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Jours tranquilles à Paris

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2 septembre 2018

BlacKkKlansman

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l'histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions. En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d'en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le "Grand Wizard" du Klan, David Duke, enchanté par l'engagement de Ron en faveur d'une Amérique blanche. Tandis que l'enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu'une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d'aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.

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2 septembre 2018

IRPP : prélèvement à la source

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2 septembre 2018

Cancer de la Prostate

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2 septembre 2018

Le JDD ce matin

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2 septembre 2018

« Burning » : trio incandescent dans une Corée de cendres

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Lee Chang-dong, qui est resté huit ans sans tourner, depuis Poetry, signe avec Burning son film le plus abstrait, le plus étrange, le plus surprenant. Le plus beau aussi. Pour autant, il n’a rien lâché de cette acuité de regard qui fait de chacun de ses films une protestation cruelle contre les formes sourdes de barbarie qui caractérisent la société libérale avancée.

L’affaire se joue ici sur les braises d’un triolisme désynchronisé, entre une fille et deux garçons. La fille se nomme Haemi. Déliée, maniérée, fiévreuse. On la trouve au début du film en pom-pom girl aguichant les passants à l’entrée d’une galerie commerciale. C’est là qu’elle rencontre Jongsu, aussi jeune qu’elle, grand garçon de peu de mots à l’air perdu, cachant sous ses silences une sensibilité à fleur de peau.

Elle part pour plusieurs semaines en voyage en Afrique. A son retour, tandis qu’il l’attend à l’aéroport, une nouvelle donne se profile brutalement. Accompagnée d’un jeune homme désinvolte qui porte beau et qu’elle vient de rencontrer dans l’avion, Haemi choisit de repartir avec ce dernier, en Porsche Carrera, plutôt que dans l’utilitaire rouillé et délabré de Jongsu, qui s’incline sans broncher.

La beauté déchirante du film tient ici au sentiment soudain de la contiguïté entre ce qui unit et sépare les êtres. Le même constat nourrit la colère contre l’iniquité sociale, le règne des apparences, la société du simulacre. Autant de motifs qui font aussi de Burning un brûlot social, le film le plus inspirant de la rentrée. Jacques Mandelbaum

« Burning », film coréen de Lee Chang-dong. Avec Yoo Ah-in, Steven Yeun, Jeon Jong-seo (2 h 28).

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2 septembre 2018

Erdeven : plage naturiste de Kerminihy

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Photo : J. Snap

2 septembre 2018

Extrait d'un shooting - nu avec serre-taille

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2 septembre 2018

MuCEM - De Pékin à Marseille, Ai Weiwei retrace la route du soi

Par Emmanuelle Jardonnet

Le MuCEM propose une exposition au carrefour de l’intime et de la grande histoire, où l’artiste fait dialoguer ses œuvres avec les collections du musée.

Le Chinois Ai Weiwei au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) ? Il fallait y penser. « Ai Weiwei Fan-Tan » est la troisième exposition française à lui être consacrée, après celle de 2012 au Jeu de paume, sur son travail photographique, et celle du Bon Marché en 2016, qui déployait dans les airs un ensemble de sculptures réalisées selon la technique des cerfs-volants. Première à explorer l’ensemble de son œuvre, « Fan-Tan » n’est pourtant pas une rétrospective, car elle est construite autour du prisme (kaléidoscopique) des relations entre la Chine et la France.

L’idée de cette drôle d’exposition est venue à Judith Benhamou-Huet, sa commissaire, en 2014 alors qu’elle rentrait de Pékin, où elle avait rencontré l’artiste, à l’époque assigné à résidence. Alors qu’elle fait un crochet par Marseille, Jean-François Chougnet, tout juste nommé à la présidence du MuCEM, lui fait part de son souhait de trouver des manières de revisiter les collections du musée, qui restaient trop dans l’ombre de son spectaculaire bâtiment.

Si Ai Weiwei s’est laissé convaincre par sa proposition, c’est que la critique d’art a touché la corde sensible : le lien entre Marseille, qui fut longtemps la porte d’entrée de l’Orient en France, et la trajectoire de son père, Ai Qing, figure de la poésie moderne chinoise.

Sur les traces de son père

Ce dernier a 19 ans, en 1929, lorsqu’il débarque à Marseille. Etudiant en art, il vient se frotter au Paris des avant-gardes. Son retour en Chine, trois ans plus tard, signera le début d’années de persécutions politiques. Pendant la Révolution culturelle, notamment, il est exilé et déporté dans un camp de rééducation. Né en 1957, Ai Weiwei reste marqué par une enfance où il a vu son père chargé de tâches des plus humiliantes. Connue, l’histoire familiale, qui porte en germe l’attitude frondeuse d’Ai Weiwei, est le point de départ de l’exposition, et a donné lieu à une recherche inédite du fils sur les traces de son père à partir des quais de La Joliette, à proximité du MuCEM, où les bateaux débarquaient à l’époque.

