Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
17 novembre 2019

Hong Kong

hong kong 33

hong kong34

Publicité
17 novembre 2019

Anna Johansson

anna37

anna38

17 novembre 2019

Exposition à RENNES : Charles et Paul Géniaux – La photographie, un destin

Natifs de Rennes, Charles et Paul Géniaux ont exercé les métiers d’éditeur, de photographe, de journaliste, d’écrivain. Pourtant, hormis pour certains Rennais à qui ce nom de famille évoque peut- être une rue ou un complexe sportif, ils sont aujourd’hui largement méconnus.

Précurseurs dans le domaine de la photographie de reportage, les deux frères ont ainsi laissé un important fonds photographique. Leur production, conservée au musée de Bretagne, dans la famille et dans différents musées nationaux (Musée d’Orsay, MuCEM, Musée Carnavalet, Musée des Arts Décoratifs) est rassemblée ici pour la première fois. L’exposition intègre des images inédites et une diversité de supports:

– des négatifs sur verre ou sur film,

– des tirages originaux réalisés de leur vivant,

– des tirages contemporains,

– un film documentaire du réalisateur Hubert Budor créé à partir des archives familiales.

Grands voyageurs, les frères nous emmènent, par l’image, de la Bretagne à la Provence en passant par Paris, jusqu’en Tunisie et au Maroc, entre les années 1890 et 1920. La scénographie est réalisée par Raphaël Aubrun et le graphisme par Les Designers graphiques.

Charles et Paul Géniaux – La photographie, un destin

Jusqu’au 26 avril

Musée de Bretagne

Les Champs Libres

10, cours des Alliés

35000 Rennes

gen22

gen23

gen24

gen25

gen26

gen27

gen28

gen29

gen30

gen31

gen32

gen33

gen34

gen35

gen36

gen37

gen38

gen39

17 novembre 2019

Entretien : « A Hongkong, la seule option proposée par la Chine est de renforcer l’Etat policier »

kong22

Par Brice Pedroletti, Hongkong, envoyé spécial

Selon le politiste hongkongais, Brian Fong, Pékin ne se résout pas aux décisions qui pourraient mettre fin à la contestation, déployer son armée ou accepter les revendications.

Politiste à l’Université de l’éducation, à Hongkong, le chercheur hongkongais Brian Fong a étudié le « mouvement des parapluies », en 2014, puis l’émergence des partis localistes, avant de s’intéresser à la vague de protestation qui secoue Hongkong depuis juin 2019.

Comment comprendre le mouvement actuel à l’aune du concept par lequel vous désignez Hongkong : une « stateless nation », une nation sans Etat ?

Il faut partir du postulat selon lequel les Hongkongais forment une nation sans Etat qui se bat pour son autonomie. Ce que j’appelle la « révolution de l’eau » [en référence à « Be Water » (« soyez comme l’eau »), le mode d’action des manifestants inspiré de la star de kung-fu Bruce Lee] ne peut s’expliquer que dans ce plus large contexte, comme le dernier chapitre d’un combat continu pour l’autonomie.

Elle a été déclenchée par le projet de loi d’extradition vers la Chine, vu comme une atteinte à l’autonomie. Pour de nombreux Hongkongais, tant qu’un gouvernement et un Parlement autonomes élus par le peuple ne représentent pas pleinement leur volonté, le projet de loi sur l’extradition et toute autre tentative visant à saper l’autonomie de Hongkong sont toujours susceptibles de revenir.

Quelles sont les options chinoises face à la contestation hongkongaise ?

Face à la « révolution de l’eau », la Chine dispose de trois options. L’une, radicale, consisterait à déployer son armée pour écraser le mouvement. A l’opposé, la deuxième serait de faire des concessions plus ou moins importantes. Le retrait du projet de loi sur les extraditions vers la Chine, le 4 septembre, ayant été perçu comme insuffisant par les manifestants, il pourrait s’agir de remplacer la chef de l’exécutif, Carrie Lam, d’autoriser une enquête indépendante sur les violences policières, d’accorder à ceux qui ont été arrêtés une forme d’amnistie et, enfin, d’introduire des réformes constitutionnelles menant au suffrage universel – c’est-à-dire répondre aux cinq demandes des contestataires.

