Equidés mutilés : l’énigme est dans le pré
Par Pauline Moullot et Anaïs Condomines — Libération
Les signalisations d’actes criminels contre des chevaux ont connu un emballement ces dernières semaines. Rites sataniques, défis macabres, effets d’imitation… les hypothèses sont multiples et les cas parfois difficiles à distinguer des accidents banals ou des blessures de charognards.
Plus d’une quarantaine de cas dans toute la France, et de plus en plus de questions. Ces dernières semaines, le nombre de signalements de chevaux mutilés, et souvent morts, s’est multiplié, et a connu une franche accélération en août. Rien que du 22 au 25, au moins douze cas ont été dénombrés. Ces derniers jours, des affaires ont été évoquées à Saint-Tugdual, dans le Morbihan, à Val-Revermont dans l’Ain, ou encore à Arnac-La-Poste en Haute-Vienne. Et ce week-end, la presse locale a recensé des faits dans le Val-d’Oise, les Côtes-d’Armor, le Calvados et la Côte-d’Or, où deux suspects sont recherchés selon les gendarmes. A chaque fois, des propriétaires rapportent des blessures à l’arme blanche, oreilles découpées, yeux crevés post mortem, brûlures ou encore des parties génitales lacérées.
Le portrait-robot d’un suspect a été diffusé le 28 août après le témoignage du président d’un refuge de l’Yonne. Mais l’inflation du nombre de cas et leur dispersion sur le territoire avaient déjà conduit à écarter l’hypothèse d’un seul coupable. Depuis des semaines, les enquêteurs disent n’exclure aucune piste. Actes concertés à l’échelle nationale, mimétisme, satanisme ou pratiques sectaires. Auprès de l’AFP, le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie, dénombre une vingtaine d’oreilles coupées, évoque un «mystère» à résoudre, et insiste sur «la pluralité des auteurs et des modes opératoires». Vu l’amplification des cas rapportés, des copycats pourraient aussi être responsables des derniers méfaits : des personnes qui auraient pu être inspirées par les cas parus dans la presse, et se seraient lancées dans une macabre entreprise d’imitation.
Autre hypothèse pour expliquer la hausse des signalements : la très forte médiatisation du phénomène et la psychose qui s’installe génèrent-elles des signalements farfelus ? Amènent-elles les propriétaires d’équidés à prendre des banals accidents de pré ou des mutilations par des charognards pour des blessures d’origine criminelle ? Plusieurs vétérinaires spécialisés dans les chevaux, contactés par Libération, s’accordent sur le fait qu’en cas de mort naturelle d’un animal, les renards ou charognards vont principalement s’intéresser aux parties les plus tendres, les yeux, les lèvres, la vulve, ou les plus accessibles, comme les oreilles. Dans les années 90, le Royaume-Uni avait connu une série similaire. Conclusions d’un enquêteur qui a travaillé vingt ans sur le sujet : la plupart des animaux se sont blessés eux-mêmes ou ont été victimes de charognards. Selon le Monde, la Suisse, l’Allemagne ou encore les Etats-Unis ont connu des épilogues semblables.
Dans la Loire, le parquet avait ouvert début août une enquête pour «vol et recel d’organes d’animaux». Les propriétaires avaient placé le cadavre d’un de leurs chevaux, décédé de mort naturelle, sous une bâche en attendant les services d’équarrissage. Le lendemain, l’animal était retrouvé mutilé au niveau des yeux et des naseaux. Dix jours plus tard, l’enquête a été classée : la carcasse aurait été grignotée par des petits rongeurs ou un blaireau.
Cellule de coordination
Jacques Diacono, chef de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), la cellule chargée de coordonner les enquêtes avec le Service central du renseignement territorial (SCRT), convient que de nombreux cas signalés n’ont rien à voir avec des interventions humaines. Ce qui invite à la prudence, alors que des internautes ont mis en place une carte participative pour recenser tous les faits signalés. Plus de 110 au 4 septembre… sans qu’on puisse tous les lier à des actes criminels. Pour autant, Jacques Diacono écarte l’hypothèse d’un simple phénomène d’emballement généralisé : une part des mutilations sont bien le fait de sévices infligés par des hommes, affirme-t-il. Au 26 août, selon une note du SCRT révélée par le Parisien, une trentaine de cas seraient avérés, quasiment tous recensés sur la moitié nord de l’Hexagone. L’enquête aurait aussi constaté des traces d’empoisonnement ante mortem dans trois départements.
Frédéric Violot, vétérinaire jurassien, qui travaille dans une des zones les plus touchées (cinq cas signalés sur la deuxième quinzaine d’août dans le département), témoigne du climat ambiant : «Des propriétaires peuvent surinterpréter des choses banales. J’ai eu à intervenir récemment sur un cas d’animal qui s’était tout simplement blessé avec des barbelés. Mais les vétérinaires savent faire la différence. Les lésions infligées par des morsures de prédateurs sont délabrantes, pas nettes, elles ne ressemblent pas à une incision à l’arme blanche. Par ailleurs, on peut savoir à quel moment, par rapport au décès, la blessure a été infligée, si c’est avant la mort, au stade agonisant, ou après le décès. J’ai parlé avec la collègue qui a fait les constatations sur un des cas de mutilations du département, elle était affirmative : il y avait des lacérations à l’intérieur du vagin. C’était coupé net.»
