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Jours tranquilles à Paris

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25 octobre 2019

Banksy ouvre sa boutique en ligne pour défendre son droit d’auteur

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Au début du mois d'octobre, le Street Artiste ouvrait son premier magasin éphémère à Londres. Les œuvres exposées sont aujourd'hui mises en vente sur sa boutique en ligne. Chacun peut espérer obtenir une pièce (en quantité limitée) à condition de répondre à la question suivante : « L'art est-il important ? ». Vous avez quatre heures.

Alors que son tableau Devolved Parliament s’est vendu à 11,1 millions d’euros chez Sotheby’s au début du mois d’octobre, Banksy, de son côté, a ouvert une (pseudo) boutique éphémère à Croydon, dans la banlieue sud de Londres. Intitulée « Gross Domestic Product » (« Produit intérieur brut », en français), cette nouvelle intervention de l’artiste dans l’espace public prend l’aspect d’une vaste vitrine sur rue derrière laquelle de nombreux objets et produits dérivés sont mis en scène, sur le modèle des grands magasins. On y trouve notamment un tee-shirt orné de la célèbre La Petite fille au ballon rouge dont le bas semble être passé à la déchiqueteuse (une référence à la vente aux enchères spectaculaire de l’an passé), une horloge à l’effigie de l’emblématique rat de l’artiste ou encore un tapis en fausse peau de bête qui détourne l’image de la mascotte des céréales Frosties de Kellogg’s. Malheureusement, les portes de cet alléchant pop-up store sont restées bel et bien fermées et toutes les pièces exposées viennent d’être mises en vente que sur Internet, après la « fermeture » du magasin. Quant à la raison d’être de cette installation (qui intervient quelques mois à peine après celle de la place Saint-Marc à Venise), Banksy précise lui-même dans un communiqué qu’elle est bien peu « poétique ». L’objectif est en effet ici pour l’artiste d’affirmer son droit d’auteur afin d’éviter que la société de cartes de vœux Full Color Black ne s’approprie légalement la commercialisation de son nom. Comme l’indique un texte affiché sur les lieux, la riposte la plus efficace était encore la mise en vente par l’artiste lui-même de ses propres produits (droit des marques oblige). Ce panneau, qui révèle le slogan de la boutique éphémère « Gross Domestic Product. Where art irritates life » (« Là où l’art irrite la vie »), précise également que tous les objets ont été créés en Grande-Bretagne, à partir de matériaux existants ou recyclés. Les premiers prix démarrent à £10 mais étant donné que les quantités sont extrêmement limitées, il sera probablement difficile d’acquérir l’une des créations du plus célèbre des artistes anonymes. Mais les premiers arrivés ne seront pas les premiers servis. Pour départager les acheteurs des œuvres, le Street Artiste demande aux participants de s’inscrire jusqu’au 28 octobre, de choisir un seul produit et de répondre en moins d’une cinquantaine de mots à la question : « L’art est-il important ? ». Humour noir et discours critique appréciés. Selon le souhait de Banksy, les bénéfices des ventes serviront à financer un nouveau navire de sauvetage de l’activiste Pia Klemp, l’ancien ayant été confisqué par le gouvernement italien.

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25 octobre 2019

Intérieur de la Banque de France

banque france

25 octobre 2019

Tribune - Mireille Delmas-Marty : « La “société de vigilance” risque de faire oublier la devise républicaine »

Par Mireille Delmas-Marty, Juriste

La « vigilance » prônée par le président Macron au motif de combattre le terrorisme risque d’entraîner un « glissement » de l’Etat de droit vers un Etat de « suspicion », s’inquiète, dans une tribune au« Monde » la juriste, pour qui se dessine un « culte de la sécurité ».

[Mireille Delmas-Marty est professeure émérite au Collège de France (chaire « études juridiques comparatives et internationalisation du droit ») où elle a enseigné de 2003 à 2011, et membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Agrégée de droit privé et de sciences criminelles, ancienne professeure des universités Lille-II, Paris-XI, ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France de 1992 à 2002, cette juriste de renommée internationale a été professeure invitée dans la plupart des grandes universités européennes, ainsi qu’aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Chine, au Japon et au Canada. Auteure de plus d’une vingtaine d’ouvrages, elle a notamment publié Libertés et sûreté dans un monde dangereux (Seuil, 2010), Résister, responsabiliser, anticiper ou comment humaniser la mondialisation (Seuil, 2013) et Aux quatre vents du monde. Petit guide de navigation sur l’océan de la mondialisation (Seuil, 2016).]