Au moment où le poète est réhabilité dans son pays, à la fin des années 1970, c’est au tour de son fils de partir étudier en Occident. Lui choisit les Etats-Unis, et s’installe à New York, où il découvre Duchamp et Warhol. L’exposition présente plusieurs de ses œuvres de jeunesse d’influence duchampienne et surréaliste, où il détourne des objets usuels avec l’œil d’un Chinois sur la culture occidentale. A son propre retour en Chine, dans les années 1990, il commencera à collectionner les objets chinois anciens, qui vont devenir sa matière première. Et c’est ce rapport particulier de l’artiste aux objets et aux traditions qui fait tout le sel de son exploration des collections du MuCEM.

Si l’exposition se déploie selon une logique chronologique à l’échelle de l’artiste, les objets et les œuvres se répondent par ailleurs à la manière de rébus. Une particularité qui ne serait pas étrangère à la Chine, dont le système d’écriture fonctionne sur ce principe, souligne la commissaire.

Ainsi le nom de l’exposition, « Fan-Tan », qui est à l’origine le nom d’un jeu de paris, fait référence au sobriquet donné à un char d’assaut offert par un homme d’affaires chinois aux Alliés pendant la première guerre mondiale. Un œil, peint par des membres du Corps de travailleurs chinois (CLC), appelés à contribuer à l’effort de guerre, ornait ses flancs, comme certains bateaux traditionnels, en Chine. L’artiste duplique ce symbole sur des savons de Marseille, qu’il sigle également des lettres CLC ou de l’oiseau de Twitter, symbole des réseaux sociaux muselés en Chine, et sur lesquels il est très actif.

Sacrifice du patrimoine au profit du clinquant

Un autre va-et-vient visuel s’opère avec son motif le plus connu : le doigt d’honneur de sa série de photos Study of Perspective, brandi devant des monuments emblématiques chinois. On le retrouve notamment en frise discrète sur des faïences réalisées par l’artiste qui racontent le face-à-face des policiers et des migrants à Calais. Ai Weiwei les a peintes dans un style « chinoisant » qui fait écho à celui des assiettes marseillaises du XVIIIe siècle, trouvées dans la collection du MuCEM.

Les guerres de l’opium, perdues par la Chine face aux puissances européennes au XIXe siècle, ont laissé des traces. Au-delà de pipes à opium faites dans le métal des douilles retrouvées dans les tranchées, Ai Weiwei a débusqué dans les collections françaises toute l’imagerie oubliée du « péril jaune » et de ses Chinois barbares, déclinée sur des objets du quotidien : jeux, cartes-réclames…

Ai Weiwei évoque la Chine d’hier et d’aujourd’hui à travers des artefacts, versions au luxe dynastique d’objets contemporains (flacons de parfum, sextoy ou iPhone en jade), menottes, bouées ou caméras en marbre, échos de sa présence auprès des migrants, de Lesbos à Calais. A l’inverse, l’artiste détruit les objets patrimoniaux qu’il collectionne : il casse des jarres han, en recouvre d’autres de peinture industrielle, transforme du mobilier traditionnel en anomalies contemporaines. Comme la Chine, il fait disparaître l’ancien, sacrifie le patrimoine au profit du nouveau et du clinquant.

L’exposition se clôt sur un écho à une récente polémique franco-chinoise : la mise en vente, en 2009, lors de la dispersion de la collection Bergé-Saint Laurent, de deux bronzes pillés lors de la mise à sac du Palais d’été par les troupes françaises en 1860 avait fait scandale en Chine. Ai Weiwei propose une version en bronze doré de l’ensemble des têtes d’animaux du zodiaque chinois qui ornait l’horloge-fontaine détruite. Au-dessus, Ai Weiwei reproduit une déclaration du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, prononcée en janvier en Chine à propos des investissements chinois en France : « On accepte des investissements sur le long terme, pas des investissements de pillage. »

« Ai Weiwei, Fan-Tan », jusqu’au 12 novembre au MuCEM, 201, quai du Port, à Marseille. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11 heures à 19 heures.

2 septembre 2018

En Hongrie, Frida Kahlo, Trotski et l’apologie du communisme

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Par Blaise Gauquelin, Vienne, correspondant - Le Monde

Des journaux proches du premier ministre souverainiste Viktor Orban s’en prennent à une exposition consacrée à la peintre mexicaine. En cause, l’évocation de sa liaison avec le révolutionnaire bolchévique.