Même certitude dans le département voisin de Saône-et-Loire. A Cluny, une pouliche est découverte, le 8 août, poignardée, énuclée et ses parties génitales retirées. Jean-Michel Martinot, son propriétaire, a noté des marques de strangulation autour du cou. «On pense qu’elle a été attrapée au lasso puis attachée à un arbre» , raconte-t-il. Le vétérinaire qui a fait les constatations est formel. Si des renards s’étaient attaqués à l’animal, des traces de morsures, de dents seraient apparues. «C’est sûr que c’est un humain qui a fait ça. Les blessures sont nettes et précises, faites au cutter ou au bistouri, en tout cas à l’arme blanche. Il n’y a pas 36 coups : on remarque une blessure sur la jugulaire qui n’a pas été tranchée, ça n’a pas saigné. Puis un coup au cœur. Le cœur est perforé sur 30 centimètres.»
Promeneurs harcelés
En attendant, la psychose nourrit aussi la rumeur. Sur les réseaux sociaux, des photos de voiture suspectes, parfois avec leur plaque d’immatriculation bien visible, sont largement partagées. Les éleveurs organisent des rondes, certains se disent prêts à répondre, clichés de carabines à l’appui. Et de simples promeneurs ou touristes sont dénoncés et harcelés. Plusieurs gendarmeries affirment recevoir des dizaines d’appels par jour, pour alerter sur le moindre élément suspect. Les autorités mettent en garde contre la tentation de se faire justice soi-même. La semaine dernière, dans le Finistère, une mère et sa fille ont été mises en examen. Elles avaient arrêté, armées d’un «coupe-coupe» et d’un pistolet à plomb, deux femmes qui rentraient du travail en voiture, en les soupçonnant d’avoir voulu s’en prendre à des chevaux. La veille, les automobilistes avaient déjà été contrôlées et le numéro de leur plaque d’immatriculation diffusé sur les réseaux sociaux.
Un commandant de gendarmerie confie : «Les gens sont inquiets. Vu la psychose ambiante, si vous avez la mauvaise tête au mauvais endroit ça peut être risqué.» Une propriétaire de chevaux, agacée de voir qu’on lui reproche de propager des rumeurs, rétorque : «On vit avec la peur au ventre qu’il nous arrive la même chose. Bien sûr qu’on est paranos et qu’on psychote, qu’on tend l’oreille dès qu’une voiture ralentit près des chevaux. Mais franchement, il y a de quoi non ?»
Julian Assange : à Londres, dernières audiences et peu d’espoir
Par Amaelle Guiton — Libérayion
Le procès en extradition du fondateur de WikiLeaks reprend ce lundi, à Londres. Poursuivi par les Etats-Unis, qui ont rendu publiques de nouvelles accusations, l’Australien risque 175 ans de prison.
C’est la dernière ligne droite, et elle est cruciale. Ce lundi, Julian Assange, 49 ans, comparaît à nouveau devant la justice britannique. Entamé en février au tribunal de Woolwich, à l’est de Londres, le procès en extradition du fondateur de WikiLeaks, réclamé par les Etats-Unis, va cette fois reprendre au cœur de la City, à quelques encablures de la cathédrale Saint-Paul, sous les plafonds de la cour centrale criminelle, dite «Old Bailey». Initialement programmées en mai et déplacées pour cause de Covid-19, ces nouvelles audiences pourraient durer trois semaines. Mesures sanitaires obligent, la majorité des journalistes accrédités les suivront d’ailleurs via une retransmission vidéo. Or cet été, le département américain de la Justice a versé de nouveaux éléments à l’acte d’accusation établi à l’encontre de l’Australien, ce que son équipe de défense conteste vivement. Outre-Atlantique, Julian Assange encourt jusqu’à 175 ans de prison.
L’image, il y a un an et demi, avait frappé dans le monde entier : le 11 avril 2019, la police londonienne traînait sans ménagement un Julian Assange visiblement vieilli et affaibli hors de l’ambassade d’Equateur. Depuis près de sept ans, le chef de file de WikiLeaks y vivait reclus sous la protection du petit pays andin : il s’était réfugié là à l’été 2012 à l’époque réclamé par la Suède, où deux jeunes femmes l’accusaient de violences sexuelles. Il disait déjà craindre de se retrouver extradé vers les Etats-Unis. Finalement lâché par Quito et livré aux autorités britanniques, il est désormais incarcéré à la prison de haute sécurité de Belmarsh.
