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Jours tranquilles à Paris

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5 janvier 2019

Affaire Benalla: La compagne d’Alexandre Benalla travaillait pour LREM et a tenté de le cacher aux enquêteurs

benalla dame

INFO «20 MINUTES» Myriam. B., la compagne d’Alexandre Benalla, a tenté de cacher aux enquêteurs qu’elle était salariée d’En marche quand la polémique a éclaté…

Selon nos informations, Myriam. B. a été salariée de La République en marche. Elle a tenté de le dissimuler aux enquêteurs lors de son audition le 28 septembre. Le parti refuse, ce vendredi, d’indiquer s’il emploie toujours la jeune femme.

Une affaire de famille dans l’affaire d’État ? Selon nos informations, Myriam. B., la compagne d’Alexandre Benalla était salariée de La République en marche quand la polémique au sujet des manifestations du 1er mai a éclaté dans la presse. Ce vendredi, le mouvement fondé par Emmanuel Macron a confirmé l’information obtenue par 20 Minutes auprès de sources concordantes. « Elle était salariée, a ainsi indiqué une source bien informée au sein du parti. Ce que je ne sais pas, c’est si elle l’est toujours [aujourd’hui]. »

Après deux mois d’intenses recherches, les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP) avaient fini par retrouver la trace de cette jeune femme dans l’Eure où elle se réfugiait chez une proche. Selon nos informations, c’est donc dans une caserne de gendarmerie de ce département qu’elle a répondu à leurs questions le 28 septembre, en début d’après-midi.

Alexandre Benalla dépose l’arrêt maladie de sa femme au parti

Ce jour-là, son audition en qualité de témoin débute par le traditionnel exposé sur son identité et son activité. La jeune femme née en 1985 se présente alors comme un « agent administratif actuellement en congé maladie » mais refuse de dire le nom de « l'association » qui l'emploie.

Les policiers ne la relancent pas sur le sujet. Mais peut-être font-ils alors déjà le rapprochement avec l’audition de Reynald. C., un agent de sécurité d’En marche, qu’ils ont réalisée deux semaines plus tôt. Le 13 septembre, cet homme a en effet expliqué qu’Alexandre Benalla ne venait que « très rarement » au siège du parti depuis qu’il travaillait à l’Elysée. Selon ses déclarations, il ne serait venu qu'une fois au quartier général d'En marche : le jour où il est venu déposer « l’arrêt de travail de sa compagne », indiquant malgré lui le nom de l’employeur de Myriam. B.

« Quelqu’un de droit, de bon, de calme... »

Maman d’un bébé né quelques semaines avant le début de toute cette affaire, Myriam. B. était en congé maternité jusqu’au 20 septembre 2018. Ensuite, elle a disposé d’un arrêt maladie de son médecin, selon ses propres déclarations. Impossible de savoir quelles étaient exactement ses fonctions au sein du mouvement politique. S’il a confirmé son statut de salariée, le parti a refusé de révéler plus d’informations relevant « des ressources humaines », n’excluant donc pas qu’elle soit toujours rémunérée par ses soins aujourd’hui.

Toutefois,ce n’est pas dans les couloirs du parti macronien qu’elle aurait rencontré Alexandre Benalla. Invitée par les enquêteurs à parler de son compagnon, Myriam. B. a ainsi expliqué être avec lui depuis quatre ans sans révéler lequel des deux avait rejoint le mouvement politique en premier avant que l’autre ne soit également embauché.

Face aux enquêteurs, elle a décrit son compagnon comme « quelqu’un de bien, quelqu’un de droit, de bon, de calme, de caractère gentil. »

Alexandre Benalla ne parlait jamais de son travail

Sur le fond de l’affaire, la jeune femme n’aura, en revanche, été d’aucune utilité aux enquêteurs. Indiquant tour à tour qu’elle était « traumatisée », « désorientée » et « fatiguée » par toute la polémique, elle a ainsi expliqué que son compagnon ne lui parlait jamais de son travail. Impossible donc pour elle de dévoiler ce qu’il est advenu du coffre-fort que les policiers n'ont pas retrouvé lors de la perquisition réalisée le 20 juillet. « Ce dont je suis certaine, c’est que lorsque j’ai quitté l’appartement [le 19 juillet], le coffre y était toujours. J’ignore ce qui s’est passé ensuite. » Interrogé à ce propos, Alexandre Benalla avait indiqué avoir envoyé « un ami » récupérer tous les objets de valeur de son domicile. Sans jamais accepter de révéler son identité.