A l’heure actuelle, la Chine n’a aucune raison de recourir à l’une ou l’autre de ces options extrêmes. Le déploiement de l’Armée populaire de libération chinoise (APL) mettrait en danger le statut financier de Hongkong, source majeure de capital pour l’économie chinoise. Hongkong est le premier contributeur d’investissements directs étrangers en Chine (environ 71 % en 2018).

La ville est aussi la place de marché offshore la plus importante pour les sociétés chinoises, avec plus d’un millier d’entre elles qui y sont cotées. C’est en outre leur principale plate-forme offshore d’émissions d’obligations. L’intervention de l’APL serait en quelque sorte l’« option nucléaire », avec des conséquences beaucoup trop graves pour la Chine.

Comme Pékin n’est pas prêt non plus à faire d’importantes concessions, la dernière option, qui est la stratégie actuellement suivie, est de renforcer l’Etat policier, c’est-à-dire la répression, en brutalisant de manière indiscriminée les manifestants, en les emprisonnant et en les jugeant pour dissuader les Hongkongais de poursuivre le mouvement.

La décision issue du plénum du comité central du Parti communiste, fin octobre, a confirmé cette approche, au moins dans le court terme. Les conséquences ont été immédiates : la police a aussitôt usé de tactiques plus agressives et le gouvernement a annoncé le déploiement d’une nouvelle unité des forces spéciales de 80 hommes, issue des escadrons spécialisés dans les émeutes carcérales. Les références croissantes en Chine à la mise en œuvre de l’article 23 [qui punit la sécession, la sédition et la trahison, mais n’a jamais été appliqué en raison d’une forte opposition populaire] procèdent du même élan.

A LA LONGUE, IL N’EST DONC PAS EXCLU QUE LA CHINE ACCEPTE DE FAIRE DAVANTAGE DE CONCESSIONS, EN REMPLAÇANT CARRIE LAM

Cette stratégie, qui dure depuis plusieurs mois, n’est cependant pas très efficace. Malgré plus de 3 000 arrestations, la « révolution de l’eau » est encore robuste et bénéficie d’un large soutien local et international. Pour Pékin, c’est un casse-tête. Le pouvoir se trouve à court d’outils pour endiguer le mouvement de contestation.

A la longue, il n’est donc pas exclu que la Chine accepte de faire davantage de concessions, en remplaçant Carrie Lam. C’est une option déjà utilisée depuis la rétrocession [le 1er juillet 1997] : le chef de l’exécutif Tung Chee-hwa avait ainsi été remplacé avant le terme de son deuxième mandat [en juin 2005], à la suite des manifestations de 2003. Leung Chun-ying, dit « CY Leung » (2012-2017), a lui aussi été lâché après le « mouvement des parapluies » de 2014 : il n’a pas fait de second mandat.

Pékin attend le bon moment car, s’il cède au plus fort des manifestations, celles-ci pourraient s’amplifier, dans la mesure où le prochain chef de l’exécutif ne sera toujours pas élu, le suffrage universel n’ayant jamais été accordé aux Hongkongais. De ce point de vue, la résilience de la contestation, que les sondages sur le soutien des Hongkongais au mouvement confirment, est très gênante.

Les violences commises par des ­manifestants, notamment à l’encontre de commerces chinois, ne commencent-elles pas à indigner une partie des Hongkongais ?

Il y a eu certes le cas d’un homme auquel un manifestant a mis le feu. C’est un incident isolé, il est difficile de généraliser. Même dans mon entourage, pourtant favorable à la contestation, certains émettent des réserves face au vandalisme visant les enseignes chinoises.

Mais ce mouvement a pour particularité d’être doté d’un mécanisme d’autocorrection assez solide : lorsque des excès se sont produits, des débats sur le forum LIHKG, le site Web communautaire du mouvement, ont lieu et, souvent, des mesures correctives sont prises. Les manifestants savent ajuster leur comportement, même si cela ne satisfait pas les personnes les plus conservatrices de la société.

Le mouvement se doit d’éviter les réactions disproportionnées et rester largement non violent afin de ne pas donner de prétexte à la Chine et au gouvernement pour accroître la répression.