Caractère «purement politique»
Un mois après son arrestation, Washington dévoilait le contenu de l’acte d’accusation dressé contre lui. En cause : la publication par WikiLeaks, en 2010, de près de 500 000 documents secrets de l’armée américaine sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak et de quelque 250 000 télégrammes diplomatiques, ainsi que la mise en ligne en 2011 de documents sur les prisonniers de Guantánamo. Le tout valant à Assange 18 chefs d’inculpation. L’un relève de la loi sur la criminalité informatique, les 17 autres - ventilés entre «association de malfaiteurs en vue de recevoir des informations relevant de la défense nationale», «obtention» et «divulgation» des informations en question - s’appuient sur l’Espionage Act. Un texte vieux de 103 ans qui a servi de fondement aux poursuites contre plusieurs lanceurs d’alerte, de Daniel Ellsberg, la source des «Pentagon Papers» sur la guerre du Vietnam, à Edward Snowden, l’ancien sous-traitant de la NSA par qui sont arrivées, en 2013, des révélations sur la surveillance de masse exercée par l’agence américaine, en passant par Chelsea Manning, qui a transmis des documents militaires et diplomatiques publiés par WikiLeaks il y a dix ans.
Neuf mois plus tard s’ouvrait, en février 2020, le procès en extradition. Avec, côté Washington, une stratégie claire : Assange, martelait l’avocat de l’administration américaine au premier jour de l’audience, n’est pas inculpé «pour avoir dévoilé des informations embarrassantes ou gênantes que le gouvernement [américain] aurait préféré ne pas divulguer», mais pour avoir «incité» Manning à s’emparer de documents classifiés, et «mis en danger des sources, des dissidents, des militants des droits humains» en Iran, en Irak ou en Afghanistan, en publiant des câbles diplomatiques non expurgés.
En face, l’équipe de défense de l’Australien faisait valoir a contrario les «efforts» conduits cette année-là par WikiLeaks pour caviarder, dans les masses de documents dévoilés par la plateforme, les éléments susceptibles de mettre en danger des personnes, et insistait : lorsque le site a mis en ligne l’intégralité des câbles, ils étaient déjà disponibles ailleurs. Surtout, les avocats d’Assange n’ont eu de cesse d’arguer d’un caractère «purement politique» des accusations, en soulignant que l’administration Obama avait, elle, renoncé à utiliser l’Espionage Act à l’encontre de leur client, et de mettre en avant le risque de mauvais traitements et le «haut risque de suicide» si Assange venait à être livré aux Etats-Unis. Sans doute est-ce à l’aune de ces premiers débats qu’il faut comprendre le mouvement effectué cet été par la justice américaine : le 24 juin, de nouvelles accusations ont été rendues publiques.
«Débat judiciaire qui n’est pas conforme»
Si les 18 chefs d’inculpation restent inchangés, celui qui relève de la loi sur la criminalité informatique a en effet subi une singulière extension de périmètre. Jusqu’alors, Assange était principalement accusé d’avoir aidé Chelsea Manning à tenter de «craquer» un mot de passe pour accéder à un réseau sécurisé (apparemment sans succès selon les enquêteurs). Désormais, il lui est également reproché d’avoir obtenu «un accès non autorisé au système informatique gouvernemental d’un pays de l’Otan». Ainsi que d’avoir «conspiré» avec des groupes et mouvances hackers et «hacktivistes», en vue d’obtenir d’eux le piratage de données confidentielles. Sont ainsi cités la «galaxie» Anonymous et le groupe LulzSec, qui s’était fait connaître en 2011 notamment en revendiquant la compromission de données personnelles de milliers de clients de Sony.
Selon le nouvel acte d’accusation, le lien entre Assange, Anonymous et LulzSec aurait été établi par un proche d’Assange désigné dans le document par le terme «Adolescent», qui aurait agi avec l’aval de l’Australien. Nombre d’observateurs ont immédiatement reconnu derrière cette mention générique Sigurdur Thordarson, alias «Siggi» : un jeune Islandais devenu en 2010 bénévole pour WikiLeaks, à l’âge de 17 ans, et chargé d’administrer un salon de discussion en ligne. Or courant 2011, «Siggi» a commencé à fournir au FBI des informations sur l’organisation d’Assange… Une histoire connue depuis plusieurs années : dès 2013, Thordarson s’était confié au magazine américain Wired. A l’époque, le journaliste islandais Kristinn Hrafnsson, porte-parole de WikiLeaks, contestait nombre de ses allégations. Lors d’une audience administrative, le 14 août, l’une des avocates d’Assange, la Britannique Florence Iveson, a d’ailleurs fait valoir que ces éléments n’étaient pas inédits et qu’«il [était] difficile de voir en quoi cela pourrait être le fruit d’une enquête en cours». Les pièces supplémentaires n’ont été versées au dossier d’extradition qu’à la mi-août. «Il y a un problème de forme, souligne le conseil français du chef de file de WikiLeaks, Antoine Vey, joint par Libération. Son procès est déjà en cours. Quinze jours avant l’ouverture de la deuxième phase, [la partie adverse] balance 115 pages dans lesquelles ils articulent de nouveaux faits. C’est un débat judiciaire qui n’est pas conforme.»
