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Jours tranquilles à Paris

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22 mars 2019

Chronique « Invincible Michael Jackson ? On verra… »

michael

Par Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde »

Le documentaire « Leaving Neverland » a relancé les accusations d’agressions sexuelles sur des enfants à l’encontre du chanteur, qui conserve pour l’instant le soutien de ses fans, observe dans chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

Pendant des années, on s’est demandé ce que Michael Jackson pouvait fabriquer avec les gamins qu’il recevait jour et nuit, sans leurs parents, dans son ranch californien de Neverland, du nom du pays imaginaire de Peter Pan.

Manger des gâteaux ? Jouer au petit train ? Se déguiser ? On s’en amusait, comme on s’amusait des photos de la pop star tenant un garçonnet par la main. On s’amusait quand le chanteur disait que des enfants dormaient dans son lit. La terre entière se racontait des blagues sur Jackson, puis dansait sur des chansons de Thriller (1982), qui est un chef d’œuvre et l’album le plus vendu au monde. Depuis quelques jours, on s’amuse moins. L’icône, morte il y a dix ans à l’âge de 50 ans, est aussi écornée que son nez fut rafistolé. Au point que l’aimer et danser sur ses chansons devient un problème.

La question a surgi avec la diffusion, au début du mois aux Etats-Unis, jeudi 21 mars sur M6 en France, du documentaire Leaving Neverland (« quitter Neverland »), de Dan Reed, dans lequel deux hommes accusent la pop star de les avoir agressés sexuellement alors qu’ils avaient 7 ans et 10 ans. Et de livrer moult détails, aussi précis que sordides, tout en expliquant la façon dont le prédateur se protégeait par un système sophistiqué de portes et de cloches.

Les scandales d’agressions sexuelles se répètent depuis l’affaire Weinstein et chaque fois, c’est parole contre parole, donc c’est l’opinion qui tranche. Toujours dans le même sens : le bannissement de l’accusé. Alors si en plus c’est un pédophile… Ainsi, dans un film documentaire diffusé en janvier, plusieurs femmes accusent le chanteur américain R. Kelly d’abus sexuels alors qu’elles étaient mineures ; il a été inculpé, sa maison de disques lui a tourné le dos, ses ventes d’albums ont chuté de moitié tout comme l’écoute de ses titres en streaming.

La mobilisation des fans

Rien de cela pour Michael Jackson et c’est une sacrée surprise. Il s’est pourtant passé des choses après la diffusion d’un documentaire qui a d’excellentes audiences aux Etats-Unis.

La série d’animation américaine Les Simpson a supprimé un épisode consacré à la pop star des plates-formes de streaming. Le Musée des enfants d’Indianapolis a retiré trois objets liés au chanteur. Des radios au Canada et en Nouvelle Zélande ne diffusent plus sa musique. La maison Louis Vuitton a supprimé des vêtements d’une collection citant la pop star. Une statue de l’icône a été retirée d’un musée anglais. Des policiers veillent sur son étoile gravée sur le trottoir d’Hollywood. Mais aucune radio des Etats-Unis ne l’a blacklisté. Il est juste moins diffusé – son rythme quotidien est tombé de 2 000 à 1 500 chansons depuis que le documentaire est sorti sur la chaîne HBO.

En revanche, le streaming sur Spotify ou Apple Music ne baisse pas, au contraire : autour de 16 à 17 millions d’écoutes par semaine aux Etats-Unis. Il a même augmenté juste après la diffusion du film. Les ventes d’albums tiennent très bien aussi. Et puis aucune personnalité ne s’est indignée. Ce silence est sans doute lié à une mobilisation sans précédent des fans du chanteur sur la Toile. C’est inédit depuis l’émergence de #metoo.

Les fans assomment d’injures Dan Reed, le réalisateur de Leaving Neverland – Facebook, blogs, Twitter, podcasts, vidéos sur YouTube… Ce dernier pointe le lien entre fans et fanatisme religieux, constate qu’il fait l’objet d’une fatwa pour blasphème. Les deux victimes de Michael Jackson qui parlent sont une autre cible. Leur passé est épluché afin de les dénigrer. Et trois associations françaises de fans les poursuivent en justice pour « atteinte à la mémoire d’un mort ».