Adriana Lantos pensait avoir offert au public une exposition des plus consensuelles. Mais depuis le 7 juillet et l’inauguration de la rétrospective Frida Kahlo, dont elle est la curatrice, on accuse la Galerie nationale hongroise de faire l’apologie du communisme. Un reproche infamant, dans cette ancienne république satellite de l’Union soviétique ayant beaucoup souffert du joug stalinien.

Tout commence avec un papier dans Magyar Idök, un journal favorable au premier ministre souverainiste Viktor Orban. Au détour d’un article intitulé « Voilà comment on promeut le communisme avec de l’argent public », l’exposition de la peintre mexicaine est listée aux côtés d’autres événements culturels subventionnés, jugés complaisants envers l’ancien régime.

« NOUS PRÉSENTONS UN FILM D’ARCHIVES OÙ L’ON VOIT FRIDA KAHLO EN PRÉSENCE DE TROTSKI. CETTE RENCONTRE A JOUÉ UN RÔLE IMPORTANT DANS LA VIE DE L’ARTISTE. » ADRIANA LANTOS, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION

« Vous n’allez pas le croire, mais Trotski vient de réapparaître à Budapest, cette fois dans le lit de Frida Kahlo », écrit ironiquement le journal, en référence à la romance entretenue entre l’artiste et l’un des leaders de la révolution bolchevique, durant l’exil tardif de ce dernier au Mexique.

A la fin de l’exposition – financée par le gouvernement hongrois avec la coopération du Museo Dolores Olmedo de Mexico – est évoquée sans détour « la forte influence sur Frida qu’eut cet orateur extraordinairement intelligent ». Il s’agit là de « faits historiques », se défend Adriana Lantos : « Nous présentons aussi, c’est vrai, un film d’archives où l’on voit Frida Kahlo en présence de Trotski. Nous avons fait le choix de le diffuser, parce que cette rencontre a joué un rôle important dans la vie de l’artiste. Il faut replacer les choses dans leur contexte. »

Pourchassé par Staline, Trotski avait obtenu la protection du Mexique grâce au peintre Diego Rivera, le mari de Frida Kahlo. Entre janvier 1937 et avril 1939, il avait même vécu avec sa femme dans la maison du couple, à la Caza Azul. C’est à ce moment-là que le révolutionnaire et la féministe ont eu une liaison.

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Depuis l’article du Magyar Idök, pas un jour sans qu’Adriana Lantos n’ait à répondre sur sa volonté de glamouriser un régime criminel avec l’évocation de cette romance. Elle qui pensait qu’on allait l’interroger sur les liens entre Frida Kahlo et le photographe Nickolas Muray, d’origine hongroise ! Ou sur les raisons obscures poussant la Mexicaine à s’inventer des racines dans les terres lointaines de Transylvanie qui la fascinaient…

Pression sur les élites culturelles

Cette polémique autour de l’exposition est la dernière tentative de pression effectuée sur les élites culturelles du secteur public en Hongrie, héritières de l’ouverture en 1989 et orientées vers l’Occident. Considérées comme étant beaucoup trop libérales, elles seraient un frein à la volonté du premier ministre, qui entend contrôler l’ensemble des sphères d’influence à Budapest.

Le 28 juillet, Viktor Orban, décrié pour avoir porté atteinte à l’état de droit dans son pays, membre de l’Union européenne depuis 2004, a estimé qu’il était temps de construire une « nouvelle ère culturelle ». Depuis, ses relais d’opinion dans la société civile se chargent d’expliquer à quoi pourrait ressembler ce changement radical.

Cité par l’agence de presse Reuters, Tamas Fricz, un politologue acquis à la cause de l’exécutif, a par exemple jugé qu’il est désormais nécessaire de mieux refléter les aspirations esthétiques de la majorité en place, le gouvernement « ayant le droit de privilégier les idées, les artistes et les travaux conservateurs ».

Pas de quoi décourager pour autant le public qui vient en masse découvrir Frida Kahlo, exposée pour la première fois dans ce pays d’Europe orientale. En un mois, 50 000 personnes avaient déjà poussé les portes monumentales de la Galerie nationale hongroise, perchée sur les verdoyantes collines de Buda.

2 septembre 2018

Changement d’heure : la Commission européenne veut « abolir » le passage à l’heure d’hiver

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Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen

Selon une consultation en ligne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Assez pour convaincre la Commission de lancer sa rentrée sur ce sujet.