Tribune. Le monde est dangereux, et nous en sommes de plus en plus conscients, qu’il s’agisse de dangers concernant l’ensemble de la planète comme le changement climatique ou le risque nucléaire, ou menaçant plus particulièrement les êtres humains, comme les crises sociales, le désastre humanitaire des migrations forcées, les crises financières… ou le terrorisme.

Le 3 octobre, quatre agents de la Préfecture de police de Paris « sont tombés sous les coups d’un islam dévoyé et porteur de mort qu’il nous revient d’éradiquer ».

Ayant prononcé ces mots le 8 octobre dans son discours en hommage aux victimes, le président de la République Emmanuel Macron souligne que « les institutions seules ne suffiront pas » et que « l’administration seule et tous les services de l’Etat ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste ». Et il annonce un véritable changement de société. « C’est la nation tout entière qui doit s’unir, se mobiliser, agir. » Il nomme ce changement « société de vigilance ». Il faudra, dit-il, « savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi les relâchements, les déviations. »

A quoi ressemblera cette nouvelle société ? On peut craindre qu’une vigilance aussi intrusive finisse par réaliser la prophétie du philosophe et politiste Alexis de Tocqueville.

Citoyenneté « augmentée »

Imaginant pour les nations démocratiques « un despotisme plus étendu et plus doux, qui dégraderait les hommes sans les tourmenter », l’auteur de De la démocratie en Amérique (1835 et 1840) décrit de façon prémonitoire « une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes ». Au-dessus, s’élève « un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort ; il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux ». Etendu à la société tout entière, « il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour », car il réduit chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et apeurés dont le gouvernement est le berger.

Tocqueville voyait loin mais il n’avait pas imaginé l’avènement de la « république numérique » dont les algorithmes, dotés de capacité d’autoapprentissage et de raisonnement autonome, révolutionnent la fabrique du droit, ouvrant la voie d’une justice et d’une police « prédictives ».

IL A FALLU DES SIÈCLES POUR INVENTER UN « ETAT DE DROIT ». IL AURA SUFFI DE QUELQUES ANNÉES POUR LE TRANSFORMER EN UN ETAT « DE SURVEILLANCE »

Certes les algorithmes « sont encore très loin d’une conscience, d’une capacité à définir » nous rassure le mathématicien Cédric Villani. Il n’empêche qu’un juriste aussi peu suspect de laxisme que le professeur Yves Gaudemet (Revue du droit public, 2018) s’inquiète du fait que la question de la neutralité et de l’exactitude des traitements des données « n’ait guère reçu de réponse ». Même si l’on devait créer une nouvelle autorité administrative indépendante, « seuls des scientifiques experts seraient à même d’exercer un contrôle ».

Certes la citoyenneté peut se trouver « augmentée » grâce aux réseaux sociaux, mais, dans l’univers numérique, la plupart des règles s’appliquent aux utilisateurs sans avoir pour objectif de réglementer les activités de l’entreprise propriétaire du réseau, qu’il s’agisse de garantir la liberté d’expression ou le droit au respect de la vie privée.

L’extension de la répression à la prévention

Au motif de combattre le terrorisme, le gouvernement risque donc de donner un nouveau coup d’accélérateur aux glissements de l’Etat de droit vers un Etat de surveillance.

Amorcé depuis 2001, le glissement s’est accéléré à partir de la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté, puis, après les attentats terroristes, avec la proclamation de l’état d’urgence et la loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement.

On compte en moyenne une loi par an, avec des années fastes comme 2017 (lois du 28 février relative à la sécurité publique, et du 30 octobre renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme). S’ajoutent les lois du 3 août 2018 relative à l’harmonisation de l’utilisation des caméras mobiles par les autorités de sécurité publique, et du 10 avril 2019 visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations.

Il a fallu des siècles pour inventer un « Etat de droit », caractérisé par la séparation des pouvoirs et la garantie des droits fondamentaux. Il aura suffi de quelques années pour le transformer en un Etat « de surveillance » – ou « de suspicion », car il affaiblit les libertés à partir d’un soupçon quasi permanent.

Cette transformation est caractérisée par un renforcement du pouvoir administratif, une marginalisation du juge, et enfin, l’extension de la répression à la prévention, puis à une prédiction de plus en plus précoce. Faudra-t-il afficher au fronton de nos mairies la nouvelle devise de la société de vigilance : « sécurité, efficacité, prédictibilité » ?