Pas seulement un chanteur

Jackson a une armée de millions de fidèles réunis dans un fandom, une communauté qui fait rempart et qui reste hermétique aux signes extérieurs. Elle estime devoir éradiquer un complot, par exemple en fabriquant des vidéos à décharge ou en proposant des formations sur le Net sur la façon de répondre aux accusations.

Reste à savoir pourquoi Michael Jackson s’en sort plutôt bien pour l’instant par rapport aux dizaines d’autres accusés issus du monde de la culture depuis deux ans.

D’abord parce qu’il est mort. Ensuite parce que l’accusation de pédophilie contre lui est sur la place publique depuis vingt-cinq ans. En 1993, il avait fait taire une « victime » en déboursant 23 millions de dollars. En 2005, il a été acquitté dans une autre affaire. Il n’a jamais été condamné de son vivant et sa carrière n’a jamais été abimée par les accusations. Ce que ne manque pas de rappeler la famille de l’artiste, qui gère ses intérêts, et réclame 100 millions de dollars (88 millions d’euros) de dommages et intérêts à la chaine américaine HBO pour avoir diffusé aux Etats-Unis un film qu’elle considère comme « un assassinat posthume ».

Et puis Michael Jackson n’est pas seulement un chanteur, il incarne la musique américaine. La culture américaine même. C’était le sens d’une exposition qui lui fut consacrée au Grand Palais – elle a pris fin le 14 février, bref ce lieu est passé tout près de la polémique.

Son impact artistique est tel que des fans ont vu dans ce film une volonté de destruction de cette culture. Résultat, dans le conflit entre l’homme et l’artiste, le monstre et le génie, c’est la musique qui gagne. « Je suis intouchable », chante Jackson dans son dernier album, Invincible, en 2001. Intouchable, car échappant aux normes. Il n’est pas un homme, pas une femme, pas un Noir, pas un Blanc. L’écrivain Yann Moix, le 16 mars sur le plateau de l’émission « Les Terriens du samedi », a cru devoir déclarer que Michael Jackson était un enfant. Donc innocent, car « un enfant, ça ne couche pas avec les autres enfants ».

Invincible, on verra. Entre ceux qui sont persuadés que Jackson est un pédophile, mais qui restent muets dans le but d’éviter les coups, et une communauté de fans qui hurle, la bataille ne fait que commencer. Qui prendra le dessus ? Trop tôt pour répondre. Mais si d’autres témoignages surgissent…

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22 mars 2019

Pierre Sage - photographe

MERCI à TOUS !!!

Fin de cette campagne. Avec un succès incroyable !

Votre implication et votre engagement ont été déterminant. GRACE A VOUS, ce livre va très prochainement s'effeuiller, avec l'art et les manières. Je suis vraiment HEUREUX ! Heureux aussi de vous séduire dans cet univers feutré.

Je reviens vers vous très vite, dans la semaine, pour vous tenir informé de l'avancé, avec les pages qui seront ajoutés.

Quoi qu'il en soit, le Rendez-Vous est pris - le 07 mai à Arles - pour la soirée de lancement du livre. Au sein du Palais de l'Archevêché. Une soirée exceptionnelle, sous le signe inverse de la chasteté donc. Ainsi soit ... nous !!!

Le printemps bourgeonne. Profitez-en.

Sagement,

Pierre

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22 mars 2019

Plus de 800 millions d’humains privés d’eau potable

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Par Martine Valo

Les Nations unies dressent un tableau alarmant de l’accès à l’eau potable dans son rapport 2019. En 2015, six humains sur dix ne disposaient pas de toilettes ou équivalent.

Toujours plus d’humains (7,7 milliards), qui consomment toujours plus d’eau – la demande augmente en moyenne de 1 % chaque année depuis la décennie 1980 –, mais qui n’ont pas encore réussi à la partager. Tel pourrait être le résumé du rapport 2019 des Nations unies (ONU), présenté à l’occasion de la Journée mondiale sur l’eau, le 22 mars, et publié par l’Unesco mardi 19 mars.