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5 janvier 2019

Vu sur internet

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5 janvier 2019

La France et le Royaume-Uni lancent un "plan d'action" pour lutter contre les traversées de migrants dans la Manche

Ce dispositif prévoit plus de patrouilles, une lutte accrue contre les trafiquants et des efforts de "sensibilisation" auprès des migrants.

C'est désormais la route empruntée par de nombreux migrants pour rejoindre l'Angleterre. La France et le Royaume-Uni ont lancé un "plan d'action" pour lutter contre les traversées de la Manche, annonce le ministère de l'Intérieur, vendredi 4 janvier. Ce plan d'action prévoit notamment d'augmenter la fréquence des patrouilles de surveillance des ports et du littoral nord, de démanteler les gangs de trafiquants et de sensibiliser les migrants aux dangers que représente la traversée de la Manche.

En 2018, 71 tentatives de traversées irrégulières d'embarcations ont été recensées (contre 12 en 2017) dont 14 tentatives pour les 10 premiers mois de l'année et 57 tentatives pour les seuls mois de novembre et décembre. Sur ces 71 tentatives, 31 ont échoué, détaille le ministère de l'Intérieur. Au total, 504 migrants ont cherché à franchir la Manche en 2018 et 276 sont parvenus à atteindre les eaux et côtes britanniques. Il s'agit pour la majorité d'entre eux de ressortissants iraniens. L'augmentation de ces tentatives s'explique notamment par la sécurisation renforcée des ports de ferries et des installations Eurotunnel. Ces tentatives de traversées de la Manche sont souvent effectuées sur des embarcations de fortune et se font au péril de la vie des migrants.

5 janvier 2019

Tics de langage...

5 janvier 2019

Les « gilets jaunes » tentent de remobiliser pour l’« acte VIII », premier test de l’année 2019

Beaucoup de manifestants espèrent que la récente interpellation d’Eric Drouet, l’une des figures de la contestation, permettra de faire repartir le mouvement samedi.

Après une fin d’année marquée par un recul de la mobilisation, les « gilets jaunes » appellent samedi 5 janvier à une reprise du mouvement, espérant capitaliser sur l’interpellation médiatisée d’un des leurs, Eric Drouet, mercredi à Paris, pour relancer leur bras de fer avec le pouvoir. Certains de ses sympathisants, interpellés en marge de l’arrestation de M. Drouet mercredi soir à Paris alors qu’ils se rendaient place de la Concorde, ont demandé au Défenseur des droits d’ouvrir une enquête sur ces « atteintes à la liberté » destinées selon eux à « bâillonner » la contestation, ont indiqué samedi leurs avocats à l’Agence France-Presse (AFP).

Sur Facebook, les différents groupes de « gilets jaunes » appellent à tenir leur huitième samedi de mobilisation – l’« acte VIII » – sur les « places symboliques » des villes françaises (places des Brotteaux et Bellecour à Lyon, place de la Bourse à Bordeaux, places du Capitole et Wilson à Toulouse…).

A Paris, la Préfecture de police a annoncé vendredi avoir reçu deux déclarations de manifestation. La première concerne un rassemblement sur les Champs-Elysées suivi d’un déplacement vers la place de la Bourse. La seconde est une manifestation de la place de l’Hôtel-de-Ville jusqu’à l’Assemblée nationale, pour la première fois déclarée par le collectif « La France en colère », constitué autour de deux figures du mouvement, Priscillia Ludosky et Eric Drouet. Beaucoup de manifestants espèrent d’ailleurs que l’interpellation et la garde à vue de ce dernier, mercredi à Paris, permettront de remobiliser.

