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Jours tranquilles à Paris

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2 janvier 2019

Lors de son investiture, Jair Bolsonaro salue un Brésil « libéré du socialisme »

Par Claire Gatinois, Sao Paulo, correspondante - Le Monde

S’adressant à la nation mardi à Brasilia, le nouveau président d’extrême droite a promis de débarrasser le pays d’« idéologies néfastes » qui « détruisent nos familles ».

Plusieurs fois, lors de sa parade à bord de la Rolls-Royce officielle, il a pleuré. Et c’est la voix chevrotante, qu’il a, devant la foule de sympathisants, remercié Dieu d’« avoir préservé sa vie ». Mais au moment de s’adresser à la nation ce mardi 1er janvier, à Brasilia, Jair Bolsonaro, 63 ans, a vite repris ses allures de militaire viril. Oubliant l’attaque au couteau qui faillit lui coûter la vie lors d’une campagne électorale hors norme, laissant derrière lui le mépris que l’ensemble de la classe politique lui manifestait jusqu’ici, le capitaine de réserve de l’armée, député de second rang pendant près de trente ans, a pris sa revanche. Quelques minutes après avoir reçu de son prédécesseur, Michel Temer, l’écharpe présidentielle brésilienne, le capitaine de réserve fut acclamé aux cris de « mito ! mito ! mito ! » (le mythe).

Saluant « ce jour où le peuple commence à se libérer du socialisme, de l’inversion des valeurs, du gigantisme étatique, et du politiquement correct », le leader de l’extrême droite brésilienne a promis de débarrasser le pays d’« idéologies néfastes » qui « détruisent nos familles », comme celles de la « théorie du genre » qu’il abhorre, ou du « marxisme », qu’il croit détecter dans les manuels scolaires. Garantissant aux « personnes de bien » le droit à la « légitime défense », il a évoqué une fois de plus son souhait d’assouplir au plus vite la loi de 2003 interdisant le port d’armes tout en affichant sa bienveillance envers les acteurs de l’agronégoce en conflit avec le mouvement des sans terre et les populations indigènes.

A ces Indiens qu’il compte transformer en Brésiliens lambda, Bolsonaro a déjà infligé un coup de poignard, transférant dans la soirée de mardi, via une mesure provisoire, le pouvoir de démarcation des territoires indigènes, autrefois octroyé à la Fondation nationale de l’Indien (Funai), au ministère de l’agriculture.

Concluant son discours de son antienne « Brasil acima de tudo, Deus acima de todos » (Le Brésil au-dessus de tout, et Dieu au-dessus de nous tous) Jair Bolsonaro a alors laissé éclater sa joie, brandissant un drapeau brésilien qu’il a fait tournoyer au-dessus de sa tête entonnant le slogan de ses militants : « Ceci est notre drapeau, qui jamais ne sera rouge [couleur du communisme] ». Ajoutant « il ne sera rouge que s’il faut verser notre sang pour le maintenir jaune et vert ».

Etat de grâce

A quelques mètres de lui, une foule vêtue de tee-shirts jaunes et verts à la gloire de ce nouveau président, jubile. Parmi les spectateurs, Lydianae Comin, agronome de 35 ans qui vient de faire quatorze heures de voiture depuis l’Etat du Mato grosso do sul. Un effort nécessaire pour « vivre ce moment d’histoire », dit-elle. « Les idées de Jair Bolsonaro vont changer le pays ! Il représente l’espoir pour nous », assure la mère de famille. Ni elle ni son mari ne semblent très au fait des réformes économiques que comptent mener, au pas de charge, Jair Bolsonaro et son ministre de l’économie, Paulo Guedes. Peu importe. « Bolsonaro a raison sur tout », lâche le couple à l’unisson.

« C’est un jour merveilleux », abonde, un peu plus loin, Tania Vendramin, 54 ans, le corps drapé dans un drapeau brésilien. « Bolsonaro est un citoyen de bien, il défend la famille, les valeurs que le PT a disloquées », affirme-t-elle évoquant le Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir de 2003 à 2016 et son principal représentant, Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », élu en 2003 aujourd’hui emprisonné pour corruption.