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) y a vu, elle aussi, «une décision extrêmement inhabituelle à ce stade avancé d’une demande d’extradition». Dans un communiqué du 2 juillet, elle fustigeait «la dernière en date d’une longue série d’actions entreprises par le gouvernement américain pour exploiter des failles juridiques contre Julian Assange, saper sa défense et détourner l’attention du public des conséquences très graves en matière de liberté de la presse». Vendredi, RSF a de nouveau appelé à la «libération immédiate» du fondateur de WikiLeaks, exhortant «les gouvernements britannique et américain [à] abandonner cette affaire à caractère politique avant que la liberté de la presse dans leur pays ne soit encore plus entachée».
«Moyens légaux sans précédents»
Par ailleurs, l’état de santé du principal intéressé ne laisse pas d’inquiéter, et la crise sanitaire n’a rien arrangé : «Il n’a pas vu ses avocats depuis mars», insiste Antoine Vey. Fin juin, dans une lettre ouverte publiée par la revue médicale The Lancet, 216 médecins ont dénoncé des «violations continues [de ses] droits humains et juridiques», «l’isolation» et la «stimulation insuffisante» qu’il subit, concluant sans ambages dans un appendice à leur tribune que «continuer de détenir M. Assange dans ces conditions revient à torturer un éditeur ou un journaliste».
De fait, depuis son arrestation, le contexte entourant la figure emblématique de WikiLeaks a changé. Au fil des années, nombre de ses soutiens de la première heure s’étaient éloignés, échaudés par la procédure suédoise, par ses prises de position et, surtout, par le trouble épisode de la présidentielle américaine, qui avait vu l’organisation publier en masse des courriels du parti démocrate dont l’origine a été attribuée à des piratages par les services secrets russes, et son chef de file surfer sans retenue sur le soutien venu de l’alt-right. L’enjeu est désormais ailleurs, dans le précédent que constituerait une extradition réclamée pour la publication de documents couverts par le secret-défense, largement perçus à l’époque comme étant d’un intérêt public majeur, et objets de partenariats avec plusieurs grands médias.
Fin août, le Britannique Alan Rusbridger, ancien rédacteur en chef du Guardian, peu suspect de complaisance envers Assange, ne disait pas autre chose : «Les moyens légaux déployés pour tenter de l’amener aux Etats-Unis sont sans précédent, et terrifiants pour toute personne dont l’activité journalistique a trait à la sécurité nationale, à la défense ou à l’espionnage, déclarait-il au magazine Press Gazette. Si Assange est envoyé depuis ici pour purger une peine qui pourrait aller jusqu’à 175 ans de prison, alors aucun journaliste n’est en sécurité.» Durant l’été, une quarantaine d’ONG de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse, dont RSF et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ont appelé à libérer «immédiatement» l’Australien. En France, l’association Robin des lois a récemment remis sur le tapis la question d’un asile, en interpellant l’ex-avocat d’Assange et nouveau garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, sans réponse à ce stade.
A l’issue de cette ultime phase du procès, le jugement devrait être mis en délibéré. La juge Vanessa Baraitser pourrait trancher dans les premiers mois de 2021, indique Antoine Vey. Resteront alors, en cas de décision défavorable à Assange, les voies de recours internes, voire, in fine, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Une nouvelle bataille de longue haleine dans l’histoire déjà hors norme, à tous égards, du fondateur de WikiLeaks.
Ils travaillent à ne plus travailler ! Rencontres avec des frugalistes
Arrêter de travailler : le mode de vie des frugalistes
Cet article a été initialement publié dans le magazine n°5 de Welcome to the Jungle, paru en mars 2020. Pour vous le procurer, rendez-vous sur notre e-shop.
Moins d’heures sup’ ? Un temps partiel ? Non : le travail, on arrête. Partout dans le monde occidental, et bien avant le début d’une crise sanitaire qui bouleverse toutes nos vies professionnelles, des personnes décident de ne plus dépendre de leur salaire et de mener une vie sobre. Matthieu Fleurance et Victor Lora sont de ceux·celles-là, des frugalistes. Décroissant·es ou capitalistes, ils·elles travaillent avec acharnement à ne plus travailler.
Paresseux, tire-au-flanc, oisif, flemmard, bon à rien. Parasite. Autant de sobriquets bien sentis dont pourrait être affublé Matthieu Fleurance, 28 ans. Le garçon ne travaille plus et touche des allocations chômage. D’ailleurs, il le vit bien. Il ne veut plus travailler. Jamais. Marre du boulot aliénant, de dépendre d’un salaire. Matthieu veut prendre du bon temps. « J’ai pris ma retraite il y a huit mois », place-t-il, comme il faut.