L’interpellation d’Eric Drouet est aussi vue par de nombreux de « gilets jaunes » comme un signal dissuasif envoyé par les autorités pour éviter les manifestations non déclarées. Face à cette « répression », « La France en colère » suggère à ses sympathisants de retirer leurs gilets jaunes pour « se présenter dans les rues, sur les places, comme les simples citoyens qu’ils sont ».

« La colère va se transformer en haine si vous continuez »

Discrétion ou démobilisation ? Vendredi en début d’après-midi, moins de 1 000 personnes s’étaient désignées comme « participants » sur l’événement Facebook créé par ce collectif. Samedi, des membres de « La France en colère » liront une « lettre ouverte citoyenne », diffusée depuis jeudi soir, pour répondre aux vœux d’Emmanuel Macron du 31 décembre.

« La colère va se transformer en haine si vous continuez, de votre piédestal, vous et vos semblables, à considérer le petit peuple comme des gueux », préviennent-ils notamment. « Changez d’attitude et accueillez-nous autour d’une table pour discuter », lancent-ils, rejetant par avance le grand débat national voulu par le président, « un piège politique ». « Nous ne sommes pas résignés [et] nous irons plus loin. (…) Ne vous pensez pas au-dessus des lois et de la volonté du peuple de France », affirment-ils, invoquant la révolution ukrainienne de 2013-2014 qui avait débouché sur la chute du président prorusse Viktor Ianoukovitch.

Des marches de « femmes gilets jaunes » sont également prévues dimanche. Sur l’événement Facebook du défilé parisien, les organisatrices qui s’affirment comme « complémentaires et solidaires aux hommes » promettent « une action coup de poing ». « Ce n’est pas une lutte féministe mais féminine », peut-on encore lire dans le texte de présentation.

Pour Griveaux, le mouvement « est devenu le fait d’agitateurs »

Depuis les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre pour gonfler le pouvoir d’achat, l’exécutif réclame un retour à « l’Etat de droit » et à « l’ordre républicain ». « Force doit rester à la loi », a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, fustigeant les « gilets jaunes » qui poursuivent leurs actions malgré les annonces présidentielles.

Le mouvement, « pour ceux qui restent encore mobilisés, est devenu le fait d’agitateurs qui veulent l’insurrection et, au fond, renverser le gouvernement », a déclaré M. Griveaux. Le 29 décembre, le ministre de l’intérieur a demandé aux préfets de continuer « la libération complète et définitive » de la « centaine de points de rassemblements » subsistant en France, par tous les moyens légaux (recours à la force publique, contraventions…).

Très critiques, voire hostiles, envers les médias, les « gilets jaunes » entendent désormais les utiliser dans une guerre d’image face au gouvernement. Dans un Facebook Live jeudi soir à sa sortie de garde à vue, Eric Drouet s’est ainsi félicité d’avoir réussi un « coup de com’ » avec son interpellation devant les caméras.

« On a fait ça pour arriver là. On savait ce qu’ils [la police] ne voulaient pas qu’on fasse, même si c’était légal. (…) On savait un peu comment ça allait se passer », a-t-il expliqué. « Tout est une question d’image. Il va falloir jouer avec ça, a-t-il estimé. Il faut jouer des médias comme eux [le gouvernement] arrivent à jouer des médias. Ils essaient de nous faire passer pour des anarchistes, des casseurs. C’était la monnaie de leur pièce, il va falloir trouver d’autres idées comme ça. »

Autoroutes : le gouvernement demande aux concessionnaires un « geste » sur le prix des péages. L’équation est complexe, le calendrier périlleux. La ministre des transports, Elisabeth Borne, a reçu les sociétés d’autoroutes, vendredi 4 janvier, pour aborder les conséquences de la colère des « gilets jaunes » sur le réseau autoroutier et la hausse prochaine des tarifs des péages. Deux dossiers dont le télescopage pourrait faire des étincelles, alors que l’impact du prix des transports sur le pouvoir d’achat est l’un des premiers moteurs de la protestation. D’un côté, « les dégradations et les perturbations » que subit le réseau autoroutier depuis le début du mouvement. Selon les sociétés d’autoroutes, les dommages sur les barrières de péage et les pertes d’exploitation lors des opérations de péage gratuit se chiffrent en dizaines de millions d’euros. De l’autre, la révision des prix des péages au 1er février 2019. La ministre a appelé les concessionnaires à des gestes commerciaux.

