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Jours tranquilles à Paris

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21 novembre 2019

Critique -La SNCF sous l’Occupation, racontée sans manichéisme

sncf et guerre

Par Philippe-Jean Catinchi

Le documentaire de Catherine Bernstein fait une lecture nuancée du rôle des cheminots pendant la guerre.

FRANCE 3 – JEUDI 21 NOVEMBRE À 23 H 00 – DOCUMENTAIRE

Lorsque le film de René Clément, La Bataille du rail, est projeté au premier Festival de Cannes, son accueil chaleureux – il y remporte les prix du jury international et de la mise en scène avant de décrocher en fin d’année le premier prix Méliès, au titre du meilleur film de 1946 – contribue à fonder la légende d’une exemplaire résistance française face à l’occupant nazi. Cette vision héroïque de l’engagement des cheminots n’est écornée qu’un quart de siècle plus tard, lors du débat télévisé des « Dossiers de l’écran », qui suit la diffusion du film de Clément, où est posée la responsabilité des conducteurs des convois qui assuraient la déportation vers les camps.

Mais l’argument fait long feu, et il faut attendre les années 1990 pour que le sujet devienne un enjeu mémoriel fort, où le soupçon d’une collaboration active avec l’ennemi entache la belle image de la geste cheminote.

Légende dorée contre légende noire, le documentaire de Catherine Bernstein, coécrit par l’historien Laurent Douzou, auteur de la si précieuse Résistance française : une histoire périlleuse (Seuil, 2005), refuse les simplismes et offre une lecture nuancée, sans être timorée, de ce moment terrible. D’autant que les témoins sont filmés avec délicatesse, sans souci de sensationnalisme. Sur un tel dossier, il était nécessaire de convaincre l’entreprise d’apporter son concours. Ainsi les ressources de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) conjuguées aux extraits du film de Clément, toujours sourcés, permettent un montage judicieux qui sert au mieux le propos.

Rappelant la jeunesse de l’entreprise publique, née du Front populaire, et le poids considérable de ses effectifs – un demi-million de cheminots –, le film distingue les options des dirigeants, dont la latitude est mince, puisque le rail, devenu le mode de transport quasi exclusif, est piloté par l’Etat français collaborationniste. Une conséquence directe de la convention d’armistice de juin 1940 que les dirigeants, polytechniciens sans état d’âme, résument d’un glaçant mot d’ordre : « La technique d’abord ».

Attentisme et prudence

A la base, l’attitude est tout autre. L’esprit de corps des cheminots et le besoin de disposer d’un savoir-faire précieux ont ménagé la corporation des épurations antisyndicales et anticommunistes. Attentisme et prudence seront donc de mise, jusqu’à ce que les actes de désobéissance et de sabotages se fassent plus spectaculaires, quand la mobilisation se fait plus forte, dès l’entrée en guerre de l’URSS et la contrainte du travail obligatoire, le STO.

Aussi le tribut humain versé par les cheminots, activistes ou otages, justifie que, face à la tardive repentance de l’entreprise – Guillaume Pepy n’a reconnu qu’en janvier 2011 que la SNCF, qu’il a présidée jusqu’en octobre, fut « un rouage de la machine nazie » –, on garde aussi en mémoire l’héroïsme des femmes et des hommes engagés dans la bataille du rail.

Si l’espace public a gardé le souvenir de Pierre Semard, syndicaliste communiste tenu pour le « dirigeant national des cheminots », arrêté en novembre 1939, fusillé en mars 1942 et dont les obsèques solennelles au cimetière parisien du Père-Lachaise, en 1945, ont un caractère officiel, on souhaiterait une fortune semblable pour Léon Bronchart (1896-1986), seul conducteur de la SNCF à avoir refusé de conduire un train de prisonniers politiques, à Montauban fin octobre 1942. Ce qui lui valut suspension, avant que ses actes de résistance ne le conduisent dans les camps.

