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Jours tranquilles à Paris

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31 décembre 2018

Vu sur internet - j'aime bien

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31 décembre 2018

FEMEN

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31 décembre 2018

Clara Morgane

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31 décembre 2018

Salaires, retraite, tarifs réglementés : ce qui change au 1er janvier 2019

Par Aurélie Blondel

Cotisations, pensions, smic, heures supplémentaires, prime d’activité, prix du gaz : le premier jour de l’année 2019 sera marqué par toute une série de nouveautés susceptibles d’influer sur le pouvoir d’achat. A la hausse comme à la baisse.

Résolutions, cotillons, étrennes, baisers sous le gui, vœux de bonne santé et… nouveautés pour votre budget ! Les changements affectant les dépenses et recettes des ménages sont nombreux à entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Tour d’horizon de ce qui va évoluer.

Pour les travailleurs modestes

Parmi les mesures les plus emblématiques, la hausse de la prime d’activité, complément de revenus destiné aux personnes qui travaillent, mais gagnent peu (qu’elles soient salariées, indépendantes ou fonctionnaires), et versé sous condition de ressources du foyer. Il est question d’une hausse de 90 euros pour un bénéficiaire au niveau du smic.

Cette mesure aboutira, en outre, à élargir le nombre d’allocataires potentiels, de 3,8 millions à 5 millions, selon le gouvernement. La prime d’activité étant versée à terme échu, au début du mois suivant celui pour lequel elle est due, les allocataires verront concrètement la couleur de cette augmentation sur le montant touché début février 2019.

Pour les salariés et fonctionnaires

Salariés du privé comme du public verront, en 2019, leurs heures supplémentaires exonérées d’impôt sur le revenu, dans certaines limites, et de cotisations salariales (CSG, CRDS et cotisations patronales resteront toutefois dues). Le niveau du smic horaire sera également relevé de 1,5 %, à 10,03 euros brut. Résultat : le montant mensuel atteindra 1 521,22 euros brut, contre 1 498,47 euros aujourd’hui.

Moins réjouissant pour le pouvoir d’achat : des hausses de cotisations vieillesse sont prévues. Elle sera de +0,27 point pour les fonctionnaires. Et celles d’une grande partie des salariés grimperont du fait de la fusion des régimes Agirc et Arrco, qui implique une refonte de l’architecture globale des cotisations de retraite complémentaire. A retenir : le niveau de la hausse dépendra du statut (cadre ou non) et du salaire, et les cotisations de certains salariés vont, au contraire, diminuer (les cadres mal rémunérés).

Actée en 2015, cette fusion s’accompagne de l’instauration d’un nouveau paramètre de calcul des retraites Agirc-Arrco : un malus temporaire de pension de 10 %, les trois premières années de retraite. Vous ne serez toutefois pas concerné par ce dispositif si vous êtes dans l’un des cas suivants : vous êtes né avant 1957 ; vos revenus sont modestes (retraités exonérés de CSG) ; vous remplissez, avant 2019, les conditions de la retraite à taux plein ; vous attendez un an pour partir une fois les conditions du taux plein remplies ; vous prenez votre retraite sans avoir le taux plein (mais des abattements définitifs s’appliqueront).

D’autres exceptions sont prévues, notamment pour les personnes handicapées, et le malus sera de 5 % pour les retraités au taux réduit de CSG. Un bonus de pension Agirc-Arrco fera aussi son apparition, pour ceux qui prendront leur retraite au moins deux ans après le taux plein (10 % à 30 %, selon les cas).

Pour les retraités

Sous la pression du mouvement des « gilets jaunes », le gouvernement est finalement partiellement revenu sur la hausse du taux plein de CSG, entrée en vigueur en 2018. Près de la moitié de ceux qui avaient été touchés verront leur taux de CSG repasser de 8,3 % à 6,6 % au 1er janvier 2019. La mesure ayant été décidée tardivement, ce correctif ne sera pas appliqué les premiers mois de l’année, mais donnera lieu à des remboursements a posteriori. Environ 3,8 millions de foyers fiscaux sont concernés, selon le gouvernement, pour un gain de pension nette de 448 euros par an.