AVEC LE CONTEXTE DE NOUVELLE GUERRE FROIDE LANCÉE PAR DONALD TRUMP, LES PRÉOCCUPATIONS DES ETATS-UNIS, MAIS AUSSI DU JAPON, FACE À L’EXPANSION CHINOISE CONFÈRENT AU MOUVEMENT UN RETENTISSEMENT GLOBAL

Lors du « mouvement des parapluies », plus personne n’était d’accord sur la stratégie à suivre. Les Hongkongais en ont tiré la leçon qu’il leur fallait rester unis. Le principe qui a été cette fois établi est de ne pas se diviser, malgré les différences entre les participants pacifiques et ceux qui sont sur le front : tous œuvrent au même objectif. Ces caractéristiques expliquent le large soutien dont le mouvement continue de bénéficier.

Enfin, l’autre facteur favorable réside dans l’appui international issu du contexte géopolitique actuel, très différent de celui qui prévalait il y a cinq ans et qui avait poussé les Etats-Unis à s’abstenir de soutenir le « mouvement des parapluies ».

Aujourd’hui, avec le contexte de nouvelle guerre froide lancée par le président américain, Donald Trump, les préoccupations des Etats-Unis, mais aussi du Japon, face à l’expansion chinoise confèrent au mouvement un retentissement global. Le passage au Congrès américain d’une « loi sur les droits de l’homme et la démocratie à Hongkong » est à cet égard très significatif.

Les manifestants sont d’ailleurs plus enclins à sensibiliser la communauté internationale. Pékin se retrouve donc face à un dilemme. C’est une guerre d’usure et, si le mouvement perdure, la Chine devra se résoudre à de nouvelles concessions. A ce stade, elle tente encore de maintenir la pression policière.

Quel est l’enjeu des élections des conseils de district, prévues le 24 novembre ?

Les conseils de district ont très peu de pouvoir dans le système politique de Hongkong, mais ils sont les seuls à dépendre entièrement du suffrage universel. Ces élections peuvent donc être l’occasion d’un signal fort, sous la forme d’un vote de protestation contre le gouvernement et Pékin. Si leur date est maintenue, tout porte à croire que les partis progouvernementaux et prochinois vont subir une large défaite.

Jusqu’alors, ce camp avait toujours remporté les élections, grâce à leur capacité de mobiliser de grosses ressources financières et en personnel. Si ce vote de protestation est massif, le mouvement pourrait en ressortir renforcé. Si ces élections devaient être reportées, il risque également de redoubler d’intensité. Pour Pékin, c’est, là encore, compliqué de jouer la bonne carte.

L’opposition parlementaire « pandémocrate » est-elle en phase avec le mouvement, ou est-elle dépassée ?

Les pandémocrates sont dans une situation embarrassante. D’abord, ils n’ont pas organisé ce mouvement – ce sont des jeunes qui en sont à l’origine. Ils n’en ont pas non plus le contrôle. Quant aux manifestants, ils n’ont pas vraiment besoin des partis politiques. Ce mouvement ne cherche pas à négocier, tout simplement parce qu’il n’y a rien à négocier. Car, pour cela, il faudrait que Pékin introduise des réformes menant au suffrage universel. Ce serait alors au tour des partis politiques de débattre des différentes modalités. Mais la Chine n’est absolument pas disposée à un tel degré de concession.

Le camp progouvernemental suit une ligne dure. Il ne craint donc pas de se mettre à dos les manifestants ?

C’est plus compliqué que cela. Il ne s’agit pas d’un groupe homogène. D’un côté, il rassemble le camp probusiness, au début opposé à la loi d’extradition, dont les hommes d’affaires, avec les bureaucrates, constituent le véritable establishment de Hongkong. Et, de l’autre, il intègre le camp dit des « gauchistes » traditionnels, plus directement contrôlé par le Parti communiste, comme les membres du parti DAB (Democratic Alliance for the Betterment and Progress of Hong Kong), le premier parti politique au Parlement, ou de la HTU (Hong Kong Federation of Trade Unions). Les « gauchistes » constituent en fait une minorité.

Une partie du camp probusiness, comme le Parti libéral dont les dirigeants sont en faveur d’une commission d’enquête indépendante sur les violences policières, continue de garder ses distances avec le gouvernement. Il faut savoir aussi que les riches Chinois installés à Hongkong sont là pour protéger leur patrimoine, ils n’avaient pas non plus envie d’une loi d’extradition et d’un contrôle plus étroit de Pékin – même les « capitalistes rouges ».

