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Jours tranquilles à Paris

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1 janvier 2019

2019 - CALENDAR SHOW “THE TWELVE MUSES” with MILO MOIRÉ photographed by PETER PALM

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1 janvier 2019

Helmut Newton

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1 janvier 2019

Eternel recommencement amoureux

ASAKO23

Par Jacques Mandelbaum

Le nouveau film du cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi est d’une richesse et d’une sensibilité rares.

« ASAKO I & II » CHEF-D’ŒUVRE

Cinéaste en activité depuis une dizaine d’années sans qu’aucune œuvre de lui ne parvienne en France, le Japonais Ryusuke Hamaguchi, 40 ans, a finalement explosé au mois de mai. Avec la sortie de Senses d’abord, long-métrage de cinq heures, portrait croisé de quatre femmes dont l’une disparaît subitement. Puis avec la sélection consécutive de son nouveau film, Asako I & II, en compétition au Festival de Cannes. Cette sélection directe dans le saint des saints du cinéma d’auteur international n’est généralement pas sans cause. Elle signale une découverte notable, une envie de s’engager auprès d’un auteur dont on s’arroge en même temps le mérite de son accession à un niveau supérieur de notoriété.

Rien de volé ici, bien au contraire. Asako I & II, comme son titre l’indique, fait partie des films de doubles, généalogie fructueuse au cinéma, si l’on veut bien se souvenir, entre autres, de Vertigo (Hitchcock), L’Avventura (Antonioni), Body Double (De Palma) ou Mulholland Drive (Lynch). Cette modeste liste, qu’on pourrait sans mal décupler, désigne déjà une particularité essentielle du genre qui considère le fantasme passionnel et la cruauté du polar comme les deux faces réversibles d’un même tissu, celui-là même, cela va sans dire, dans lequel sont tissés nos rêves. La définition officielle du genre, pour chacun de ces films, dépend donc de la place du curseur. Vertigo est évidemment un polar, mais qui vaut toutes les analyses cinématographiques sur l’aliénation amoureuse. A rebours, L’Avventura est évidemment un drame psychologique, que la disparition brutale de son personnage principal entraîne dans les méandres d’une intrigue policière.

Asako fait partie de la seconde catégorie, en étant consacré à l’indélébile empreinte qui marque une héroïne à peine sortie de l’adolescence à travers l’épreuve mystique de son premier grand amour. Le premier acte du film, Asako I, prend l’aspect d’une rencontre dans l’alignement des planètes, scintillante et elliptique, délibérément entachée par le cliché du coup de foudre. Asako, prototype de la jeune fille innocente et romantique, visite à Osaka une exposition intitulée « Soi et les autres », y croise un jeune homme bien fait de sa personne, le suit sans la moindre hésitation dans la rue, où ils tombent sans plus de façons dans les bras l’un de l’autre.

Le garçon, qui s’appelle Baku, est d’un type reconnaissable : qui, cher lecteur, cher frère, ne l’a croisé et cordialement détesté dans sa jeunesse ? Celui du beau mec cool, planant au-dessus des contingences, écrasant ses semblables par la manifestation d’un dédain nonchalant, cultivant un mystère à la mesure de la vacuité qu’il recèle, objet enfin de l’éternelle préférence des filles. Voilà ce qui arrive. Sauf qu’en dépit des objurgations d’Aruyo, rude copine, qui la prévient qu’elle va « déguster », Asako s’en éprend à la folie, avant que le bellâtre disparaisse un beau matin comme il est venu.

Tout exprès, veut-on le croire, l’affaire qui s’étend sur quelques mois a duré un quart d’heure dans le film. Asako II peut alors s’ouvrir deux ans plus tard à Tokyo, où l’héroïne a fui sa tristesse. L’occasion pour Hamaguchi, cinéaste d’une subtilité exacerbée, d’y installer un vertigineux système d’échos à la première partie du film. Soit la rencontre d’un bel inconnu sous le signe de la sidération, le rapprochement inéluctable, l’épreuve du couple dans le temps, sous le regard d’un couple d’amis. Par-dessus tout, ce fait suprêmement troublant de la ressemblance entre les deux garçons. Sans doute, le bohème chevelu d’Osaka est-il devenu un « salaryman » à coupe réglementaire à Tokyo. Sans doute ne se nomme-t-il plus Baku, mais Ryohei. Sans doute est-il aussi rangé que son prédécesseur était fantasque. Il n’en reste pas moins que la probabilité d’une même identité reste forte, conférant au film une inquiétante attraction…