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5 janvier 2019

MEP - bientôt REN HANG (du 6 mars au 26 mai 2019)

4 janvier 2019

Pourquoi les calendriers de nus ont-ils du succès ?

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Par Michel Dalloni - Le Monde

Ringard, le calendrier ? Il a fait peau neuve, en proposant de regarder d’un autre œil des corporations entières – facteurs, agriculteurs, infirmières, pompiers… – qui ont osé tomber le haut et le bas.

D’habitude, côté bête à poil, l’almanach du facteur propose, entre autres, un golden retriever gambadant, oreilles au vent, vers l’un des étangs de la Brenne (Indre), un chartreux pelotonné au coin du feu, une vache rouge des prés en pleine rumination ligérienne, un écureuil roux de Dordogne. Eh bien, cette année, ce sera le préposé lui-même. Nu. Comme la main. Douze hommes de lettres ont décidé, pour une fois, de se défaire de leur enveloppe.

Les mois défilent, les modèles s’effeuillent

Ils posent sans complexe, regard droit, fiers et souriants. Seuls d’infimes détails rappellent leur fonction : une sacoche par-ci, une casquette par-là, quelques cartes postales punaisées sur un mur, un parterre de plis cachetés tout aussi affranchis qu’eux. Plutôt timbrés, ne manqueront pas de renchérir certains. Ils se trompent. Les gars n’ont pas perdu la boule. Tout cela a été pensé, organisé. A la manœuvre, Philippe Delval, 52 ans, facteur à Mouvaux (Nord).

« L’idée est née d’une discussion avec la société Lavigne, un des éditeurs historiques de notre almanach, assure-t-il. Les rugbymen et les pompiers l’avaient déjà fait. Pourquoi pas nous ? Mais j’ai posé une condition : que l’opération profite également à une association humanitaire. Parce que c’est ça, notre boulot : l’humain. » A chaque vente (19,95 euros, voire plus si affinités), 1 euro est donc reversé aux ­Blouses roses, reconnues d’utilité publique, qui, depuis 1944, assistent les personnes âgées et les enfants hospitalisés.

Nu pour tous, tous tout nus ! On ne compte plus les calendriers où les mois défilent tandis que les modèles s’effeuillent, même en avril, au nom de la générosité ou de la lutte des classes. Le coup d’envoi aurait été donné en 2001 par Max Guazzini, président du Stade français, déshabillant ses rugbymen pour la bonne cause – celle de leur club et celle d’une association. Ses « Dieux du stade » font un tabac : les ventes s’envolent (jusqu’à 250 000 exemplaires par an), les dons aussi (jusqu’à 500 000 euros pour l’association bénéficiaire).

Se dévêtir pour défendre une cause

Des vocations naissent. Citons pêle-mêle les barmen lillois, les papas de l’Association française du syndrome de Rett, les cuistots de l’Isère, la communauté Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques), les ailurophiles alsaciens ou les artisans d’Eure-et-Loir. A noter, la surreprésentation des pêcheurs en mer, de Granville (Manche) au Grau-du-Roi (Gard), de Port-en-Bessin-Huppain (Calvados) à Saint-Pierre-d’Oléron (Charente-Maritime). C’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des frasques.

