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Jours tranquilles à Paris

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15 octobre 2019

C'est le temps des châtaignes...

chataignes

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14 octobre 2019

Palais de Tokyo - vernissage ce soir

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C'était il y a dix ans. Les années 2010 s'ouvraient, territoire vierge à défricher, et s'annonçaient dans le monde de l'art en France par l'exposition Dynasty. Exposition-tremplin plutôt qu'exposition-bilan, celle-ci fusionnait pour l'occasion les espaces voisins du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (MAMVP) et du Palais de Tokyo. Et offrait une scène à une quarantaine d'artistes émergents, représentatifs d'un certain moment de la scène parisienne et de sa région, et porteurs de promesses d'espoirs pour cette belle arlésienne dénommée “scène française” (en l'occurrence francilienne). La plupart sont toujours là, exposent toujours, se sont affirmés.
Mais dix années plus tard, les dynamiques ne sont plus les mêmes. Pour entamer la décennie qui s'ouvre sous nos pieds, le Palais de Tokyo reprend le flambeau. Une quarantaine d'artistes ont été de nouveau retenus au sein de Futur, ancien, fugitif par les quatre commissaires s'étant collés à l'épineuse tâche de dessiner les contours d'une possible scène - Franck Balland, Daria de Beauvais, Adélaïde Blanc et Claire Moulène -, qui, en guise de scène, en vérité, retiennent davantage l'impossibilité productive du terme aujourd'hui. On découvrira donc des œuvres certes, d'artistes jeunes ou non, temporairement liés au territoire français sans y être nés, y demeurer, ou s'y être enracinés, liés par le partage ponctuel d'un même espace géographique, mais aussi par les liens de filiation ou de transmission qui ont pu se dessiner autour de certaines figures.
• Futur, ancien, fugitif. Une scène française, du 16 octobre au 5 janvier au Palais de Tokyo, à Paris.

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14 octobre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin

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Pour la Tunisie

La nouvelle n’est pas très bonne. Mais à y réfléchir, elle n’est pas si mauvaise. A une forte majorité, les électeurs tunisiens ont porté au pouvoir un juriste austère et conservateur, Kaïs Saïed, qui présidera désormais aux destinées du pays où s’est déclenché le printemps arabe. Ce président, qui veut marier, pour faire court, la démocratie à l’occidentale avec «l’identité arabo-musulmane», suscitera difficilement l’enthousiasme des progressistes. Il défend des conceptions sociétales plutôt réactionnaires, par exemple en approuvant les lois prohibant l’homosexualité ou celles qui prévoient que la femme reçoit en héritage la moitié des biens dévolus aux hommes. On fait mieux en matière de modernisme.

De la même manière, la participation a été faible, et lors des élections législatives qui ont eu lieu entre-temps, le parti islamiste Ennahda est arrivé en tête (avec 18% des voix et une participation encore plus faible qu’à la présidentielle).

Mais si l’on s’arrêtait là, on appliquerait à la jeune démocratie tunisienne des critères européens quelque peu iréniques et condescendants. Comme si la Tunisie était une vieille République à la suisse où les coutumes démocratiques et laïques sont à l’œuvre depuis des générations. La République française, pour prendre un exemple, a mis un bon siècle à se stabiliser, après d’innombrables soubresauts et retours en arrière. Elle est mal placée pour donner des leçons à un pays longtemps colonisé (par la France), puis soumis au nationalisme autoritaire d’un Bourguiba et, surtout, à la dictature cruelle et minutieuse de Zine el-Abidine Ben Ali.

En comparaison des pays voisins, la Tunisie est un havre de paix et de liberté. La Constitution est respectée, la campagne électorale, quoique baroque (l’un des principaux candidats est resté en prison jusqu’à trois jours du scrutin), a été pacifique, la presse est diverse, les différents concurrents ont tenu meeting sans violence, ils se sont librement exprimés à la télévision, etc. Rien à voir avec la Libye voisine, en guerre civile, ou avec l’Egypte, soumise à une dictature militaire. Quant à l’Algérie et le Maroc, ces pays ont le plus grand mal à se débarrasser des scories autoritaires de l’oligarchie militaire (à Alger) ou de la monarchie traditionnelle (à Rabat). Ne parlons pas des théocraties osbcurantistes d’Arabie Saoudite ou d’Iran. La Tunisie offre l’exemple rare d’un pays musulman qui laisse sa place au pluralisme, à la liberté d’expression, à l’Etat de droit et à la liberté de conscience.