Les affaires louches éclaboussant depuis quelques semaines le fils de Jair Bolsonaro, ce président qui se veut le chantre de l’anticorruption ? Comme la plupart des militants, Tania Vendramin ne veut y croire. « Rien n’est vrai. C’est pour salir l’image de Bolsonaro », prétend-elle. « Demandez plutôt au fils de Lula qui est devenu richissime alors qu’il travaillait dans un zoo ! », ajoute David Pereira, petit commerçant de 32 ans venu de Sao Paulo arborant fièrement un tee-shirt où s’entrecroisent deux pistolets.

En état de grâce, Jair Bolsonaro semble avoir séduit un public plus large encore que celui de ses 58 millions d’électeurs. Selon un sondage Datafolha publié le 1er janvier, 65 % des Brésiliens, pensent qu’il fera un bon ou un excellent gouvernement. Et sa première action, consistant à signer le décret d’augmentation du salaire minimum, passé de 954 à 998 reais (de 214 à 223 euros), devrait encore conforter cette popularité inédite.

« Les USA sont avec vous »

Il est maintenant un plus de 17 heures sur la place des trois pouvoirs de Brasilia, la foule jaune et verte se dissipe peu à peu tandis que les chefs d’Etat et de gouvernements se pressent pour la réception prévue au palais de l’Itamaraty. Parmi les invités, des représentants de la droite dure et de l’extrême droite tel le premier ministre hongrois Viktor Orban ou le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, suspecté de corruption, avec lequel Jair Bolsonaro a promis de resserrer les liens. Mais aussi des figures de la gauche latino-américaine tel le président bolivien Evo Morales affirmant que le Brésil et la Bolivie « regardent dans la même direction ».

Le président américain Donald Trump, pour qui Jair Bolsonaro nourrit une admiration non feinte, n’avait pu faire le déplacement et s’est fait représenter par son secrétaire d’Etat Mike Pompeo. Le milliardaire américain s’est tout de même fendu d’un tweet élogieux envers son homologue brésilien dans l’après-midi, saluant son « formidable discours d’investiture » en lui assurant : « Les USA sont avec vous ».

Considéré comme un nouveau pion du « national-populisme » de l’échiquier mondial, Jair Bolsonaro parfois surnommé le « Trump des tropiques » a, en ce premier jour de 2019, fait preuve de la même rhétorique agressive que celle de la plupart de ses pairs, glorifiant les forces de l’ordre, fustigeant le socialisme, méprisant les droits de l’homme, opposant défense de l’environnement et développement économique et défendant des valeurs judéo-chrétiennes soi-disant mises à mal. Seuls les médias brésiliens ont, échappé, ce mardi, au fiel du président brésilien. C’est que la foule de ses sympathisants s’était déjà chargée tout au long de l’après-midi de fustiger cette presse honnie accusée de répandre des « fake news » (fausses informations). Et c’est aux cris de « communistes » que les journalistes venus installer leurs caméras aux abords du palais présidentiel ont été accueillis.

Reste que fustiger ses ennemis n’est pas gouverner. Désormais confronté à l’exercice du pouvoir, Jair Bolsonaro devra prouver qu’il dispose d’une véritable stature d’homme d’Etat pour opérer ce virage radical qu’il prétend imposer au pays. Déjà accusé de travailler dans la plus grande improvisation, le sexagénaire a tenté de dissiper les doutes en publiant l’agenda du gouvernement pour les cent jours à venir. Mais le document, introduit par un verset de la Bible « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira » (Jean 8-32), peine encore à clarifier le contenu de cet ambitieux programme.

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2 janvier 2019

David Bellemere - photographe

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2 janvier 2019

Au premier trimestre 2019, trois réformes à hauts risques

Par Cécile Chambraud, Sarah Belouezzane, Benoît Floc'h - Le Monde

L’exécutif se penchera sur l’assurance-chômage, la réforme de l’Etat et la révision de la loi de 1905.

La réforme des institutions, abandonnée en juillet, a été repoussée après le grand débat lancé par le gouvernement pour répondre à la crise des « gilets jaunes ». Quant à la réforme des retraites, elle n’interviendra qu’au lendemain des européennes de mai 2019. Au premier trimestre de l’année qui s’ouvre, le gouvernement se concentrera sur trois chantiers délicats : l’assurance chômage, la réforme de l’Etat et le toilettage de la loi de 1905.