Quatre hypothèses

Pour Asako bien sûr, mais davantage encore pour le spectateur, soudain écartelé entre quatre hypothèses. Même acteur, même personnage. Même acteur, autre personnage. Autre acteur, même personnage. Autre acteur, autre personnage. Cinq années supplémentaires passeront comme par enchantement. Jusqu’à ce que la réapparition tardive de Baku en mannequin chéri de ses dames, annoncée par le retour intempestif de la maussade pythie Aruyo qui avait prédit sa disparition, réduise ce champ des possibles en même temps qu’il électrise l’économie du récit. Qu’on ne compte pas sur nous pour dire de quelle manière.

Reste un film d’une richesse et d’une sensibilité rares, récit d’initiation amoureuse qui ne passerait pas tant par les ponts aux ânes de la psychologie que par les souterrains de l’inconscient et du merveilleux. A la question simple de savoir ce qu’est cette chose compliquée qu’est l’amour, le film répond sur plusieurs terrains à la fois.

Celui de la construction narrative, qui privilégie entre deux points le foudroiement du court-circuit. Celui de la psychanalyse, qui fait succéder à l’aveuglement fantasmatique de la rencontre initiale la réplique ternie d’un réel avec lequel on doit s’accommoder. Celui de la géologie, avec en toile de fond cette menace sismique permanente qui précarise l’ordonnancement architectural et social du paysage nippon. Celui de la philosophie enfin, qui fait de ce film une duplication sentimentale de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935) de Walter Benjamin.

Y analysant notamment le cinéma, le philosophe allemand montrait dans ce texte célèbre que celui-ci, par excellence, détruisait « l’aura » de l’œuvre d’art en même temps qu’il la rendait paradoxalement sensible à la conscience. L’histoire même de la jeune Asako, dont la dernière phrase de dialogue, si belle et si cruelle à la fois, se plante en nous tel l’étendard déchiré de la modernité cinématographique.

Film japonais de Ryusuke Hamaguchi. Avec Masahiro Higashide, Erika Karata, Koji Seto, Rio Yamashita.

1 janvier 2019

Allez vous faire...

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1 janvier 2019

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1 janvier 2019

Les 20 ans de l’euro : la monnaie unique reste fragile

Par Marie Charrel - Le Monde

L’euro a survécu à la crise et les citoyens des pays membres lui sont très attachés. Mais les faiblesses de son architecture n’ont pas permis une convergence profonde des économies.

C’est peut-être la chose la plus folle que les Européens ont construite ensemble. La plus utopique, aussi : renoncer à leurs monnaies respectives, symboles de leur identité nationale, pour faire devise commune. Façon de renforcer leurs liens économiques. De pousser un peu plus loin encore le rêve européen, bâti sur les cendres de la seconde guerre mondiale. Le 1er janvier 1999, après des années de préparation, onze pays (ils sont aujourd’hui dix-neuf) ont adopté l’euro pour les transactions financières. En 2002, les ménages ont sauté le pas à leur tour, avec les pièces et billets.

Deux décennies plus tard, comment va la monnaie unique ? Le bilan est délicat. Impossible, même, tant le sujet divise les économistes. « C’est une grande réussite », assure Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), qui a été l’un de ses artisans. « Adopter l’euro au sein d’économies aussi différentes a été une erreur », tranche Romain Rancière, économiste à l’université de Californie du Sud. « Disons que c’est un succès en demi-teinte, il n’a pas tenu toutes ses promesses », nuance Francesco Saraceno, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Pas étonnant que les diagnostics divergent autant. Bien souvent, les apports de l’euro sont minimisés. Plus souvent encore, la monnaie unique fait office de bouc émissaire. Notamment en France et en Italie, où on la rend responsable de difficultés relevant, en vérité, des errements des gouvernements successifs ou des faiblesses anciennes du tissu industriel. De plus, la crise de 2008 a brouillé les cartes. Alors, par où commencer ?