Le nouveau président est conservateur en matière de mœurs. Mais il a aussi un programme de démocratisation décentralisée et jure solennellement que lui, constitutionaliste respecté, compagnon de route du printemps tunisien, respectera scrupuleusement la Loi fondamentale. Si tel est le cas, il reviendra à l’opposition progressiste de s’organiser pour convaincre une majorité de Tunisiens de la suivre. Ce qui est le jeu normal. On pourra légitimement critiquer tel ou tel aspect du mandat qui commence. On se gardera de le juger de haut.

LAURENT JOFFRIN

president tunisien

14 octobre 2019

Réduits à solliciter le renfort de Damas, les Kurdes pleurent la fin d’un monde

Par Allan Kaval, Kamechliyé, Syrie, envoyé spécial

Les Forces démocratiques syriennes ont dû se résoudre à passer un accord avec le régime pour contrer l’offensive turque dans le nord du pays.

A l’hôpital de la Miséricorde, à Kamechliyé, la plus grande ville kurde de Syrie, le monde semble s’être effondré, dimanche 13 octobre. Un homme hurle de douleur, la peau du visage en lambeau, tandis qu’un soignant lui bande la jambe et qu’un autre, impassible, inscrit au marqueur sur son torse des instructions médicales. Une infirmière sexagénaire, les yeux fardés à l’excès, observe la scène, debout dans la cohue. Le docteur Shamel a du sang sur sa blouse verte tout élimée. Il vient de recoudre une blessure profonde. « Trump, Macron, Johnson… Vous nous avez utilisés, maintenant vous vous débarrassez de nous ! Les seuls responsables de tout ça, c’est cette coalition de menteurs, ce Conseil de sécurité de menteurs, ces pays de menteurs », scande le docteur Shamel, dans un anglais furieux, désespéré.

Un homme qui passe dans le hall, mis sans dessus dessous, reprend la parole : « Qu’est-ce qu’on vous a fait, nous les Kurdes ? » Les blessés hurlants, les brûlures, les corps cassés, le désespoir qui règne dans le petit hôpital de quartier de Kamechliyé, sont les échos d’un massacre aux victimes encore chaudes. Plus tôt dans la journée, l’artillerie turque a décimé un convoi de civils, encadrés par les forces kurdes, se dirigeant vers Ras Al-Aïn, à une centaine de kilomètres à l’Ouest pour protester, à leur corps défendant, contre l’invasion menée par la Turquie et ses milices islamistes. Dix au moins sont morts, portant le nombre des victimes depuis le début de l’offensive turque, le 9 octobre, à 60 civils et 104 combattants kurdes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Parmi le flot de blessés dans ce convoi, se trouve l’homme qui hurle à l’hôpital de la Miséricorde.

130 000 personnes sur les routes en cinq jours

Dehors, la nuit noire de Kamechliyé est parcourue d’hommes en armes, de bouts de cigarettes incandescents et de rumeurs sinistres. Les communications sont mauvaises mais on sait que l’armée turque et ses soudards avancent dans le pays, que la frontière est débordée depuis longtemps. En cinq jours, 130 000 personnes ont été jetées sur les routes. On a vu leurs camionnettes surchargées bringuebaler leurs visages en sueur, leurs couvertures à fleurs entassées à l’arrière. Les écrans des téléphones portables sont saturés d’images d’exécutions sommaires, d’informations invérifiables, de photographies d’enfants paniqués, et d’enfants morts aussi. La défaite a mis moins d’une semaine pour s’installer. Et, lundi dès l’aube, le régime meurtrier de Bachar Al-Assad sera de retour, toutes couleurs dehors dans les rues du nord-est syrien.