« ON SE MET À NU POUR ATTIRER L’ATTENTION SUR CEUX QUI N’ONT PLUS RIEN. ICI, LA NUDITÉ NE CRÉE PAS DÉLIBÉRÉMENT LE DÉSIR. ON LA BRANDIT COMME UNE COLÈRE. » DAVID LE BRETON, PROFESSEUR EN SOCIOLOGIE

Mais pourquoi diable faut-il aujourd’hui se dévêtir pour défendre la veuve, l’orphelin et l’entreprise en péril ? Autrefois, pour obtenir gain de cause ou quelques deniers, il suffisait de traquer le chaland au coin de la rue, d’alpaguer l’automobiliste au feu rouge ou d’hameçonner le quidam en direct du plateau des actualités télévisées régionales. Que s’est-il passé pour que le corps serve d’intermédiaire à l’instant précis où les corps intermédiaires ne servent plus ?

« Dans la plupart des cas, il s’agit d’une métaphore du sacrifice, soutient David Le Breton, 65 ans, professeur en sociologie à l’université de Strasbourg, notamment auteur de L’Adieu au corps (Métailié, 2013) et Rire. Une anthropologie du rieur (Métailié, 300 p., 22 euros). On se met à nu pour attirer l’attention sur ceux qui n’ont plus rien. Ici, la nudité ne crée pas délibérément le désir. Elle n’évoque pas le sexe. On la contrôle. Elle frôle parfois le puritanisme. On la brandit comme une colère. »

Ce ne sont pas les infirmières du service de néonatalogie de l’hôpital René-Dubos de Pontoise (Val-d’Oise) qui diront le contraire. Fin 2016, affligées par le manque de moyens, cinq d’entre elles décident de poser nues sur un calendrier. Une des photos, en noir et blanc, les présentait de dos, bras croisés, épaules basses, marques de soutien-gorge visibles, avec quelques mots écrits à même la peau, entre les omoplates : « Faut-il que l’on se mette à nu pour que vous vous intéressiez à nous ? »

Réponse : oui. Eric Boucharel, secrétaire adjoint de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), qui a soutenu cette initiative, explique : « Il fallait secouer le cocotier. Les filles ont eu beaucoup de courage. Les 500 exemplaires ont tous été vendus, jusqu’en Belgique ou au Canada. Plus de 1 600 euros ont été versés à SOS Préma, une association qui aide les parents des bébés prématurés. Je suis fier d’elles et très triste, parce que s’il faut en arriver là… En tout cas, le combat continue. »

Succès au rendez-vous

Depuis 2013, les Jeunes agriculteurs de la Manche s’exposent, eux, au profit du Téléthon. « Pour nous, c’est un défi. La cause nous transcende », confie Emilie Lemonnier, 35 ans, salariée agricole, chargée de la communication du syndicat et modèle de l’édition 2018. « Je photographie des corps du quotidien, alors il faut préparer les modèles à affronter le regard des autres. Heureusement, on rit beaucoup », raconte Linda Lesauvage, 36 ans, dont les studios sont installés à La Haye-du-Puits et à Bréhal (Manche), et qui travaille bénévolement au projet.

Les plus tristes sont ceux qui ont hésité. Elodie Grolleau, 34 ans, présidente de la Jeune chambre économique du choletais (JCE), dans le Maine-et-Loire, n’a pas oublié les réticences au moment du lancement du calendrier 2013, où ouvrières et ouvriers du cru se déculottaient pour offrir une autre image de leur emploi, et les regrets de ceux qui avaient renoncé, une fois le succès avéré. Car il est toujours au rendez-vous. Les exemplaires se vendent en moins de temps qu’il n’en faut à Arturo Brachetti, as italien de la métamorphose, pour se rhabiller.

« C’est une transgression bon enfant, estime David Le Breton. Il y a de l’humour dans ces démarches. Et un peu de provocation. La procédure est efficace. Elle crée de l’empathie et renvoie à notre propre engagement : jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? » Question brûlante. Il y a quelques années, je devisais avec l’international Denis Charvet de l’avenir du rugby français. Que pensait-il des « Dieux du stade » ? « Au fond de moi, je suis contre, disait-il, mais je l’aurais fait. La modernité, c’est baisser son froc. »

4 janvier 2019

Centre Pompidou - "Photographie, arme de classe"

4 janvier 2019

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4 janvier 2019

Paul Taylor - dernier jour au Casino de Paris

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