Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
5 janvier 2019

URGENT-Gilets jaunes: Benjamin Griveaux évacué de ses bureaux

Selon une source du Parisien, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dû être exfiltré de ses bureaux ce samedi après une intrusion dans les locaux de son secrétariat d’Etat rue de Grenelle.
Le Parisien précise que, selon un témoin présent sur place, « vers 16h30, une quinzaine de personnes, certaines habillées en noir, d’autres avec un gilet jaune, ont défoncé la porte du ministère avec un engin de chantier. »
Benjamin Griveaux avait déclenché la colère des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux après ses déclarations de vendredi. Il avait affirmé que “depuis les annonces d’Emmanuel Macron, le mouvement dit des gilets jaunes est devenu pour ceux qui restent mobilisés un mouvement d’agitateurs qui veulent l’insurrection et renverser le gouvernement”.
Publicité
5 janvier 2019

Jean Paul Goude

goude

goude01

goude02

goude03

5 janvier 2019

A quoi va ressembler l'"acte 8" des "gilets jaunes" ?

Stop ou encore ? Alors qu'un débat national est en cours, de nombreux "gilets jaunes" souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l'Etat. Plusieurs rassemblements sont d'ores et déjà prévus en France, samedi 5 janvier.

Premier grand test de l'année pour les "gilets jaunes". Ces derniers préparent un "acte 8", samedi 5 janvier, après un fléchissement de la mobilisation durant les vacances. Reste à connaître l'ampleur des manifestations, alors qu'une majorité de Français interrogés (55%) souhaite que le mouvement se poursuive, selon un sondage Odoxa Dentsu Consulting pour franceinfo. Dans une lettre, plusieurs participants ont d'ores et déjà affiché leur défiance à l'égard de la future consultation nationale voulue par Emmanuel Macron.

Des rassemblements à Paris

Le groupe de "gilets jaunes" dénommé "La France en colère", qui refuse de participer au débat national, demande notamment la nomination d'une "personnalité respectable" pour "commencer les discussions (...) autour de la reprise de souveraineté du peuple". Une marche est prévue à Paris à 14 heures, au départ de l'Hôtel de ville, où une allocution est prévue "en réponse aux vœux du président". Le cortège doit ensuite rejoindre l'Assemblée nationale en passant par l'île de la Cité et le musée d'Orsay, à l'appel de ce groupe mené notamment par Priscillia Ludosky et Eric Drouet.

Un autre groupe, les "gilets jaunes citoyens", appelle à un rassemblement au Trocadéro et place de la République, tout en annonçant que d'autres points de rendez-vous seront dévoilés au dernier moment. Une manifestation de femmes "gilets jaunes" est également annoncée dimanche dans la matinée, à 11 heures.

Des "places symboliques" en région

De nouveaux appels à manifester sur "les places symboliques" à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Clermont-Ferrand ou Nice ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux. A Toulouse, des mesures préventives ont été prises, dont le report à dimanche du match de Coupe de France entre Toulouse et Nice, initialement prévu samedi en fin d'après-midi. Le maire, Jean-Luc Moudenc, a regretté sur BFMTV l'organisation d'une "énième manifestation" susceptible "d'ouvrir des portes d'entrée pour la violence".

Certains "gilets jaunes" veulent organiser des marches en mémoire des onze personnes mortes en marge du mouvement, comme à Firminy (Loire), signale Le Progrès.

Toujours des blocages

Dans un courrier adressé aux préfets fin décembre, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait demandé la "libération complète et définitive" de la centaine de ronds-points encore occupés. Certains "gilets jaunes" ont tout de même choisi de célébrer la nouvelle année sur des campements, et des blocages se forment à nouveau ici et là, bien qu'il soit difficile d'évaluer leur nombre. La colère ne semble pas être totalement retombée sur les péages autoroutiers. En témoigne l'interpellation de manifestants au péage des Lèches (Dordogne), jeudi soir, alors qu'ils démontaient les barrières.

Un "acte 9" déjà en préparation

Le groupe "La France en colère" a lancé un événement sur Facebook pour organiser un rassemblement dans la ville de Bourges, qualifiée de "centre de la France". Difficile, là aussi, de savoir si cet appel sera réellement suivi dans les faits. La page Facebook "La France énervée" propose également un rassemblement sur le parvis de la Défense, près de Paris.