La coalition internationale, amie des jours heureux, s’enfuit. Dimanche 6 octobre, le président Donald Trump avait ordonné le retrait des quelque mille soldats américains du nord syrien. Ces jours-ci, aurait pu être fêté le cinquième anniversaire d’une alliance forgée sur les ruines en résistance de Kobané. En novembre 2014, la petite ville kurde à la frontière turco-syrienne, assiégée par les djihadistes, avait ému le monde et précipité dans son ciel des avions occidentaux. Le partenariat militaire noué alors a, dans les années qui ont suivi, débarrassé le nord-est syrien du drapeau noir du califat autoproclamé de l’organisation Etat islamique (EI). Les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) ont pris Rakka, la capitale de l’EI, deux années seulement après les attentats de novembre 2015, qui y avaient été conçus. Mais le temps des victoires est révolu.

Les milices pro-turques contrôlent désormais Tal Abyad et une quarantaine de villages de la zone frontalière jusqu’à l’ouest de Ras Al-Aïn, ville qui leur échappe encore. Le régime syrien s’apprête à investir Manbij et Kobané à la frontière turque, mais aussi Kamechliyé et Hassaké sur l’arrière-front.

Incapacité des alliés occidentaux à les défendre

En désespoir de cause, devant l’incapacité de leurs alliés occidentaux à les défendre contre la Turquie, membre de l’OTAN, et de ses miliciens islamistes, les FDS ont dû laisser entrer le régime qui n’attendait que cela. Ils ont annoncé, dimanche soir, avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l’armée syrienne dans le nord du pays, en soutien aux FDS, afin de s’opposer à l’avancée rapide des troupes turques et de leurs alliés. Le régime Assad a immédiatement annoncé l’envoi de troupes dans le Nord pour « affronter » l’« agression » turque. La tenaille s’est refermée sur les Kurdes syriens et leurs alliés du nord du pays.

Mais la guerre est-elle terminée ? « Nous nous sommes préparés à ce jour », confiait la veille à Kamechliyé une haute responsable kurde, Fawza Youssef, qui en a vu d’autres. On venait d’enterrer dans le cimetière militaire des FDS quatre victimes de la guerre. Fawza Youssef pleurait, seule dans la foule, tandis que les slogans du mouvement kurde retentissaient : « Les martyrs sont immortels, les martyrs sont immortels ! »

Pleurait-elle ces nouveaux morts, venus rejoindre, dans des tombes aux couronnes fleuries, les dix mille jeunes hommes et femmes tombés au combat ? Ou pleurait-elle la fin d’un monde ? L’effondrement de cet écheveau d’institutions mises en place patiemment par le mouvement kurde, dont le caractère autoritaire était doublé d’une ambition folle de transformer le monde, avec ses communes autonomes placées sous la férule des cadres du parti, la parité imposée à tous les étages, les grandes mises en scène de l’amitié entre les peuples ? Ou pleurait-elle encore le temps où les grandes puissances du monde entier les courtisaient avant de tourner casaque ?

Un peu plus tard dans son bureau désert, installé dans l’ancienne gare de Kamechliyé, souriante, elle croyait encore à des pressions internationales sur Ankara, à un retournement de situation. Mais, derrière les traits d’esprits et les yeux rieurs, le mot qu’elle prononçait avec le plus de conviction était celui de « résistance » : « La guerre en uniforme et les bureaux officiels, c’est terminé. Nous sommes passés maintenant en mode guérilla contre la Turquie. » Fawza Youssef affirmait que des messages avaient déjà été envoyés au régime syrien en vue d’un accord et d’une réponse commune à l’invasion turque mais qu’ils n’avaient pas trouvé de réponse. En moins de vingt-quatre heures, la situation a changé.

Déjà, les routes ne sont plus sûres, les communications impossibles et les informations rares d’un bout à l’autre du territoire. Dans les zones grises en pleine métastase se regroupaient des cellules dormantes de l’EI et des groupes pro-turcs fourbissant leurs armes. Dans les prisons et dans les camps, les djihadistes étrangers, européens, français, bouillaient de se voir libérer par l’armée d’invasion ou de vivre le moment où le chaos leur ouvrirait grand les portes.

Il est déjà trop tard. L’issue cauchemardesque dont les forces kurdes avaient maintes fois averti leurs partenaires occidentaux a fini par se matérialiser. Malgré le retour du régime, l’EI peut prendre un second souffle. Une nouvelle ère de sang s’est ouverte, dimanche soir. Elle avait commencé, le dimanche précédent, par un coup de téléphone, entre Washington et Ankara.