« ADOPTER L’EURO AU SEIN D’ÉCONOMIES AUSSI DIFFÉRENTES A ÉTÉ UNE ERREUR »

Par le positif. Les derniers sondages de la Commission montrent que la majorité des 340 millions de citoyens des dix-neuf Etats membres sont très attachés à l’euro – et n’ont aucune envie d’en sortir. Celui-ci a contribué à la prospérité de la zone en mettant fin à la guerre des monnaies entre les pays et en éteignant l’inflation liée à l’abus des dévaluations compétitives, ravageuses pour le pouvoir d’achat. En outre, la disparition des frais de change a favorisé les échanges. « Surtout : l’euro a survécu à la crise de 2008, la plus grave depuis les années 1930 », observe Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE) et professeur à Sciences Po. En vingt ans, il est devenu la deuxième devise sur la scène internationale, solidement installée derrière le dollar.

L’échec de la convergence des économies des Etats

Et pourtant. En dépit de ces réussites, la monnaie européenne a échoué sur un point : faire converger les économies des Etats membres en profondeur. « Alors qu’avant la crise, les produits intérieurs bruts [PIB] par tête allemand, français et italien étaient proches, celui de l’Allemagne est désormais 15 % plus élevé que celui de la France et 30 % plus fort que celui de l’Italie », explique Florence Pisani, économiste chez la société de gestion d’actifs Candriam. Les écarts sont tout aussi grands si l’on se penche sur les taux d’emploi.

Cela tient en partie aux séquelles de la crise, mais pas seulement. « L’erreur initiale était de croire que des règles budgétaires communes, limitant le déficit public à 3 % du PIB, suffiraient à rapprocher les économies », résume Henri Sterdyniak, cofondateur des Economistes atterrés, un collectif s’affichant comme opposé à l’orthodoxie néolibérale. En se concentrant uniquement sur les finances publiques, la zone euro a trop longtemps ignoré les autres déséquilibres se creusant entre les Etats, tout aussi graves. A l’exemple de la bulle immobilière apparue en Espagne avant 2008. Ou du colossal excédent commercial allemand, dommageable pour les autres membres, car construit à leurs dépens.

« LORSQUE [LA CRISE] A FRAPPÉ, LES ETATS N’ONT PAS PU AJUSTER LEUR COMPÉTITIVITÉ EN DÉVALUANT LEUR MONNAIE, COMME AUTREFOIS. ILS ONT DÛ LE FAIRE PAR LA BAISSE DES SALAIRES ET PAR L’AUSTÉRITÉ, BIEN PLUS COÛTEUSES SOCIALEMENT. »

Il faut dire que l’architecture originelle de l’Union monétaire était incomplète. Face à l’euro, ses membres ont construit la BCE, mais ils n’ont pas instauré de pouvoir politique unique, ni de budget. Cette carence a eu des conséquences douloureuses pendant la récession. « Lorsqu’elle a frappé, les Etats n’ont pas pu ajuster leur compétitivité en dévaluant leur monnaie, comme autrefois, explique Charles Wyplosz, de l’Institut de hautes études internationales de Genève. Ils ont dû le faire par la baisse des salaires et par l’austérité, bien plus coûteuses socialement. »

Aucun pare-feu pour éviter la spéculation sur les dettes publiques

En particulier, en Espagne, au Portugal et en Grèce. Mais ces ajustements auraient été moins douloureux si des mécanismes propres à la zone euro avaient permis de soutenir ces pays pendant la période difficile – une enveloppe financière pour limiter la pauvreté, par exemple. Faute d’en disposer, les chefs d’Etat ont dû bricoler des plans d’aide en catastrophe quand, en 2010, Athènes s’est enfoncée dans la crise.

Aucun pare-feu non plus n’existait pour éviter la spéculation sur les dettes publiques. Lorsque celle-ci s’est déchaînée, en 2011, la BCE a mis de côté sa mission traditionnelle – veiller à la stabilité des prix – pour intervenir. Dans la foulée, elle s’est mise à racheter des titres d’Etat pour faire baisser les taux d’emprunt et soutenir la croissance.

Après 2012, soucieux de combler ces faiblesses, les gouvernements se sont retroussé les manches. Ils ont solidifié l’architecture de la zone euro en renforçant la surveillance des banques et en instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES), pour contrer la spéculation. Ils ont mis en place des procédures pour que les économies convergent plus. Aujourd’hui, l’union monétaire est plus forte qu’en 2008. « Mais il lui manque toujours un véritable budget pour absorber les chocs dans les Etats les plus fragiles », regrette Patrick Artus, économiste chez Natixis.

