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Jours tranquilles à Paris

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22 décembre 2018

SHUTDOWN

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22 décembre 2018

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22 décembre 2018

Faute d’obtenir un vote du Sénat sur son « mur », Trump provoque l’arrêt d’une partie de l’Etat fédéral

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Un quart des fonctionnaires sont concernés : environ 420 000, indispensables, devront travailler sans recevoir de salaire et 380 000 seront invités à rester chez eux.

Donald Trump s’est heurté à la réalité, vendredi 21 décembre. Incapable d’obtenir les 5 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros) qu’il exigeait pour commencer la construction du « mur » qu’il veut ériger sur la frontière avec le Mexique, il a contribué de manière décisive à un gel (shutdown) d’une partie du gouvernement fédéral entré en vigueur à minuit, heure de Washington.

Un quart des fonctionnaires fédéraux sont concernés. Environ 420 000 d’entre eux, indispensables au fonctionnement de l’Etat, devront travailler sans recevoir de salaire jusqu’à la conclusion d’un accord, alors que 380 000 seront invités à rester chez eux, également sans être payés. « Espérons que le shutdown ne durera pas longtemps », a affirmé le président dans une vidéo postée sur son compte Twitter dans la soirée de vendredi.

La partie était écrite à l’avance. Faute de disposer d’une majorité suffisamment large au Sénat, le président savait qu’il n’avait aucune chance d’avoir satisfaction. Mais il a compliqué la situation du fait d’un style hétérodoxe déjà illustré cette semaine par la décision abrupte de retirer les troupes américaines déployées en Syrie. Elle a poussé à la démission, jeudi, son très respecté secrétaire à la défense, James Mattis, provoquant une onde de choc à Washington et bien au-delà.

Cet exercice solitaire du pouvoir s’est vérifié sur la question du « mur », une promesse de campagne qu’il n’a jamais pu concrétiser pendant deux ans en dépit d’un contrôle total du Congrès. Après avoir promis pendant la campagne présidentielle que le Mexique financerait cet ouvrage controversé, Donald Trump a multiplié cette semaine les changements de cap sans la moindre concertation avec la direction républicaine du Congrès.

Impopularité des « shutdowns »

Il a ainsi brutalement refusé jeudi une simple prolongation de deux mois du financement des départements fédéraux concernés, dont celui qui est chargé des frontières, sans le moindre dollar pour le « mur », alors que le Sénat l’avait adoptée à l’unanimité, croyant avoir le feu vert de la Maison Blanche. La bronca de l’aile anti-immigration du camp conservateur, menée par l’inoxydable animateur radio Rush Limbaugh et la pamphlétaire Ann Coulter, avait convaincu le président de virer de bord.

Revenu au point de départ, une équation insoluble au Sénat, Donald Trump a alors enjoint le chef de la majorité républicaine à la haute assemblée, Mitch McConnell, de changer sur le champ les règles qui imposent une majorité qualifiée pour y faire adopter un projet de loi. Une option radicale que l’intéressé a déjà exclue à plusieurs reprises.

Donald Trump avait déjà ajouté la maladresse à la confusion en assurant, le 12 décembre, qu’il serait « fier de mettre à pied le gouvernement au nom de la sécurité des frontières ». « J’en prendrai la responsabilité », avait-il ajouté à l’occasion d’une rencontre avec les responsables démocrates du Congrès. Il a changé de ton, vendredi, en assurant que ces derniers en seraient les seuls coupables, pour tenter de se dégager du piège qu’il s’était tendu à lui-même compte tenu de l’impopularité des shutdowns.

Le président n’a cessé de prendre son public à témoin, vendredi, par le truchement de son compte Twitter. « Les démocrates essaient de minimiser le concept du mur, le qualifiant de dépassé. Mais le fait est que rien d’autre ne marchera, et cela est le cas depuis des milliers d’années. C’est comme la roue, il n’y a rien de mieux », a-t-il assuré alors que la chaîne CNN exhumait les propos critiques de celui qui est aujourd’hui son chef de cabinet par intérim, Mick Mulvaney, qualifiant en 2015 cette solution de « simpliste ».

Impasse

Dans l’après-midi, la défense du « mur » a été brusquement remplacée par un plaidoyer pour une « magnifique (…) barrière » constituée de lames de métal, illustration à l’appui, qui n’avait pas plus de chance de convaincre les démocrates que la formule précédente.

Cette impasse a été complétée par deux informations défavorables pour l’administration américaine. Le ministre mexicain des affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a ainsi nié un accord annoncé par Washington, qui avait laissé entendre la veille que le Mexique avait accepté d’héberger les demandeurs d’asile pendant l’examen de leur dossier par les autorités américaines. « Nous n’avons pas signé de traité, nous n’allons pas le faire et tout le processus de demande d’asile ne se fera pas au Mexique », a-t-il assuré.