14 octobre 2019

VOGUE

vogue

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14 octobre 2019

Sous la pression des industriels et des forces de l’ordre, la reconnaissance faciale progresse

Par Martin Untersinger

Le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, souhaite susciter davantage d’expérimentations. Mais plus d’une dizaine de projets de recherche ont déjà été menés ces dix dernières années.

« N’ayons pas de pudeur de gazelle ! » Le 3 septembre, devant des sénateurs, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a la ferme intention de lancer le débat sur la reconnaissance faciale. « Lors de l’attentat à Lyon [en mai], nous avons identifié l’auteur par le biais de la vidéoprotection. L’événement a eu lieu à 16 h 30, mais il a été interpellé le lendemain, le temps qu’une trentaine d’enquêteurs regardent image par image l’ensemble du réseau pour refaire son parcours. Avec un système d’intelligence artificielle, quinze minutes après on aurait su où il était allé. »

Comme le ministre de l’intérieur, responsables politiques et forces de l’ordre lorgnent depuis plusieurs années les technologies de reconnaissance faciale. En juin, la mairie de Nice a mené une médiatique expérimentation sur la voie publique. Pour sécuriser les démarches en ligne, le gouvernement teste Alicem, une application mobile comparant des photos prises « en selfie » à celle contenu dans le passeport. Non sans polémique.

« J’aimerais expérimenter dans les transports la reconnaissance faciale (…) au moins pour des personnes condamnées pour faits de terrorisme », a encore récemment réclamé Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Face à ces tentations, le cadre légal français, s’il n’interdit pas la reconnaissance faciale, est encore très strict. Si bien que Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique, a décidé d’annoncer lundi 14 octobre dans nos colonnes vouloir un comité chargé de susciter davantage d’expérimentations de cette technologie.

Fichier massif de 7 millions de personnes

Dans les interstices laissés par la loi, les utilisations de cette technologie aux lourds enjeux de libertés publiques ont pourtant progressé. Les forces de l’ordre peuvent d’ores et déjà interroger un fichier de police à l’aide d’une photo, pour retrouver l’identité d’un suspect : le massif fichier des antécédents judiciaires, qui contient les photos de plus de 7 millions de personnes. Et ce en dépit des réserves de la CNIL, qui pointait « des risques importants pour les libertés individuelles ».

Les enquêteurs aimeraient étendre cet outil à d’autres fichiers, notamment le fichier des personnes recherchées (FPR) et celui des ressortissants étrangers en France. Techniquement possible, elle est impossible en l’état du droit : l’utilisation de la reconnaissance faciale est explicitement prohibée dans ces deux fichiers, comme pour beaucoup d’autres.

Les forces de l’ordre peuvent aussi rechercher un suspect dans les bandes de caméras de vidéosurveillance saisies dans le cadre d’une enquête judiciaire. De nombreuses entreprises proposent ces services. Exemple parmi d’autres : l’entreprise Brainchip, qui a travaillé avec la police de Toulouse. Sa technologie, capable de faire de la « biométrie à la volée » se branche, en différé, sur les images collectées par vidéosurveillance.

Par ailleurs, selon un décompte du Monde, plus d’une dizaine de projets de recherche ont été menés ces dix dernières années, souvent sur fonds publics et en partenariat avec des services de police ou de gendarmerie, pour entraîner les algorithmes et adapter la reconnaissance faciale aux besoins des forces de l’ordre.

Enregistrer la biométrie faciale des passants

Exemple parmi d’autres, le projet Kivaou, financé par l’Agence nationale de la recherche et piloté par Sagem (désormais Safran) et le ministère de l’intérieur, a été conçu pour mettre au point un « outil de surveillance embarqué permettant d’indexer au fil de l’eau tous les passants et d’enregistrer leur biométrie faciale ». Selon nos informations, des enquêteurs ont parfois profité de ces expérimentations pour faire progresser leurs enquêtes.

Les projets se multiplient aussi dans le privé, comme celui initié par Thalès et autorisé par la CNIL en 2016, consistant à tester auprès de volontaires l’identification en temps réel par la vidéosurveillance. Aéroports de Paris a lui aussi mené en 2017 une expérimentation dans l’un de ses terminaux afin d’évaluer la technologie : des employés volontaires passaient devant des caméras chargées de les reconnaître. Très en pointe sur la question, l’entreprise s’apprête à réaliser une nouvelle expérimentation, pour le contrôle de l’embarquement, en début d’année prochaine.

