Entretien : « Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail »
Par Sylvia Zappi
Le sociologue Yann Le Lann (université de Lille) a coordonné une enquête d’un mois sur le mouvement de protestation. Il revient pour « Le Monde » sur les enseignements de l’étude.
Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste des questions de travail et de salaires, il a coordonné l’enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et Sciences-Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail.
Ce mouvement est passé d’une revendication contre les taxes sur les carburants à une demande de hausse des salaires. Vous expliquez que c’est une bascule très signifiante. Pourquoi ?
Parce que c’est important pour comprendre le décalage entre la première perception de cette mobilisation et sa réalité politique, ce qui a donné lieu à un malentendu sur ce mouvement. Les premiers temps, les chaînes d’information l’ont présenté comme l’expression d’un ras-le-bol des territoires périurbains braqués contre la taxe sur les carburants. Le mouvement a eu l’intelligence de subvertir cette audience pour déplacer la revendication vers des enjeux de salaire et de retraite qui sont devenus le cœur de leur plateforme.
A nos yeux, c’est donc la question de la reconnaissance du travail qui est en jeu. Ceux qui se mobilisent sont des salariés qui n’ont pas les moyens de se mettre en grève. Parce que leur budget est trop contraint ou parce qu’ils n’ont pas les ressources politiques autour d’eux pour porter une revendication salariale auprès de leur patron. Ou parce qu’ils ont déjà fait l’expérience d’une négociation salariale qui a échoué.
Et pourtant, les « gilets jaunes » sont passés à une plateforme revendicative beaucoup plus large…
Oui, parce que l’écho médiatique leur a permis de se faire entendre sur d’autres enjeux. Mais la question centrale demeure celle du travail. Comme, pour eux, le canal classique de la revendication collective, organisée sur les lieux de travail, est bouché, ça a débordé ailleurs : ils ont en quelque sorte contourné cette impossibilité en s’organisant en dehors des heures de travail, sur des barrages et des places, en occupant l’espace public. Du coup, ce n’est pas le patron qui est interpellé mais l’Etat, qui est jugé comme ayant une responsabilité en matière salariale et se retrouve à devoir gérer ces revendications. C’est tout à fait nouveau et c’est un défi pour lui.
N’est-ce pas une remise en cause des syndicats ?
C’est en tout cas un coup de semonce. Les « gilets jaunes » sont très loin des organisations syndicales. Ceux que nous avons interrogés portent un regard très varié sur leur action ; nous avons tenté de les répartir en trois groupes. Le premier, très largement majoritaire, regroupe tous ceux qui n’ont aucun contact avec les syndicats. Cela concerne les nombreux salariés des petites et moyennes entreprises (PME) ou très petites entreprises (TPE) dans lesquelles il n’y a pas de structuration de la négociation collective.
Ensuite, il y a ceux qui ont été en contact avec des syndicats, voire en ont été membres, ont tenté de négocier des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail, et n’ont pas obtenu gain de cause. Ils en ressentent une forme d’amertume. Le troisième profil, minoritaire, correspond à des personnes plus politisées qui veulent qu’il y ait convergence de luttes avec d’autres secteurs professionnels emmenés par les syndicats, comme les fonctionnaires, par exemple.
Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?
Nos chiffres sur les parcours de vote des « gilets jaunes » vont dans le sens de sondages déjà publiés : on a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les abstentionnistes et votes blancs, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’extrême droite, avec au milieu une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans.
Comment cela se traduit-il en termes de valeurs politiques ?
Il y a indéniablement parmi les « gilets jaunes », une part importante qui ressent une vraie crainte à l’égard de la crise migratoire et qui, lorsqu’on l’interroge sur l’immigration, porte des idées xénophobes ou racistes. Ainsi, 48 % des personnes que nous avons interrogées estiment, qu’en matière d’emploi, « on devrait donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière ».
Malgré cela, le mouvement s’est politisé sur des slogans qui empruntent aux valeurs de la gauche. Car les porte-parole des ronds-points ont privilégié les mots d’ordre qui permettaient de fédérer les groupes actifs. Ce sont les revendications sur les salaires, les retraites, le référendum d’initiative cityenne (RIC), qui se sont avérées les plus consensuelles et ont permis au mouvement de durer. Les « gilets jaunes » ont eu cette intelligence collective d’orienter leur parole publique sur le social et d’éviter de faire caractériser leur mobilisation comme un mouvement de « petits blancs » récupérable par l’extrême droite.
