Elections municipales : au Havre, Edouard Philippe joue son avenir politique
Par Olivier Faye
En campagne pour le scrutin de mars dans la ville de Seine-Maritime, le premier ministre reste favori, mais ses opposants sont remobilisés par le contexte national.
Il faut différencier le premier ministre du candidat. C’est en tout cas ce que veut faire valoir Edouard Philippe depuis qu’il s’est lancé dans la course aux élections municipales des 15 et 22 mars au Havre (Seine-Maritime). « Quand je suis au Havre, je parle du Havre », répète le chef du gouvernement. Et de rien d’autre.
Jeudi 5 mars, alors que le président de la République Emmanuel Macron déclare « inexorable » la survenue en France de l’épidémie due au coronavirus, Edouard Philippe déambule pour sa part sur l’estrade de la salle des fêtes de Graville, télécommande en main, et fait défiler les diapositives présentant son programme des six années à venir : nouvelle ligne de tramway, suppression d’une décharge…
Difficile, pourtant, d’ignorer le contexte qui entoure sa campagne. Ces rues adjacentes bouclées par des forces de l’ordre qui repoussent à coups de gaz lacrymogènes des petits groupes d’opposants à la réforme des retraites. Ces policiers en civil qui contribuent à peupler le public d’une salle à moitié vide, où se sont glissés discrètement le ministre des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, et le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, amis du locataire de Matignon. Sur scène, Edouard Philippe se montre reconnaissant envers ses troupes : « Merci d’avoir bravé la pluie froide… Et les manifestants parfois un peu chauds. »
Le juppéiste joue son avenir politique dans cette ville qu’il a dirigée entre 2010 et 2017. En se déclarant candidat comme tête de liste, fin janvier, il a montré qu’il se projetait – de l’aveu d’un proche – sur « l’après-Matignon » ; pas question d’arrêter la politique une fois son bail terminé auprès du président de la République. Un bail qu’il espère d’ailleurs le plus long possible : s’il l’emporte aux municipales, c’est le maire actuel, Jean-Baptiste Gastinne, qui le remplacera à l’hôtel de ville. Le temps pour lui d’achever sa tâche à Paris.
« Pas fanfaron »
« Edouard Philippe a beaucoup à perdre avec cette élection : Le Havre, Matignon… En plus, il n’a plus de parti politique derrière lui pour l’accueillir en cas de défaite », souligne le candidat écologiste, Alexis Deck, qui mène une liste d’union entre Europe Ecologie-les Verts (EELV) et le Parti socialiste (PS).
Beaucoup à perdre, certes, mais aussi un peu à gagner. « La municipale au Havre aura une implication nationale », prévient un député de La République en marche (LRM). En cas de victoire, M. Philippe pourrait voir sa position renforcée au sein d’une Macronie qui n’aura pas beaucoup de trophées à brandir au soir des municipales. Mais s’il venait à perdre, l’issue semble inéluctable aux yeux de beaucoup : il devra partir.
Depuis quelques jours, d’ailleurs, le candidat Philippe ne se montrerait « pas fanfaron », aux dires d’un ami. Un sondage IFOP, publié par CNews mercredi 4 mars, le place à 42 % d’intentions de vote au premier tour du scrutin, devant le candidat communiste Jean-Paul Lecoq (25 %). Suivent Alexis Deck, à 16 %, et la tête de liste du Rassemblement national (RN), Frédéric Groussard, à 10 %. Une avance confortable, sur le papier, mais qui a fondu comme neige au soleil en quelques mois : à l’automne 2019, une enquête confidentielle commandée par LRM le donnait en effet vainqueur dès le premier tour. Comme en 2014, lorsqu’il avait emporté la mairie dans un fauteuil, avec 52 % des voix.
« S’IL Y A UN SECOND TOUR, C’EST UNE FORME DE DÉSAVEU ET D’ÉCHEC »
« Le dernier sondage n’est pas favorable. S’il y a un second tour, c’est une forme de désaveu et d’échec », veut croire un député « marcheur ». « Nous n’avions jamais envisagé une élection au premier tour possible, y compris après le sondage de l’automne. Le contexte national ne s’est pas formidablement arrangé depuis », défend pour sa part un philippiste.