Victor Lora, aussi, en a assez. Un matin, il y a quelques années, alors en banque d’affaires et diplômé d’une grosse école de commerce, ce Parisien de 31 ans observe dans le métro la tête d’une quadra : mine grise et fatiguée, cernes bleutées. Là, dans ce wagon de la ligne 1 qui mène à la Défense, soudain, il comprend : non, sa vie ne sera pas une accumulation de fardeaux à porter. « J’ai connu des jobs trop prenants, en banque, en finance. Et je ne me vois pas dedans plus tard ! », martèle-t-il, convaincu, et pourtant encore cadre sup’ d’une start-up de la capitale.
Reprendre le contrôle de sa vie
Les deux hommes fustigent un monde du travail dont les aiguilles ne tournent plus rond, un système qui détruit les individus, une quête de productivité qui massacre la planète. Alors, ils rejettent toute activité rémunérée contrainte. Et assument : leur volume horaire hebdomadaire de travail imposé sera réduit au maximum, jusqu’à disparaître s’il le faut. L’objectif ? Reprendre le contrôle de leur vie.
Matthieu Fleurance et Victor Lora, même combat ? Pas vraiment…
Matthieu, le blond aux yeux clairs et visage sec, mène une vie sobre pour gérer sa consommation, ses dépenses et évidemment, à l’avenir, son temps. La paire de Caterpillar en bon état qui chausse ce Nantais lui a coûté 10 € sur un marché et l’ensemble de ce qu’il possède rentre dans un gros sac de sport. Victor, le brun aux yeux sombres et aux bonnes joues, ne s’intéresse pas plus que ça aux chaussures. Pour lui, « les trois paires vitales : sport, ville, travail ». Pourtant, les deux regardent le monde à travers un prisme bien différent.
Victor gagne 5 000 € par mois. Mais s’il consomme peu, le jeune homme possède beaucoup. Endetté à hauteur de 4 millions d’euros, il est propriétaire de nombreux groupes d’actions en bourse et d’un patrimoine immobilier composé d’une dizaine de biens. Dont un immeuble, récemment acquis en banlieue parisienne, destiné à devenir un gigantesque espace de coworking de plusieurs centaines de mètres carrés, d’une valeur de 2,3 millions d’euros. « Si ça marche, ça pourrait être celui qui me fera quitter le travail…», brigue Victor. L’ex-analyste financier n’a jamais eu besoin d’un apport. Il boursicote et place savamment son argent. Le mode de vie de Victor Lora et les stratégies qu’il déploie méticuleusement pour l’assurer font de lui la figure de proue nationale d’un mouvement encore méconnu en France : “le frugalisme”.
Le terme ne figure pas dans le Larousse, mais frugal y est défini ainsi : “Qui se nourrit de peu, qui vit d’une manière simple”. Le frugalisme est un néologisme et un phénomène de société qui trouve ses racines dans le mouvement FIRE – Financial independancy retire early – né aux États-Unis il y a une dizaine d’années. Ses adeptes mènent une vie quasi-ascétique afin de prendre une retraite (très) anticipée. Comprendre : avant 40 ans. Les représentant·e·s de la tendance mettent tout en œuvre pour économiser le moindre centime, à investir dans la foulée, pour s’échapper au plus vite du monde du travail. Et vivre d’une rente. Fanny Parise, anthropologue de la consommation à Lausanne, suit ces nouveaux·elles rentier·ères depuis plusieurs années. « Je ne sais pas comment le terme frugal est venu se plugger au concept d’indépendance financière, pose la chercheuse. Avec le terme frugal, il y a eu une volonté de rendre acceptable cette démarche de profit dans une société qui tend vers la déconsommation. »
« Une démarche qui nourrit le système spéculatif », critique Matthieu Fleurance, qui, à l’inverse, cherche à se déposséder de tout. Lui, assume pour l’instant de se reposer sur le chômage qu’il lui reste. 800 € par mois environ. « C’est un droit. » C’est-à-dire que Matthieu n’a rien de la figure fantasmée du·de la chômeur·se hirsute et mal réveillé·e.
« Avec le terme frugal, il y a eu une volonté de rendre acceptable cette démarche de profit dans une société qui tend vers la déconsommation », Fanny Parise, anthropologue de la consommation.
