Guy Bourdin : L’Image dans l’Image
Guy Bourdin est considéré comme l’un des artistes les plus audacieux et fascinants de la culture visuelle du xxe siècle. Avec son œil de peintre, il créait des images qui, par leur contenu narratif, leur composition et leurs couleurs, happaient celui du spectateur, en explorant des univers entre absurde et sublime. Faisant de la photographie de mode son médium, il rompit avec les conventions de la photographie commerciale, par ses mises en scène ambiguës, son storytelling suggestif et son esthétique surréelle. Il sut toucher des générations de lecteurs avec des moments de magie nés d’une forme d’expression éphémère : le papier glacé des magazines. Célébré par de nombreuses publications posthumes, son héritage s’expose aujourd’hui dans les plus grands musées du monde.
Artiste singulier, doté d’un regard à nul autre pareil sur l’art, la mode, la publicité et la vie, Guy Bourdin poursuivait une perpétuelle quête de perfection. Nous lui devons la révolution que connut le monde de la création d’images à la fin des années 1970.
Centrée sur le seul ensemble d’œuvres pour lesquelles Nicolle Meyer servit de principal modèle à Guy Bourdin, l’exposition L’Image dans l’Image saisit la période la plus significative de la carrière du photographe.
La sélection de photographies finales est issue de l’édition française de Vogue ainsi que de campagnes publicitaires réalisées notamment pour Charles Jourdan, Versace ou le calendrier Pentax.
En outre, cette exposition dévoile pour la première fois une rare collection de polaroids, qui reflètent l’intérêt de Bourdin pour le monde qui l’entourait et dont il souhaitait garder une trace artistique. S’y ajoute une collection également rare d’œuvres en cours d’élaboration.
« Nous sentions que nous pénétrions le domaine quasi privé d’un créateur, qui rassemblait des idées, des pensées, des rêves. Nous voyions la fluidité de l’imagination se transformer en image finale. Cette recherche devint une croisière de moments saisis au passage : des personnalités, des situations, des paysages, des couleurs, des objets, des détails, familiers et pourtant lointains. »
L’esprit et le regard curieux de Guy Bourdin rendent ce voyage intense, étonnant et plein d’humour. Nous l’observons tandis que, tel un peintre ou un réalisateur de films, il recueille des idées et amasse un fonds d’objets physiques et mentaux, dans lesquels puisait son inspiration pour de nouvelles images.
Shelly Verthime, commissaire de l’exposition
Guy Bourdin : L’Image dans l’Image
Du 6 juillet au 6 octobre 2019
CAMPREDON centre d’art
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue – France
Angela Merkel a été à nouveau prise de tremblements.
Lors d'une cérémonie officielle jeudi 27 juin, la chancelière allemande Angela #Merkel a été à nouveau prise de tremblements. Cette nouvelle crise intervient en public pour la deuxième fois en une dizaine de jours
— Sputnik France (@sputnik_fr) 27 juin 2019
En savoir plus: https://t.co/gSrD9JZPdy pic.twitter.com/K8AYTyqWJZ
Cinéma : NOUREEV
La sépulture de Rudolf Noureev au cimetière russe de Ste Geneviève des Bois.
Site officiel de la Fondation Rudolf Noureev
Récit - Jean-Paul Goude sauve le squat de « Vernon Subutex »
Par Denis Cosnard
Le photographe et réalisateur de publicités vient d’acheter, à Paris, la villa Zilveli, une magnifique maison moderniste des années 1930, qui tombe en ruine.
Jean-Paul Goude était déjà connu comme photographe, metteur en scène, réalisateur de publicités, graphiste, bref comme touche-à-tout à l’imagination débridée.
A 78 ans, voici qu’il endosse un nouveau costume : celui de protecteur des monuments en péril. Le 13 juin, le trublion de la publicité a acquis, lors d’enchères judiciaires, la villa Zilveli, à Paris, un bel exemple d’architecture moderniste des années 1930. A charge pour lui, désormais, de restaurer ce bijou qui tombe en ruine.
« Cette baraque me faisait rêver quand je suis arrivé à Paris il y a plus de vingt ans, et c’est toujours le cas, confie Jean-Paul Goude. Elle se trouve juste à côté de ma maison actuelle. Je vais la moderniser en restant dans le même esprit et en faire un endroit à moi, pour être seul et travailler. C’est le grand projet de ma retraite ! »
Située rue Georges-Lardennois (19e arrondissement), sur la butte Bergeyre, tout près du parc des Buttes-Chaumont, la maison Zilveli est un curieux édifice construit sur pilotis, à flanc de colline. Elle ressemble à une boîte en béton armé, assez minimaliste, de 20 mètres de long sur 4,5 mètres de large, suspendue à cinq mètres du sol.