La « reconnaissance des émotions »

Or un tel programme ne peut être assuré par les seuls Etats. Il appelle une autre dérive, sans doute plus grave car moins visible, la privatisation de l’ordre « public ». Autrement dit, le glissement d’un « Etat de surveillance » à une « surveillance sans Etat ».

Plusieurs grandes villes ont montré la voie. Nice en tête, avec la convention entre la mairie et un groupe de quinze entreprises dirigé par Thales, chargé d’identifier les « signaux faibles » à travers l’exploitation d’un maximum de données au sein d’un « centre d’hypervision et de commandement ».

La vidéosurveillance est désormais couplée avec la « reconnaissance des émotions », détectant les expressions faciales associées à la joie, la tristesse, la peur ou le mépris.

Et voilà que l’on apprend, le 14 octobre, que le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, va accélérer la mise en place de la reconnaissance faciale. Le gouvernement promet un « débat citoyen » associant des citoyens aux administrations pour « clarifier le cadre légal », mais les expérimentations pilotées par des groupes privés sont déjà bien lancées.

« DE LA SURVEILLANCE PRIVATISÉE, QUI ÉCHAPPE À L’ETAT AU PROFIT D’ENTREPRISES TRANSNATIONALES, ON EN VIENT À LA SURVEILLANCE MONDIALISÉE »

Osera-t-on rappeler que l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, qui a valeur constitutionnelle, prévoit que la garantie de ces droits nécessite une force « publique », et précise que « cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

Il en résulte, notamment, l’interdiction de déléguer à des personnes privées des compétences de police administrative générale inhérentes à l’exercice de la force publique (Conseil constitutionnel, 29 mars 2018).

« Empire du tout contrôle »

De la surveillance privatisée, qui échappe à l’Etat au profit d’entreprises transnationales, on en vient à la surveillance mondialisée. Nous avions appris, au moment du débat sur la « loi renseignement », que les données de masse (big data) pouvaient être transférées, par paquets en quelque sorte, à nos « alliés », à commencer par les Etats Unis dont on connaît les pratiques intrusives. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’elles soient transférées dans le monde entier, à l’échelle du futur « empire monde » que pourrait préfigurer le programme chinois des « nouvelles routes de la soie ». Au risque, s’il combine le « tout marché » et le « tout numérique », d’instaurer un véritable « empire du tout contrôle ».

« LA MÉFIANCE, QUI EST AU CŒUR D’UNE SOCIÉTÉ DÉCLARÉE “EN GUERRE”, POURRAIT AFFAIBLIR NON SEULEMENT NOS LIBERTÉS MAIS NOS CAPACITÉS DE RÉSISTANCE »

Alors que « l’ancien monde » n’en finit pas de finir et que « l’effondrement » écologique est annoncé comme inéluctable, la multiplication de dangers d’origines diverses et de natures variées crée une société de la peur, élargie à l’échelle du globe, qui traverse les grands défis sans les relever. Une sorte d’angoisse diffuse dresse alors les individus et les peuples les uns contre les autres, effaçant peu à peu la distinction entre groupement criminel et Etat, entre crime et guerre. C’est ainsi que la méfiance, qui est au cœur d’une société déclarée « en guerre », pourrait affaiblir non seulement nos libertés mais nos capacités de résistance.

A première vue, le culte de la sécurité semble unir chaque communauté contre son ennemi préféré. En réalité, il prend le risque de diviser les humains en opposant leurs différences. Ne serait-il pas plus judicieux de mobiliser toutes les énergies, en apprenant à harmoniser ces différences autour d’un destin qui, à l’heure de la mondialisation, sera forcément commun ?

Un destin à la chinoise

En ce sens, le changement climatique est peut-être une chance s’il permet d’accélérer la prise de conscience de notre appartenance à une même humanité, dont les interdépendances sont devenues si fortes qu’en effet son destin sera commun.

Mais quel destin ? Un destin à la chinoise, si l’on considère que, depuis 2018, le préambule de sa Constitution engage la Chine à « construire une communauté de destin pour l’humanité » [selon l’expression du président Xi Jinping]. A moins qu’un autre destin soit inventé par les nouvelles générations, apparemment plus sensibles à l’équilibre écologique.