Encore moins ces derniers jours. Le sondage a été réalisé juste avant le recours du premier ministre à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote des députés la réforme des retraites. Certains, au sein de son équipe, craignent que cette décision n’aboutisse à « une mobilisation des forces de gauche, peut-être plus que d’habitude ».
Classique affrontement droite-gauche
Les réserves de voix de l’ancien député Les Républicains (LR) apparaissent faibles, quoi qu’il en soit, dans cette ville dirigée par la droite depuis 1995, après trois décennies de règne communiste. « Ce sondage montre qu’il faudra mobiliser toutes nos forces dès le premier tour. Il faut que les électeurs de droite sachent que la désunion est mortifère », insiste la sénatrice LR de Seine-Maritime, Agnès Canayer. Ici, point de « dépassement » ou de recomposition du paysage politique. C’est un classique affrontement droite-gauche que sont invités à trancher les électeurs.
Edouard Philippe, d’un côté, promeut l’attractivité économique et touristique du Havre, quand son principal adversaire, Jean-Paul Lecoq, déplore l’abandon des quartiers populaires. S’il arrivait en troisième position, l’écologiste Alexis Deck se dit prêt à fusionner sa liste avec celle de son concurrent communiste au second tour. « Il y a de la place pour passer », veut croire M. Lecoq. De quoi faire frémir l’électorat de droite.
Vendredi 6 mars, Edouard Philippe a retrouvé une petite vingtaine de décideurs économiques – dont deux femmes – au siège de l’Union maritime et portuaire du Havre. L’assemblée ne se montre guère hostile. « Tu es un grand politique, lui lance Jean-Louis Le Yondre, président du syndicat des transitaires du Havre. On te soutient tous, il faut que tu le saches. »
Quelques nez se sont bien tordus ces derniers mois lorsque le premier ministre Philippe s’est rangé à l’avis d’Emmanuel Macron de lancer le chantier du canal Seine-Nord, perçu par ici comme « un aspirateur à conteneurs » et un « cheval de Troie » du port d’Anvers, en Belgique.
Mais le candidat Philippe laisse entendre qu’il pourrait influer en faveur de l’implantation au Havre du siège d’Haropa, instance de réunion des ports de l’axe Seine. Paris et Rouen lorgnent aussi ce butin. « Le premier ministre a décidé que la décision serait prise en avril, souligne Edouard Philippe dans un sourire. Il se trouve que Le Havre a des arguments sérieux. Je pense que je pourrai les faire valoir, y compris auprès du premier ministre. » Il y a parfois du bon à ne pas différencier le candidat du premier ministre.
A Paris, des «jeunes filles en feu» dans la rue pour crier leur «ras-le-bol»
Par Virginie Ballet,LIBERATION
A l'occasion de la journée pour les droits des femmes, plusieurs milliers de manifestantes et manifestants étaient ce dimanche dans les rues de Paris, pour dénoncer les violences sexistes, les inégalités salariales, et le «césar de la honte» remis à Polanski.
A Paris, des «jeunes filles en feu» dans la rue pour crier leur «ras-le-bol»
D’une main, elle tient une cigarette roulée. De l’autre, une pancarte qui affiche : «Moi j’ai pris perpet. Et lui ?» Sophie, étudiante parisienne de 20 ans, ne se voyait pas rater la manifestation parisienne de ce dimanche, à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes. «C’est extrêmement important pour moi d’être là», appuie la jeune femme blonde aux yeux soulignés d’un trait épais d’eye-liner.
A deux reprises, lorsqu’elle avait 16 ans et il y a trois mois, Sophie a été victime de viol. Si elle manifeste ce dimanche, c’est pour réclamer qu'«on apprenne à croire et à épauler les victimes face à ces traumatismes». «Moi, je n’ai pas été prise au sérieux par les flics», dénonce-t-elle. Comme beaucoup de manifestantes présentes dans le cortège, la jeune femme salue le «courage» d’Adèle Haenel qui s’est levée et a quitté la salle Pleyel lorsque Roman Polanski, accusé de viol par plusieurs femmes, a été sacré meilleur réalisateur, le 28 février. «En voyant cette femme que j’admire beaucoup se lever, j’étais hyper fière, j’en ai pleuré, se souvient Sophie. Elle a fait ce que je n’aurais sans doute pas osé faire, ça a eu un impact énorme.»