« La SNCF sous l’occupation », documentaire de Catherine Bernstein (France, 2019, 65 min).

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21 novembre 2019

Expo 69 année érotique : quand le pop art était hot

69 annee eroooo

Une sensualité vintage réchauffe l’atmosphère parisienne ! L’exposition 69 année érotique se déroule du 21 novembre au 7 décembre à l’espace 24Beaubourg. Une cinquantaine d’œuvres nous font revivre la légèreté et la liberté de cette époque. C’est aussi l’occasion de découvrir la richesse d’un pop art français jusqu’ici mal connu. Un évènement monté par deux jeunes galeristes bon chic bon genre, Léopold Legros et Tancrède Hertzog à qui j’ai posé quelques questions.

Cette expo 69 année érotique à l’occasion des cinquante ans, c’est parce qu’il manquait des fesses dans les commémorations de mai 68 ?

Léopold : Aujourd’hui plus personne n’est marxiste ni maoïste, Daniel Cohn-Bendit a rallié le président Macron. Les années 60 sont bien mortes d’un point de vue politique, mais d’un point de vue sociétal, nous sommes tous les héritiers de cette période de libération des moeurs. L’année 69 et la mythique chanson de Gainsbourg symbolisent mieux que 68, les sixties et leur héritage.

69 annee erotique

Vous vous êtes aperçus que le pop art français était plus politique et plus érotique que le pop art américain…

Tancrède : À cette époque, les États-Unis étaient encore très puritains. Le pop art notamment incarné par Warhol, reprenait les codes de la société de consommation, faisait des assemblages avec des images qui existaient déjà, issues de la publicité et de la télévision. Il y avait très peu de nudité à part chez Wesselmann. En France, les même artistes qui ont fait les affiches de mai 68, ont créé des effigies acidulées de femmes nues, de scènes d’amour extatiques voire pornographiques. En 1969, a eu lieu à Paris une exposition très connue de Bernard Rancillac appelée Pornographie avec des montages où l’on voyait clairement des pénétrations. De l’aveu même de l’artiste, le public bourgeois fût davantage choqué par ces oeuvre-ci que par celles plus politiques faites en 68.

À travers cette expo, vous avez voulu mettre à l’honneur des artistes français très innovants et injustement oubliés

T :  Le pop art, c’est le premier grand mouvement américain qui influença l’Europe. Mais ce que l’on sait moins, c’est que les États-Unis avaient aussi été influencés par le vieux continent. Prenons le cas du peintre franco-polonais Proweller que nous exposons. Dès les années 50 alors que tout le monde faisait de l’abstraction, cet artiste peignait déjà des scènes très érotiques. En 1963 à New-York, le célèbre peintre américain Tom Wesselmann a visité une expo de Proweller et l’a cité comme l’une de ses sources d’inspiration.

L : Dans l’expo, il y a une œuvre de l’américain James Rosenquist, c’est la plus chère : un million d’euros. Mise à côté de toiles françaises comme celles de Gérard Schlosser, elle n’a rien de plus du point de vue esthétique alors que nos artistes valent 20 fois moins. Le pop art français n’a pas à rougir, il est foisonnant d’un érotisme pas toujours aimable d’ailleurs, je pense à un tableau de Jacques Monory en grand format qui montre une femme qui va être dévorée par le tigre. Ce qui symbolise le désir masculin destructeur.

Aujourd’hui où la pornographie est disponible en masse sur le net, les œuvres de l’expo sont-elles encore transgressives ?

Léopold : Même si la plupart des artistes étaient progressistes, certaines œuvres montrent la femme comme un objet sexuel. Ces toiles pourraient être critiquées par une certaine morale incarnée par une partie des féministes. En cela, ces œuvres sont encore transgressives.