L’assurance chômage, des pistes explosives

Point central du programme social d’Emmanuel Macron, la réforme de l’assurance chômage a été officiellement lancée en novembre. Au menu : indemnisation des indépendants et des démissionnaires et mise en place d’un bonus-malus sur les cotisations patronales pour les entreprises qui abusent des contrats courts. Dans son document de cadrage, le gouvernement a également demandé de nouvelles économies drastiques aux syndicats et au patronat : 3 à 3,9 milliards d’euros sur trois ans.

Ce faisant, l’exécutif a ouvert un nouveau front avec des syndicats qui se sentaient déjà mal aimés par le pouvoir. Ils l’ont dit et répété : hors de question pour eux de rogner les indemnités des chômeurs pour trouver l’argent demandé. Quant au patronat, il est hostile à une hausse des cotisations sur les contrats courts, préférant une baisse des indemnités pour les cadres ou encore une diminution des droits de retraite engrangés par les demandeurs d’emploi.

Des pistes jugées explosives. Lancées en novembre, les discussions se sont révélées plus compliquées que prévu. Mais, crise des « gilets jaunes » oblige, le gouvernement a consenti à desserrer l’étau en ajoutant deux séances supplémentaires de négociation aux partenaires sociaux. Car sans accord, c’est le ministère du travail qui reprendrait la main, au risque de remettre une pièce dans la machine de la contestation sociale.

La réforme de l’Etat, « la mère des batailles »

Ceux qui travaillent sur le vaste chantier de la réforme de l’Etat ont poussé un « ouf » de soulagement après le discours d’Emmanuel Macron, le 10 décembre. « Vous avez entendu le président de la République : la réforme de l’Etat est à l’agenda », confiait l’un d’eux le lendemain. Pour le chef de l’Etat, ce tentaculaire processus de changement est « la mère des batailles ». « C’est un enjeu fondamental pour agir plus vite et obtenir plus rapidement des résultats concrets », poursuit la même source.

La réforme de la fonction publique devrait déboucher, sans doute en février, sur un projet de loi. Les principales dispositions sont connues. Il s’agit de rénover les instances de dialogue social en en supprimant certaines. Le gouvernement souhaite également recourir plus largement au contrat dans le recrutement des fonctionnaires et développer la rémunération de ceux-ci au mérite. Enfin, des plans de départ volontaire seront proposés à ceux qui veulent partir, notamment les hauts fonctionnaires sans poste.

Il sera aussi question de réformer les grands corps (Cour des comptes, inspection générale des finances, Conseil d’Etat). Mais la réforme de l’Etat, ce sera aussi une nouvelle organisation territoriale : le gouvernement souhaite clarifier les compétences, chasser les doublons, tout en rendant l’Etat plus présent sur le terrain. Les hauts cadres de l’Etat devraient aussi bénéficier de davantage d’autonomie. Le tout en tenant la promesse de campagne de réduire le nombre de fonctionnaires de 120 000 et de baisser la dépense publique.

Réformer la loi de 1905, pour prévenir les dérives

Le chef de l’Etat est attendu sur la retouche des lois qui encadrent l’exercice des cultes, singulièrement la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. C’est la voie que semble avoir choisie le président pour répondre aux attentes concernant la régulation du culte musulman. Un texte en préparation vise à pousser les acteurs de ce culte à se couler dans le régime associatif établi par la loi de 1905, alors que la très grande majorité d’entre eux ont choisi le régime de la loi de 1901 sur la liberté d’association, moins contraignant mais qui ne donne pas droit aux mêmes avantages fiscaux.

Les contrôles seraient renforcés pour améliorer la transparence des associations qui gèrent des mosquées, s’assurer qu’elles respectent les impératifs de l’ordre public, clarifier leur gouvernance et vérifier l’innocuité d’éventuels financements étrangers. Le texte devrait rapprocher les exigences imposées aux associations « loi 1901 » qui gèrent un lieu de culte de celles relevant de la loi de 1905 pour créer un socle d’obligations communes. A l’avenir, toutes les associations loi de 1901 à objet cultuel seraient tenues de publier leurs comptes annuels, comme leurs homologues de la loi de 1905. Elles devraient aussi faire certifier leurs comptes par un commissaire aux comptes, même lorsqu’elles perçoivent moins de 153 000 euros de dons (seuil actuellement en vigueur).

Les deux types d’associations devraient être tenues de déclarer les dons provenant de l’étranger. Les associations « loi de 1905 » devront faire renouveler tous les cinq ans, auprès de la préfecture, leur agrément comme association cultuelle. Les appels à la haine formulés dans un lieu de culte pourraient être réprimés plus sévèrement.