Ce travail nourri de statistiques puisées auprès d’une dizaine d’agences onusiennes et de diverses organisations s’intitule « Ne laisser personne pour compte ».

Il y a urgence à cela, car le stress hydrique s’accentue : la pollution est généralisée en surface et dans les nappes souterraines, dont certaines ne se rechargent plus, aggravant le sort d’une large partie de l’humanité. Mais cette injonction tient du vœu pieux si l’on se fie aux données collectées par les rapporteurs.

Certes, des progrès ont été réalisés : plus d’un milliard supplémentaire de personnes dans le monde ont obtenu l’accès à un point d’eau raccordé à une canalisation entre 2000 et 2015. Mais 844 millions sont encore privés de tout service élémentaire d’eau potable. Ils ne disposent pas de la moindre « source améliorée » – c’est-à-dire, selon la définition officielle, d’un point de prélèvement protégé des animaux, situé à trente minutes au maximum de chez eux, aller-retour et attente compris.

Plus l’eau est rare, plus son coût est exorbitant

Trois humains sur dix n’ont pas la possibilité de boire à leur robinet sans inquiétude pour leur santé. Et, pour eux, plus l’eau est rare, plus son coût est exorbitant. Pas seulement en temps et en effort pour les femmes et les filles à qui incombe, dans les trois quarts des cas, la corvée de la quérir à une source, à une borne, à un forage, à une citerne remplie grâce aux pluies ou chez un marchand.

« Les habitants qui doivent acheter l’eau en bidon ou se la faire livrer par un camion, peuvent la payer dix fois plus cher que ceux qui ont l’eau courante », affirme Richard Connor, rédacteur en chef du rapport. Il note en outre que les subventions publiques vont avant tout aux quartiers les mieux lotis.

Du côté de l’assainissement, 68 % de la population utilise au moins un service élémentaire, contre 59 % il y a quinze ans. Cependant, en 2015, six personnes sur dix ne disposaient pas d’un dispositif « géré en toute sécurité ». C’est ainsi que l’ONU-Eau désigne les toilettes, latrines ou autres, qui ne sont pas partagées avec les voisins et qui donnent lieu à un traitement des déchets, quel qu’il soit. Il reste 892 millions de personnes qui n’ont d’autre solution que de se soulager en plein air. La dysenterie et le choléra dus au manque d’eau et d’assainissement causent 780 000 décès par an, bien plus que les conflits, séismes et épidémies, selon le rapport.

Pourtant, l’Assemblée générale des Nations unies reconnaît l’eau potable comme un droit de l’homme fondamental depuis 2010, et l’assainissement depuis 2015. Les Etats sont en principe tenus d’œuvrer en faveur de leur accès universel, sûr, accessible et abordable au nom de la santé, de la dignité des êtres humains, de la productivité des travailleurs.

Faute d’investissements suffisants, « aucune région (à l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande) n’est en bonne voie pour atteindre l’assainissement élémentaire pour tous d’ici à 2030 », notent les rapporteurs. Même en Europe et en Amérique du Nord, 57 millions de laissés-pour-compte n’ont pas l’eau courante chez eux.

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« LES GENS FORTUNÉS QUI PAYENT TRÈS PEU DOIVENT COMMENCER À PAYER PLUS POUR QUE L’ACCÈS SOIT UNIVERSEL. »

Le passage en revue des « sans-eau » s’apparente inévitablement à une radiographie des effarantes inégalités sociales, régionales, mais aussi culturelles actuelles.

Alors que l’approvisionnement sûr culmine à 94 % en Europe et en Amérique du Nord, il ne dépasse pas 24 % en Afrique subsaharienne. Sur les 159 millions de personnes qui continuent de consommer de l’eau non traitée, souvent contaminée, 58 % vivent en Afrique. Les « sans-eau » sont surreprésentés parmi les habitants des bidonvilles, mais aussi chez les handicapés, les malades, les peuples autochtones, les réfugiés, les minorités ethniques, les détenus, et dans certaines castes. Les femmes sont particulièrement touchées.