Exposition 69 année érotique – 21 novembre au 27 décembre – Galerie T&L – Espace 24Beaubourg – 24 rue Beaubourg – Paris 3e – Entrée gratuite – 

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20 novembre 2019

Le film de Polanski en tête du box-office français

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Le cinéaste Roman Polanski lors de l'avant-première du film «J'accuse», le 4 novembre 2019 à Paris / AFP/Archives

Le film de Roman Polanski, «J'accuse», a pris la tête du box-office français avec plus de 500.000 spectateurs pour sa première semaine en salle, malgré les polémiques sur son réalisateur accusé de viol, selon le classement de CBO Box Office mercredi.

Il s'agit du «meilleur démarrage de sa carrière», assure l'organisme spécialisé, selon qui le précédent était «La neuvième porte» (499.344 entrées la semaine de sa sortie en 1999). Les données ne sont toutefois pas disponibles pour les films de Polanski antérieurs à 1995.

Programmé sur 545 écrans en France, «J'accuse», consacré à l'affaire Dreyfus, a attiré 501.228 spectateurs, soit une moyenne de 920 fauteuils par salles. Ce total prend en compte les entrées réalisées depuis sa sortie le 13 novembre ainsi que les avant-premières.

«J'accuse», avec Jean Dujardin, devance le film américain à gros budget «Le Mans 66» (402.917 spectateurs en une semaine). S'il réalise un très bon démarrage par rapport aux films précédents de Polanski, il se classe au 29e rang seulement des meilleurs démarrages de l'année.

«J'accuse» est sorti en pleine polémique, après une nouvelle accusation de viol contre le cinéaste franco-polonais de 86 ans. La photographe Valentine Monnier dit avoir été «rouée de coups» et violée par le réalisateur en 1975 à l'âge de 18 ans, en Suisse.

Roman Polanski est en outre poursuivi depuis plus de 40 ans par la justice américaine pour des relations sexuelles illégales avec une mineure en 1977. Depuis, il a fait l'objet de plusieurs autres accusations de viol, qu'il a réfutées.

Après une promotion difficile, une avant-première à Paris le 12 novembre puis une séance à Rennes le 16 et une autre à Bordeaux mardi soir ont été annulées en raison de blocages et de perturbations par des militantes féministes.

Un hashtag #BoycottPolanski est apparu sur les réseaux sociaux et plusieurs personnalités ont indiqué qu'elles n'iraient pas voir le film, comme la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa ou la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Récompensé du Lion d'argent de la Mostra de Venise en septembre, «J'accuse» y avait aussi suscité des réserves, notamment parce que Roman Polanski avait dit à plusieurs reprises qu'il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s'estimant «persécuté».

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20 novembre 2019

Macron au Congrès des maires, un rendez-vous sans passion

macron et les m

À quatre mois des municipales et avant la grande mobilisation du 5 décembre, le président a tenté de cajoler les maires. Si le fil n’est plus rompu avec les élus de proximité, tout n’est pas réparé pour autant.

Par Pauline Théveniaud

Pas un bruit, pas un mouvement, si ce n'est quelques toussotements, lorsque le clip d'introduction s'achève et que le visage d'Emmanuel Macron apparaît sur l'écran de l'auditorium. Le chef de l'Etat est accueilli au Congrès des maires, porte de Versailles à Paris, par un long silence. Il faut attendre que le président de l'AMF, François Baroin, lui souhaite la bienvenue au micro pour que des applaudissements, républicains, se fassent enfin entendre. Ce n'est pas faute, pourtant, d'avoir envoyé des messages d'amour, de respect et de bienveillance à l'approche de ce rendez-vous. Car malmené par la crise des Gilets jaunes, par les multiples tensions sociales qui doivent culminer le 5 décembre, et alors que se profilent de difficiles élections municipales, le président estime que son salut dépend aussi des élus.

Dans un discours grinçant, le vice-président de l'AMF André Laignel (PS) sourit du « sucre des mots » présidentiels : « Le ton a évolué, mais le fond est sans changement. » Plus consensuel, Baroin s'offre tout de même une allusion aux « gestionnaires » qui imaginent possible de faire « le bonheur des gens sans leur parler », voire en les interrogeant « sur Internet ». Le cadre est posé. Il ne sera pas facile d'emballer la salle !