Votre constat ne vient-il pas contredire les observations de plusieurs chercheurs de Bordeaux dont « Le Monde » a publié les résultats ?
Non, ils sont très complémentaires. Parce qu’il y a deux niveaux de pensée : les valeurs que l’on n’assume pas dans le face à face avec un enquêteur, et celles que l’on affirme seul en répondant à un questionnaire en ligne. Ces deux types d’enquête donnent des résultats souvent très différents.
Notre collectif a pu mesurer qu’une partie des « gilets jaunes » est très sensible aux thèses présentant l’immigration comme un danger mais qu’ils ne les défendent pas à l’intérieur du mouvement. Cette façon de penser le problème social comme étant identitaire n’a pas eu de prise dans la mobilisation : les slogans xénophobes sont demeurés très minoritaires. C’est la critique du gouvernement et la dénonciation d’une politique économique du pays qui a soudé tout le monde.
On a senti une lutte d’influence entre deux ailes du mouvement, les « mélenchonistes » et les sympathisants de Marine Le Pen. L’avez-vous perçue ?
Cette opposition existe à l’évidence mais elle demeure difficile à capter parce qu’il y a très peu de militants organisés. Cela reste sourd, latent, entre des petits noyaux qui veulent que le mouvement s’organise autour des enjeux de démocratie et de justice sociale et des tentatives de récupération de l’extrême droite sur les questions identitaires. Cette dernière a cependant échoué à l’intérieur du mouvement : j’ai le sentiment que le pôle abstentionniste n’est pas en train de basculer dans les bras de Marine Le Pen.
Le fait que la revendication de hausse du smic ait été autant centrale en est le signe. Tout comme la réaction massive contre les violences policières vécues sur les barrages et dans les manifestations du 1er décembre. Ce qui ne dit pas pour autant que le Rassemblement national ne puisse pas gagner, auprès d’une partie des Français, la bataille sur le sens du mouvement, alors qu’il n’est pas arrivé à imposer ses thèses à l’intérieur.
Presse - le JDD
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L’économie mondiale va ralentir en 2019, mais pas forcément s’effondrer
Par Marie de Vergès
La crainte d’une guerre commerciale et de la fin de la croissance américaine pèsera sur la conjoncture.
Sur le front de la croissance mondiale, l’année 2018 avait commencé sur les chapeaux de roue. A l’aube de 2019, c’est le pessimisme qui domine. Tandis que le Fonds monétaire international (FMI) ne cesse de mettre en garde contre les « nuages en train de s’amonceler », les marchés, ces dernières semaines, ont semblé jouer à se faire peur.
Aux Etats-Unis, investisseurs et économistes se sont mis à guetter l’« inversion » de la courbe des taux. Autrement dit, ce moment où emprunter à court terme devient plus cher qu’emprunter à long terme, un phénomène traditionnellement annonciateur de récessions. Ils ne sont pas les seuls à envisager le scénario du pire : une enquête réalisée début décembre auprès des directeurs financiers d’entreprises américaines révèle que 49 % d’entre eux anticipent une contraction d’ici à la fin de 2019. Et ils sont plus de 80 % à prévoir une récession en 2020.
Le contexte international nourrit les inquiétudes. Pékin et Washington ont signé un armistice commercial, mais faute de parvenir à un accord définitif d’ici le mois de mars, les hostilités pourraient reprendre. L’activité a déjà commencé à décélérer en Chine, ce gros moteur de l’économie mondiale.
Ailleurs dans le monde, l’Allemagne, le Japon, l’Italie ou la Suisse ont vu leur produit intérieur brut (PIB) se contracter au troisième trimestre. En décembre, la croissance du secteur privé en zone euro est même tombée à son niveau le plus bas depuis quatre ans. La menace d’un Brexit désordonné, chaque semaine plus plausible, rajoute une touche d’incertitude. De quoi faire sérieusement trébucher une économie planétaire qui a progressé de 3,7 % cette année ?
« Oui, il y aura un ralentissement de la croissance. Mais les données que l’on observe ne sont pas conformes à ce qu’il se passe d’ordinaire avant une récession », nuance Pierre Lafourcade, économiste chez UBS et co-auteur d’une note publiée fin novembre, qui passe en revue 120 récessions intervenues dans 40 pays lors des 40 dernières années. « Si l’on était à un tel tournant, la consommation, par exemple, se mettrait à ralentir très fortement. Or ce n’est pas le cas, ni aux Etats-Unis, ni en zone euro, ni au Japon », illustre-t-il.