Pour relever le défi de l’eau pour tous, les Etats, mais aussi les acteurs privés, devraient investir trois fois plus qu’actuellement, conclut le rapport. « Les gens fortunés qui payent très peu doivent commencer à payer plus pour que l’accès soit universel », suggère Richard Connor.

Le changement climatique aggrave leur situation

Pauvreté rime aussi avec discriminations. Les peuples autochtones – plus de 370 millions de membres dans le monde – se distinguent par leur pauvreté. Analphabétisme, chômage, lacunes des services d’approvisionnement essentiels : les indicateurs de leur retard sont nombreux, même dans les pays développés.

Les rapporteurs insistent sur l’ampleur du dénuement qui caractérise globalement les régions rurales. Et insistent sur le changement climatique qui aggrave leur situation. D’autant que les désordres politiques de notre époque ne font qu’accentuer cet état de fait.

« Le monde est actuellement témoin des niveaux les plus élevés de déplacements humains jamais enregistrés, souligne l’ONU-Eau. A la fin de l’année 2017, 68,5 millions de personnes (un nombre sans précédent) ont été déplacées de force de leur domicile en conséquence de conflits, de persécutions ou de violations des droits de l’homme. » Leur effectif a augmenté de moitié depuis 2007. S’y ajoutent chaque année en moyenne 25,3 millions de gens chassés de chez eux par les catastrophes climatiques.

Qu’ils partent dans un autre pays ou s’installent ailleurs dans le leur, les déplacés y rencontrent souvent de graves difficultés pour accéder à des services essentiels. Environ 258 millions de personnes vivaient dans un autre pays que celui de leur naissance en décembre 2017, soit une hausse de 49 % par rapport à 2000.

Le rapport cite l’exemple de la Turquie, qui accueille 3,6 millions de réfugiés syriens. En 2018, près de 179 000 étaient hébergés dans des camps, les autres ont généré dans des villes et des villages une « croissance démographique spectaculaire qui a provoqué un stress sur les ressources déjà rares en eau ». Autre cas dramatique, celui de Saana. Même avant le conflit qui déchire le Yémen, des fonctionnaires avaient imaginé au début des années 2010 déplacer sur la côte la capitale du pays, asséchée et incapable d’approvisionner sa population en eau.

22 mars 2019

Vu sur internet

divers

22 mars 2019

On dégage...

dechetterie

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22 mars 2019

Gilets Jaunes

Gilets jaunes-Économie: Les chiffres qui donnent le vertige, 200 millions de dégâts, 20 millions à Paris, 500 millions de pertes pour l’hôtellerie et la restauration à cause des Gilets jaunes

Les Gilets jaunes sont en train de mettre à plat l’économie française qui n’avait pas besoin de ça. Les chiffres parlent d’eux-même, et au final ce sont les Francais qui règleront l’addition.

Selon la Fédération française de l’assurance, qui inclut dans son estimation les émeutes du samedi 16 mars, les dégâts lies aux Gilets jaunes en France atteindraient environ 200 millions d’euros.

A Paris, les réparations, voire le changement, du mobilier urbain vont coûter à la Ville (et donc au contribuable) 20 millions d’euros. Anne Hidalgo, maire de Paris, précise que c’est l’équivalent de quatre crèches.

Concernant le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, le manque à gagner atteint 500 millions d’euros, affirme le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers, traiteurs.

Le tourisme trinque car les étrangers ont peur de venir en France. Les réservations aériennes hors d’Europe vers Paris ont baissé de 8,7% en février par rapport à l’an dernier. Les hôtels parisiens accusent une chute libre des réservations et les magasins enregistrent un manque à gagner considérable, notamment sur les Champs-Élysées mais aussi à Bordeaux, Lyon et Marseille, là où il y a eu des violences.

Au total, 10 000 déclarations de sinistres ont été recensées avant l’acte XVIII du samedi 16 mars marqué par les émeutes des Champs-Élysées.

22 mars 2019

Pleins feux sur le travail

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L’exposition photographique « EtreS au travail », installée sur les grilles du Jardin du Luxembourg, à Paris, jusqu’au 14 juillet, rend un hommage au « travail vivant ».