Ce changement de dernière minute vient s’ajouter à une autre mesure prise dans le cadre du budget 2019 de la Sécurité sociale : pour être soumis au taux plein de CSG, il faudra désormais dépasser, deux années d’affilée, le plafond de revenu fiscal de référence fixé.

Si le gouvernement a lâché du lest sur la sensible CSG, il a maintenu la sous-indexation des retraites, qui seront revalorisées, au 1er janvier 2019, de 0,3 %, soit moins que l’inflation. Sont concernées les pensions de base (sauf avocats), mais aussi les complémentaires des artisans, commerçants et agents non titulaires de la fonction publique. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (l’ex-minimum vieillesse) profitera en revanche d’une nouvelle revalorisation exceptionnelle de 35 euros.

Pour les indépendants

Plusieurs nouveautés toucheront les non salariés. L’année 2019 marque notamment l’acte II de la suppression du régime social des indépendants : dès le 1er janvier, les nouveaux indépendants (hors agriculteurs) relèveront directement de l’Assurance-maladie. Pour ceux déjà en activité avant 2019, le transfert est planifié en 2020. A savoir aussi : la durée du congé maternité des commerçantes, artisanes, agricultrices et libérales s’alignera sur celui des salariées, soit seize semaines. Elles seront cependant obligées de s’arrêter au moins huit semaines pour être indemnisées. Au-delà, elles pourront reprendre partiellement sans devoir renoncer à la totalité de leurs indemnités journalières.

Parmi les autres changements visant les indépendants : la suppression de la cotisation foncière des entreprises pour les micro-entrepreneurs avec moins de 5 000 euros de chiffre d’affaires, l’année blanche de cotisations de Sécurité sociale pour les créateurs d’entreprise et la réduction à une vingtaine de professions du périmètre de la caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance-vieillesse, principale caisse de retraite des professions libérales.

Des prix qui baissent, d’autres qui grimpent…

Du côté des factures, celle du gaz devrait baisser. En tout cas pour les 4,5 millions de ménages ayant conservé les tarifs réglementés, puisque ceux-ci accuseront une diminution moyenne de 1,9 % en janvier 2019, hors taxes. Par ailleurs, contrairement à ce qui était prévu, la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, qui pèse, elle, sur le prix TTC du gaz, réglementé ou non, n’augmentera pas au 1er janvier 2019.

Enfin, il reste quelques jours aux adeptes de l’épistolaire pour prendre les devants, car les prix des timbres s’apprêtent à prendre du galon en 2019. La hausse sera de 10 % sur les timbres rouges (qui passeront à 1,05 euro), verts (0,88 euro) et gris (0,86 euro).

31 décembre 2018

Robert Mapplethorpe - bientôt au cinéma

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30 décembre 2018

"Le Monde" s'est-il inspiré de l'"iconographie nazie" pour sa une sur Macron ? On vous explique la polémique - France Info

monde14

Le directeur des rédactions du journal a présenté des excuses, après avoir essuyé de vives critiques, notamment de la majorité.

Un portrait d'Emmanuel Macron au visage fermé et au regard sombre, sur fond rouge et blanc, sous le "M" noir gothique (et historique) du magazine. La couverture de l'hebdomadaire M le magazine du Monde, paru vendredi 28 décembre, s'est attiré les foudres des critiques, dont plusieurs membres de la majorité. Tous accusent le journal d'avoir repris "les codes de l'iconographie nazie".

La polémique a poussé le directeur des rédactions du journal, Luc Bronner, à présenter des excuses "à ceux qui ont été choqués par des intentions graphiques qui ne correspondent évidemment en rien aux reproches qui nous sont adressés". Dans ce court texte, le journaliste explique que la couverture signée par le directeur artistique Jean-Baptiste Talbourdet, fait référence "au graphisme des constructivistes russes au début du XXe siècle", mais emprunte aussi aux travaux de l'artiste canadien Lincoln Agnew.

Voici quelques éléments pour comprendre cette couverture et la polémique qu'elle suscite.

Pourquoi peut-on y voir une référence au nazisme ?