Le Fed met fin aux crédits bas
« L’automne vient, plutôt que l’hiver », estime aussi Peter Gruenwald, chef économiste de l’agence de notation S&P Global, dans une note publiée mi-décembre, détournant l’une des répliques cultes de la série Game of Thrones (« l’hiver vient »). La progression du PIB mondial va bien mollir, dans le sillon des Etats-Unis et de la Chine, mais « ce ralentissement est à la fois nécessaire et sain », estime M. Gruenwald.
Les ressorts de cette baisse de régime sont connus. Aux Etats-Unis, les effets des baisses massives d’impôts offertes par Donald Trump vont commencer à s’estomper. Quant à la politique monétaire, elle, n’agit plus comme un soutien à la croissance. En augmentant à plusieurs reprises le loyer de l’argent, la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, a mis fin à une décennie exceptionnelle de taux proches de zéro.
Ce faisant, elle renchérit le coût du crédit et freine l’économie. Mais c’est précisément l’objectif poursuivi par l’institution, qui cherche à lutter contre les pressions inflationnistes. Et, sauf choc exceptionnel, la croissance des Etats-Unis devrait rester plus dynamique que dans le reste des pays avancés. A compter de juillet 2019, l’économie américaine aura connu sa plus longue phase d’expansion jamais enregistrée. Ce qui ne signifie pas qu’elle doive forcément se contracter.
En face, la Chine a semblé tanguer ces derniers mois. Mais pour soutenir l’activité et prévenir tout effet délétère de la guerre commerciale, Pékin a desserré les cordons de sa Bourse. Au programme : assouplissement monétaire et baisses d’impôts pour les ménages et les entreprises. « Cette politique de relance devrait permettre de stabiliser la croissance chinoise, et profiter à la fois aux pays émergents et aux pays développés », prédit Mathilde Lemoine, chef économiste du groupe Edmond de Rothschild.
Certains s’inquiètent que les deux premières puissances économiques mondiales faiblissent simultanément. Mais cette situation n’est pas inédite. Un tel cas de figure s’est déjà présenté à trois reprises – en 2011, 2013 et 2016 – depuis la grande crise financière, rappelle une note récente du cabinet d’analyses Oxford Economics.
« Cela n’a pas déclenché une véritable chute de la croissance » dans le reste du monde, souligne son auteur Ben May. Selon l’économiste, des ralentissements bien contrôlés sont même souhaitables aux Etats-Unis et en Chine, puisqu’ils permettraient d’« éviter l’accumulation de déséquilibres. »
Quant à la zone euro, le trou d’air des derniers mois a largement résulté de facteurs conjoncturels. Les problèmes spécifiques liés au secteur automobile allemand, la chute des exportations vers la Turquie ou les perturbations en France provoquées par le mouvement des « gilets jaunes », ont pesé sur la dynamique. Celle-ci peut-elle reprendre un peu d’allant, une fois résorbés ces chocs temporaires ? Sans doute, même si la prudence est de mise.
« La zone euro sera un foyer d’incertitudes, estime Mathilde Lemoine. Sa croissance manque de relais et le renouvellement des institutions européennes, avec le risque d’un renforcement des partis anti-européens, pourrait inquiéter les investisseurs. »
En Europe comme dans le reste du monde, les risques restent prégnants. A commencer par celui d’une confrontation commerciale qui regagnerait en vigueur entre les Etats-Unis et leurs partenaires, jusqu’à doucher la confiance et paralyser l’investissement. Mais le pire n’est pas toujours certain, insiste Anton Brender, chef économiste chez Candriam : « A moins d’un gros choc que l’on ne peut prédire aujourd’hui, il n’y a pas de raison que l’activité s’effondre. »
CRAIG MOREY (MOREY STUDIO)
THAI GIRLS FROM MOREY STUDIO
Craig Morey est né en 1952 dans l'Indiana, aux États-Unis. En 1974, Morey s'est installé en Californie, où il fonde avec d'autres photographes : "San Francisco Camerawork", le premier centre photographique à but non lucratif sur la côte Ouest. En 1981, Morey a quitté le centre et poursuit sa carrière en free-lance. San Francisco Focus, Californie Magazine, Interview, Newsweek, Penthouse, Cupido, et le Journal of Erotica ont publié ses photos. Il travaille également pour Apple, Avon, Computer, Levi Strauss, Neutrogena, etc... A partir de 1988, il travaille régulièrement pour Penthouse. Craig a accepté avec plaisir notre invitation. Nous sommes enchantés de présenter quelques photographies érotiques, réalisées avec de jeunes modèles thaïlandaises.