En toute hypothèse, ce n’est pas le moment pour la France d’oublier que sa devise républicaine commence par « liberté » et se termine par « fraternité » ; ni pour l’Europe de renoncer au triptyque « Etat de droit, démocratie, droits de l’homme » qu’elle inventa naguère. S’il reste une chance de stabiliser le monde sans le paralyser, elle viendra moins d’une défiance généralisée que d’une confiance retrouvée dans l’humanité, fragile et faillible, mais néanmoins responsable dans sa diversité acceptée.

25 octobre 2019

PLAYBOY | Kitrysha by Ana Dias from Ana Dias on Vimeo.

24 octobre 2019

Léonard de Vinci, en vedette au Louvre

C’est l’événement de la rentrée, accessible uniquement sur réservation. L’exposition Léonard de Vinci (du 24 octobre au 24 février) réunira au moins sept tableaux du maître, disparu il y a 500 ans. Outre ceux du Louvre, on attend notamment La Scapigliata, de la Galerie nationale de Parme, le Saint Jérôme du Vatican et le Portrait de musicien de la Bibliothèque ambrosienne de Milan. L’Institut de France a accepté de sortir ses 14 manuscrits de Léonard de Vinci de leur coffre à la Banque de France et la reine d’Angleterre prêtera 23 de ses plus beaux dessins aux côtés d’autres feuilles venues de Turin, Venise, Budapest, New York. L’exposition du Louvre devrait clarifier la biographie de l’artiste et les débats d’attribution entre Léonard et son atelier, par exemple, en confrontant les deux versions de La Madone aux fuseaux.

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24 octobre 2019

David Bellemere - photographe

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24 octobre 2019

Enquête - Le « j’accuse » des avocats de Ghosn contre les procureurs japonais

Par Éric Béziat

Collusion avec Nissan, dissimulation de preuves, saisies illégales… Les défenseurs de l’ancien PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi mettent gravement en cause l’enquête contre leur client et réclament l’annulation de la procédure.

La meilleure défense c’est l’attaque ! Les avocats de Carlos Ghosn ont décidé de mettre en action ce vieil adage stratégique, lors d’une audience préliminaire – une étape importante sur la route du procès Ghosn – programmée à Tokyo, jeudi 24 octobre.

Les défenseurs du patron déchu ont choisi de plaider l’innocence de leur client sur tous les faits qui lui sont reprochés. Surtout, ils mettent en cause gravement le bureau du procureur de Tokyo et demandent au juge l’annulation de toute la procédure, estimant l’enquête pénale « inconstitutionnelle, illégale et invalide ».

Arrêté à Tokyo pour des malversations financières, le 19 novembre 2018, l’ancien PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi fait face à des accusations de dissimulation de revenus entre 2009 et 2017 et d’abus de confiance. Il est actuellement en résidence surveillée dans la capitale japonaise. Il risque jusqu’à dix ans de prison.

Privé d’une partie de sa liberté, le patron déchu aura eu le loisir de préparer sa contre-offensive avec son équipe d’avocats japonais épaulés par pas moins de six autres cabinets juridiques aux Etats-Unis, en France, aux Pays-Bas et au Liban. La stratégie consiste à entrer en combat frontal avec les accusateurs de M. Ghosn. Et elle est appliquée avec vigueur : les requêtes de la défense adressées au juge, auxquelles Le Monde a pu avoir accès dans une version en anglais, n’y vont pas avec des gants.

Enquête secrète

Les avocats de M. Ghosn commencent leur remontrance en accusant le bureau des procureurs du district de Tokyo de « collusion » avec des hauts dirigeants de Nissan qui, en accord avec le gouvernement japonais, auraient lancé une enquête secrète dans le but de découvrir des malversations attribuables à leur client. L’objectif réel était, selon eux, d’éliminer Carlos Ghosn de l’Alliance car il préparait un rapprochement, insupportable aux yeux des Japonais, de Renault et de Nissan.

La défense cite nommément les prétendus complotistes, certains étant encore aujourd’hui à la tête de Nissan comme Masakazu Toyoda (administrateur du constructeur et président du comité des nominations) ou Hitoshi Kawaguchi (vice-président exécutif chargé entre autres des affaires publiques). « L’équipe d’investigation du bureau des procureurs a accepté les résultats de cette enquête interne déloyale et biaisée », s’indigne la défense.

Et il y a plus grave. les avocats de M. Ghosn accusent les procureurs d’une série d’actes illégaux qui relèvent parfois de la justice pénale. Ils soulignent en particulier que les procureurs ont violé les exigences légales japonaises en limitant l’accès aux documents auxquels avait droit la défense, mais aussi en renvoyant à Nissan des éléments de preuve saisies au siège du constructeur et enfin en « détruisant, à la demande de Nissan, des données électroniques qui aurait dû être divulguées [aux avocats] ».