La question d’un assouplissement du cadre légal se pose en réalité depuis des années. Plusieurs propositions de loi et d’amendements ont été avancées afin de pouvoir relier vidéosurveillance et fichiers policiers via la reconnaissance faciale, afin de repérer des personnes d’intérêts dans la foule. Interrogé sur ce point en 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur, avait clairement laissé entendre qu’il travaillait en ce sens. Un projet demeuré lettre morte et une déclaration passée inaperçue. M. Cazeneuve n’a pas souhaité répondre à nos questions.

La technique a progressé et le débat de la régulation se pose à nouveau. La Commission européenne est censée proposer un texte sur l’intelligence artificielle lors des 100 premiers jours de son mandat. A cette heure, l’inclusion de la reconnaissance faciale n’est pas tranchée. Certains font des Jeux olympiques de Paris, en 2024, un objectif. « Les industriels mettent la pression », souffle un bon connaisseur du dossier. Aucune décision n’a été prise à ce stade, mais les expérimentations menées aux JO de Tokyo en matière de reconnaissance faciale seront observées par la Coordination nationale pour la sécurité des JO.

Consensus pour améliorer la technologie

Reste un problème de taille pour ceux qui souhaitent la généralisation de la reconnaissance faciale : si certaines formes de cette technologie sont fiables, d’autres le sont moins. Ainsi, au Royaume-Uni, le bilan de certaines expérimentations est catastrophique.

Il y a donc consensus pour améliorer la technologie. « Il faut avoir un taux d’efficience de 80 %. On n’y est pas encore. Il faut faire plus d’expérimentation » juge un gendarme bien informé. C’est aussi l’avis de Didier Baichère, président de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui a récemment publié ses travaux sur le sujet.

Il plaide pour que le gouvernement initie une concertation, débouchant sur un rapport dont l’OPECST se chargerait de tirer les conclusions législatives. Les forces de l’ordre tiennent en tout cas à ce nouvel outil. « La plus-value policière de cette technologie ne fait aucun doute », peut-on lire dans une récente note du Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie. Selon son auteur, elle pourrait même « mettre fin à des années de polémiques sur le contrôle au faciès puisque le contrôle d’identité serait permanent et général ».

14 octobre 2019

Jacques Chirac

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14 octobre 2019

Président Trump, an III : en surchauffe… jusqu’où ?

Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Sous la pression de la procédure de destitution, le président américain s’enfonce chaque jour un peu plus dans la vulgarité et l’agressivité.

« Laisser Trump être Trump » a longtemps été une martingale, la garantie d’une différence, l’assurance d’une liberté qui permettait de renverser les certitudes. « Laisser Trump être Trump » reste la ligne, mais jusqu’où ?

Au fil des derniers jours, peut-être sous la pression de sa mise en accusation par la Chambre des représentants qui le soupçonne d’avoir sollicité un gouvernement étranger, en l’occurrence ukrainien, pour enquêter sur la famille d’un adversaire politique, l’ancien vice-président Joe Biden, Donald Trump s’avance toujours un peu plus dans la vulgarité et la grossièreté. Son parler vrai glisse vers le caniveau : « Conneries », « fils de pute », « lèche-cul ». Les optimistes estimeront que le lexique présidentiel américain s’en trouve renouvelé.

L’escalade de Donald Trump ne se limite pas à l’injure. Jeudi soir 10 octobre, Donald Trump était en meeting à Minneapolis, dans le Minnesota. L’occasion de haranguer comme jamais sa base électorale. Jusqu’au malaise. La dénonciation d’un « Etat profond » constitue toujours un moment de bravoure des discours du président. Il se présente en justicier, cerné par les ennemis intérieurs incapables cependant de l’empêcher de triompher.

« Deep State »

Il prête régulièrement à ce « Deep State » les traits d’un ancien responsable du FBI, Peter Strzok, qui ne cachait pas sa détestation du milliardaire dans des messages intimes envoyés à sa maîtresse, Lisa Page, membre également de la police fédérale. Messages qui ont entraîné leur limogeage.