Un « château en l’air », selon les mots de Peter Wyeth, un architecte britannique qui s’est passionné pour cette maison. Ses grandes fenêtres autour desquelles tout a été conçu offrent des panoramas exceptionnels. L’une donne sur Montmartre et le Sacré-Cœur. L’autre plonge sur tout Paris, avec la tour Eiffel en ligne de mire.
La villa de 136 mètres carrés sur deux étages a été réalisée en 1933 pour Athanase Zilveli, un ingénieur et comptable grec né en Turquie. « Il a acheté le terrain et fait construire la villa, qu’il a offerte en cadeau d’anniversaire à sa femme, une Normande rencontrée à Paris », raconte leur petite-fille, Laurence Zilveli.
La façade couleur vert pomme
Les plans ont été conçus par un architecte autrichien oublié aujourd’hui, Jean Welz (1900-1975). « Un vrai moderniste, très inventif, qui faisait confiance au béton armé », s’enthousiasme Jean-Louis Avril, un ancien professeur d’architecture passionné par son œuvre.
Jean Welz avait auparavant travaillé avec Robert Mallet-Stevens, puis avec Adolf Loos sur la maison de Tristan Tzara, à Paris, ainsi qu’avec Le Corbusier. « Cette villa Zilveli rappelle d’ailleurs la fameuse villa Savoye de Le Corbusier à Poissy » (dans les Yvelines), ajoute Jean-Louis Avril. A la grande époque, l’austérité de la maison était adoucie par la peinture vert pomme de la façade et par quelques éléments méditerranéens, notamment, dans le jardin, une statue d’éphèbe et un buste signé Athanase Apartis.
Tout cela a aujourd’hui disparu, de même qu’un balcon très original, avec un bureau et un siège intégrés. La famille Zilveli, propriétaire jusqu’à cette année, a en effet laissé la villa à l’abandon depuis plus de dix ans. « C’était devenu un squat légendaire », s’amuse Jean-Paul Goude. Dans son roman Vernon Subutex 2 (Grasset, 2015), Virginie Despentes en fait la planque de son héros pendant plusieurs nuits : « Il ouvre un œil, à l’aube, et reste immobile, frappé par l’ampleur du paysage. »
Les pouvoirs publics se sont alarmés. Un arrêté de péril a été pris en 2006, demandant aux petits-enfants Zilveli, réunis dans une indivision, d’effectuer les réparations nécessaires. Les travaux n’ont pas été lancés pour autant. Si bien que la mairie a fini par bloquer l’accès aux lieux en janvier 2019, puis signer en avril un arrêté de péril imminent.
Le rapport de l’expert est éloquent. Il décrit une maison « envahie par la végétation », des façades fissurées, des vitres cassées, un plancher effondré, un toit-terrasse qui laisse l’eau s’infiltrer. Quant au corps de bâtiment, il a commencé à s’incliner. Le rapport mentionne « des risques immédiats pour la sécurité des personnes », du fait notamment de possibles chutes d’éléments de maçonnerie.
Une facture de 2,2 millions d’euros
Faute d’entente entre les héritiers Zilveli, la justice a été saisie, et la vente de la maison a été engagée. Certains redoutaient qu’un promoteur n’en profite pour la raser ou la transformer du tout au tout. Inquiète, la Commission du Vieux Paris, un organisme qui conseille la mairie, a demandé le 6 juin que cette maison à la « qualité architecturale remarquable » soit protégée au plus vite au titre des monuments historiques.
JEAN-PAUL GOUDE : « C’EST UN GOUFFRE FINANCIER, ET JE NE SUIS PLUS TRÈS JEUNE, MAIS J’AI TOUJOURS AIMÉ LE LUXE »
La vente, elle, a pris du temps. Le premier acquéreur, désigné en juin 2018, n’a pas apporté les fonds promis. Une deuxième vente n’a pas abouti non plus.
Des troisièmes enchères ont donc eu lieu le 13 juin. C’est à ce moment-là que Jean-Paul Goude et son épouse, qui avaient jugé l’affaire trop chère lors des ventes précédentes, se sont finalement résolus à signer un chèque encore plus élevé afin de l’emporter : 2 millions d’euros plus les frais. Soit une facture totale d’au moins 2,2 millions d’euros pour leur société appelée « Hollygoude », en souvenir de leurs années américaines.
Le couple va surtout débourser de grosses sommes pour restaurer la maison. Il prévoit en particulier de remplacer les fins pilotis devenus très fragiles et d’injecter du ciment pour assurer la stabilité de la maison construite au-dessus d’anciennes carrières de gypse.
« A 21 ans, j’ai acheté la Rolls d’un copain qui menaçait ruine, et je l’ai bichonnée, raconte Jean-Paul Goude. J’aimerais faire la même chose avec cette villa. La sauver, puis y vivre, avec cette vue incroyable. C’est un gouffre financier, et je ne suis plus très jeune, mais j’ai toujours aimé le luxe. Et puis, ma vie est dans mes fantaisies… »






