Des superactifs acharnés
Matthieu est un freeworker, un slasheur associatif, un pluri-actif dont l’agenda, scrupuleusement tenu à jour, est bien plus rempli que celui d’un·e patron·ne surmené·e de PME. Son cheval de bataille : le “détravail”. Sortir d’un monde du travail sclérosé, névrosé, inégalitaire, violent. « En fait, je n’arrive pas à travailler moins », s’étonne-t-il. Il court partout, pour participer à l’action militante de différentes associations qu’il a montées ou aide à gérer : CoJob qui permet aux demandeur·se·s d’emploi de mieux vivre la transition, Les Charlatans, qui promeut le tissu associatif auprès de personnes qui auraient le temps de s’engager, ou Les Têtes Chercheuses, qui oriente des jeunes dans leur volonté d’engagement. Il a aussi activement participé à une liste citoyenne, Nantes en commun·e·s, pour les municipales. Matthieu s’amuse de cette implication effrénée dans de multiples projets : « En fait, je suis bénévole à temps plein ! »
Victor, pour quelqu’un qui ne veut plus travailler, travaille également plus que beaucoup. Quinze heures par jour, à peu près, tous les jours sauf le samedi. Son activité salariée lui prend dix heures par jour en semaine. Le reste, cinq heures le soir et tout le dimanche, est consacré à la gestion de ses biens immobiliers et de ses entreprises. Un rapport au temps qui le hante depuis près de 20 ans. À 12 ans, il a créé un site Internet qui permettait de connaître le nombre de secondes qu’il restait à vivre à l’utilisateur… « C’est obsessionnel, ils ont une calculette dans la tête », s’amuse Fanny Parise, qui connaît bien Victor.
Victor profite de ces quelques heures de libre pour diffuser ses connaissances (placements financiers, gestions des comptes…) et ses idées. « Mes amis m’en veulent, je n’ai plus jamais le temps de les voir », déplore-t-il, sans perdre la conviction et la détermination qui habitent son regard.
Toutes les semaines, une trentaine de personnes assistent à ses meetings gratuits autour de l’indépendance financière. L’épisode de ce mercredi soir est axé autour de l’investissement immobilier. Fabien est venu pour la première fois. « Je ne veux pas arrêter de travailler, admet le participant de 25 ans. Mais je réfléchis à l’avenir. Victor est convaincant. » Et compte bien recruter : « Je cherche à étoffer la communauté, pour ne plus être le seul à porter le message. »
« Les médias en ont fait un phénomène de société, ausculte Fanny Parise. Mais les frugalistes capitalistes tels que Victor ne représentent que quelques individualités qui se sont créés un récit d’eux-mêmes. »
Du côté de Nantes, l’une des activités principales de Matthieu, c’est aussi la diffusion de sa pensée par la gestion du site travaillermoins.fr. Une initiative qu’il a mise en place il y a deux ans avec un ami, Yohann, pour apprendre à “détravailler” : « C’est une porte d’entrée pour trouver un meilleur équilibre entre les différentes sphères de nos vies. » Pour l’instant, on y trouve surtout un manifeste dont les grandes lignes “Travailler tous”, “Travailler mieux”, “Gagner moins”, “Agir plus”, “Vivre mieux”, dessinent la philosophie de Matthieu et ses acolytes.
« C’est une porte d’entrée pour trouver un meilleur équilibre entre les différentes sphères de nos vies », Matthieu, militant associatif, frugaliste et co-créateur du site Internet travaillermoins.fr
Si en deux ans, il apparaît désormais en troisième position des résultats Google lorsque l’on tape les mots “travailler” et “moins”, le collectif espère développer ainsi sa visibilité. « On a dû aider, en face-à-face, une cinquantaine de personnes à démissionner ou à passer à temps partiel », estime Matthieu. L’idée : pousser les volontaires à évaluer les besoins indispensables à leur bonheur pour minimiser l’importance de leur revenu et « utiliser le temps de travail en moins à d’autres activités. » Le·la militant·e détravailleur·se, « enfin plutôt dans le non-travail désormais », observe un contexte sociétal propice à l’appropriation de ces problématiques par tous : « Le terreau est incroyablement fertile en ce moment parce que de plus en plus de gens se questionnent sur ce rapport intime que l’on entretient avec le travail. »
Rêve, embrigadement, nouvelle société
L’économiste Baptiste Mylondo scrute depuis de nombreuses années cette relation au travail. Mais doute encore de la tendance en question : « Le sentiment que l’on est un petit rouage d’une machinerie énorme et absurde s’amplifie. Sortir du monde du travail tente beaucoup de candidats, mais peu le font… Car le coût économique et social est énorme. »
Pour “embrigader”, Matthieu se rend régulièrement aux Apéros paumés : toute personne qui se pose des questions peut s’y rendre et discuter avec d’autres. Ce soir-là, les faits parlent pour Matthieu. Clothilde, bientôt quarante ans, mère de deux enfants, acheteuse dans une grosse boite, raconte sa démission, actée récemment, à Camille et Jeanne. « Je déconstruis tout pour reconstruire », annonce-t-elle fièrement. Ses deux jeunes auditrices se félicitent d’être venues : « On n’a pas dit à nos collègues qu’on venait ce soir. Mais c’est agréable de voir que l’on peut partager une réflexion habituellement isolée, se réjouit Camille. Arrêter de travailler, je ne sais pas, mais donner moins de temps à une activité qui a perdu de son sens, je le veux. »
Les journées de Matthieu sont ainsi rythmées par ces rencontres et les ateliers au cours desquels il décrypte en public une pensée qui fédère de plus en plus. « Je ne suis qu’un relais et on a besoin de plus de gens pour porter la tendance, consacrer du temps à des sphères d’activités non contraintes dans lesquelles on s’épanouit, où l’on est socialement reconnus et tout aussi, sinon plus utiles que dans le “travail”. »
« On a besoin de plus de gens pour porter la tendance, consacrer du temps à des sphères d’activités non contraintes dans lesquelles on s’épanouit, où l’on est socialement reconnus et tout aussi, sinon plus utiles que dans le “travail”. », Matthieu, militant associatif, frugaliste et co-créateur du site Internet travaillermoins.fr
Sans concession, Matthieu assume l’ambition qu’il partage avec ce réseau dense de connaissances, partenaires, ami·e·s qui œuvrent ensemble : « On essaye de créer un monde parallèle… Ça prend du temps ! » Une nouvelle organisation sociétale qui repose sur un système d’entraide, d’échange de services, en dehors de toute activité rémunérée contrainte et donc de l’argent.