A défaut, les Etats pourraient créer un embryon d’assurance-chômage commune, suggèrent certains économistes, ou assouplir les règles budgétaires en période de crise. Mais les Etats du Nord ne veulent pas en entendre parler. Certains redoutent que cela ouvre la porte à de dangereuses dérives des finances publiques, en partie à juste titre. D’autres se méfient des gouvernements du Sud. « La confiance réciproque est précisément ce qui manque le plus, aujourd’hui, à la zone euro », regrette Patrick Artus. Or, sans cela, les capitales n’iront pas au bout des réformes indispensables pour éviter la prochaine crise.

1 janvier 2019

Ellen von Unwerth - c'est la Fête !

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1 janvier 2019

Araki

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1 janvier 2019

JR à la MEP - actuellement

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L’artiste expose ses travaux à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. Un catalogue qui met en avant le gigantisme de ses oeuvres.

D’emblée nous sommes conviés à un spectacle qu’on pourra trouver ludique ou bien navrant : la maquette d’un porte-conteneurs qui témoigne de l’oeuvre intitulée Women are Heroes où JR avait placé la photographie des yeux d’une femme kenyane sur les flancs des conteneurs d’un navire parti du Havre. Cette maquette n’est pas la seule. À l’étage, cette fois, ce sont des petits trains mécaniques qui montrent à leur tour les collages que JR avait réalisés sur des trains en Inde. On peut être fasciné par ces actions spectaculaires, mais ici, dans l’enceinte d’un musée, il y a comme une contradiction: nous sommes voués à les voir reproduites en miniature et il est difficile de ressentir le caractère grandiose de l’oeuvre.

Idem pour sa série Giants. Même si une installation tente de dire la monumentalité de ces photographies placées sur des échafaudages, elle ne donne qu’un vague aperçu de ce qu’elles devaient être effectivement au Brésil sur un immense immeuble de Rio de Janeiro. Condamné à ne voir qu’une photographie d’une photographie, le visiteur pourra être vite lassé et frustré.

Dialogue secret

D’autant que l’exposition promet de voir les dessous des choses, mais elle n’y parvient qu’à moitié et nous laisse dans un certain désarroi. En effet, elle prétend révéler les coulisses de ces installations grandioses. Mais elle ne donne aucun chiffre. Combien de personnes travaillent sur ces échafaudages gigantesques pour installer l’oeuvre? « Entre 40 et 60 personnes, je ne sais pas très bien » nous répond l’artiste alors que pour le vernissage presse de l’exposition il a choisi de ne pas se montrer et préfère dialoguer à travers un tuyau installé dans une petite salle conçue pour faire passer des trains miniatures. « Il préfère garder ce mystère, ne pas être confronté directement à quarante journalistes, mais plutôt à avoir un dialogue secret avec chacun » explique une attachée presse. Résultat : nous n’aurons qu’un bref entretien, certes amusant, mais aussi contraignant et vague. Nous ne saurons pas non plus combien coûtent ces installations tandis que des papiers administratifs témoignent de l’ampleur de l’entreprise et qu’ils sont, heureusement, mis à disposition des visiteurs.

JR partout

Globalement la scénographie déçoit et manque d’informations. La Maison Européenne de la Photographie va même jusqu’à renvoyer au film Visages Villages de JR et Agnès Varda au lieu d’expliquer une photographie. « Vous n’avez qu’à le regarder » dit implicitement la légende. Plus loin, c’est une installation montrée pour la première fois en Europe et pour la faire fonctionner il faut télécharger une application sur son téléphone portable. Certains diront qu’il s’agit d’une oeuvre du futur. D’autres y verront peut-être une façon supplémentaire de s’immiscer dans la vie des gens comme le font finalement ces installations gigantesques, en ce moment exposées aussi dans le métro parisien à l’occasion de cette exposition. JR partout. JR nulle part ? Car, à force de produire des installations semblables et qui jouent sur la même corde sensible des bons sentiments, l’artiste donne parfois l’impression de tourner en rond. Dommage, d’autant que l’exposition présente ses premiers clichés lorsqu’il suivait un groupe de graffeurs à Paris au début des années 2000 et cette série est très belle, elle laissait espérer un grand photographe en devenir. Où donc est passée cette verve, cette expression poignante ?

Jean-Baptiste Gauvin

JR – « Momentum, la mécanique de l’épreuve »

Jusqu'au 10 fevrier 2019

La Maison Européenne de la Photographie

5/7 Rue de Fourcy – 75004 Paris

www.mep-fr.org

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1 janvier 2019

L'amour est aveugle !

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