Politique - Le garde du corps d'Emmanuel Macron est un proche d’Alexandre Benalla
Dans une longue enquête publiée le 22 mars par Médiapart, le site d'informations révèle que le nouveau garde du corps d'Emmanuel Macron, un nommé Christian Guédon, est un proche d'Alexandre Benalla.
Dans une longue enquête publiée le 22 mars par Médiapart, le site d’informations révèle que le nouveau garde du corps d’Emmanuel Macron, un nommé Christian Guédon, est un proche d’Alexandre Benalla. Il serait également, selon son C.V., un spécialiste dans les « domaines […] de l’effraction et de l’infiltration » et « des techniques d’ouverture discrète des serrures de bâtiments et véhicules » à des fins judiciaires.
Selon l’enquête, Christian Guédon aurait été « placé par Benalla dans des conditions inhabituelles » au sein du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). Il s’agit d’un ancien membre du GIGN, et il fut également garde du corps d’Emmanuel Macron durant l’élection présidentielle. Depuis, le président de la République et le garde du corps entretiendraient une relation « particulière » : « Régulièrement, les deux hommes boxent dans les sous-sols du Palais de l’Élysée », nous apprend Médiapart.
Quant à la relation de Christian Guédon avec Alexandre Benalla, elle n’aurait pas été endommagée par le scandale de l’été 2018. Comme une grande partie de l’Élysée, les deux restent en contact malgré les nombreuses polémiques.
“Mediapart” révèle l’existence d’un nouveau personnage dans l’affaire Benalla https://t.co/9cTDVxu0JQ pic.twitter.com/8tVW7C3hRE
— les inrocks (@lesinrocks) March 23, 2019
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Alfredo Arias, né le 4 mars 1944 à Lanús dans la banlieue de Buenos Aires, (Argentine), est un metteur en scène, comédien et dramaturge franco-argentin.
Les « gilets jaunes » se préparent à l’acte XIX partout en France
Par Aline Leclerc - Le Monde
Un parcours parisien allant de la place Denfert-Rochereau au Sacré-Cœur a été déclaré pour la manifestation de samedi 23 mars. La Préfecture de police a émis un arrêté interdisant les manifestations sur les Champs et ses abords.
Que se passera-t-il, samedi 23 mars, pour l’acte XIX des « gilets jaunes » ? Une semaine après les scènes de guérilla urbaine et le saccage de magasins et de restaurants des Champs-Elysées, le 16 mars, lors de la dix-huitième journée de mobilisation, la situation est inédite.
Un nouveau préfet de police a été nommé, les militaires de l’opération antiterroriste « Sentinelle » ont été mobilisés en renfort pour sécuriser certains bâtiments officiels, et, pour la première fois, des interdictions de manifester ont été prononcées dans certains secteurs, notamment sur les Champs-Elysées et la place de l’Etoile, rendez-vous habituels des « gilets jaunes » dans la capitale depuis quatre mois.
Vendredi en début d’après midi, la préfecture de police a émis un arrêté « interdisant tout rassemblement de personnes se revendiquant [des gilets jaunes] avenue des Champs-Elysées sur des portions de cent mètres dans les rues transversales qui y mènent, ainsi que sur le plateau de l’Etoile et dans un périmètre comprenant la présidence de la République et l’Assemblée nationale ».
Les manifestations ou rassemblements de « gilets jaunes » sont aussi interdits sur la place du Capitole à Toulouse, dans des rues du centre-ville de Bordeaux, mais aussi dans d’autres villes : Rouen, Rennes, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Saint-Brieuc, Vannes, La Rochelle, Tarbes, Carcassonne, Trèbes (Aude), Dijon, Metz et Perpignan.
Nouveaux modes de protestation
Que feront, alors, ceux qui entendent continuer à faire pression sur le gouvernement pour revendiquer plus de pouvoir d’achat, moins de privilèges pour les élus et la mise en place du référendum d’initiative citoyenne, aujourd’hui principaux mots d’ordre des manifestants en gilet jaune auxquels se rajoutent, pour certains, la dissolution de l’Assemblée nationale ou le départ d’Emmanuel Macron ?
Nul ne le sait, mais alors que la semaine passée, de nombreux voyants annonçaient un samedi particulièrement violent, avec le mot d’ordre « ultimatum : la France entière à Paris », les messages virulents sur les réseaux sociaux postés cette semaine étaient moins nombreux.
La page Facebook Cerveaux non disponibles, qui appelait pour l’acte XVIII à exprimer sa colère « pas qu’en paroles » a publié, mercredi 20 mars, un nouveau texte soulignant au contraire l’importance « de ne pas tomber dans le piège d’une escalade inutile », « face à une répression qui s’annonce encore plus indistincte et aveugle ». Elle suggère l’invention de nouveaux modes de protestation pour s’en prendre notamment « au portefeuille », « au confort » ou à « l’image médiatique » des gouvernants et à « des actions moins clivantes sur l’aspect de la violence » sans pour autant « enlever la radicalité du mouvement ».
Ce groupe Facebook est ainsi très hostile à la démarche du groupe de « gilets jaunes » pacifiques qui, depuis janvier, tient à déclarer un parcours de manifestation, en lien avec la préfecture, ce qui avait apaisé les cortèges pendant plusieurs semaines. Si aucun parcours n’avait été déclaré pour le 16 mars, les pacifistes étant appelés à rejoindre la marche pour le climat, vingt-huit cosignataires ont de nouveau déclaré un itinéraire pour ce samedi 23 mars. Les Champs-Elysées étant interdits, le parcours partira de la place Denfert-Rochereau vers 13 heures, pour se terminer au Sacré-Cœur.