Soutenir le projet de loi sur les extraditions a été une grosse erreur de calcul de la part de la Chine. Cela lui a fait perdre la confiance des Hongkongais, mais aussi des hommes d’affaires qui étaient leurs partenaires de coalition. Bref, ils ont saboté leur propre « front uni », c’est-à-dire les alliés de circonstance qu’ils s’étaient faits. Comment comprendre une telle décision ? La réponse, c’est l’overreach, l’excès d’ambition : Pékin pousse trop loin ses pions, à Hongkong comme dans le reste du monde, parce qu’il a trop confiance dans sa capacité à contrôler.

17 novembre 2019

La Vallée des Saints

vallée des saints (1)

vallée des saints (2)

vallée des saints (3)

vallée des saints (4)

vallée des saints (5)

vallée des saints (6)

vallée des saints (7)

vallée des saints (8)

vallée des saints (9)

vallée des saints (10)

vallée des saints (11)

vallée des saints (12)

vallée des saints (13)

vallée des saints (14)

vallée des saints (15)

vallée des saints (16)

vallée des saints (17)

vallée des saints (18)

vallée des saints (19)

vallée des saints (20)

vallée des saints (21)

vallée des saints (22)

Publicité
17 novembre 2019

Vu sur internet

jaime28

jaime33

jaime35

17 novembre 2019

En Charente, fermeture de la dernière fabrique de charentaises

Le tribunal de commerce d'Angoulême a prononcé la liquidation judiciaire de La Manufacture Charentaise (LMC) à Rivières. Plus de 100 salariés sont licenciés.

C'est une triste nouvelle : la Charente ne fabriquera plus de charentaises. Le tribunal de commerce d'Angoulême a prononcé vendredi la liquidation judiciaire de La Manufacture Charentaise (LMC) à Rivières. Il s'agissait de la dernière entreprise spécialisée du département.

Les 104 salariés, experts dans l'art du "cousu-retourné", restent donc sur le carreau. Placée en redressement judiciaire le 25 juillet dernier, l'entreprise n'avait fait l'objet que d'une seule offre de reprise, que le tribunal a rejetée. Elle ne proposait que le maintien de 38 emplois.

La liquidation a été prononcée "avec effet immédiat", a précisé Henri Lalouette, dirigeant départemental du syndicat FO qui suivait le dossier. Il a dénoncé la "gabegie, l'incompétence et la négligence" des dirigeants qui ont conduit à cette faillite.

Les salariés qui "vont recevoir leur lettre de licenciement dans les quinze jours, qui sont mis à la porte sans solution, payent les inconséquences de l'équipe dirigeante", a-t-il accusé. Henri Lalouette a ensuite lancé un appel pour qu'un groupe ou mécène "ne laisse pas tomber ce savoir-faire. On est dans quelque chose de patrimonial", a-t-il déclaré.

Problèmes de gouvernance et changement de cible

Présidée par Renaud Dutreil, ex-ministre du gouvernement Raffarin et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, qui détient la moitié des parts, LMC est le fruit du regroupement en 2018 de quatre fabricants, déjà mal en point, des célèbres chaussons charentais. Dans une lettre ouverte aux salariés vendredi, Renaud Dutreil a regretté cette "triste issue", en assurant les salariés de son soutien pour l'accompagnement à venir.

chaussons

Son projet il y a un an était "un bon plan", a-t-il plaidé. Mais il a souligné la responsabilité d'un directeur général, depuis démissionnaire, qui a "engagé l'entreprise sur la mauvaise pente et compromis notre projet commun". Même si "la tâche était difficile", a-t-il concédé.

Selon une source proche du dossier, la société a subi en un an une forte baisse de son chiffre d'affaires - de 13 millions d'euros pour les quatre entreprises en 2018 à 7 millions - passant d'un résultat net positif de 1,3 millions d'euros à une perte de près de 700 000 euros en quelques mois.

Des problèmes de gouvernance, avec une direction en conflit interne, ainsi que des "mauvais choix de commercialisation", notamment en abandonnant trop rapidement ses ventes traditionnelles en grande surface pour se tourner vers le haut de gamme, expliquent notamment la dégringolade de l'entreprise, selon la même source.