La salle s'est vidée par petites grappes

Pour la rallier à sa cause, Emmanuel Macron joue la proximité, évoque ses déplacements et déclare sa flamme : « C'est votre visage que je vois parmi les premiers, votre connaissance du terrain qui me nourrit, votre expérience qui m'apprend. » Lui qui n'avait jamais brigué de mandat avant de décrocher l'Elysée tente la complicité, se dépeignant en « maire de la commune France. Quand il y a un problème, on vient vous voir. Et quand ce n'est pas vous, c'est moi », appuie-t-il.

Il abat, aussi, la carte de l'union sacrée : « maires de France et président, nous pouvons rassembler les Français ». Sur le fond, il ferme la porte à l'interdiction des listes communautaires, confirmant la ligne du gouvernement, mais promet de « nouvelles actions » pour lutter contre le communautarisme. Mise au point, également, sur la décentralisation, loin de ravir tout le monde.

Tandis qu'il discourt, plus d'une heure et demie, une partie de la salle se vide par petites grappes. Certains pour honorer un rendez-vous, d'autres par déception. « Y a aucun fond, rien ! » râle un élu, en direction de la porte. « J'ai besoin de vous ! » clame Macron au micro, tandis que Jean-Marie Truchot, maire de Cramans (Jura) s'échappe : « Cela tombe un peu creux, même s'il y a beaucoup d'effets de manche. Mes voisins se sont endormis et moi je n'en étais pas loin. »

«Une ambiance habituelle de Congrès»

« Il est en train de travailler pour nous séduire », sourit Guy Hoffstetter, maire… sortant lui aussi, de Joux (Rhône). François Richard, de la Neuveulle-les-Scey (Isère), lui, est resté jusqu'au bout : « C'est intéressant, ça évolue. Il a changé de discours, quand même », note l'élu. Nadia Pinard-Cadet (Saint-Hilaire-du-Rosier, Isère) apprécie aussi l'effort, le propos « fédérateur ». Mais attend de voir, « comme Saint-Thomas », pour se laisser convaincre.

Pour Macron, il en va de la deuxième partie de son quinquennat. « Je n'ai d'autre obsession que d'agir, de faire, de transformer avec vous », plaide-t-il, dans l'espoir que les maires jouent le rôle de « dernier » maillon dans la mise en œuvre de ses réformes. Et de « relais » dans la perspective des prochains rendez-vous électoraux, jusqu'à la présidentielle de 2022. Ses tentatives se concluent sur des applaudissements polis. « Une ambiance habituelle de Congrès », se rassure le ministre Sébastien Lecornu. Au moins, le président aura-t-il échappé aux sifflets de l'édition 2017. Une « première pierre » sur le long chemin de la reconquête, veut croire un conseiller ministériel. Ou comme l'évoque Thérèse Clabaut, maire de Séry-Magnevale (Oise) : « Un apaisement, sans emballement ».

20 novembre 2019

Pas sûr que le ciment ait pris entre Emmanuel Macron et les maires de France

macron et maires

Par Patrick Roger

Le chef de l’Etat a rendu mardi un hommage appuyé aux « piliers de la République » et s’est notamment prononcé contre l’interdiction des listes communautaires aux municipales.

Ce fut une ode à l’unité et au rassemblement. Deux ans après sa précédente intervention devant le congrès de l’Association des maires de France (AMF), Emmanuel Macron tenait à témoigner combien il avait mûri à l’épreuve du feu et combien les maires, ces pompiers de la République, lui avaient enseigné.