Le fond beige évoque un papier vieilli comme celui d'une affiche ancienne. Celle-ci est barrée de rouge, couleur souvent associée aux extrêmes en politique (du rouge du drapeau nazi au rouge soviétique). Le contraste du portrait en noir et blanc a été accentué, assombrissant le regard bleu clair du président de la République. Et en haut à gauche, trône le "M" du nom du magazine, dans la police de caractères historique du journal Le Monde, une typographie de style gothique, apparue en Allemagne au XVIe siècle. N'oublions pas, incrustée dans le costume d'Emmanuel Macron, une photographie prise sur les Champs-Elysées (le sujet de l'article mis en avant sur cette couverture), qui montre la foule célébrant la victoire de l'équipe de France à la Coupe du monde, un cliché datant du 16 juillet 2018.

Pour certains, tout cela correspond sans hésitation aux "codes de l'iconographie nazie". Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand ne l'écrit pas exactement comme ça, mais juxtapose cette une à une photo d'Adolf Hitler, assurant qu'il "ne peut s'agir d'un hasard".

Richard Ferrand

@RichardFerrand

 Hâte de comprendre ce qui fonde les références graphiques et iconographiques du @lemonde_M. S’il ne peut s’agir de hasard, de quoi s’agit-il alors ? À la recherche du sens perdu...

Mais pourquoi ? Le journaliste Julien Joly tente, sur Twitter, une explication par l'effet Koulechov. "En gros, montrez au spectateur la tête d'un type (air neutre). Puis l'image d'un plat. Le spectateur se dira que le type en question a l'air affamé. Ou triste si l'image suivante est celle d'un cercueil", résume-t-il. Cet effet tient au besoin qu'à le cerveau de trouver un sens, une cohérence, aux images que les yeux lui envoient. "C'est comme la bande dessinée : votre cerveau fait le lien entre les cases pour créer une histoire cohérente", reprend-il.

Julien Joly

@Julien_J0ly

Pour faire les choses bien, l'histoire que brode le cerveau correspond à votre culture, préjugés... Ex : si vous pensez que la presse est pro-gilets jaunes (ça va paraître bizarre à certains, mais l'idée effleure une partie de la Macronie), prompte à dépeindre E.M en tyran, etc.

Julien Joly

@Julien_J0ly

En cinéma, on parle d'effet Koulechov. En gros, montrez au spectateur la tête d'un type (air neutre). Puis l'image d'un plat. Le spectateur se dira que le type en question a l'air affamé. Ou triste si l'image suivante est celle d'un cercueil. Lubrique si c'est l'image d'une femme

André Gunthert, historien des cultures visuelles, analyse le photomontage dans un billet de blog publié dimanche, comme une "caricature photographique". Pour lui, les couleurs et le style de la couverture de M "suffisent à aiguiller nombre de lecteurs vers une interprétation de l’image comme une critique sévère et une allusion à peine voilée à la référence nazie", écrit-il, dans son texte qui retrace la polémique.  L'historien Michel Goya estime que Le Monde a commis "la grande erreur" de "ne pas avoir imaginé une seule seconde que beaucoup prendraient cela pour de l'esthétique nazie".

Michel Goya

@Michel_Goya

Dans ce cas, le vrai scandale est le plagiat éhonté de Lincoln Agnew et la grande erreur est de ne pas avoir imaginé une seule seconde que beaucoup prendraient cela pour de l'esthétique nazie. Ce qui est cru n'est pas toujours ce qui est vrai mais c'est aussi important.

 

Y a-t-il vraiment une référence au nazisme ?

Seule l'équipe qui a participé à l'élaboration de cette couverture peut répondre à cette question et le directeur des rédactions du Monde s'en défend dans son texte d'excuses. Sur son blog hébergé par Mediapart, Olivier Beuvelet, chargé de cours en histoire de la photographie, en esthétique de l’image et en cinéma à l'université Paris 3, y voit au moins une "référence à l'iconographie totalitaire des années 1930". Et sur Twitter, un graphiste confirme que "tous les codes des affiches de propagande de dictatures" sont là, mais pas seulement Adolf Hitler. Il cite "Mao, Lénine, Hitler… tous !"

Petit Fayot

@Petit_Fayot

 Vous voulez l'avis d'un graphiste concernant la couverture de M le Monde ? OUI IL Y A TOUS LES CODES DES AFFICHES DE PROPAGANDE DE DICTATURES : Mao, Lénine, Hitler... tous !

Et oui c'est fait exprès.