Quant aux faits délictueux, il s’agit des confidences à destination de la presse dont les avocats accusent le bureau des procureurs. La requête identifie treize articles parus entre novembre 2018 et mai 2019 qui ont été, d’après la défense, alimentés par des fuites « d’informations arbitraires, concernant l’enquête, tendant à prouver qu’il y avait abondance de preuves de la culpabilité de M. Ghosn ». « Qu’un procureur fournisse aux médias des informations à propos d’une enquête en cours (…) est en soi un crime », soulignent les défenseurs, citant plusieurs articles de la loi japonaise sur les services publics.

Détournement de la procédure de plaider-coupable

Les conseils de M. Ghosn estiment, par ailleurs, qu’il y a eu détournement de la procédure de plaider-coupable – deux anciens cadres de Nissan, Hari Nada et Hideaki Ohnuma, ont officiellement accepté de dénoncer leurs « complices » en échange de l’abandon des charges pesant sur eux – la rendant illégale, le tout assorti de pressions sur les témoins-clés, dont Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan au moment de l’arrestation et qui a succédé à Carlos Ghosn à la tête du constructeur nippon jusqu’en septembre.

Les avocats dénoncent aussi des perquisitions et des saisies « illégales » de documents, soit parce qu’elles ont été réalisées par des salariés de Nissan – il est question d’ordinateurs au Liban et au Brésil – agissant pour le compte et avec l’aval des procureurs, soit parce qu’elles ont privé M. Ghosn de documents qu’il avait préparés pour sa défense, violant ainsi ses droits de mis en cause. « Des preuves obtenues dans de telles conditions ne peuvent être recevables », indique la requête.

Enfin, les avocats de Carlos Ghosn insistent sur les injustices dont leur client serait victime : déni de son droit à un procès rapide – on parle du mois d’avril 2020 sans plus de précision –, persécutions psychologiques de la part des autorités, discrimination envers un non-Japonais, les malversations présumées de quelques dirigeants nippons de Nissan n’ayant fait, elles, l’objet d’aucune poursuite.

Carlos Ghosn nie toute culpabilité

Pour la défense, la conclusion de cette démonstration est évidente – même si les avocats de M. Ghosn apportent rarement des preuves formelles de ce qu’ils avancent. Tout ceci doit aboutir à la nullité d’une procédure basée sur « une enquête extrêmement illégale et préjudiciable ». « Cette affaire n’aurait jamais dû être portée en justice, affirment les avocats de l’ex-patron dans un communiqué diffusé à l’ouverture de l’audience. Si les accusations ne sont pas rejetées, M. Ghosn est prêt à les combattre vigoureusement. Il est innocent. »

Car et, c’est là l’autre point des requêtes adressée au juge, M. Ghosn nie toute culpabilité dans les affaires de malversations financières qui ont causé sa chute. Sur les accusations de dissimulation de revenus, la défense assure que Carlos Ghosn n’a jamais touché aucune somme qui n’aurait pas été déclarée en bonne et due forme.

Concernant le délit d’abus de confiance, l’ancien PDG est principalement accusé d’avoir fait verser par Nissan plusieurs dizaines de millions d’euros à des intermédiaires en Arabie saoudite et au sultanat d’Oman en échange d’avantages personnels.

Dans ces deux situations, la défense est grosso modo la même : les sommes versées l’ont été légitimement en contrepartie de vrais services qui ont accru le volume d’affaires de Nissan dans la région. Ces primes ont, en plus, été approuvées, signatures à l’appui, par au moins dix dirigeants de Nissan, nommément cités dans l’adresse au juge japonais, dont M. Saikawa en 2017 et 2018 pour 7,5 millions de dollars (6,7 millions d’euros).

Dans tous les cas, les avocats de M. Ghosn nient que leur client ou des membres de sa famille aient pu être les bénéficiaires, même indirects, de ces paiements.

24 octobre 2019

Les tulipes de Jeff Koons

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Les Tulipes de Koons à Paris !