2 janvier 2019

Extrait d'un shooting

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2 janvier 2019

Emmanuel Macron déterminé à reprendre le fil de son quinquennat

Par Cédric Pietralunga - Le Monde

Dix-neuf mois après son élection et alors qu’il vient de vivre six semaines de violente contestation, le président est apparu offensif lors de ses vœux, lundi.

« Je suis au travail (…) déterminé à mener tous les combats. » Dix-neuf mois après son élection et alors qu’il vient de vivre six semaines de violente contestation, Emmanuel Macron est apparu offensif lors de ses vœux aux Français, retransmis lundi 31 décembre et suivis par plus de 11 millions de téléspectateurs. Comme un symbole, c’est debout et sans pupitre que le chef de l’Etat a d’ailleurs prononcé son discours, enregistré dans le salon d’angle de l’Elysée, là où se trouve son bureau.

Loin des paroles de contrition de sa précédente allocution, diffusée le 10 décembre et destinée à calmer la contestation des « gilets jaunes », Emmanuel Macron s’est montré cette fois déterminé à reprendre le fil de son quinquennat, perdu ces dernières semaines sur les ronds-points de l’Hexagone. Plus question de laisser croire que l’action du chef de l’Etat serait entravée par les manifestations et les blocages. Le président n’a d’ailleurs pas prononcé une seule fois le mot de « gilets jaunes » lors des dix-sept minutes de son intervention, comme s’il voulait montrer que l’épisode est derrière lui.

Alors que des violences ont encore émaillé certaines de leurs actions lors de « l’acte VII » du mouvement, samedi 29 décembre, M. Macron a assuré que « l’ordre républicain sera assuré sans complaisance ». Dans une allusion transparente aux leaders de la contestation, l’hôte de l’Elysée a fustigé les « porte-voix d’une foule haineuse » qui s’en prendraient, selon lui, « aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels » sous prétexte de « parler au nom du peuple ».

« Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui ont précédé se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain, elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions », a déclaré le chef de l’Etat, en référence aux dérapages commis par certains lors de manifestations ou sur les réseaux sociaux. « J’ai vu ces derniers temps des choses impensables et entendu des choses inacceptables », a-t-il ajouté. A ceux qui réclament sa démission, il a aussi rappelé que si « le peuple est souverain », il « s’exprime lors des élections » et non pas dans la rue.

« Aucun renoncement »

Bien sûr, M. Macron a reconnu qu’il existait une « colère » dans le pays, « contre les injustices, contre le cours d’une mondialisation parfois incompréhensible » ou « contre un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance ». Il a également dénoncé le « capitalisme ultralibéral et financier, trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns », et reconnu qu’il fallait « remettre l’homme au cœur » de l’action de l’exécutif. « Nous devons faire mieux », a-t-il aussi concédé, expliquant qu’il allait écrire aux Français dans les prochains jours afin de préciser les contours du grand « débat national » promis pour répondre à la crise et qui doit débuter mi-janvier.

Mais rien à voir avec le mea culpa de ses précédentes prises de parole, lors desquelles l’ancien ministre avait concédé avoir pu « blesser certains » par ses déclarations, comme celle sur le « pognon de dingue » que coûteraient les aides sociales, ou s’était excusé d’avoir donné le sentiment que la « colère » exprimée par les « gilets jaunes » « n’était pas [s] on souci ».

Après avoir renoncé ces dernières semaines à certaines des mesures adoptées depuis le début de son mandat, comme la hausse de la taxe carbone au 1er janvier ou celle de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois, Emmanuel Macron s’est engagé à poursuivre les réformes promises durant sa campagne électorale. « L’impatience que je partage ne saurait justifier aucun renoncement », a-t-il expliqué.

Comme il s’y était engagé lors de sa campagne, le chef de l’Etat a listé ses chantiers à venir, indiquant qu’il allait « changer en profondeur les règles d’indemnisation du chômage, afin d’inciter davantage à reprendre le travail, l’organisation du service public, pour le rendre plus efficace, et notre système de retraite, pour le rendre plus juste ». Le prochain conseil des ministres, prévu vendredi 4 janvier, devrait donner un premier aperçu de l’agenda de l’exécutif sur ces sujets. Mais déjà, le gouvernement a publié au Journal officiel, dimanche 30 décembre, un décret durcissant les sanctions pour les chômeurs qui manqueraient à leurs obligations.