LMC avait obtenu il y a moins d'un an un label qui garantit son savoir-faire, une "indication géographique" délivrée le 25 mars par l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Ce label de la "charentaise de Charente-Périgord" est également détenu par l'entreprise Fargeot, qui fabrique toujours des charentaises, mais en Dordogne voisine.

Née à la fin du XIXe siècle, la charentaise est issue des rebuts de fabrication des industries textiles et papetières situées sur le fleuve Charente. Les savetiers locaux ont eu l'idée de récupérer les feutres qui servaient au pressage, pour en faire des chaussons. Ils étaient dotés d'une languette caractéristique, qui protégeait le pied du sabot de bois, et de la technique très particulière du "cousu-retourné", la semelle cousue et montée à l'envers, puis retournée.

17 novembre 2019

La une du JDD

feminicides

17 novembre 2019

La masturbation ne rend plus sourd (mais elle nous rend toujours muets)

Par Maïa Mazaurette

Si l’autoérotisme est plus largement pratiqué, il n’en est pas plus accepté socialement. Et pourtant, il est aussi légitime, jubilatoire et riche de découvertes qu’un rapport « normal », insiste la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette.

LE SEXE SELON MAÏA

Banale, la masturbation ? On pourrait le penser : 85 % des Français l’ont déjà pratiquée. Plus précisément, 76 % des femmes et 95 % des hommes (chiffres Ifop/Elle, 2019). Pourtant, quand on commence à décortiquer les chiffres, c’est plus compliqué. Par exemple, la moitié des femmes se masturbent rarement ou jamais : cette « formidable » banalisation reste timide.

hegre masturbation

Photos : Petter Hegre

Et quand on décortique les discours, c’est carrément la cour des miracles. Une petite escapade du côté des recherches associées dans Google, peut-être ? A vos risques et périls, alors : les internautes se demandent si l’autoérotisme aura des effets secondaires sur leur cerveau, leurs reins, leur calvitie, leur acné, si c’est un péché (selon la Bible, dans l’hindouisme), s’ils vont devenir dépendants, et même s’ils vont grossir. Les vingt-cinq premiers résultats sont presque unanimement négatifs. En France spécifiquement, les curieux recherchent la masturbation… intellectuelle. Ça ne s’invente pas.

Pour se débarrasser du stress, mieux dormir

La masturbation n’est plus passible des cercles de l’enfer, d’accord. Mais elle reste déconsidérée. On la considère comme un pis-aller destiné à se soulager, soit entre deux partenaires, soit entre deux relations sexuelles. Pourtant, selon une étude Tenga/PSB parue cette année, à peine 2 % d’entre nous se masturbent parce qu’ils ne peuvent pas trouver de partenaire. Et seulement 3 % parce que le ou la partenaire en question préfère le Scrabble.

Nos motivations réelles sont bien plus positives : les Français se touchent essentiellement pour se donner du plaisir (30 %), pour se soulager (26 %) ou pour se débarrasser du stress (19 %). Si vous ajoutez à cela l’aide à l’endormissement (6 %), le côté feel-good (4 %) ou l’amélioration des performances (2 %), vous obtenez une vision quasiment thérapeutique de la masturbation. 64 % d’entre nous adhèrent d’ailleurs à cette idée : se caresser, c’est prendre soin de soi.

L’idée que cette pratique « remplace » le rapport interpersonnel, à première vue, n’est pas complètement fausse : les deux tiers des personnes en couple se masturbent moins que quand elles étaient célibataires. Et pourtant… 65 % des Français en couple le font quand même – et les femmes, plus souvent que les hommes !

C’est là que commencent à apparaître des divisions selon le genre, le sexe ou l’orientation. Par exemple, 42 % des femmes ont autant de plaisir en se masturbant qu’en faisant l’amour (23 % préfèrent la masturbation). Contrairement à ce que notre imaginaire indique, ce sont les hommes – ces grands romantiques – qui préfèrent le sexe interrelationnel (52 % contre 36 % des femmes).

gode

Un sujet tabou

La masturbation et le couple sont perméables, d’accord. On pourrait penser que cette coexistence des plaisirs privés et partagés démontre une forte acceptabilité. Cependant, on ne peut pas toujours en parler librement. 48 % des hommes et 43 % des femmes avouent ainsi avoir déjà menti concernant leurs pratiques masturbatoires.