Elargissement de l’Union européenne (UE) aux Balkans, budget européen pluriannuel, réforme de la politique agricole commune… La Commission de Bruxelles, à neuf mois d’élections européennes cruciales pour l’avenir de l’UE, a conscience que ces enjeux mobilisent bien peu le grand public.

C’est sans doute la raison pour laquelle l’institution communautaire a choisi de lancer sa rentrée, vendredi 31 août, sur un sujet bien plus trivial, en confirmant qu’elle souhaitait abolir le passage à l’heure d’hiver, un sujet, qui, manifestement, mobilise bien davantage les citoyens de l’UE.

« Le changement d’heure sera aboli », a affirmé son président, Jean-Claude Juncker à la chaîne allemande ZDF vendredi matin, au lendemain d’un séminaire du collège de la Commission, en partie consacré à cette question. « Les gens n’ont pas envie de continuer à changer leur montre », a ajouté l’ex-premier ministre luxembourgeois.

Cette décision intervient alors que Bruxelles s’apprête à rendre public le résultat d’une consultation citoyenne organisée au cœur de l’été – entre le 4 juillet et le 16 août –, et qui a suscité un nombre de réponses totalement inédit pour un exercice de ce type, d’habitude confidentiel : 4,6 millions d’internautes ont rempli le questionnaire en ligne. Parmi les questions : souffrez-vous du passage à l’heure d’été-d’hiver ? Estimez-vous qu’il faut en finir avec ces changements ?

Abandonnée à la Libération

Or, à en croire le journal allemand Westfalenpost, jeudi 30 août, l’écrasante majorité des participants – 80 % ! – s’est dite favorable à l’abolition du changement d’heure. « Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela », a ainsi estimé le président de la Commission.

Depuis des décennies, dans la plupart des pays européens, les horloges avancent d’une heure l’un des derniers dimanches de mars et reculent d’une heure l’un des derniers dimanches d’octobre. De sorte que la clarté se prolonge en soirée durant l’été et que la nuit « tombe » plus vite à l’automne.

C’est l’Allemagne qui, la première, au tout début du XXe siècle, a instauré pour la première fois une heure d’été en Europe. La France suit, en 1916. L’heure d’été est abandonnée dans l’Hexagone à la Libération puis rétablie en 1976 à la suite du choc pétrolier de 1973. A l’époque, l’argument principal des autorités concernait les économies d’énergie censées être générées par cette disposition. L’ensemble des pays de l’UE suit le mouvement dans les années 1980 et une directive, datant de 2001, achève d’harmoniser les choix nationaux.

Ce texte dispose que les pays choisissant le changement d’horaire doivent tous le faire avec la même périodicité et à la même heure, le même jour. C’est cette directive que la Commission va proposer d’amender dans les semaines qui viennent. Eu égard au processus législatif européen, le projet de directive devra ensuite être approuvé au Conseil (les pays membres) et au Parlement européen, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Mesure populaire

Cela devrait se faire sans trop de difficultés tant la mesure semble populaire. Côté Conseil, des pays membres militent depuis des années pour l’abandon du changement d’heure. Plusieurs gouvernements mènent déjà un lobbying actif à Bruxelles, ainsi qu’en Finlande, en Lituanie, en Suède ou en Pologne.

C’est le Parlement européen qui a le premier interpellé la Commission sur la question, réclamant lors d’une résolution votée à une forte majorité, en février, qu’elle procède à la consultation publique, motivée par la montée des préoccupations citoyennes concernant d’éventuels dérèglements des rythmes chronobiologiques.

« Au total, 80 % des Européens ne veulent plus du changement d’heure : à nous responsables politiques de les entendre et d’en finir avec ce dispositif ! », estime la Française Karima Delli, eurodéputée écologiste dans un tweet, jeudi. L’élue a beaucoup fait ces derniers mois pour mettre le sujet à l’agenda de l’hémicycle.

Le paradoxe, c’est qu’à ce jour aucune étude scientifique n’a prouvé que le changement d’heure est réellement néfaste, ou au contraire vraiment utile, pour la santé, les économies d’énergie ou la sécurité routière… La Commission le souligne d’ailleurs dans les propos liminaires à son questionnaire estival.

Les économies d’énergie ? « Des études montrent que l’effet global des économies d’énergie liées à l’heure d’été est marginal », souligne Bruxelles. La recrudescence des accidents de la route en raison du manque de sommeil ? « Les éléments de preuve ne sont pas concluants en ce qui concerne le rapport entre les dispositions relatives à l’heure d’été et les accidents de la route. » La santé ? « Les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants… »

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