La chercheuse Fanny Parise retrouve là une démarche qu’elle a déjà observée à différents endroits : « C’est ce que l’on appelle la société de projets, portée notamment en France par un manifeste fondé sur une ode au détournement des prestations sociales. Les utiliser pour ne plus être contraint par la dynamique travail-argent et créer du mieux-vivre, des projets culturels, à l’échelle du territoire. Le rapport de l’individu à lui-même et à son environnement pourrait alors changer. » Tout comme les clichés dont font l’objet celles et ceux qui ont décidé, de ne (presque ?) plus travailler.
Eloge du lubrifiant
Par Maïa Mazaurette - Le Monde
Beaucoup de bénéfices, et aucune contre-indication. Et pourtant, ce petit flacon de gel qui résout facilement l’absence de lubrification (rappelons que les femmes ne mouillent pas sur commande), est le grand oublié de la sexualité, déplore la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, qui a son explication.
LE SEXE SELON MAÏA
Avec ce missionnaire, prendrez-vous plutôt de l’huile ou du beurre ? Si j’étais vous, je réserverais ces deux options à mes tartines (avec du pain de campagne et quelques grains de sel). Pour assaisonner les ébats, rien ne vaut le vrai lubrifiant : levrette ou pas, le confort, c’est pas pour les chiens.
Les joies de la glisse font d’ailleurs l’objet d’un joli petit essai paru cet été aux éditions du Monstrograph : Poétique réjouissante du lubrifiant (160 pages, 12 euros), par Lou Sarabadzic. Nous voici donc en zone liquide : ça coule et mouille, lèche et suce, dégouline et transpire – êtes-vous plutôt fontaine ou geyser ?
Portée par cet imaginaire aquatique, Lou Sarabadzic propose carrément un manifeste des amatrices de lubrifiant : « 1. Nous aimons le sexe, seules ou à plusieurs. 8. Nous abrogeons dès aujourd’hui l’usage infâme du terme “préliminaires”, qui ne prélimine à rien. 16. Nous déclarons que la vie est trop courte pour vivre une vie sexuelle douloureuse, ennuyeuse ou décevante… »
Et d’énumérer les bénéfices associés : protection des amants (la friction contre le préservatif est réduite), prévention des irritations et des brûlures, rapports plus longs, flexibilité (le lubrifiant s’utilise en orgie comme en lune de miel, pendant les règles comme pendant une masturbation, avec les doigts comme avec des sextoys), diversité des options (à l’eau, au silicone, aux huiles végétales, en version nature ou parfumée, refroidissante ou chauffante)…, il n’y a tout simplement aucune contre-indication.
Nous ne sommes pas des machines
Et pourtant ! Encore aujourd’hui, les chantres d’une sexualité low-tech n’hésitent pas à expliquer que « la nature est bien faite », en conséquence de quoi une femme désirante devrait spontanément se répandre en grandes eaux. Avec une double injonction : il faut mouiller, sur commande, de préférence jusqu’à l’éjaculation féminine… Mais pas trop, sous peine de s’attirer des remarques sur sa mauvaise réputation (ou même sur sa mauvaise odeur).
Dans les faits, évidemment, ça ne fonctionne pas comme ça. Les rapports expéditifs ne laissent pas le temps aux femmes d’être prêtes : on a beau parler de lubrifiant moteur, nous ne sommes pas des machines. On peut mouiller sans aucune raison (en entretien d’embauche, chez le gynéco) et ne pas mouiller du tout face à un partenaire excitant.
La lubrification féminine répond alors à l’érection masculine : incontrôlable, mais sommée tout de même de se contrôler. Imperméable au planning, mais censée se couler dans un impératif de productivité. Les dissidentes seront (dé)classées parmi les frigides, les ménopausées, les indifférentes, les coincées, les dysfonctionnelles. A l’imaginaire de sécheresse répond celui de la stérilité (médicale) et de l’austérité (ennuyeuse).