En plein cœur de Paris, trois chapeaux brillent sous le soleil au-dessus de trois dos courbés qui récoltent les brins de riz ; Marc, pompiste, fait le pied de grue dans une station-service… Une centaine d’hommes et de femmes totalement absorbés par leur travail aux quatre coins du monde ont été saisis sur le vif par trente-quatre photographes, et réunis pour quatre mois dans l’exposition « EtreS au travail », organisée par le Sénat du 16 mars au 14 juillet, à l’occasion du centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT).

L’OIT, ce  machin », comme l’appellent certains, est une institution créée au lendemain de la première guerre mondiale pour défendre la justice sociale, au nom de la paix, et qui fédère aujourd’hui cent quatre-vingt-sept Etats. Elle mesure très régulièrement les tendances mondiales et permet de voir avancer même à pas de fourmi l’accès à l’emploi pour tous, la réduction des inégalités, mais aussi parfois l’amélioration des conditions de travail.

« EtreS au travail » met en pleine lumière ces travailleurs et leur quotidien, dont l’OIT parle en chiffres. « Dans la vraie vie, le travail est vivant. Il est vécu comme pénible et fatigant, mais aussi comme stimulant et enrichissant. Mais il est une expérience de vie, une triple expérience : expérience subjective, valorisée par la reconnaissance, expérience objective par la performance et expérience collective par la solidarité », explique Pierre-Yves Gomez dans Le Travail invisible (Desclée de Brouwer, réédition).

C’est ce que donnent à voir les quatre-vingts portraits accrochés aux grilles du Jardin du Luxembourg : le travail dans tout ce qu’il a de plus ordinaire y est magnifié par des photographes de l’agence Magnum, dont Raymond Depardon, Ian Berry, Peter Marlow, Steve McCurry, et les indépendants Jean-Michel Turpin et José Lozano.

Les cinquante-sept métiers exposés racontent la fierté au travail de Jean-Michel, fondeur à l’aciérie de Saint-Saulve, dans le Nord de la France, l’efficacité de la coopération sur un forage pétrolier, la solitude du travail de nuit du pompiste, ou de la gardienne de musée aussi fixe que la statue sa voisine, la néotaylorisation dans les usines de Shanghaï, puis la fausse décontraction des open spaces de Turkcell (le principal opérateur de téléphonie mobile en Turquie) à Istanbul, la persistance des métiers traditionnels et la bravoure des pêcheurs traditionnels du Sri Lanka, etc.

En deux mots, l’évolution du travail et de son contexte, commentés avec plus ou moins d’inspiration par d’excellents spécialistes du sujet : le juriste Alain Supiot, professeur au Collège de France ; les sociologues Dominique Méda et Danièle Linhart ; Gérard Lasfargues, spécialiste de la santé au travail ; Serge Volkoff, spécialiste des relations entre âge et travail, etc. ; et même le directeur général du travail, Yves Struillou. Une perspective assez inhabituelle du travail, plus enthousiasmante que les chiffres du chômage.

Anne Rodier

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22 mars 2019

"Ren Hang" et "Coco Capitan" à la Maison Européenne de la Photographie

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Découvrez "Love, Ren Hang" et "Busy Living", les nouvelles expositions de la MEP à Paris, jusqu'au 26 mai à Paris.

"Love, Ren hang" de Ren Hang

L’exposition « Love, Ren hang » présente pour la première fois en France l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération.

Avec une sélection de 150 photographies issues de plusieurs collections d’Europe et de Chine, l’exposition « Love, Ren hang » occupe tous les espaces du deuxième étage de la MEP. Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet –  mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour. À travers une approche chromatique, l’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux  plus « osés », sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature.

Ren Hang questionnait, avec audace, la relation à l’identité et à la sexualité. Artiste homosexuel, particulièrement influent auprès de la jeunesse chinoise, son ton considéré comme subversif ou qualifié de pornographique, représentait vis-à-vis d’un contexte politique répressif, l’expression d’un désir de liberté de création, de fraîcheur et d’insouciance. Sa vision, unique, faisait référence au « réalisme cynique » (mouvement artistique chinois né des événements de Tian’anmen en 1989). Présentés en regard de cet important corpus photographique, de nombreux écrits de Ren Hang, qu’il partageait régulièrement sur son site internet, témoignent de son combat contre la dépression.  L’artiste s’est donné la mort en 2017, à l’âge de 29 ans.