Cela fait quatre ans que l’on en parle, le Bouquet of Tulips de Jeff Koons a pris ses quartiers dans le parc du Petit Palais, non loin des Champs-Elysées. De nombreuses personnes se sont déplacées ce vendredi 4 octobre pour voir de leurs propres yeux l’œuvre de l’artiste américain rendant hommage aux victimes des attentats de l’année 2015. Une main très réaliste – inspirée de la forme et de la taille de celle de la Statue de la Liberté – tient un bouquet de onze tulipes, au lieu de douze symbolisant la perte que la France ne retrouvera jamais après les atroces attaques terroristes. Haute de 10 mètres et lourde de 60 tonnes, la statue arbore des tulipes colorées toutes faites d’un matériau transparent, qui donne un éclairage différent selon les moments de la journée et même selon les saisons. L'artiste avait offert l'idée de cette œuvre à la Mairie de Paris en 2016, quelques mois après les attentats.

Jamais la capitale française n’avait accueilli une statue de Jeff Koons sur son territoire. Et ce n’est pas sans faire polémique. En effet, l'artiste est très controversé sur le marché de l’art. En cause, les prix de ses œuvres et ses nombreux plagiats, qu'il justifie par "l'art de l'appropriation". Artiste le plus cher vivant, ses méthodes de conception et de travail sont aussi très souvent critiquées. La taille et le coût de production avaient levé des voix contre ce projet artistique – finalement financé par le mécénat privé.

Malgré les polémiques et les remarques des professionnels du marché de l’art, la Mairie de Paris s’est dit fière de recevoir ce cadeau symbole d’amitié et de liberté des États-Unis envers la France.

Jardins des Champs-Élysées

Av. des Champs-Élysées, 75008

24 octobre 2019

Thierry Breton, le nouveau choix de Macron pour la Commission européenne

thierry breton

L’ex-ministre de l’économie sous Chirac prend la suite de Sylvie Goulard, dont la candidature pour le poste de commissaire a été rejetée.

Deux semaines après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’économie, comme nouveau membre français de la Commission européenne, a annoncé l’Elysée, jeudi 24 octobre.

Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le commissaire français – politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace – restera bien inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, a précisé la présidence. « Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille », s’était écrié le chef de l’Etat, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard, le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

La candidature de l’éphémère ministre des armées d’Emmanuel Macron, gênée par l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem et par son poste de « consultante » pour l’Institut Berggruen alors qu’elle siégeait à Strasbourg, a été rejetée par les eurodéputés.

La future présidente de la Commission a déjà approuvé le nouveau choix du président français. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen « se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient », commente l’Elysée.

Parcours qui mêle public, privé et politique

Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l’industrie, cet ami de Jacques Chirac coche en effet de nombreuses cases. « Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’économie [sous Jacques Chirac] entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense (Thomson, France Télécom, Atos) et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action », fait valoir la présidence. C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation.

Il est aussi Macron-compatible, « aligné » avec les positions du chef de l’Etat. Il s’était rallié à sa candidature dès avant le premier tour, après le retrait d’Alain Juppé. « C’est aussi un européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands », ajoute l’Elysée, en particulier à la tête d’Atos, qui a un siège en France et un à Munich. Thierry Breton est un ardent défenseur du développement en Europe de supercalculateurs capables de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis. En prime, il connaît Ursula von der Leyen, avec qui il a travaillé lorsqu’elle était ministre de la défense, sur la création d’un fonds européen de la défense et de la sécurité, pour doper les investissements européens dans ces domaines.

C’est, enfin, un ancien élu de terrain, qui a été conseiller régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992.

Préparation des auditions

Thierry Breton se « consacre dès à présent à la préparation des auditions auprès des commissions compétentes du Parlement européen », a-t-il indiqué jeudi dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse. « Je suis très honoré de la confiance qui m’est accordée par le président de la République M. Emmanuel Macron et par la présidente élue de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen », a-t-il ajouté. « Je mesure, pour l’Europe et pour tous nos concitoyens européens, l’importance des enjeux associés à ce portefeuille pour l’avenir de notre continent. »

D’ici fin novembre, le candidat doit convaincre des eurodéputés particulièrement soucieux de transparence. Il devra d’abord passer devant la commission parlementaire des affaires juridiques, chargée de se prononcer sur les éventuels conflits d’intérêts des futurs commissaires, qui a déjà évincé le Hongrois Laszlo Trocsanyi et la Roumaine Rovana Plumb. Puis il sera soumis, comme avant lui Sylvie Goulard, à l’audition des eurodéputés qui doivent donner leur aval.

Atos a d’ores et déjà annoncé jeudi que M. Breton serait remplacé à partir du 1er novembre comme directeur général par l’actuel directeur général délégué Elie Girard.

24 octobre 2019

Extraits de shootings

shoot70

shoot80

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