Les dérapages antisémites et violents de certains « gilets jaunes » jettent le trouble
Par Abel Mestre - Le Monde
La mobilisation en berne, samedi, lors de l’« acte VI » du mouvement, a mis en lumière les éléments les plus radicaux. A gauche, beaucoup préfèrent se taire plutôt que risquer de se couper de la protestation.
Il en va ainsi souvent des mouvements sociaux : lors des phases de reflux, où la mobilisation est moindre, se remarquent, par contraste, les éléments les plus radicaux qui n’entendent pas abandonner la lutte. C’est ce que l’on a pu constater, samedi 22 décembre, lors de l’« acte VI » des « gilets jaunes » qui a réuni 40 000 personnes (selon le ministère de l’intérieur) sur l’ensemble du territoire.
A Paris, 59 personnes ont été placées en garde à vue, dont quatre mineurs, selon le parquet de Paris. Dans ce mouvement inédit et protéiforme où des manifestants apartisans côtoient des personnes issues de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, plusieurs épisodes ont donné à voir des scènes qui ont jeté le trouble.
Le premier a eu lieu samedi matin au pied du Sacré-Cœur, à Paris. Des manifestants portant des « gilets jaunes » ont été filmés en train de faire des quenelles et d’entonner une chanson du polémiste antisémite Dieudonné. La quenelle est un geste et une expression loin d’être neutres puisque l’ancien humoriste l’a inventé en 2009, lorsqu’il menait une liste antisioniste pour les élections européennes. Il s’agissait alors de « glisser une petite quenelle dans le fond du fion du sionisme ». En réaction, le premier ministre, Edouard Philippe, a affirmé dimanche matin sur Twitter, qu’« il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales ».
« Hors de question de banaliser de tels gestes »
Une autre vidéo circule également, captée dans la capitale par le journaliste indépendant Clément Lanot, où des « gilets jaunes » portant une banderole « la banque gouverne », sont agenouillés et reçoivent des gaz lacrymogènes. L’un d’eux lâche : « Vous nous gazez comme des putains de juifs ! »
Par ailleurs, une enquête a été ouverte du chef « d’injures publiques en raison de la race ou de la religion et contestation de crime contre l’humanité », après qu’une vieille dame a été verbalement agressée dans le métro parisien samedi soir par trois personnes portant des gilets jaunes. Ces derniers criaient des « Macron démission », raconte sur Twitter Thibaut Chevillard, journaliste à 20 Minutes et témoin des événements. Ils font ensuite le geste de la quenelle. Une dame âgée se lève et leur demande d’arrêter, leur dit qu’elle « est juive et ancienne déportée à Auschwitz ». Ils lui répondent en lui disant de « dégager » et ont tenu des propos négationnistes.
Autre scène qui a choqué : durant la soirée, des motards de la police nationale ont été pris à partie sur les Champs-Elysée par une vingtaine de manifestants après que les forces de l’ordre ont lancé des grenades de désencerclement et lacrymogènes. L’un des policiers dégainant même son pistolet mettant en joue un des assaillants, avant de le ranger dans son étui. Une enquête pour « violences volontaires avec arme en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradations de biens publics » a été ouverte.
La veille, la mise en scène de la décapitation d’Emmanuel Macron à la hache, vendredi à Angoulême, avait déjà marqué les esprits.
La gêne de la gauche
Tous ces événements jettent une lumière trouble sur les « gilets jaunes » et gênent la gauche qui se retrouve au pied du mur. Ses cadres ne veulent pas généraliser ces comportements à l’ensemble des manifestants, mais il leur faut les condamner. Ne voulant pas se couper du mouvement, certaines figures préfèrent ainsi garder le silence. D’autres pas.
Clémentine Autain, députée (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis a très vite condamné ces agissements. Elle a ainsi écrit sur Twitter : « Totalement solidaire de la colère sociale des “gilets jaunes” mais la quenelle de Dieudonné, non. La révolte populaire, oui. L’antisémitisme, jamais. Et surtout pas au nom des “gilets jaunes” ».
La sénatrice écologiste Esther Benbassa et le communiste Ian Brossat ont pris des positions similaires. Mme Autain insiste: « Il faut être dans le mouvement mais aussi mener la bataille contre l’extrême droite et assumer les lignes de fractures avec elle. »

