Le scrutin européen

Après avoir dû concéder le 10 décembre plus de 10 milliards d’euros de mesures en faveur du pouvoir d’achat, M. Macron a aussi laissé entendre que cette prodigalité n’était pas amenée à se renouveler. « Il serait dangereux que notre situation nous conduise à ignorer le monde qui nous entoure », a-t-il justifié, alors qu’une partie de la majorité mais aussi du gouvernement s’inquiète de voir le déficit public de nouveau déraper. « Nous dépensons pour le fonctionnement et en investissement pour notre sphère publique plus que la moitié de ce que nous produisons chaque année », a-t-il rappelé.

Signe de cette volonté de se projeter rapidement dans l’après- « gilets jaunes », Emmanuel Macron a enfin évoqué le scrutin européen du 26 mai, qui s’annonce pourtant difficile pour lui. « Je crois très profondément dans cette Europe qui peut mieux protéger les peuples et nous redonner espoir », a-t-il déclaré, assurant qu’il allait proposer « dans les prochaines semaines (…) un projet européen renouvelé ».

Malgré les difficultés, le chef de l’Etat ne semble d’ailleurs pas décidé à changer de stratégie pour cette élection, dont plusieurs de ses adversaires veulent faire un référendum anti-Macron. Comme ses proches le répètent depuis des mois, c’est l’électorat conservateur que La République en marche va tenter de séduire. Dans ses vœux, Emmanuel Macron a ainsi utilisé plusieurs formules destinées à sonner doux à leurs oreilles. « On ne peut pas travailler moins et gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses », a-t-il notamment déclaré. Il a aussi loué le « sens de l’effort et du travail ».

Les leaders de l’opposition ne s’y sont pas trompés et ont très vite attaqué le chef de l’Etat. La porte-parole des Républicains Laurence Sailliet a critiqué mardi sur Europe 1 un président toujours « totalement dans le déni ». Sur Twitter, Marine Le Pen a fustigé « un pyromane » et « un imposteur ». Dans un message de vœux, la présidente du Rassemblement national a aussi salué la « mobilisation fraternelle » des « gilets jaunes ». Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a, lui, dénoncé sur Twitter « un rideau de fumée » créé par un « lunaire donneur de leçons » et a exhorté le chef de l’Etat au « partage des richesses ».

Reste à savoir si cette détermination mâtinée d’empathie suffira, d’ici au prochain scrutin européen, à redresser la courbe de popularité du chef de l’Etat, qui atteint un étiage inédit. Selon le baromètre Harris interactive publié lundi 31 décembre, les Français ne sont plus que 31 % à faire confiance au président, un chiffre jamais atteint depuis le début de son quinquennat. Et six Français sur dix n’ont pas jugé Emmanuel Macron convaincant lors de ses vœux, selon un sondage réalisé par OpinionWay après l’allocution et publié mardi.

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2 janvier 2019

Presse politique

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2 janvier 2019

Au Casino de Paris ce soir : Paul Taylor

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Un show en anglais et en français, dans lequel l'humoriste se pose des questions existentielles. Bilingue, il est confus quant à son identité : Anglais ou Français ? Combien de bises doit-on faire lorsque l'on dit bonjour ? Pourquoi y-a-t-il 15 jours dans deux semaines ? Ce sont des questions que Paul Taylor se pose tous les jours. Il parle français comme un « Froggy » mais il pense comme un « Rosbif »…

L'humoriste s'est fait connaître avec sa vidéo en ligne « La Bise », qui se moque en anglais de cette pratique bien française. À la suite de ce succès, Canal + lui demande de faire un programme régulier, ce qui donnera 34 épisodes de What the Fuck France. Son show #Franglais est sur les planches depuis 2016.

1 janvier 2019

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1 janvier 2019

« Gilets jaunes » : peut-on comparer le mouvement aux révoltes du passé ?

1 janvier 2019

L'installation de Claude Lévêque à l'Opéra Garnier fait polémique (A juste titre !)

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L'installation de Claude Lévêque en haut de l'escalier du Palais Garnier © Lionel BONAVENTURE / AFP

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

L’installation signée Claude Lévêque consistant en deux pneus dorés géants venant orner l'escalier intérieur de l'Opéra de Paris à l'occasion de ses 350 ans, et dévoilée dimanche 30 décembre, fait grincer certaines dents. Le plasticien se défend pour sa part d’avoir voulu provoquer.