La Cour suprême des Etats-Unis a de son côté refusé d’annuler la suspension par une cour d’appel fédérale de San Francisco (Californie) d’un décret présidentiel signé le 9 novembre par Donald Trump. Ce texte, combattu par les organisations de défense des droits de l’homme, entendait mettre en place le rejet automatique des demandes d’asile déposées par des personnes ayant traversé illégalement la frontière.

Survenant après la hausse des taux d’intérêt décidée par la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale), au grand dam du président, ce tumulte a contribué une nouvelle fois à la nervosité des marchés.

Vacances en Floride reportées

Au terme de la pire semaine depuis 2008, les principaux indices boursiers ont une nouvelle fois chuté, effaçant largement les gains de l’année écoulée. Les propos pessimistes d’un conseiller de Donald Trump sur le commerce, Peter Navarro, jugeant « difficile » un accord prochain entre Washington et Pékin ont encore ajouté au trouble.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le président s’était régulièrement appuyé sur la bonne santé de Wall Street pour vanter son action. Il n’en est plus question désormais.

Cerné par les affaires, à la tête d’une administration affaiblie par de nombreux départs, il a reporté son départ de la capitale fédérale alors qu’il avait prévu de passer les fêtes de fin d’année dans son club de luxe de Mar-a-Lago, en Floride. Avec comme perspective immédiate l’arrivée d’une majorité démocrate à la Chambre des représentants issue des élections de mi-mandat.

22 décembre 2018

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22 décembre 2018

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22 décembre 2018

Diplomatie : avec les derniers départs à la Maison Blanche, la promesse d’un trumpisme sans entraves

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

La démission du secrétaire à la défense, jeudi, laisse le président américain libre d’appliquer sa doctrine de rupture totale avec l’ordre mondial issu de 1945.

Le retrait des Etats-Unis de Syrie et la démission consécutive du secrétaire à la défense James Mattis, jeudi 20 décembre, marquent un tournant important pour la politique étrangère américaine. Donald Trump a désormais les mains libres pour appliquer une ligne en rupture avec sept décennies d’ordre mondial inspiré et réglé en grande partie par Washington.

Le président a répondu à ses nombreux critiques, jeudi, en assurant sur son compte Twitter que « sortir de Syrie n’était pas une surprise. Je fais campagne pour ça depuis des années ». Non sans arguments. Totalement imprévisible à court terme, il n’a jamais dévié en effet des quelques idées qui lui tiennent lieu de boussole.

Cette vision trumpienne du monde a longtemps été brouillée par plusieurs facteurs, à commencer par la nécessité, au lendemain d’une victoire imprévue, de faire appel à des experts venus de l’autre bord. Elle a également pâti de la difficulté du président d’aller au-delà des slogans qu’il martèle depuis des décennies, à commencer par le fait que les alliés des Etats-Unis profitent selon lui d’une bienveillance devenue la preuve de l’imbécillité de Washington, dans tous les sens du terme.

L’obsession de l’apparence de la force, traduite par un nouveau gonflement du budget du Pentagone, a également semblé contredire le souhait de ne plus jouer le rôle de gendarme du monde. Comme les frappes sur la Syrie ont détonné avec la promesse de rompre avec l’interventionnisme.

Un nationalisme sans entraves

La « Weltanschauung » (conception du monde) de ce descendant d’émigrés allemands repose sur un nationalisme sans entraves. Le terme est connoté aux Etats-Unis pour ses accointances avec le suprématisme blanc et l’isolationnisme du comité America First, mot d’ordre repris par le candidat puis par le président, hostile à l’entrée dans la seconde guerre mondiale. Le locataire de la Maison Blanche a pourtant fini par le reprendre à son compte publiquement lors de la campagne des élections de mi-mandat, après avoir eu comme compagnon de route l’un de ses chantres, Stephen Bannon.

Une bonne partie des positions de Donald Trump concordent avec celles du Parti républicain des années 1930. Ce dernier était alors hostile comme lui aux aventures étrangères, hostile à l’immigration et hostile aux traités de libre-échange, comme l’a rappelé le politologue conservateur Henry Oslen dans le Washington Post.

A dire vrai, rien de ce que peut contempler le président américain en 2018 ne peut l’inciter à abandonner la quête obsidionale de « murs » protecteurs. La crise de « la vision internationaliste libérale [au sens anglo-saxon], selon laquelle le monde est une sorte de plus grande Union européenne, évoluant inexorablement vers son propre type d’“union sans cesse plus étroite” via un réseau renforcé d’institutions internationales » ainsi décrite par le géopolitologue Walter Russel Mead dans le Wall Street Journal, ne peut que valider ses critiques et justifier la remise en cause des dogmes partagés par les deux grands partis américains.