Ce sont les jeunes qui sont les plus enclins aux confidences : 77 % des moins de 23 ans en parlent (seulement 53 % des plus de 40 ans), et 66 % voudraient qu’on en discute encore plus ouvertement (41 % des plus de 40 ans) – notamment pendant les cours d’éducation sexuelle (70 % des jeunes y sont favorables, et 78 % des LGBT+).

Une meilleure transmission des connaissances serait d’ailleurs bien utile : si les hommes disent commencer à expérimenter à 14 ans, et les femmes presque à 17 ans, la moitié d’entre eux et les deux tiers d’entre elles ont en effet dû apprendre toutes seules comment faire – ce qui consiste à réinventer la roue (alors qu’on pourrait envoyer des satellites sur Vénus).

Mais au fait, pourquoi ne pas en parler ? Chez les grands discrets, 58 % considèrent qu’il s’agit d’une chose qui ne se discute pas, 25 % ont honte de leurs pratiques (on retrouve plus souvent des hommes que des femmes dans cette catégorie), 15 % ne veulent pas que leur partenaire soit au courant. 40 % préfèrent ne pas imaginer que l’autre se masturbe, pour des raisons un peu différentes selon le genre : les hommes n’aiment pas que leur partenaire se touche en leur absence (36 %), les femmes n’aiment pas que leur partenaire regarde du porno (27 %) – en extrapolant sauvagement, on pourrait avancer que les hommes se situent dans une logique de possession physique, et les femmes dans une envie de contrôle mental.

Une pratique à partager

Les timides ont-ils tort ? Question de point de vue ! La masturbation n’est privée que si on le décide : elle peut parfaitement s’intégrer dans le répertoire du couple. Les plaisirs solitaires ne sont nullement condamnés à l’être, et jusqu’à preuve du contraire, les sextoys ne tombent pas en panne quand un partenaire entre dans la chambre. Il existe même quantité de pratiques consistant à partager et guider la masturbation – quelle extraordinaire occasion de relire notre chronique sur la question, n’est-ce pas ?

Se masturber ensemble : cette idée autrefois inimaginable commence à faire son chemin. 44 % des Français disent s’être déjà masturbés de concert. 15 % l’ont fait pendant que l’autre regardait (ou regardait pendant que l’autre agissait), presque 20 % l’ont fait par téléphone ou autre technologie. Chez celles et ceux-là, aucun problème métaphysique : 39 % estiment que la masturbation est naturelle, 23 % veulent que leurs partenaires fassent ce qui les rend heureux.

Fantasmes honteux

Assiste-t-on à la fin d’un tabou ? A voir. Car si la masturbation peut être tenue pour thérapeutique, si elle est sans rapport avec l’absence de partenaire ou un quelconque échec du désir, comment se fait-il qu’une majorité de Français ne la partagent pas, et que parmi les plus de 40 ans, presque la moitié n’en parlent jamais ?

Il est possible que la masturbation reste perçue comme sale et embarrassante, encore aujourd’hui… parce qu’on y associe des choses problématiques, comme des fantasmes honteux, l’embarras des premiers émois, ou les images que nous consommons. Notamment dans le cas des hommes, qui sont 71 % à regarder du porno (deux fois plus que les femmes). Les femmes, en revanche, ont beaucoup plus souvent tendance à utiliser leur imagination (la moitié d’entre elles). Elles recourent aussi à des histoires (10 %) ou de la musique (7 %).

Qu’en conclure ? Que notre culture change, doucement mais sûrement. Aujourd’hui, plus personne n’affirmerait que la masturbation envoie en enfer, donne des gastro-entérites ou provoque des contrôles fiscaux. En revanche, on continue de la ridiculiser, de la désinvestir, de la reléguer à une note de bas de page. La masturbation est pourtant aussi légitime, jubilatoire et riche de découvertes qu’un rapport « normal ».

Peut-être faudrait-il, pour changer la donne, commencer par changer de vocabulaire : le mot « masturbation » est aussi excitant qu’un gant de nouilles tièdes. Exit les plaisirs solitaires ou égoïstes (on peut partager), adieu la branlette (qui évoque la précipitation)… et bienvenue à l’autoérotisme ?

17 novembre 2019

Monica Bellucci

monica22

Publicité