Les allusions à Adèle Haenel – aperçue dans le cortège – étaient omniprésentes dans la marche parisienne, partie en début d’après-midi de la place d’Italie, dans le XIIIe arrondissement, pour rallier celle de la République. Plusieurs milliers de personnes avaient répondu présent. Sur plusieurs pancartes, on pouvait lire «Adèle, on te suit», ou encore «Nous sommes les jeunes filles en feu», en référence à Portrait de la jeune fille en feu, de la cinéaste Céline Sciamma, dans lequel Haenel tient le rôle principal. Le prix remis à Roman Polanski lors de cette cérémonie des césars n’a eu de cesse de susciter l’indignation des collectifs féministes depuis sa remise. Dimanche, les manifestantes ont dénoncé «l’impunité», et scandé «le viol est un crime tapis rouge pour les victimes» ou encore «le viol, c’est pas du cinéma».
«On se lève et on se casse»
Dans une tribune publiée la semaine dernière par Libération, l’écrivaine Virginie Despentes saluait le départ de l’actrice en ces termes : «Célébrez-vous, humiliez-vous les uns les autres tuez, violez, exploitez, défoncez tout ce qui vous passe sous la main. On se lève et on se casse». Devenues mots d’ordre, ces phrases s’affichaient sur de nombreuses pancartes ce dimanche, à l’image de celle de Caroline, étudiante de 22 ans, dont c’était la première manifestation. «Il nous faut plus de gens qui se lèvent et qui protestent. On ne se laisse plus faire», lance-t-elle. «Le cri du cœur de Despentes a verbalisé ce qu’on était si nombreuses à ressentir», saluent pour leur part Léa, Sabrina et Lisa, la vingtaine, tandis qu’au micro, une femme galvanisait les manifestantes : «On dit non au césar de la honte ! Non au 49.3 !»
Outre les violences sexistes et sexuelles, les manifestantes dénonçaient aussi la réforme des retraites et son impact sur les femmes, vêtues du célèbre bleu de travail et du fichu rouge de l’icône de la culture pop américaine Rosie la riveteuse, symbole des femmes ayant travaillé dans l’industrie de l’armement pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme elles le font depuis le début de la fronde contre la réforme des retraites, les manifestantes ont entonné «A cause de Macron» (sur l’air de A cause des garçons) en dansant pour protester contre la réforme.
Vêtues de leur robe, et des fameux fichus rouges, des avocates ont effectué un haka de protestation devant la mairie du XIIIe arrondissement. «Cette réforme va paupériser tout le monde, hommes comme femmes», s’insurge Me Caroline Mecary, l’une des participantes à ce haka protestataire qu’elle envisage comme une «autre façon de dire "on se lève et on se casse"». «Ils se foutent de nous en prétendant qu’on sera grandes gagnantes», s’est quant à elle agacée l’écrivaine féministe Florence Montreynaud, l’une des signataires du manifeste des Chiennes de garde, paru il y a vingt ans. Et de préciser : «Je n’ai jamais raté une manif du 8 mars depuis 1982» – date de l’officialisation de cette journée pour les droits des femmes en France, sous l’impulsion d’Yvette Roudy, alors ministre des Droits de la femme.
«De plus en plus nombreuses à se soulever»
Protestant contre les «doubles journées et les demi-salaires», les manifestantes grimées en Rosie la riveteuse ont jeté dans les airs leurs gants en caoutchouc jaune à 15h40, heure à théorique à partir de laquelle les femmes cessent d’être rémunérées compte tenu des écarts de salaires entre les sexes. Selon l’Insee, les femmes continuent de toucher 18,5% de moins que les hommes en équivalent temps plein.
D’autres happenings ont émaillé le cortège (chorégraphie avec les soignantes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, soutien aux cheminotes devant la gare de Lyon). Plusieurs dizaines de femmes étaient venues avec des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les prénoms des femmes tuées par leur conjoint ou leur ex en 2019. Parmi elles, Laura, 32 ans, l’une des colleuses anonymes qui émaillent les murs de messages dénonçant les meurtres conjugaux depuis l’automne. La jeune femme était présente samedi soir, lors de la marche nocturne féministe au cours de laquelle les forces de l’ordre ont encerclé et repoussé des manifestantes vers le métro, tenté de les disperser violemment, et diffusé des gaz lacrymogènes. «On a compris qu’on commençait à leur faire peur, parce qu’on est de plus en plus nombreuses à se soulever», évalue-t-elle. Pauline Baron, membre du collectif #NousToutes, fustige pour sa part un «gouvernement qui n’a pas compris le ras-le-bol des femmes : ils prétendent que l’égalité est la grande cause du quinquennat. Il est temps qu’ils mettent leur politique en conformité avec leur parole».