« J’ai tant appris de nos échanges, tant appris de vous, a-t-il déclaré lors de son discours d’ouverture, mardi 19 novembre. Je me sens chaque jour un peu plus maire de la commune France. » Une mise en bouche qui semblait ouvrir la voie à quelques annonces fortes, susceptibles de sceller un nouvel arc-boutant entre ces deux piliers de la République que sont le chef de l’Etat et les maires. Pas sûr que le ciment ait pris.

S’il y avait un message que M. Macron voulait adresser aux élus locaux, c’était « j’ai besoin de vous ». Besoin d’eux pour lutter contre « les fractures territoriales, numériques, sociales ». Besoin d’eux pour assurer la « sécurité au quotidien ». Besoin d’eux pour lutter « contre le terrorisme et la radicalisation ». Besoin d’eux pour la transition écologique. « Besoin de vous », parce que, a-t-il à de multiples reprises répété, « nous avons une responsabilité collective ». Mais les maires attendaient aussi des réponses à leurs sujets de préoccupations immédiats. Pas sûr que, sur ce point, ils aient été rassasiés.

Car, sur le fond, M. Macron n’a pas lâché grand-chose. Pour l’AMF, comme l’a rappelé en introduction le président de l’association, François Baroin, la suppression de la taxe d’habitation « reste en travers de la gorge » – même si, par ailleurs, son discours était de haute facture républicaine. « J’ai fait ce que j’avais dit, lui répond le chef de l’Etat. Maintenant, si durant votre campagne municipale, beaucoup de vos électeurs vous reprochent la baisse, faites-le moi savoir. » Une porte fermée et, tout de suite, derrière, un nouvel appel à la conciliation : « unir et rassembler ». « Jamais je ne me résoudrai à ce que la France, à ce que la nation se réduise à un archipel », plaide le président de la République, appelant à « faire bloc pour unir », « pour recoudre cette France trop souvent déchirée ».

Les maires restés sur leur faim

Alors, Emmanuel Macron a dressé, une fois encore, un élogieux bilan de ce que son gouvernement avait mis en œuvre en matière d’éducation, de santé, de mobilités, n’hésitant pas, à plusieurs reprises, à asséner que « jamais autant n’avait été fait en si peu de temps ».

Mais les maires restaient sur leur faim. Certains désertaient leur siège, jugeant le discours trop long et sans réponse à leurs interrogations, quand bien même le chef de l’Etat plaidait pour l’« écologie des territoires ». « Nous sommes en train de construire cette écologie concrète, a-t-il défendu. Comme la République a eu à bâtir son école, votre rôle est indispensable. »

Hommage, hommage, hommage. Mais il y avait un thème, au cœur des discussions entre Territoires unis – regroupant l’AMF, l’Assemblée des départements de France et Régions de France – et l’exécutif : celui de la prochaine décentralisation, annoncé par le président de la République lors de sa conférence de presse du 25 avril. « J’aimerais qu’il dise sa conception, de la décentralisation », confiait M. Baroin quelques heures avant l’ouverture du congrès. Le peu qu’en a dit M. Macron ne va pas dans le sens d’une conception extensible.

Sur ce point, en effet, le chef de l’Etat n’a fait que répéter une conviction qu’il avait déjà affirmée, notamment, lorsque, le 21 février, pendant le « grand débat national », il avait reçu les présidents de conseil départemental. « On a parfois décentralisé des compétences sans donner les moyens, a-t-il redit. Est-ce que c’est de la bonne décentralisation ? Non. On fait de la bricole en permanence, vous le savez bien. » Ce que les congressistes ont approuvé en applaudissant.

Une décentralisation avec les financements qui vont avec

C’est là aussi que M. Macron s’en est pris à « un fétichisme français » : l’autonomie fiscale. Sans la nommer, il a fait référence à l’Allemagne, « beaucoup plus décentralisée que nous », dont le Parlement discute chaque année des ressources fiscales des régions décentralisées. « Peut-être qu’il faut arriver à ça, a-t-il lancé. Et, moi, à titre personnel, j’y suis favorable. » Autrement dit, ce serait une véritable révolution, mais qui va à rebours des thèses défendues par les associations d’élus qui plaident mordicus pour le pouvoir de fixer le taux des impôts locaux et pour une autonomie fiscale et financière.