Pour ce graphiste, "c'est fait exprès", mais il ne faut pas pour autant en déduire que Le Monde considère Emmanuel Macron comme un dictateur. Alors que la mobilisation des "gilets jaunes" dure depuis un mois et demi, et que les Champs-Elysées ont été le théâtre de violents affrontements, il estime que le journal "peut aussi vouloir illustrer le sentiment d'une partie du peuple". Pour lui, ce visuel, où la foule tourne le dos au chef de l'Etat qui regarde dans une autre direction, signifie surtout que "la foule ici descend dans la rue contre lui, pas pour l'aduler".

Pour Julien Joly, utiliser le rouge, le blanc et le noir est simplement "efficace visuellement". Ces couleurs et cette mise en page existent partout. "Je suis à peu près certain que Le Monde n'a jamais voulu assimiler Macron à Godzilla, et pourtant...", cite-t-il en exemple, affiche du monstre de cinéma à l'appui.

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Julien Joly

@Julien_J0ly

La preuve ? Essayons de montrer cette couv' à côté d'une autre image un peu similaire graphiquement mais au contexte très éloigné. Et pourtant... magie ! Votre cerveau tourne comme un petit fou pour essayer de fabriquer du sens entre les deux.

Julien Joly

@Julien_J0ly

Nous vivons dans un monde d'images, de références graphiques, de symboles que nous comprenons tous à notre sauce. Et le rouge, blanc et noir, c'est très efficace visuellement. Je suis à peu près certain que @lemondefr n'a jamais voulu assimiler Macron à Godzilla, et pourtant...

 

Qu'est-ce que le constructivisme russe ?

Dans sa note d'excuses, Le Monde évoque une référence aux "constructivistes russes". Et d'autres défenseurs du journal ont avancé cette explication. Le constructivisme mentionné ici est un courant artistique et architectural qui se veut fonctionnel. Ce terme a d'abord été employé par le peintre suprématiste Kasimir Malevitch pour tourner en dérision un concurrent. Mais des artistes russes se sont appropriés le mot, dans les années 1920, pour nommer leur style avant-gardiste, avec ses formes géométriques (le cercle, la ligne droite, le triangle) et ses superpositions et collages de photos. L'œuvre constructiviste la plus célèbre reste Battez les blancs avec le coin rouge (1919), affiche de propagande communiste signée El Lissitzky.

Ce style inspire, au XXe siècle, aussi bien les architectes et les designers, que les publicitaires et les propagandistes. Il est ainsi devenu l'art "officiel" de la révolution russe, avant d'être remplacé par le "réalisme socialiste" dans les années 1930.

Valentin Socha

@valentinsocha

 D'aucuns voient dans la couverture du dernier numéro de @lemonde_M une référence à la propagande nazie. Pourtant, il me semble qu'elle emprunte moins aux affiches du IIIè Reich qu'aux affiches typiques du constructivisme russe

 

Qui est Lincoln Agnew ?

Le nom du graphiste Lincoln Agnew, cité par le directeur des rédactions du Monde, ne vous dit peut-être rien. C'est un artiste canadien, qui s'est justement beaucoup inspiré des constructivistes russes, mais aussi de l'esthétique punk des années 1970 et 1980. Un rapide coup d'œil à son œuvre permet de constater qu'il utilise lui-même beaucoup de rouge, de noir et de blanc, ainsi que de photos découpées et collées. C'est probablement ce qui l'a rendu "très populaire auprès des directeurs de magazine", souligne le site spécialisé Create (en anglais), parmi lesquels M le magazine du Monde, pour lequel il a par exemple réalisé un portrait de John F. Kennedy, entre autres.

Les détracteurs de la dernière couverture de l'hebdo n'ont pas manqué de remarquer, dans son portfolio, un portrait d'Adolf Hitler

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à la construction similaire à la une du magazine, avec une différence notable : la foule y salue le Führer, alors qu'elle tourne le dos à Emmanuel Macron. Ce portrait du leader nazi avait été publié dans le Harper's Magazine en 2017. Le même style se retrouve aussi dans un portrait du conservateur américain Mitt Romney ou encore une illustration pour l'œuvre du cinéaste David Lynch ou encore un portrait du joueur de base-ball des Boston Red Sox Grady Sizemore.