5 janvier 2019

Extraits de quelques shootings

shoot01

shoot02

shoot04

shooting12 (5)

shooting12 (9)

shooting12 (10)

shooting12 (15)

shooting12 (16)

shooting12 (17)

shooting235 (2)

5 janvier 2019

Helmut Newton

newton h (1)

newton h (1)

newton h (2)

newton h (3)

newton h (7)

Publicité
5 janvier 2019

Le blues du provincial à Paris

Par Michel Dalloni - Le Monde

Ils viennent de l’Ain, des Alpes-Maritimes, du Morbihan… Ils vivent comme des exilés et rêvent toujours du retour au « pays » natal. Prêts à partir. Ne partant jamais.

Ce n’est pas la ligne bleue des Vosges, ni la chaîne du Mercantour ou celle des Puys, encore moins la grande plage de Meneham. Non. Ce trait sombre posé sur l’horizon d’où émergent les silhouettes arrondies de grands platanes à feuilles d’érable, c’est la terrasse de l’Observatoire astronomique de Paris, à Meudon (Hauts-de-Seine). Gilles Guéguen la distingue du haut de la tour Montparnasse qu’il fréquente assez souvent après un fulgurant voyage en ascenseur (198 mètres, 38 secondes, 18 euros) et quelques volées d’escaliers gravies à pied.

Une fois là-haut, ce n’est pas tant le panorama alto-séquanais qui le retient mais l’espoir fou d’entrevoir un jour le golfe du Morbihan au bord duquel il est né, il y a longtemps. Mais il a beau se hisser sur la pointe des pieds, il ne l’apercevra jamais. Trop loin. Quatre cent quatorze kilomètres à vol de goéland. Trop tard aussi.

78 % des Parisiens sont nés ailleurs

A 56 ans, Gilles Guéguen, plombier, sait qu’il ne retournera pas à Arzon (Morbihan). Sa vie, il l’a construite à Paris, entre le 14e arrondissement où il travaille et le 15e où il habite depuis son arrivée, en 1980. « Je ne me suis jamais plu ici, dit-il. Je suis venu pour le boulot avec l’idée de repartir très vite. L’océan me manque. Mais ma femme, qui n’est pas bretonne, et mes enfants, qui sont de vrais citadins, ne supporteraient pas ce déménagement. »

Il pourrait apaiser sa nostalgie dans une crêperie de la rue d’Odessa, 59 étages plus bas. Seulement voilà, il est intolérant au gluten. Rien n’est simple, tout se complique. Reste la tour Montparnasse. On ne sait jamais. Et puis, 18 euros, c’est à peine un quart d’heure de main-d’œuvre plomberie. Tarif Paname.

Comme Gilles Guéguen, 78 % des Parisiens ne le sont pas puisqu’ils sont nés ailleurs. Mais ils le sont devenus, à force, malgré tout, malgré eux. Et même si la dernière enquête de l’Insee montre qu’ils sont 11 900 à plier bagages chaque année depuis 2011, diplôme en poche (Paris est aussi la capitale universitaire de la France) ou bas de laine garni (les salaires parisiens sont supérieurs à la moyenne nationale), il en est qui demeurent. Exilés.

Des « hannetons dans le caisson »

Ils sont un peu argentins. Vivant dans un pays qui n’est pas le leur mais qui les a accueillis. Rêvant d’un pays qui les a oubliés et n’a désormais plus besoin d’eux. Prêts à partir. Ne partant jamais. Toujours en plein automne, surtout l’été quand les journées traînent en langueur. Une certaine tristesse les tenaille. A défaut de tango, ils ont le blues, éprouvent la saudade, cèdent au spleen, voire au fiu. C’est-à-dire qu’ils ont, selon l’argot du 11e arrondissement, des « hannetons dans le caisson ».

Quand son moral tangue, l’écrivain Bernard Morlino, 66 ans, venu de Nice en 1974, fait « la pissaladière et les petits farcis ». « Je retrouve les gestes de ma grand-mère et de mes tantes. Je débouche une bouteille de vin de Bellet. Je ramène mon pays et les miens à la maison et ça va un peu mieux », raconte-t-il avant de préciser : « Je ne serai jamais parisien. » La preuve : quand son marchand de journaux met un exemplaire de l’hebdomadaire France-Football de côté pour lui, il écrit « Nice » dans la marge.