Sur scène, ce jeudi, Donald Trump s’écarte de son texte et mime une conversation entre les deux amants. « Oh Lisa, je t’aime tant. » Face à lui, la foule gronde. Le président des Etats-Unis en rajoute, lourdement. Très lourdement. « Oh, Lisa », ne cesse-t-il de répéter, glapissant presque, laissant toute latitude à l’imagination de son public.

Un peu plus tard, cette même imagination est à nouveau mise à contribution à propos d’un sujet cette fois-ci dramatique, le rapatriement des dépouilles des soldats tombés au combat. Le président des Etats-Unis, qui met d’ordinaire en avant le coût financier des interventions militaires américaines, tente de justifier depuis trois jours sa décision de laisser le champ libre à la Turquie contre les Kurdes syriens, décisifs dans la bataille contre l’organisation Etat islamique.

Aucun président n’a pu se dispenser de la cérémonie d’accueil à l’aéroport militaire de Dover, dans le Delaware, ni de la visite au centre hospitalier militaire Walter-Reed de Bethesda (Maryland) où les médecins prennent en charge les gueules cassées et les corps brisés des combattants américains. Cette émotion-là ne se feint pas. Mais Donald Trump choisit d’en montrer les moindres recoins, d’exposer par son récit à la lumière crue d’une réunion publique l’effondrement d’une famille face à l’arrivée d’un corps sans vie, pour son profit politique.

Faute d’alternative, peut-être, « Laisser Trump être Trump » a toutes les chances de rester le cap dans les prochaines semaines. Même si le compte de ses messages et partages sur Twitter indique également une surchauffe. Même si à l’aune d’un mandat pourtant déjà hors du commun, le milliardaire s’enfonce vers des horizons incertains, indéterminés, intranquilles.

14 octobre 2019

La vie en prison de Patrick Balkany, surnommé "papa" par d'autres détenus

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Depuis qu'il est incarcéré, Patrick Balkany sort peu de sa cellule, et reste discret, selon les informations de BFMTV.

Depuis presque un mois, le maire de Levallois-Perret dort derrière les barreaux de la prison de la Santé, à Paris. Patrick Balkany a été condamné le 13 septembre dernier pour fraude fiscale, à quatre ans de prison ferme, avec incarcération immédiate.

Dans cet établissement, il se trouve à l'étage "des personnes vulnérables", une trentaine de cellules dans un quartier étanche de la prison où sont notamment gardées les personnalités médiatiques. Il vit actuellement seul dans une cellule de 9 mètres carrés, qu'il quitte peu, selon nos informations.

Des liens d'amitié noués avec d'autres détenus

"C'est quelqu'un qui est relativement calme et qui ne sort pas beaucoup de sa cellule", explique Erwan Saoudi, délégué régional Force Ouvrière-Pénitentiaire, à BFMTV.

Discret, il ne sort jamais dans la cour de promenade. Les seuls détenus qu'il croise sont ceux qui apportent chaque jour ses repas. Il a d'ailleurs noué des liens d'amitié avec eux, si bien qu'ils surnomment Patrick Balkany "papa".

"Il n'y a pas de plus, de petit luxe ou de choses qui lui sont accordées et qui ne le seraient pas à quelqu'un d'autre", assure Erwan Saoudi.

Trois parloirs par semaine

Trois fois par semaine, l'ex-maire de Levallois quitte quand même sa cellule, le temps d'un parloir avec sa femme, ses deux enfants ou encore ses deux frères. Les seuls autorisés à lui rendre visite en dehors de cette liste sont ses avocats. Il bénéficie également d'une télévision et d'un téléphone payant dans sa cellule, avec lequel il appelle chaque jour sa femme, qui assure les fonctions de maire de Levallois en son absence.

Après une visite en prison, Isabelle Balkany avait trouvé son mari "très fatigué et amaigri". "On ne peut apporter que trois journaux, il y a des règles, quelques-unes me paraissent un peu étonnantes, mais je les respecte", avait-elle déclaré.

Patrick Balkany et son épouse devront à nouveau se présenter devant le tribunal le 18 octobre prochain, pour blanchiment de fraude fiscale et corruption. Dans ce second volet, le parquet avait requis une peine de sept ans de prison avec incarcération immédiate pour Patrick Balkany et de quatre ans avec sursis pour son épouse.

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14 octobre 2019

Ren Hang

ren hang

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