Valentin Socha

@valentinsocha

Aussi, beaucoup relaient ce visuel sans le remettre dans son contexte. Il s'agit d'une illustration de Lincoln Agnew pour cet article qui fait allusion à Hitler, en aucun cas il ne s'agit d'une affiche de propagande

Pour André Gunthert, la couverture de M "semble bien être une imitation servile". "Il est vraisemblable que le graphiste du Monde avait pensé son emprunt suffisamment camouflé pour rester dans un registre d’évocation floue", analyse-t-il encore, sur son blog. Source : France Info.

30 décembre 2018

Gilets Jaunes- Liberté de la Presse

30 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin : «Journalistes collabos»

Il faut rester philosophe. Le «media-bashing» est né avec les médias. Tous les pouvoirs, toutes les oppositions, en ont usé au fil de l’histoire politique, tant il est simple d’imputer ses déconvenues au messager, par définition subjectif et manipulateur, plus qu’aux faits qu’il rapporte. Au demeurant, les médias commettent suffisamment d’erreurs, font parfois preuve d’assez de parti pris, pour mériter la critique.

Mouvement très traditionnel dans cet exercice, des gilets jaunes ont manifesté samedi devant les sièges de plusieurs organes d’information, BFM et Libération, France Télévisions… Ils avaient bloqué en partie la diffusion de Ouest-France quelques jours plus tôt, ou bien molesté certains journalistes qui couvraient leur manifestation. La direction de la Dépêche a même demandé à ses reporters de ne plus porter le brassard «presse» censé les protéger parce qu’il les désignait au contraire comme une cible pour les protestataires. Rien de bien grave – peu de violence, des agressions principalement verbales – sinon une attaque désormais banalisée contre la liberté de la presse, qui s’en remettra sans peine. Dans d’autres pays plus francs et expéditifs, on tire sur les journalistes ou bien on les e mprisonne. Nous n’en sommes pas là.

Remarquons tout de même que la subtilité et la pertinence ne sont pas la marque principale de ces invectives. «Journalistes, collabos» : tel était le mot d’ordre qui présidait aux sympathiques admonestations de samedi, référence directe à la collaboration avec les nazis qui a sévi en France pendant l’Occupation. On comprend le raisonnement, puissamment élaboré : Emmanuel Macron et Adolf Hitler, même combat ; directeurs d’infos et rédacteurs en chef, même veulerie, même trahison que celles de Pétain ou Laval. Impressionnante culture historique…

Qui proteste contre cet amalgame, un peu fort de café, tout de même ? Personne ou presque. Pas étonnant. Jean-Luc Mélenchon n’avait-il pas professé sa «haine» envers les médias qui lui donnent sans cesse la parole ; François Fillon imputé au Canard enchaîné, manipulateur et partisan, sa défaite à la présidentielle, alors que l’enquête judiciaire vient de confirmer au moins l’une des accusations portées contre lui ; Marine Le Pen dénoncé sans cesse les médias tenus par la «bien-pensance», comme le théorisent régulièrement Onfray ou Finkielkraut, tout en passant une grande partie de leur vie sur les plateaux.

Chacun aura compris le vrai reproche adressé à des médias qui ont couvert le mouvement des gilets jaunes comme on n’a jamais consacré autant de place (les chaînes d’info au premier chef) à un quelconque mouvement social, permettant à leurs porte-parole de camper littéralement dans les studios depuis un mois et traitant leurs revendications sociales avec une rare bienveillance : celui ne pas reproduire servilement leurs mots d’ordre, de poser parfois des questions sur les dérapages verbaux ou les violences dont ils se rendent coupables, de s’interroger de temps en temps sur les options de certains d’entre eux qui se présentent comme «apolitiques» mais ont derrière eux une carrière de militant de tel ou tel parti extrême. On le sait bien : tout protestataire, désormais, qualifie d’impartial un média qui dit la même chose que lui et de vendu – ou collabo – celui qui dit autre chose. Certains commentateurs, certains responsables, voient dans les gilets jaunes les prophètes d’une avancée démocratique, un ferment de renouveau pour la République. Vraiment ? Laurent Joffrin - Libération

30 décembre 2018

Ecologie...

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30 décembre 2018

Street Art

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