A l’arrivée du cortège place de la République, un vaste die-in était prévu pour dénoncer les féminicides. En 2018, en France, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex. Chaque année, environ 220 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles.
D’autres manifestations se sont tenues ailleurs en France ce dimanche, à Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg ou Nancy. En novembre, la marche #NousToutes contre les violences sexistes et sexuelles avait réuni près de 50 000 personnes dans la capitale, 100 000 selon les organisatrices.
JDD
CORONAVIRUS
Le bilan des personnes touchées par le coronavirus grimpe en Italie mais aussi en France
L'Italie, pays d'Europe le plus touché par le coronavirus, a enregistré en 24 heures 133 nouveaux décès, ce qui porte à 366 le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, selon un bilan officiel publié dimanche.
Le nombre de cas positifs grimpe à 7 375 (+1.492 par rapport à samedi). La Lombardie, la région de Milan placée sous quarantaine, reste la région la plus touchée avec 4 189 cas et 267 décès.
La France a quant à elle passé le seuil du millier de personnes contaminées au Covid-19 dimanche à 15h, le bilan s'élevant désormais à 19 morts et 1 126 cas confirmés, selon les chiffres officiels.
Le chef de l'Etat Emmanuel Macron réunit dimanche soir un conseil de Défense à l'Elysée, qui sera suivi d'une conférence de presse du ministre de la Santé Olivier Véran et du directeur général de la Santé Jérôme Salomon.
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ALERTE-Italie-Coronavirus: 133 morts de plus et 1.326 cas confirmés supplémentaires en 24h (ANSA)
La Protection civile italienne annonce 133 morts de plus en 24h, soit au total 366 décès en lien avec le coronavirus en Italie.
Il y a aussi 6.387 cas confirmés, soit une augmentation de 1.326 personnes par rapport à hier.
Frédéric Beigbeder démolit Florence Foresti et les César
par Hugues Pascot
L’auteur de 99 francs a trouvé « écoeurante » la prestation de Florence Foresti lors de la 45ème cérémonie des César.
Cette fois, Frédéric Beigbeder avait soigneusement préparé son papier. L’auteur de L’homme qui pleure de rire (éditions Grasset) s’est exprimé ce jeudi au micro de Europe 1 sur la 45ème cérémonie des César. Avant de commencer son billet d’humeur, Frédéric Beigbeder a préféré annoncer la couleur « Ma tête va être mise à prix après ça. Je m'en fous parce que je ne suis pas sur les réseaux sociaux donc je pense que je peux être sincère ». S’en est suivi une tribune au ton grave, fustigeant sans vergogne la soirée des César et plus précisément la maitresse de cérémonie Florence Foresti. « Cette pauvre Florence Foresti qui s'est fait connaître par des imitations costumées chez Ruquier se prend désormais pour une grande intellectuelle obligée de dispenser son opinion sur le bien et le mal » lance-t-il avant de continuer « Elle ne connaît rien au cinéma ni au droit pénal mais on lui confie le pouvoir et elle s'en sert avec une violence absolue ». L’écrivain s’est ensuite concentré sur le sort réservé lors de la cérémonie au réalisateur de J’accuse, Roman Polanski. « Que signifie cette blague J'accuse, un film sur la pédophilie dans les années 70' ? C'est une plaisanterie ? J'accuse est le titre d'un article d'Emile Zola qui dénonçait une injustice, comme Voltaire lors de l'affaire Calas. En réduisant J'accuse au casier judiciaire de son réalisateur, ce qu'elle ne fait pas avec Ladj Ly, Florence Foresti ne se rend même pas compte qu'elle reproduit l'injustice de l'affaire Dreyfus ». Un billet qui n’a pas laissé de marbre le présentateur Mathieu Noël qui a ensuite tempéré les propos de Frédéric Beigbeder « Il y a des éléments que je trouve justes dans ce que vous dites néanmoins, on ne peut peut-être pas ne pas se soucier de la douleur des femmes ».