Et pourtant, nous avons une solution : le lubrifiant. En 2020, la proposition pourrait paraître évidente. Elle demande pourtant de renoncer au mythe d’une sexualité d’autant plus authentique qu’elle serait déconnectée du capitalisme (le coût d’un tube de lubrifiant démarre à 5 euros, on parle donc d’un capitalisme aux ambitions raisonnables), sexualité par ailleurs chaperonnée par une nature toujours bienveillante (lisez-vous cette chronique par signaux de fumée, en dégustant un croissant au tartare de bison ? C’est bien ce que je pensais).
« A sec avec du gravier »
La partie « freins » de l’essai démontre l’ampleur de ce curieux « oubli » : l’autrice évoque un lubrifiant jamais abordé en cours d’éducation sexuelle, rarement distribué gratuitement avec les préservatifs, parfois totalement inconnu au bataillon. La liste se poursuit, éloquente : « Quand on t’a dit qu’être sèche, c’était une tare. Quand ton compagnon se vexe et te culpabilise. Quand dans les films porno, tu as surtout vu les mecs cracher sur le sexe et l’anus des femmes pour mieux y pénétrer. Quand tu préfères qu’on ne te crache pas dessus, alors tu fais tout pour t’exciter au maximum, pour que ça ne lui vienne pas à l’esprit… »
Dans quelle société vivons-nous, quand nous préférons cracher sur nos partenaires que ralentir la cadence ? Quand nous utilisons un symbole universel de mépris, plutôt que de penser à acheter (et emporter, et utiliser) un petit flacon qui résoudrait le problème ?
La réponse est évidemment politique : la relative indifférence suscitée par le lubrifiant démontre que les personnes chargées de la santé publique et du confort des relations sexuelles sont souvent celles qui pénètrent. Les hommes hétérosexuels ont tendance non seulement à érotiser les rapports « serrés » ou douloureux, mais aussi à s’en servir pour expliquer qui est le patron.
Pour donner un exemple littéraire : en 1983, le romancier Jean-Bernard Pouy publiait Spinoza encule Hegel – une réécriture épique de Mai 68 (très chouette au demeurant). Au cas où on n’aurait pas compris le message, le tome 2 s’appelle « A sec ! » et le tome 3 « Avec une poignée de sable ».
Simple plaisanterie ? Absolument. Ce qui n’empêche nullement au rappel à l’ordre de fonctionner. Quand j’étais adolescente, dans les années 1990 (ça ne nous rajeunit pas), évoquer des relations sexuelles punitives « à sec avec du gravier » faisait partie du vocabulaire courant, notamment pour se vanter d’une victoire sportive ou vidéoludique.
L’embarras du choix
Ne doutons donc pas que si les personnes recevant des pénétrations, quels que soient leur genre et leur orientation, étaient chargées du vocabulaire comme du scénario, le lubrifiant serait distribué avec autant de générosité que le gel hydroalcoolique en ce moment. Il cesserait d’être perçu comme le signe d’un échec anatomique, ou comme uniquement intéressant en cas de pénétration anale – donc uniquement comme un « truc de gays », voire un « truc de pervers ».
Alors justement, parlons des options : quel lubrifiant choisir ? Vous avez l’embarras du choix : pour se faire une idée, la meilleure solution consiste à essayer en boutique. Il existe cependant une règle incontournable : les lubrifiants à base d’eau sont compatibles avec tous les rapports, mais finissent par sécher. Les lubrifiants à base de silicone glissent plus longtemps, mais endommagent les préservatifs et certains sextoys.
Il existe d’autres options : à base d’huile végétale (coco, argan, à condition de ne pas utiliser de préservatif) ou les lubrifiants faits maison (mais demandez conseil à votre gynéco avant de jouer au petit chimiste). Ni le beurre ni l’huile d’olive ne font partie du domaine du raisonnable, sauf si vous comptez cuire votre bien-aimée.
Ce qui nous laisse, maintenant, avec la question qui tue : et la salive, dans cette histoire ? Eh bien désolée, mais en termes de lubrification… ce n’est pas terrible. A réserver donc à l’art de la conversation, et à celui du baiser (mouillé).
Insectes géants et Jardins de Brocéliande
À Bréal-sous-Montfort (35), de drôles de créatures attendent les promeneurs dans les Jardins de Brocéliande. L’artiste Marc Georgault a travaillé des matières de récupération pour fabriquer des sculptures géantes ou au contraire minuscules. Mouches, fourmis géantes, araignée et libellule observeront les badauds. Les 24 ha du parc en font un lieu idéal pour la balade, dans le jardin asiatique, le jardin à la française et le plus inattendu jardin du curé. Exposition « Insect’Inside », jusqu’au 30 septembre. Jardins de Brocéliande ouvert tous les jours, de 11 h à 19 h. 9,80 €. 6-18 ans : 5,50 €. 02 99 60 08 04.


