« J’ai découvert que j’avais un accent en arrivant ici. Je suis plus marseillais qu’à Marseille, affirme Alexandre Fennira, 23 ans, étudiant, élevé entre collines et calanques. Paris est trop loin de ma culture. Les gens sont froids. La tour Eiffel n’est pas belle. On ne respire pas. Fonder une famille ici, c’est irresponsable. Mais la vie, professionnelle ou amoureuse, va peut-être m’amener à rester… » Raison de plus pour porter le maillot de l’OM en toute occasion. « Je ne vois pas pourquoi je devrais renoncer… »

« C’EST COMME UNE PUNITION. J’AI DÛ SUIVRE MES PARENTS. MOI, JE N’AVAIS RIEN DEMANDÉ. JE VEUX PARTIR. FINIS LE GRIS, LA POLLUTION, LES BOUSCULADES, LES LOYERS HONTEUX, LES GENS PRÉTENTIEUX » ALIX MAROT, 22 ANS

« Je suis né quelque part. Laissez-moi ce repère. Ou je perds la mémoire », fredonne Maxime Le Forestier (Né quelque part, Polydor, 1987), natif de Paris mais installé à Vendôme (Loir-et-Cher) depuis quarante ans. En mal de Clermont-Ferrand, Alix Marot, 22 ans, organisatrice de mariages, vit à Paris depuis dix-sept ans. « C’est comme une punition, lance-t-elle. J’ai dû suivre mes parents. Moi, je n’avais rien demandé. Je veux partir. Je vais partir. Finis le gris, la pollution, les bousculades, les loyers honteux, les gens prétentieux. En attendant, je fais des concessions et je m’arrange pour aller en week-end le plus souvent possible. Mais, quand je rentre, je déprime. »

Faut-il rappeler à notre marieuse que le chroniqueur de L’Auvergne absolue, l’irréfutable Alexandre Vialatte (1901-1971), a lui-même passé le plus clair de sa vie au n° 158 de la rue Léon-Maurice-Nordmann, dans le 13e arrondissement, et ses dernières heures à l’hôpital Necker, dans le 15e ? « Toute notre vie aura été un petit voyage en rond et en zigzag dans Paris », écrit Valéry Larbaud dans Jaune, bleu, blanc (Gallimard, 1927). Existe-t-il un remède à la mélancolie ? On ne dirait pas.

Les regrets, l’orgueil et la honte

Parfois, la vie ventouse un panneau « Fermeture définitive » à la porte de nos souvenirs. Inutile de forcer sur la poignée. Le grelot ne tintera plus. On a passé les vitrines au blanc d’Espagne. Les voix se sont tues, les visages ont disparu. « Quand je retourne à Nice, ma première visite est pour le cimetière de Caucade. J’y viens de moins en moins souvent », explique Bernard Morlino. Mais les regrets ne sont pas seuls à oblitérer le billet retour. Il y a l’orgueil aussi et la honte, enfin.

« Il y a vingt-cinq ans, j’ai quitté la Picardie pour suivre ma copine à Paris mais elle m’a quitté, renifle Louis Saipol. Quelques mois plus tard, je me suis marié. Ça a duré six semaines… J’ai quand même fini par fonder une famille. Mais c’est en train de vriller. Au boulot, c’est pareil : je change tout le temps et je me plante. Paris, pour moi, c’est raté. Je serais bien rentré mais je viens d’une toute petite ville. Il y aura des réflexions. Alors, je me suis installé à mi-chemin, dans le Val-d’Oise. Je suis à moitié parti. » C’est-à-dire qu’il est à moitié resté. Vaguement ridicule, sans projet, transi dans cet entre-deux qui réussit mieux aux fromages du Cantal qu’aux hommes vains.

Nos exilés n’ont pas su, pas pu ou pas voulu et ne veulent toujours pas se fondre dans la masse des 2 190 327 habitants de la capitale (au 1er janvier 2016, dernier chiffre officiel). Habiter Paris, pourquoi pas ? Devenir parigot, pour quoi faire ? Alors, ils s’assoient au bord de la Seine – c’est si beau ! – mais songent au Paillon, à la Reyssouze ou à l’Authie et contemplent leurs vibrionnants concitoyens comme Claude Lévi-Strauss les Indiens Bororo, et Jean-Henri Fabre les hyménoptères. Comment peut-on être parisien ? Eux ne le seront jamais. Bernard Morlino nous l’a déjà promis.

