Avec le départ de Sylvain Fort, Emmanuel Macron perd un fidèle
Par Cédric Pietralunga
Le directeur de la communication de la présidence de la République, membre du premier cercle, quitte l’Elysée, officiellement pour « raisons personnelles ».
Officiellement, il s’agit d’un départ pour « raisons personnelles ». Mais il intervient à un moment charnière du quinquennat. Jeudi 3 janvier, l’Elysée a confirmé la prochaine démission de Sylvain Fort, l’actuel directeur de la communication de la présidence de la République, révélée mercredi par Le Parisien. « Son départ est prévu dans la deuxième quinzaine de janvier », explique l’entourage du chef de l’Etat, même s’il ne devrait pas être effectif avant le mois de mars pour cause de reliquats de congés à prendre.
Interrogé par Le Monde, l’ancien patron de l’agence de communication Steele & Holt, qui avait rejoint Emmanuel Macron à l’été 2016 afin de lancer sa campagne pour l’élection présidentielle, affirme qu’il s’agit d’« un choix personnel longuement mûri (…) et qui tient notamment à des raisons familiales ». Cette décision a été « annoncée voici plusieurs semaines au président de la République », assure M. Fort, qui dit vouloir, à 46 ans, consacrer plus de temps à ses trois enfants.
Pour le remplacer, le chef de l’Etat devrait, au moins dans un premier temps, s’appuyer sur Sibeth Ndiaye, une autre très proche, jusqu’alors adjointe de Sylvain Fort. Les discours présidentiels, dont M. Fort avait également la charge, seront désormais écrits par Jonathan Guémas, ex-conseiller de Gérard Collomb au ministère de l’intérieur, recruté à l’automne.
D’autres départs
Ce départ est le deuxième à l’Elysée d’un membre du premier cercle, après celui de Barbara Frugier, conseillère communication à l’international, confirmé jeudi au Journal officiel (JO). D’autres membres du cabinet sont également sur le départ. Le conseiller politique de la présidence, Stéphane Séjourné, qui accompagnait lui aussi M. Macron depuis Bercy, devrait quitter le Château dans les prochaines semaines, pour prendre en main la campagne des élections européennes de La République en marche (LRM).
Par ailleurs, le JO du 3 janvier a indiqué qu’Ahlem Gharbi, conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient du chef de l’Etat, quittera elle aussi ses fonctions, le 7 janvier. Son départ intervient quelques jours après la nouvelle crise provoquée par le voyage au Tchad d’Alexandre Benalla et l’affaire de ses passeports diplomatiques. Mais l’Elysée dément tout lien entre les deux événements, assurant que le départ de Mme Gharbi était programmé depuis plusieurs semaines. Elle sera remplacée par Marie Philippe, qui était depuis 2015 conseillère Moyen-Orient de la représentation française auprès de l’ONU à New York.
Selon l’entourage du chef de l’Etat, il ne faut pas voir de corrélation entre ces différents mouvements et les difficultés auxquelles l’exécutif est confronté depuis l’été 2018. « Deux ans, c’est le cycle naturel de renouvellement dans les cabinets. Il n’est pas anormal que celui du président y soit confronté comme les autres », explique-t-on à l’Elysée. Certaines voix se sont néanmoins élevées, ces dernières semaines, pour réclamer du changement. « Emmanuel Macron a conquis l’Elysée en mode commando, il ne peut pas gérer la présidence de la même façon », plaidait un parlementaire LRM avant Noël.
« Il est positif de diversifier les parcours, les histoires, les expériences, ça fait partie de l’équation de la réussite, reconnaît Philippe Grangeon, ancien délégué général de LRM et proche de M. Macron. Il y a à l’Elysée des gens qui sont le pied au plancher depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à Bercy en 2014. Ils ont besoin de souffler. Conseiller est une mission, pas un métier. » Annoncé depuis plusieurs mois comme futur conseiller spécial du chef de l’Etat, lui-même assure qu’il n’a pas encore rejoint officiellement l’Elysée et qu’il ne veut pas d’un poste opérationnel à plein-temps. « Je suis très attaché à ma liberté », justifie M. Grangeon. Comme Emmanuel Macron.
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La valse des conseillers en communication à l’Elysée
Sylvain Fort et Barbara Frugier quittent le pôle communication de l’Elysée. Retour sur quelques figures de l’entourage d’Emmanuel Macron.
Sylvain Fort, qui dirige actuellement le pôle communication de l’Elysée, va quitter ses fonctions à la fin du mois de janvier. Ce n’est pas le premier départ d’un conseiller en communication d’Emmanuel Macron.
Depuis le début de la campagne présidentielle et au cours de son mandat, plusieurs personnalités se sont succédé à ce poste très exposé.
Laurence Haïm, journaliste devenue porte-parole
Cette ancienne correspondante aux Etats-Unis quitte la chaîne CNews (alors appelée i-Télé) pour rejoindre la campagne d’Emmanuel Macron en janvier 2017. Après la campagne, elle ne se voit pas proposer de poste institutionnel. Elle quitte En marche ! en juillet 2017 et rejoint l’Institut d’études politiques de Chicago.
Bruno Roger-Petit, éditorialiste puis porte-parole de l’Elysée
Bruno Roger-Petit venait aussi du monde de la presse. Editorialiste pour le magazine Challenges, il publie plusieurs articles favorables au candidat d’En marche ! pendant la campagne présidentielle. La société des journalistes de l’hebdomadaire considère que ses articles nuisent à « la ligne non partisane de Challenges ». Il rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron en septembre 2017 comme porte-parole.
Après une gestion critiquée de l’affaire Benalla, son poste de porte-parole est supprimé. Il reste conseiller à l’Elysée, mais sans s’occuper des relations avec la presse.
Sylvain Fort quitte l’Elysée pour « d’autres projets »
Nommé après la victoire d’Emmanuel Macron, il quitte l’Elysée en ce début d’année. Après avoir été conseiller discours et mémoire, Sylvain Fort dirige le pôle communication de l’Elysée, qui a été créé en septembre 2018 à la suite de l’affaire Benalla. Pendant la campagne, il conseillait déjà Emmanuel Macron. Il part pour pouvoir s’orienter « vers d’autres projets professionnels et personnels, et surtout consacrer du temps à [sa] famille ».
Barbara Frugier, en partance
Egalement nommée après la victoire d’Emmanuel Macron, mais déjà donnée partante en septembre 2018, elle quitte ses fonctions de conseillère en communication internationale. Attachée de presse d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’économie, Barbara Frugier avait quitté la Banque de France pour prendre en charge la communication internationale de l’Elysée.
Sibeth Ndiaye, toujours présente
Sibeth Ndiaye s’occupait déjà de communication pendant la campagne présidentielle. Elle fait partie des personnalités qui ont été remarquées très vite. Après la victoire d’Emmanuel Macron, elle est nommée conseillère presse et communication à son cabinet. Elle a l’habitude des coups d’éclat. En juin dernier, c’est elle qui partage, sur son compte Twitter, la vidéo d’Emmanuel Macron dans laquelle il parle du « pognon de dingue » que représenteraient les aides sociales.
Mimi Marchand, conseillère officieuse
Patronne de plusieurs entreprises, Michèle Marchand conseille également Emmanuel et Brigitte Macron. Le livre Mimi, paru en octobre, retrace son parcours et ses liens avec le couple présidentiel. A la tête de l’agence de photo Bestimage, l’influence de Michèle Marchand leur aurait permis de faire la « une » de nombreux magazines en organisant une série de reportages favorables. Depuis la parution du livre, l’Elysée a pris ses distances avec cette conseillère officieuse.
















