Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, domine la cérémonie
Le film du cinéaste mexicain remporte quatre statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.
Le réalisateur mexicain Guillermo del Toro, grand vainqueur de la 90e cérémonie des Oscars, a remporté dimanche 4 mars l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur pour son conte fantastique La Forme de l’eau, lors d’une soirée marquée par des messages contre les violences sexuelles et la politique anti-immigration du président américain Donald Trump.
Le réalisateur mexicain de 53 ans, connu pour les monstres, vampires et super-héros peuplant ses œuvres, assure avoir réalisé cette fois « son premier film d’adulte ». « Les monstres sont les saints patrons de nos merveilleuses imperfections », expliquait-il en recevant en janvier le Golden Globe du meilleur film, pour sa romance fantastique entre une muette employée d’un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d’une créature reptilienne captive. Le tout s’est retrouvé à l’écran grâce à la magie du cinéma.
Et La Forme de l’eau, nommé 13 fois et qui repart avec 4 statuettes, est son « œuvre maîtresse jusqu’à présent », car « il manquait jusqu’alors un trait de caractère de Guillermo dans ses films, l’humour », estime Leonardo Garcia-Tsao, critique de cinéma et vieil ami du cinéaste.
Frances McDormand obtient l’Oscar de la meilleure actrice pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance. A 60 ans, la comédienne entre dans le club très privé des actrices deux fois oscarisées. Elle avait décroché une première statuette en 1997 pour son rôle de policière enceinte et tenace dans Fargo, des frères Coen, dont elle est l’égérie.
Gary Oldman remporte l’Oscar du meilleur acteur pour Les Heures sombres. Il remporte ainsi son premier Oscar, pour lequel il était donné favori après avoir gagné, entre autres, lors des Golden Globes et des Screen Actors Guild Awards.
Le compositeur français Alexandre Desplat a décroché dimanche son deuxième Oscar pour la bande-originale de La Forme de l’eau, confirmant sa place aux côtés de musiciens français mythiques comme Georges Delerue, Maurice Jarre ou Michel Legrand.
Pixar encore gagnant
Coup de cœur du public, Coco, qui raconte l’histoire d’un petit garçon poursuivant ses rêves sur fond de la fête des morts au Mexique, a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation. C’est la sixième victoire d’affilée pour le groupe Disney, qui a racheté en 2006 Pixar, vainqueur à trois reprises sur cette série avec Coco, Vice Versa et Rebelle. Sur les onze dernières cérémonies, Pixar l’a emporté sept fois, et le groupe Disney dans son ensemble, dix fois.
Ce dessin animé, que son co-réalisateur Lee Unkrich qualifie de « lettre d’amour au Mexique », est le premier du studio Pixar s’immergeant totalement dans une culture étrangère. C’était un pari risqué à un moment où Donald Trump a accédé à la présidence des Etats-Unis en usant durant sa campagne électorale d’une rhétorique anti-Mexicains.
#metoo présent
Une vidéo a été diffusée pour se remémorer une année particulière, marquée par l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et plus généralement davantage d’ouverture d’Hollywood aux minorités. La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.
La vidéo s’est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l’automne, avec les mouvements #metoo et Time’s Up, « tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société ».
Mais le propos s’est rapidement élargi à l’ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l’an dernier, de The Big Sick, dont le héros est d’origine pakistanaise, à Black Panther, premier film Marvel dédié à un super-héros noir, en passant par Lady Bird, réalisé par une femme, Greta Gerwig – par ailleurs snobé par l’académie, puisqu’il repart sans aucune récompense.
« Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs », a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de The Big Sick et co-scénariste du film. « Aujourd’hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l’affiche et se sentir touchés », a-t-il ajouté : « Ce n’est pas si difficile, c’est ce que j’ai fait toute ma vie. »
Retrouvez tout le palmarès ci-dessous :
Film : La Forme de l’eau de Guillermo del Toro
Réalisateur : Guillermo del Toro pour La Forme de l’eau
Actrice : Frances McDormand pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Acteur : Gary Oldman pour Les Heures sombres
Actrice dans un second rôle : Allison Janney dans Moi, Tonya
Acteur dans un second rôle : Sam Rockwell dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Scénario original : Get Out, scénario de Jordan Peele
Adaptation : Call Me by Your Name, adapté par James Ivory
Film d’animation : Coco des studios Pixar
Film en langue étrangère : Une Femme fantastique de Sebastian Lelio
Documentaire : Icarus de Bryan Fogel et Dan Cogan
Meilleure photographie : Blade Runner 2049 de Roger A. Deakins
Musique originale : Alexandre Desplat pour La Forme de l’eau
Chanson originale : Remember Me, dans le film d’animation Coco, musique et paroles de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez
Direction artistique : Paul Denham Austerberry, Shane Vieau et Jeffrey A. Melvin, La Forme de l’eau
Costumes : Mark Bridges, Phantom Thread
Montage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Mixage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Effets spéciaux : Blade Runner 2049, John Nelson, Gerd Nefzer, Paul Lambert et Richard R. Hoover
Montage : Lee Smith, Dunkerque
Maquillage et coiffure : Kazuhiro Tsuji, David Malinowski et Lucy Sibbicki, Les heures sombres
Court-métrage documentaire : Heaven is a traffic jam on the 405, de Frank Stiefel
Court-métrage : The Silent Child de Chris Overton et Rachel Shenton
Court-métrage d’animation : Dear Basketball de Glen Keane et Kobe Bryant
Elections en Italie - Berlusconi/Femen
Topless female activist confronts Berlusconi during vote pic.twitter.com/hVbeGOWOqi
— Ruptly (@Ruptly) 4 mars 2018
EXPOSITION "DÉTENUES" DE BETTINA RHEIMS - vu hier
Jusqu'au 30 AVRIL 2018
EXPOSITION
Bettina Rheims expose ses « Détenues » dans les châteaux de Vincennes et de Cadillac
Exposition « Détenues » de Bettina Rheims au château de Vincennes du 9 février au 30 avril 2018 et au château de Cadillac du 1er juin au 4 novembre 2018
Encouragée par Robert Badinter, la photographe Bettina Rheims a réalisé en 2014 une série de portraits de femmes incarcérées, intitulée « Détenues ».