L'année 2019 marque un double anniversaire, les 350 ans de l'Opéra de Paris, dont la scène historique se situe au palais Garnier, et les 30 ans de l'Opéra Bastille, que Lévêque a également couronné d'un diadème lumineux pour l'occasion. L'Opéra national de Paris (ONP) avait donné carte blanche à l'artiste français de 65 ans qui a conçu cet ensemble d'installations baptisées "Saturnales".

Deux pneus de tracteurs à la feuille d’or

À Garnier, les œuvres de Lévêque doivent rester un an à l'intérieur de ce temple français de l'art lyrique, monument emblématique et touristique de Paris, dont des néons inclinés diffusent une lumière bleutée dans la Rotonde, qui se reflète dans les miroirs. "C'est comme un carrousel, une invitation à la danse, à la valse", selon Claude Lévêque à l'AFP.

Mais ce sont surtout deux grands pneus, de la taille de deux roues de tracteur, sculptés et couverts à la feuille d'or, et dressés sur les deux rampes du grand escalier central, qui ont attiré les regards et les critiques sur les réseaux sociaux.

"Ces deux immondices dorées sont donc prévues pour rester toute l'année 2019 à Garnier ? Joyeux anniversaire l'Opéra de Paris...", a tweeté un internaute. "Lamentable, grotesque, scandaleux ! Ou comment saccager un lieu magnifique et emblématique sous le prétexte d'art contemporain !!!", s'indigne un autre. "Le palais Garnier est sponsorisé par Michelin ?", "C'est le salon de l'auto ou quoi", ironisent d'autres sur Twitter. Certains surfent aussi sur l'actualité : "deux pneus de tracteur dorés à l'Opéra Garnier? C'est pour sensibiliser la bourgeoisie de Paris au mouvement #GiletsJaunes".

Un autre internaute trouve toutefois que "ça s'intègre assez bien", estimant que "c'est provocant mais temporaire". "Ces pneus ne sont nullement là pour provoquer", assure à l'AFP l'artiste qui y voit plutôt un dialogue constructif avec une architecture intérieure "très structurée, chargée, mécanique, organique", relevant la symbolique du mouvement.

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Claude Lévêque devant son installation du Palais Garnier (2018) © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Des précédents

L'artiste, qui confie avoir eu "beaucoup de plaisir" à concevoir ce projet, l'a imaginé dans une dialectique de lumière et d'obscurité, de contrastes et dialogues entre arts contemporain et ancien.

Les commentaires ne sont pas sans rappeler les polémiques qui avaient accompagné l'érection d'œuvres d'art contemporain devant des monuments emblématiques de la capitale françaises ces dernières années.

En 2014, le "Tree" du plasticien Paul MacCarthy - un sextoy gonflable de 24 mètres de haut érigé place Vendôme - avait provoqué un torrent de réactions indignées. En 2015, le "vagin de la reine" du Britannique Anish Kapoor avait été vandalisé dans le parc du château de Versailles. Plus récemment, la sculpture "Bouquet of tulips" de l'Américain Jeff Koons, qui devait s'ériger sur le parvis du Palais de Tokyo et du Musée d'art moderne, a finalement été destinée à un autre emplacement face à la contestation de Parisiens opposés à cette installation.

À Garnier, outre les pneus et l'installation dans la Rotonde, Claude Lévêque a ajouté tout autour du bassin dit "de la Pythie", sous le grand escalier central, des lustres portant des grappes de lampes couleur fuchsia.

À l'Opéra Bastille, construit il y a 30 ans sous François Mitterrand, un diadème géant formé de 16 mâts lumineux illumine depuis une dizaine de jours le quartier la nuit, un hommage aux jambes tendues des danseurs et danseuses du Lac des Cygnes, selon Lévêque.

L'artiste n'en est pas à sa première collaboration avec l'Opéra : en 2010 il avait été le scénographe du ballet Siddharta du chorégraphe Angelin Preljocaj. L'an dernier, il avait tourné un court-métrage teinté de mystère, le Lac perdu, sur le lac souterrain et les coins méconnus de l'Opéra Garnier.

L'Opéra de Paris célèbre en 2019 ses 350 ans avec le slogan "moderne depuis 1669", date de sa fondation par Louis XIV, sous le nom de L'Académie royale de musique.

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