crie haro sur ce qu’elle considère comme une « captation d’héritage » .
D’un sigle à l’autre
La formation d’opposition n’en serait pas à son premier changement d’identi té, depuis le RPF en 1947. Le Rassemblement du peuple français fondé par le général De Gaulle. De 1958 à 1976, les mouvements se réclamant du gaullisme vont s’appeler UNR (Union pour la nouvelle République), puis, en 1962, UNR-UDT, après le regroupement avec les gaullistes de gauche de l’UDT (Union démocratique du travail). En 1967, les candidats se présentent sous l’étiquette UD-Ve (Union des démocrates pour la Ve République), qui se transformera, dès les législatives de 1968, en UDR (Union des démocrates pour la République). L’UDR laissera sa place au RPR en 1976. Le Rassemblement pour la République est créé sous l’impulsion de Jacques Chirac, avec l’objectif de le porter un jour à la présidence de la République. L’UMP (Union pour un mouvement populaire) naîtra en 2002. Ambition affichée : représenter la droite et le centre en y rassemblant les sensibilités gaulliste, démocrate chrétienne et libérale.
Pourquoi changer de nom ?
Au-delà des succès et des échecs électoraux, le nom du parti reste étroitement lié à l’homme fort du moment à droite : De Gaulle, puis Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Au-delà du leader, c’est aussi la volonté d’afficher un changement de ligne politique ou économique. Le parti a notamment évolué, au fil du temps, sur ses positions par rapport à la construction européenne ou à l’intervention de l’État dans l’économie. Changer de nom, enfin, ce peutêtre l’occasion de se « refaire une virginité » pour tenter de faire oublier des affaires qui ont pu l’entacher. Comme Bygmalion, dernier exemple en date. Article de François VERCELLETTO.