Pour autant, le fils de Marcel, l’épicier du col de Villefranche, n’est pas rancunier : « Paris m’a tout donné : une épouse, trois filles, un métier, la chance de rencontres extraordinaires : Emmanuel Berl, Philippe Soupault, Antoine Vitez. »

En attendant, on attend

Philippe Ridet, 63 ans, confrère du Monde, originaire de Bourg-en-Bresse (Ain), le dit autrement  : « Paris m’a offert l’occasion de me construire une autre identité, d’échapper au déterminisme social. Si je ne m’y suis pas senti bien, et de moins en moins bien en vieillissant, c’est aussi parce qu’elle me renvoie à cette quête. Paris m’a servi de marchepied. C’est une ville utilitaire, comme on le dit des véhicules. Je suis une sorte d’anti-Enrico Macias : “Paris ne m’a pas pris dans ses bras.”  Mais c’est aussi un peu ma faute. »

Alix Marot et Alexandre Fennira ne se laisseront pas plus étreindre. « Partir sera une victoire pour moi », confie l’une. « Je quitterai Paris le jour où on me traitera de Parisien », souffle l’autre. « Etre né quelque part, c’est partir quand on veut. Revenir quand on part », fredonne encore Maxime Le Forestier. En attendant, on attend. Parfois, la vie ressemble à une salle des pas perdus.

A cet instant me revient le souvenir de Pierre Marcus, journaliste du service des sports régionaux du Parisien. Petit homme discret au poil noir, envoyé spécial permanent auprès du Red Star. Il était né à Brive-la-Gaillarde ou dans les environs. Quand il parlait de la Corrèze, son regard prenait de l’altitude et se voilait d’un brouillard léger. Alors, il en parlait peu. Il est mort en 2000. Il habitait près de la gare d’Austerlitz où il s’ennuyait ferme. Le Tulle-Paris l’avait déposé là, je ne sais quand. On croyait le connaître.

Allait-il, tard le soir, sur les quais flatter les flancs de ces wagons en instance pour chez lui ? Pour sûr. Je l’imagine même gagner leur bord, s’asseoir sur les rudes banquettes de faux cuir et fermer les yeux pour rêver de trains qui ne partent pas.

5 janvier 2019

Eric Chang

eric chang

eric01

eric02

eric04

eric07

5 janvier 2019

La chaîne RT surfe sur le mouvement des « gilets jaunes »

Par Alexandre Berteau, Alexandre Piquard - Le Monde

Alors que les contestataires se défient des médias traditionnels – BFM-TV en tête –, la déclinaison française de l’ex-Russia Today est l’un des médias qui trouvent grâce à leurs yeux.

« Après avoir protesté devant le siège de France Télévisions à Paris, les manifestants “gilets jaunes” ont croisé l’équipe de RT et continué à marcher dans la rue en scandant “Merci RT !” » La chaîne publique russe ne s’est pas privée de mettre en ligne, avec cette description, la courte vidéo filmée par l’un de ses journalistes, samedi 29 décembre. Alors que les contestataires se défient des médias traditionnels – BFM-TV en tête –, la déclinaison française de l’ex-Russia Today est l’un des médias qui trouvent grâce à leurs yeux.

« Quand j’ai dialogué avec des “gilets jaunes” venus manifester devant BFM-TV, cela m’a frappée qu’ils citent RT parmi leurs références, raconte Céline Pigalle, directrice de la rédaction de la chaîne d’information. A la faveur de ce mouvement, un média qui a tout juste un an émerge, en se mettant un peu dans leur roue. »

De fait, RT France revendique un quadruplement de ses vidéos vues sur Facebook au cours du premier mois de mobilisation, à 22 millions, et un triplement sur YouTube. Seulement diffusé sur Internet et les Freebox, le média n’a pas la puissance d’une antenne hertzienne comme BFM-TV, qui, elle aussi, bat des records. « Mais RT comprend parfaitement l’ADN des réseaux sociaux, analyse un journaliste d’une chaîne traditionnelle, mi-inquiet mi-fasciné. Elle ne touche pas le plus grand nombre, mais accompagne une communauté. »

« Délégitimer les démocraties libérales »

« Sur le terrain, dès que je sors mon micro RT, les “gilets jaunes” viennent me saluer », narre le reporter Lucas Léger. Une sympathie que la chaîne ne manque pas de mettre en scène, en republiant par exemple un extrait dans lequel un « gilet jaune » souhaite un bon rétablissement à « Nadège », une journaliste blessée dans une manifestation. La chaîne nie toutefois être complaisante. « Si les “gilets jaunes” nous apprécient, c’est parce qu’on leur donne la parole, pas parce qu’on est gentils avec eux », assure Xenia Fedorova, la directrice de RT France.