« Oui à la décentralisation où les compétences sont accompagnées d’une décentralisation claire des financements qui vont avec, a conclu M. Macron. Si on trouve des morceaux d’impôt qui ont cette dynamique, allons-y. Si on pense que c’est en regardant nos voisins qu’il faut le faire, j’y suis favorable et, dans ce cas-là, c’est un changement constitutionnel. Je le dis devant le président [Les Républicains] du Sénat [Gérard Larcher]. J’y suis favorable. »

Un véritable défi que lance M. Macron à la fois aux Territoires unis et au président de la Haute Assemblée. Si vous voulez de la décentralisation, il va falloir en assumer à la fois les responsabilités et les conséquences financières. « Oui à un grand débat, une grande avancée sur la décentralisation mais à condition de dire que la compétence va avec la responsabilité et avec des financements qui ont la même dynamique », a-t-il prévenu.

Mais comme il y avait quand même en ligne de mire les élections municipales, le président de la République ne pouvait esquiver le sujet. « Il ne faut enfermer les maires dans aucun clivage », a défendu M. Macron, souhaitant que le scrutin de mars 2020 ne soit pas « utilisé à des fins partisanes ». Et qu’entre les deux arcs-boutants de la République puisse se nouer une relation durable et dépassionnée. Ce n’est pas gagné.

Patrick Roger

Macron contre l’interdiction de listes communautaires aux municipales. Alors qu’une partie de la droite souhaite interdire aux prochaines élections municipales de mars 2020 les listes « communautaristes », Emmanuel Macron a adressé, mardi lors du congrès des maires, une ferme mise au point. « On confond bien souvent la laïcité, la civilité et l’ordre public, a souligné le chef de l’Etat. La laïcité, c’est un cadre de liberté et de respect, un cadre de neutralité. Ce n’est en aucun cas un cadre de combat ou d’exclusion. Respectons-le partout mais ne confondons pas tout, jamais avec l’esprit de division. Il est inefficace et produit le pire. »

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20 novembre 2019

Pierre et Gilles

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Pierre et Gilles CITÉ DE LA MUSIQUE 221, avenue Jean Jaurès 75019 Paris M : Porte de Pantin (M5 - T3) Exposition Pierre et Gilles, la fabrique des idoles Du 20 novembre 2019 au 23 février 2020 Musée de la musique – Cité de la musique

20 novembre 2019

Vu sur internet - j'aime bien

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20 novembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin

Interdire Polanski ?

Deux projections de J’accuse, le film de Roman Polanski sur l’affaire Dreyfus, ont été annulées, l’une à Bordeaux, l’autre à Rennes, à la suite de manifestations organisées par des groupes féministes. Hier mardi, la collectivité Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a voulu déprogrammer ce même film, qui devait être projeté dans ses six cinémas publics – avant de changer d’avis. Funestes initiatives.

On comprend la motivation des protestataires. Considérant que le cinéaste est un violeur, les militantes sont choquées de voir son film à l’affiche comme n’importe quel autre, tout comme elles sont indignées des hommages qu’on peut lui rendre ici et là. Argument choc : on ne peut pas séparer l’artiste et l’œuvre. Les turpitudes du créateur ne sauraient être excusées par ses créations, quelle que soit leur qualité, et même si J’accuse est généralement considéré comme un excellent film. Au premier abord, l’argument semble logique. Le cinéaste tourne le film : les deux sont intimement liés. Polanski, lui-même, a souligné cette continuité quand il a suggéré lourdement, dans un entretien, qu’il s’était identifié au personnage de Dreyfus, comme si le sort d’un innocent victime d’une machination à forte connotation raciste pouvait être comparé à sa propre situation. Rappelons que les faits de viol sur une mineure par lui perpétrés, quoique anciens, sont établis. Et qu’il est accusé par plusieurs femmes dont il est difficile, a priori, de penser qu’elles sont toutes des mythomanes. S’il n’y avait pas prescription, Roman Polanski aurait été mis en examen et sommé de s’expliquer devant des juges. Il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais il est fortement soupçonné. L’ire féministe est pour le moins compréhensible.