Surveiller le reste de la France
Eric Drouet, l’une des figures du mouvement, a annoncé dans une vidéo qu’il serait à Paris, mais ne défilerait pas dans cette manifestation déclarée, qu’il juge inefficace. Il pourrait donc y avoir des groupes manifestant de façon erratique autour des Champs-Elysées, ou sur l’avenue, si certains ambitionnent de défier les forces de l’ordre.
L’événement qui circule sur Facebook sous le nom « La guerre est déclarée » compte quelques centaines de « participants » annoncés. « Dès que des attroupements sont constatés » dans les zones interdites « il y a interpellation et amende » a mis en garde le secrétaire d’Etat à l’intérieur Laurent Nuñez. Les contraventions encourues sont passées, jeudi, de 38 à 135 euros.
Mais il faudra aussi surveiller le reste de la France. Le 8 décembre 2018, une semaine après les violences autour de l’Arc de triomphe qui avaient particulièrement marqué les esprits, des affrontements violents avaient éclaté pour la première fois à Bordeaux et Toulouse, occasionnant de lourds dégâts matériels.
Il sera ainsi interdit de manifester place du Capitole à Toulouse. Cela devrait aussi être le cas place Pey-Berland, à Bordeaux et dans une partie de la ville de Nice, dont certains « gilets jaunes » veulent faire l’épicentre de cette dix-neuvième journée alors que la ville doit accueillir le début d’une visite officielle du président chinois Xi Jinping.
D’autres espèrent de grands rassemblements à Montpellier, La Rochelle ou encore dans le Nord, où une marche des « gilets jaunes » des Hauts-de-France doit relier Tourcoing (Nord) à Lille en présence de deux figures du mouvement, Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle.
"On ne sait pas faire du maintien de l'ordre"
"On ne sait pas faire du maintien de l'ordre" : des soldats de Sentinelle s'inquiètent de leur implication dans les prochaines mobilisations des "gilets jaunes"
Des soldats ont accepté de témoigner sur franceinfo, sous couvert d'anonymat, à propos de leur mobilisation dans le cadre des prochaines manifestations des "gilets jaunes". Une mauvaise idée qui pourrait se révéler dangereuse, selon eux.
"On n'a rien à faire dans ces histoires de 'gilets jaunes'", dénonce ce soldat, qui fait partie d'une patrouille Sentinelle depuis 14 mois. Il témoigne sur franceinfo de manière anonyme, vendredi 23 mars. À la veille d'une nouvelle manifestation des "gilets jaunes", l'annonce du gouvernement d'impliquer les soldats de l'opération Sentinelle continue de faire des remous.
"Les mecs de Sentinelle, ce sont tous des militaires, on ne sait pas faire du maintien de l'ordre", explique le militaire. Lui et ses collègues seront appelés à renforcer la sécurité de certains monuments, mais aussi du quartier de l'Élysée, en garde statique. Hors de question en revanche d'intervenir dans le maintien de l'ordre, comme les policiers et les gendarmes. Mais dans les régiments, ils sont beaucoup à se poser la même question : comment réagir si des émeutiers les attaquent ?
On n'a pas le matériel nécessaire, parce qu'on n'a que des matraques télescopiques et des petites gazeuses à main, comme les filles ont dans leur sac. Après, c'est directement le fusil d'assaut.
Un militaire à franceinfo
"On a en permanence le gilet pare-balles sur nous et le fusil d'assaut. On n'a pas le matériel de protection que vont avoir les CRS, on n'a pas les protège-jambes, on n'a pas toute l'espèce de carapace qu'ils ont sur eux", explique le soldat.
La mesure du gouvernement inquiète et provoque beaucoup d'interrogations et d'incompréhension. "Si on se fait caillasser, soit on rentre dans le bâtiment pour se mettre à l'abri, soit on ne peut pas se mettre à l'abri pour X raison. La seule réponse qu'on pourra avoir à ce moment-là, c'est peut-être un coup de gazeuse au début ou un coup de matraque télescopique, mais après s'il y a trop de monde, oui, malheureusement il risque d'y avoir des morts."
"L'ennemi ne peut pas être la population"
Un dérapage dramatique, c'est ce qui inquiète aussi cet autre soldat, qui refuse de pointer son arme sur le peuple français : "C'est absurde, c'est du n'importe quoi. On n'est pas préparé à ça. Nous, en termes techniques, on lutte contre un ennemi. Et l'ennemi ne peut pas être la population, ce n'est pas possible. C'est la situation dans laquelle on essaie de mettre les militaires aujourd'hui."
Une situation d'autant plus difficile à gérer que beaucoup de soldats éprouveraient une certaine sympathie à l'égard des "gilets jaunes", selon ce cadre de l'armée, qui dénonce une instrumentalisation politique : "Ils ne savent plus quoi faire, ils ne savent plus comment gérer, ils n'ont pas pris encore la mesure de ce mouvement."
L'armée, au niveau du gouvernement, ça reste le petit joker. On le sort quand on en a besoin.
Un militaire à franceinfo
"Là, il y a un gros problème, 'on va mettre l'armée et comme ça on va voir ce que ça donne et nous on reste tranquillement où on est'", poursuit le militaire. "Au niveau des états-majors, ça bouillonne pas mal, les juristes sont dessus pour revoir les règles d'engagement, parce que là aussi, il ne faut pas faire d'erreur."
L'état-major a bien tenté de rassurer : Non les soldats ne seront pas en contact direct avec les manifestants. Mais impossible à prédire, tant le parcours des "gilets jaunes" reste imprévisible. Dans ce cas, les troupes pourraient être désengagées ou protégées par les forces de l'ordre. Une réponse bien trop flou, condamnent les militaires.
