Ce projet, soutenu par l’administration pénitentiaire, confronte l’univers carcéral avec celui de la création artistique ; dans un dialogue complexe, il interroge la construction et la représentation de la féminité dans les espaces de privation de liberté et d’enfermement.
De ces rencontres, volontaires, sont nés des portraits saisissants qui nous renvoient au regard que nous portons sur la détention.
La série « Détenues » offre une fenêtre de conversation avec l’univers sensible et peu connu de la détention. Ces femmes photographiées en prison, dans un studio improvisé, ont pu s’engager avec la photographe dans une démarche de reconstruction de leur identité féminine et amorcer un travail de restauration de leur image.
« Il me fallait aller à la rencontre de femmes qui n’avaient pas fait le choix de vivre entre quatre murs. Nous avons beaucoup parlé. Elles se sont racontées, et j’ai tenté de leur offrir un moment hors de ce temps-là ». Bettina Rheims, novembre 2016.
Au total, une cinquantaine de photographies sont exposées au château de Vincennes et au château de Cadillac où l’installation photographique renoue avec le passé carcéral de ces deux monuments et l’histoire des prisons pour femmes en France.
Le donjon de Vincennes sert dès le XVe siècle de prison d’Etat, et reçoit notamment, jusqu’en 1784, des prisonnières politiques. A la Révolution française, le pavillon du Roi devient à son tour – brièvement – un lieu d’incarcération destiné aux femmes dites de mauvaise vie.
Le château de Cadillac quant à lui, est converti en prison pour femmes en 1818. Des femmes condamnées à des peines diverses y sont incarcérées. De 1890 jusqu’en 1952 le château de Cadillac devient « école de préservation de jeunes filles » où sont placées de jeunes mineures considérées comme délinquantes.
Exposition au château de Vincennes :
Date : du 9 février au 30 avril 2018
Horaires : les horaires de la Sainte Chapelle de Vincennes sont susceptibles de changer. Nous vous invitons à les consulter dans la rubrique dédiée.
Tarif : 9€ / 7€
A propos de Bettina Rheims
De sa série sur les stripteaseuses de Pigalle (1980) qui marque le début de sa carrière, au cycle sur la vie de Jésus dans « I.N.R.I. » (1998), des portraits d’animaux empaillés dans la série « Animal » (1982) à son travail sur le genre dans « Gender Studies » (2011), la photographie de Bettina Rheims bouscule l’iconographie et les thèmes traditionnels.
L’une des séries majeures, « Chambre Close » (1990-1992) – la première en couleur – marque le début de sa collaboration avec le romancier Serge Bramly.
Plusieurs institutions ont consacré des expositions rétrospectives à son travail : le Kunsthal, Rotterdam et le Moscow House of Photography, Moscou (2006), le C/O Berlin et le FORMA, Milan (2008), la Maison Européenne de la Photographie de Paris et le Fotografiska Museet de Stockholm (2016).
Un ouvrage rétrospectif qui rassemble plus de 500 photographies réalisées durant 35 ans de sa carrière, a été publié par les Editions Taschen en 2016.
En 1995, Bettina Rheims a réalisé le portrait officiel du Président de la République Jacques Chirac. Il la décore des insignes d’officier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de son travail en 2007.
Reportage photographique : J. Snap
Un Oscar ? - Agnès Varda et JR ????
Nominé aux Oscars...
● Meilleur documentaire:
-Abacus: small enough to jail
-Visages Villages
-Icarus
-Last Men in Aleppo
-Strong Island
Même si notre coeur bat pour Visages, villages d'Agnès Varda, son tour de France doit faire face à un adversaire de taille: le documentaire de Netflix sur le dopage systématique des athlètes russes, Icarus.




