Sauf que… l’artiste et l’œuvre sont liés. Sont-ils confondus ? C’est une tout autre affaire. On peut être un sale type et un grand artiste. Cela s’est vu. Imaginons qu’on généralise cette confusion (dans tous les sens du terme). Exeunt les autres œuvres de Polanski, tournées, qui plus est, à l’époque de ses méfaits réels ou supposés : Répulsion, Rosemary’s Baby, Chinatown, Tess, le Pianiste, The Ghost Writer, etc. Elargissons : censurés, tout autant, les films d’Alfred Hitchcock, dont le comportement à l’égard des femmes pose aussi des questions, ou encore ceux de Chaplin, qui n’était pas blanc-bleu. Ou encore, dans le domaine de la pop, les chansons de Michael Jackson, et en littérature la pléiade d’écrivains coupables de collaboration plus ou moins active pendant la guerre : Céline, Léautaud, Drieu La Rochelle, Brasillach et tant d’autres. Anastasie moralisatrice aurait du pain sur la planche…

C’est d’ailleurs le raisonnement tenu en Seine-Saint-Denis. Apprenant que J’accuse était déprogrammé, les directeurs des salles concernées ont répondu avec un certain esprit : «Nous demandons dès à présent à nos élus la liste des cinéastes dont nous n’aurons plus le droit de programmer les films et la définition de leurs critères», avant d’ajouter : «Un comité de vérification de la moralité des artistes programmés est-il prévu, puisque la liberté individuelle des spectateurs n’est pas suffisante ?» Questions pertinentes qui rejoignent l’attitude du public : J’accuse est en tête des entrées de la semaine. Faut-il désigner ces milliers de spectateurs comme des complices de viol ?

A vrai dire, ce n’est pas la censure qui peut édifier. C’est le surcroît d’information. Adèle Haenel avait demandé que la projection du film soit accompagnée d’un débat sur le viol, le machisme, et le sort réservé aux femmes par la domination masculine. Position autrement intelligente. Les élus d’Est Ensemble en ont d’ailleurs convenu. Après s’être entretenu avec les directeurs des cinémas concernés, le président socialiste de la collectivité, Gérard Cosme, est revenu sur sa décision. «Après avoir entendu chacun, en mon âme et conscience, je maintiens la programmation de J’accuse», a-t-il déclaré, tout en demandant que des débats accompagnent le film. «J’estime qu’en programmant le film, a expliqué Annie Thomas, directrice du Trianon à Romainville, je ne cautionne pas tous les violeurs de France.» On ne saurait mieux dire.

LAURENT JOFFRIN

20 novembre 2019

Jeux Interdits - ce soir sur ARTE

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Genre : Film - Drame

Année : 1952

Avec : Brigitte Fossey, Georges Poujouly, Jacques Marin, Laurence Badie, Lucien Hubert, Suzanne Courtal...

Résumé de Jeux interdits

En juin 1940, les parents et le chiot de la petite Paulette sont mitraillés par un avion allemand. Terrorisée, la jeune orpheline se réfugie au bord d'un ruisseau, serrant contre elle le cadavre de son chien, avant d'être recueillie par un jeune garçon de dix ans, Michel Dollé. Ce dernier l'amène à la ferme de ses parents, qui daignent l'accueillir afin de prouver à leurs voisins qu'ils sont capables d'accomplir une bonne action.

L'enfer de la guerre et le drame de la séparation, vécus par des enfants. Une oeuvre poignante qui a gardé toute sa force.

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20 novembre 2019

Heidi Romanova

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