"Busy Living" de Coco Capitan

La MEP présente "Coco Capitán : Busy Living", la première exposition institutionnelle en France d'une des artistes les plus accomplis de sa  génération.  Avec près de 150 œuvres, l’exposition est construite comme un parcours immersif dans l’univers de l’artiste. Le parcours est jalonné de plusieurs séries de l’artiste, mêlant le plus souvent la photographie au texte. L’une est composée de paysages de l’ouest américain représentant des infrastructures à l’abandon, une autre révèle le regard critique que l’artiste porte sur la société de consommation et traduit une vraie filiation avec le Pop Art. En écho également à l’intérêt de Coco Capitán pour la représentation et la perception du corps, des  photographies de mode font partie intégrante de l'exposition

Une série plus personnelle souligne les relations que l’artiste entretien avec la Chine depuis son enfance. Enfin, un ensemble de toiles peintes sur lesquelles sont écrits ses aphorismes, ainsi que des carnets de notes et journaux intimes sont présentés en exclusivité. Très tôt engagée dans l’univers de la mode et du luxe, Coco Capitán acquiert rapidement une notoriété internationale en tant que photographe de mode, secteur avec lequel elle collabore, non sans humour et dérision, pour de nombreuses marques de luxe. Mais son travail est beaucoup plus vaste : à seulement 26 ans, Coco Capitán est une artiste déjà accomplie qui allie la photographie, la peinture et les performances à un travail éditorial constitué de slogans et d’aphorismes\

22 mars 2019

"Le choc des images est désastreux" : l'aveu d'échec d'Emmanuel Macron auprès de ses conseillers

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Le président de la République a piqué une énorme colère auprès de son Premier ministre et de son ministre de l'intérieur, après l'acte XVIII des gilets jaunes.

"Il suffit que je fasse un break de vingt-quatre heures pour que la maison ne soit pas tenue !" Emmanuel Macron n'aura décidément pas profité de son escapade blanche à la station de ski de La Mongie (Hautes-Pyrénées) pour se "ressourcer". L'acte XVIII des gilets jaunes est en effet venu contrecarrer ses projets et l'a forcer à regagner Paris plus tôt que prévu.

Dans le Canard enchaîné du 20 mars, on en apprend plus sur son amertume. Le président en a gros sur le cœur et n'a pas hésité à qualifier ses collaborateurs d'"incapables" et "dilettantes". A commencer par le Premier ministre selon l'hebdomadaire, resté injoignable une bonne partie du samedi 16 mars : "Castaner m'a dit qu'il avait essayé de le joindre une bonne dizaine de fois", s'est plaint Jupiter.

"Des bandes de voyous et de factieux"

En privé auprès de ses conseillers, le président n'a pas hésité à commenter les images à ses yeux terribles pour l'exécutif : "Entre les images du ski, celles de la boîte de nuit et celles de Paris qui brûle, le choc des images est désastreux". Il a ensuite évoqué le mouvement des gilets jaunes en des termes qui ne laissent aucune place au doute : "Nous ne sommes plus face à un mouvement social mais un mouvement de destruction sociale, a-t-il critiqué. Il ne sert à rien de chercher à convaincre ceux qui continuent de manifester et se sont radicalisés. Ce sont des bandes de voyous et de factieux. Ils sont hors de portée des arguments (...). Un mort, c'est ce qu'ils cherchent pour trouver un second souffle, mais le maintien de l'ordre est désormais impératif."

Sur la gestion de la journée par les forces de l'ordre, il n'y est pas non plus allé avec le dos de la cuillère : "La riposte policière n'a pas été à la hauteur et la responsabilité du gouvernement est clairement engagée. Rien ne peut expliquer que, pendant des heures, les Champs-Elysées aient été laissés à des voyous."

22 mars 2019

Isabelle Huppert

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