L’acte fondateur de cette divergence irréconciliable avec les tenants de l’ordre américain postérieur à 1945, s’est déroulé le 20 juillet 2017, dans la salle sécurisée du Pentagone, le « Bunker ». Ce jour-là, ceux qui étaient surnommés les « adultes », le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, celui de la défense, et le conseiller économique, Gary Cohn, ont plaidé inlassablement pour le respect des règles installées par Washington et le respect des alliances, comme l’a raconté Bob Woodward dans son livre Peur (Seuil). Pour Donald Trump, il s’agissait précisément de tout ce dont il voulait se défaire. « C’est un crétin », avait commenté Rex Tillerson après le départ du président.

Ruptures spectaculaires

Jeffrey Goldberg a rappelé dans The Atlantic que son prédécesseur, Barack Obama, avait pu tenir des propos assez similaires à ceux de Donald Trump concernant les alliés des Etats-Unis, accusés d’en faire trop peu. Le président démocrate doutait également de l’utilité d’une présence américaine trop massive dans un Proche-Orient ingérable.

Méfiant vis-à-vis des interventions militaires étrangères trop souvent synonymes d’enlisements, M. Obama avait également procédé à un retrait contesté en Irak. Mais ce dernier n’était intervenu qu’au terme de longues délibérations, en concertation avec tous les échelons de l’administration et avec les Irakiens, les premiers concernés. Barack Obama ne contestait pas non plus l’utilité de l’architecture mise en place par les Etats-Unis. Il considérait qu’elle servait les intérêts américains au lieu de leur nuire.

Après de premières ruptures spectaculaires, sur l’accord de Paris ou sur celui du nucléaire iranien, le retrait de Syrie est une nouvelle illustration de l’America First de Donald Trump. Justifié initialement par l’affirmation contestée de la défaite de l’organisation Etat islamique (EI), le président a admis que la lutte se poursuivrait sans doute, mais qu’elle devrait désormais être conduite par d’autres.

La réduction annoncée du contingent en Afghanistan en serait la suite logique, tout comme, pourquoi pas, celle des forces déployées en Corée du Sud, évoquée de manière provocatrice par le président lors de la réunion de juillet 2017. Repliés derrière leurs frontières et dotés du plus dissuasif des gourdins, les Etats-Unis pourraient alors se concentrer sur leur prospérité.

La définition étriquée des intérêts nationaux qui sous-tend cette politique est pourtant une garantie de troubles. Le bon sens épais que Donald Trump met en avant nie une réalité aussi inévitable que la mondialisation. Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut répondre seul aux plus grands défis du XXIe siècle, qu’il s’agisse des migrations, de la prolifération nucléaire, ou du péril climatique. Et la vision d’un monde qui n’est plus ne peut être en la matière d’aucun secours.

22 décembre 2018

Trump marionnette ?

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22 décembre 2018

Les américains se retirent de Syrie

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22 décembre 2018

Gilets jaunes: Pour leur « acte VI », les GJ veulent envahir Montmartre, Versailles était un leurre

Pour ce qu’ils appellent « l’acte VI » de leur mobilisation, les Gilets jaunes semblent vouloir s’éparpiller, pariant sur une mobilité plus rapide que les forces de l’ordre.
Sur les canaux Telegram utilisés par le mouvement, le rassemblement à Versailles est présenté comme un leurre, le vrai rendez-vous principal étant Montmartre, devant la basilique du Sacré-Coeur.
Les Gilets jaunes annoncent également des regroupements à 10 heures : 
- rue de la paix (près de l’Opéra Garnier)
- centre commercial Beaugrenelle (Paris 15)
- Devant le Sénat
- Devant le siège de la Banque de France
A Montmartre, les rues sont très étroites et les forces de l’ordre seraient obligées de progresser à pied.
D'autres points de ralliement seront révélés à 12h30 puis à 15h30, détaillent les Gilets jaunes via les messageries chiffrées qu’ils utilisent pour mobiliser leurs troupes.
Parmi les autres actions envisagées ce samedi, le blocage des frontières mais aussi des entrepôts d’Amazon et du Marché d’intérêt national de Rungis, où viennent se fournir tous les commerçants et restaurateurs d’Ile-de-France. Les gendarmes mobiles déployés à Rungis ont étouffé dans l’oeuf hier soir une première tentative de blocage de ce point stratégique.
22 décembre 2018

Extrait d'un shooting

shooting (1)

1 from Jacques Snap on Vimeo.

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