Le succès récent de RT est avant tout celui d’un format : le live, en direct des manifestations, diffusé parfois jusqu’à dix heures durant sur Internet. Ce flux suggère que « rien n’est coupé » et que « le journaliste n’est pas censuré », note sur Twitter le journaliste de Libération Vincent Glad, qui cite comme autres références médiatiques des « gilets jaunes » Rémy Buisine, producteur de live pour Brut, et Vincent Lapierre, ex-vidéaste pour Egalité et Réconciliation, le mouvement du polémiste antisémite Alain Soral.

Avec ses images d’immersion au cœur des manifestations, RT est parfois accusée de sensationnalisme. « C’est un argument facile pour nous connecter à je ne sais quelle puissance étrangère, balaie Xenia Fedorova. Mais les images de violences sur BFM-TV sont les mêmes. » Reste que RT a toujours couvert activement les mouvements sociaux : manifestations contre la loi travail en France, pour l’indépendance en Catalogne, « Occupy Wall Street » aux Etats-Unis… « Le “soft power” pratiqué par la Russie avec RT ne consiste pas à rendre ce pays plus attractif aux yeux des Occidentaux, mais à délégitimer les démocraties libérales en surmédiatisant les divisions de leur société », estime Maxime Audinet, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI).

La bienveillance des « gilets jaunes » envers RT est aussi liée au casting des invités. Des manifestants ont ainsi reproché à BFM-TV de ne pas accueillir certaines figures du mouvement, dont Etienne Chouard, cet enseignant connu pour sa défense du référendum d’initiative populaire, mais aussi pour sa dérive conspirationniste ou son soutien à Alain Soral. BFM-TV a pris contact avec M. Chouard, en vue d’un portrait. RT, elle, l’avait déjà invité longuement le 10 décembre, puis le 31 décembre.

« Télé-Poutine »

« Les “gilets jaunes” savent aussi que nous ne sommes pas bien vus par Emmanuel Macron », dit en souriant Mme Fedorova. En mai 2017, le président français avait qualifié RT et Sputnik « d’organes de propagande mensongère », notamment parce que l’agence russe Sputnik a relayé des rumeurs sur sa vie privée. Visée par la récente loi sur la manipulation de l’information, RT France conteste diffuser des infox (informations fallacieuses) et a déposé un recours contre la mise en demeure prononcée en juin par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour manquement « à l’honnêteté, à la rigueur de l’information et à la diversité des points de vue » dans un sujet sur la Syrie.

Avec l’Elysée, les relations restent tendues : la chaîne se plaint de ne pas obtenir d’accréditation presse, hormis lors de la venue de Vladimir Poutine à Paris, le 11 novembre dernier. Les ministres restent aussi absents de ses plateaux, même si des députés du parti d’Emmanuel Macron interviennent désormais parfois.

Dans ce contexte, le succès de la couverture des « gilets jaunes » par RT favorise son travail de dédiabolisation. Après avoir nommé à son comité d’éthique l’ex-président de Radio France Jean-Luc Hees, la chaîne a séduit Frédéric Taddeï en juillet. Depuis, l’émission de débats de l’ex-animateur de France 2 attire de nouveaux invités, comme Daniel Schneidermann, le fondateur d’« Arrêt sur images », pourtant critique de la chaîne russe. « Aller sur RT, c’est bien sûr participer à légitimer RT mais, sur les chaînes françaises, le débat d’idées est réduit à Ruquier et Ardisson », se justifie le journaliste. Ce dernier tient toutefois à préciser qu’il a profité de son passage sur « télé-Poutine » pour regretter que sa couverture des « gilets jaunes » contienne trop de « scènes de castagne ».

5 janvier 2019

PHOTO est paru

photo 12

5 janvier 2019

Tina Kunakey est enceinte

tina22

Publicité